‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 218 sur 607 · CONNECTICUT — CONNÉTABLE · texte numérisé non relu

CONNECTICUT — CONNÉTABLE

deux gagné l'épée de connétable dans la guerre contre les Albigeoïs. Les attributions de ce grand ufficier, comme administrateur suprême et généralissime de toutes les armées, sont clairement expliquées dans deux ordonnances royales déposées aux archives de la Cour des comptes, et citées par le père Anselme et par Dutillet. Le problème historique serait résolu si ces deux ordonnances étaient datées; mais elles ne le sont pas. On lit dans la première : « Li connestable est ou doibt estre du plus secret et estroïct conseil du roy, et ne doibt li roys ordonner de nul faict de guerre sans le conseil du connestable, pour tant qu'il puