CONNÉTABLE — CONON
de Montmorency, des blessures reçues à la bataille de Saint-Denis, en 1567; Bernard d'Armagnac, massacré à Paris par la faction du duc de Bourgogne, en 1418; Charles de Castille assassiné à Laigle, en 1354, par ordre du roi de Navarre; Louis de Luxembourg, comte de Saint- Paul, décapité à Paris, pour crime de lèse-majesté, en 1475. Deux Bretons ont honoré l'épée de connétable, Bertrand Duguesclin et Olivier de Clisson. Cette dignité fut supprimée par Louis XIII, en 1627, après la mort de Lesdiguières. Elle avait été plusieurs fois suspendue. La plus longue interruption avait été de vingt-quatre ans. Napoléon 1°’, en fondant une nouvelle monarchie, rétablit presque toutes les charges des anciens grands officiers de la couronne, mais avec des attributions très-bornées et purement honorifiques. Il créa grand connétable le père de l’empereur actuel, son frère le prince Louis, qui fut depuis roi de Hollande; et vice-connétable le maréchal Berthier, prince de Wagram et de Neufchâtel. Cette charge, supprimée à la Restauration , n’a pas encore été rétablie. On nommait aussi connétables, sous l’ancien régime, les commandants des compagnies d'hommes de guerre appelées connétablies. Le titre et la charge de connétable ont longtemps subsisté en Espagne comme appartenant aux gouverneurs de certaines provinces, telles que la Castille, la Naxarre, etc. En France , la connétablie, ancienne juridiction dont le connétable du royaume était le chef, et qui connaissait de tous les crimes commis par des gens de guerre, ainsi que de tout ce qui regardait la guerre au civil et au criminel, à survécu à cette charge et a été, depuis sa suppression, présidée par le plus ancien des maréchaux de France. Un grand prévôt, avec ses quatre lieutenants et ses archers, suivait l’armée pour taxer les vivres et instruire les procès des militaires. La connéfablie ne jugeait pas en dernier ressort. Les condamnés pouvaient en appeler au parlement. Durex (DE L'YONNE).
CONNETABLIE. Voyez CONNÉTABLE.
CONNEXE,CONNEXION, CONNEXITÉ. La conneæxité est le rapport de dépendance qui existe dans les choses avant leur rapprochement; la connexion est leur dépendance effective, actuelle. Deux vérités sont connexes si la connaissance de l’une dépend de la connaissance de l’autre. Cette liaison de vérités qui s’enchainent étroiternent, sans laisser entre elles de solution de continuité, doit être la qualité essentielle du raisonnement ; elle brille surtout dans les mathématiques, quoique, malgré l’opinion commune, l’ordre naturel des idées n’y soit pas toujours suivi, et qu’on emploie, par exemple, le cercle pour établir les théorèmes relatifs aux lignes droites. Mais les mathématiques ont l'immense avantage de reposer sur des définitions d'objets construits par l'esprit, de partir, par conséquent, de principes incontestables, dont la certitude se communique à toutes les parties subséquentes, tandis que, dans la plupart des autres connaissances , le point de départ est incertain. A cet égard, Pascal n’a presque rien exagéré en disant que la dernière chose que l’on trouve en faisant un ouvrage est de savoir celle qu'il faut mettre la première. Les écrivains classiques, dans leurs plus grands écarts, conservent la connexion des idées ; leurs écrits forment un ensemble dont il serait impossible de rien détacher, au lieu qu'on pourrait retrancher cinq ou six pages de quelque endroit que ce soit de certains chefs-d’œuvre modernes, sans qu’on s’aperçût de cette lacune. DE REIFFENBERG. En droit, on nomme connexité ou connexion le rapport et la liaison qui se trouvent entre plusieurs affaires qui demandent à être décidées par un seul et même jugement. En matière civile, lorsque deux affaires connexes sont présentées devant le même tribunal, la jonction en peut être ordonnée soit d'office, soit sur la demande de l’une des parties. Si une contestation est connexe à une autre déjà pendante devant un autre tribunal, le renvoi peut être demandé
et ordonné. En général, dans le cas de connexité, les deux affaires doivent être renvoyées devant le tribunal premier saisi. En matière réelle, la connaissance des affaires connexes peut être dévolue au tribunal dans le ressort duquel est située la majeure partie des biens litigieux. En matière criminelle, les délits sont connexes, soit lorsqu'ils ontété commis en même temps par plusieurs personnes réunies, soit lorsqu'ils ont été commis par différentes personnes, même en différents temps et en divers lieux, mais par suite d’un concert formé à l’avance entre elles, soit lorsque les coupables ont commis les uns pour se procurer les moyens de commettre les autres, pour en faciliter, pour en consommer l'exécution ou pour en assurer l'impunité. La cour statue pour les mises en accusation, par un seul et même arrêt sur les délits connexes dont les pièces se trouvent en même temps produites devant elle. Lorsqu’il a été formé, à raison du même délit, plusieurs actes d'accusation contre différents accusés, le procureur général peut en requérir la jonction , et le président peut l’ordonner même d'office. Si des délits connexes ont été commis dans divers départements, la Cour de cassation peut en attribuer la connaissance à une seule cour d'assises. La connexité entraîne devant la cour d'assises un délit correctionnel connexe à un fait qualifié crime. Jl en est de même d’un délit justiciable d’un tribunal spécial : le bénéfice de la procédure par jurés leur est acquis.
CONNIVENCE. Ce mot vient du latin nivere, cligner les yeux, fait lui-même du grec veüw , qui a le même sens. C’est une espèce decomplicité par tolérance et dissimulation d’un mal que l’on peut et que l’on doit empêcher. Ceux qui, par connivence, procurent l'évasion d’un détenu, encourent un emprisonnement de six mois à deuxans.
. CONNIVENT. En botanique, cette qualification s’applique aux organes qui sont rapprochés et paraissent réunis, quoiqu'’ils ne le soient pas réellement. Telles sont la corolle du cissus connivens, les feuilles de l’arrache des jardins pendant leur sommeil, etc.
En entomologie, on appelle ailes conniventes celles des lépidoptères lorsqu’étantredressés, elles se touchent par leur sommet ou par un point quelconque de leur face supérieure.
CONNOR (0'). Voyez O’Conxor.
CONOÏIDE (de xwvos, cône, et etôœ, forme). A l’origine, les géomètres, se conformant à l’étymologie, ne donnaient ce nom qu’à des corps dont la forme différait peu de celle d’un cône. Aujourd’hui, ils nomment surfaces conoides celles qui sont engendrées par une droïte mobile assujettie à rester parallèle à un plan donné et à s’appuyer constamment sur une droite fixe et sur une courbe quelconque.
CONON, célèbre général et amiral Athénien, dans la seconde moitié de la guerre du Péloponnèse et à l’époque de la guerre de Corinthe, fut appelé, l'an 409 avant J.-C., à partager le commandement de l’armée avec Alcibiade et Trasybule, et, après la chule du premier, fut investi seul du commandement en chef. Mais, dès l’an 406, il se laissa battre près de Lesbos par Callicratidas. A la suite de cette défaite , il se trouva bloqué dans le port de Mitylène, et ne fut délivré que par la victoire navale que les Athéniens remportèrent dans les eaux des Arginusses. L'année d’après, s'étant trouvé hors d’état de tenir contre Lysandre à la malheureuse bataille d'Ægos-Potamos, il s’enfuit avec huit vaisseaux auprès d'Évagoras, dans l'ile de Chypre, et reçut, en l’an 396, du roi Artaxercès le commande ment supérieur de la flotte perse destinée, à ce moment, à agir contre les Spartiates. Deux ans après , il remporta une victoire complète sur Pisandre dans les eaux de Cnide, courut alors au secours des villes de l’Asie Mineure qui gémissaient sous l'oppression des Lacédémoniens, et entra, en 393, avec sa flotte, au Pirée, où le peuple athénien le reçut comme son sauveur avec de vives démonstrations d’allégresse, Il y fit reconstruire la grande muraille, et em-
ploya lous les moyens en son pouvoir pour relever la puissance d'Athènes ; mais en l’an 387 il succomba aux intrigues des Lacédémoniens. Ceux-ci, en effet, avaient pendant ce temps-là offert aux Perses, par l'intermédiaire de leur plénipotentiaire Antalcidas, une paix déshonorante pour la Grèce. Les Athéniens, pour le soin de leurs intérêts particuliers, s'étant aussi décidés à leur envoyer en la même qualité Conon, celui-ci fut arrêté à Sardes par ordre du gouverneur Tiribaze, condamné à mort et exécuté sous un vain prétexte. Suivant d’autres historiens, Conon aurait réussi à s'évader, et serait mort plus tard de maladie. Son fils Timothée hérita d’une partie de sa grande fortune; il avait disposé du reste en faveur des pauvres. Nous avons une esquisse de sa vie par Cornelius Nepos.
CONON, pe Samos, mathématicien et astronome , fleurissait vers la 130° olympiade. Il mourut avant Archimède, son ami, qui professait pour lui une grande estime. J1 est question des travaux scientifiques de Conon dans le quatrième livre des Sections coniques d'Apollonius. On voit aussi dans les Collections mathématiques de P appus, que Conon avait proposé aux géomètres de trouver la théorie de la spirale, et que c’est probablement cette circonstance qui inspira à Archimède son Traité des Spirales. On croit que Conon distingua le premier la constellation qui, depuis lui, est connue sous le nom de chevelurede Bérénice; du moins le poëte Callimaque s’appuya du nom du géomètre pour donner quelque autorité à la fiction que lui suggéra la disparition subite de la boucle de cheveux consacrée à Vénus par Bérénice. Les écrits de Conon sont malheureusement perdus. « C'était, au jugement d’Archimède, un homme admirable en mathématiques. »
CONON, écrivain grec, contemporain de César et d’Auguste. Il avait écrit plusieurs ouvrages d'histoire, et il avait composé cinquante nouvelles que recommandait, au dire de Photius, un style brillant, coloré, plein de grâce. Il est à regretter que les écrits de Conon n’aient pu se conserver et justifier les éloges du patriarche de Constantinople ; on ne peut guère juger de leur mérite par d’arides extraits qui seuls ont échappé sux ravages du temps. Le sujet d’un de ses petits contes, Ze Déposilaire infidèle, se retrouve au nombre des causes que juge avec une sagacité si lumineuse l’immortel Sancho-Pança durant son règne trop court à l’île de Barataria. Les Narrations de Conon ont été comprises dans plusieurs recueils ; elles ont obtenu à Gœttingue, en 1798 , les honneurs d’une édition spéciale, G. Bruner.
CONON, pape, succéda, en 686, à Jean V. Il était né en Sicile, d’une famille originaire de la Thrace, et il avait vieilli dans l’obscure pratique des vertus chrétiennes , sans songer qu’il pût un jour occuper le saint siége. A cette époque , l’armée avait la prétention de faire des papes comme elle avait fait des empereurs, et, à la mort de Jean V, elle voulait imposer aux Romains un prêtre nommé Théodore, tandis que le clergé désignait un autre candidat. Après une obstination de quelques jours, les deux partis convinrent d’en choisir un troisième, et Conon futélu, aux acclamations du peuple. Justinien 11 régnait alors à Constantinople, et il écrivit trois lettres à ce pontife. Saint Kilian, évêque d’Irlande, vint le visiter et recevoir de lui la mission de convertir les peuples d'Allemagne. La simplicité de Conon, son éloignement des affaires publiques , lui portèrent préjudice. Les intrigants s’emparèrent de l’esprit de ce vieillard, et déshonorèrent son pontificat, quoique Platina assure le contraire, en exaltant sa prudence et sa pénétration. Conon ne gouverna l’Église que pendant onze mois et trois jours. 1] légua au clergé les trésors qu'avait amassés Benoît I], et mourut en 687. Vienner , de l’Académie française,
CONOPS (du grec xwve, moucheron ), genre d’insectes diptères que Latreille a pris pour type de sa tribu des conopsaires, dans la famille des athéricères, Cette tribu a pour caractère une trompe loujours saillante en forme de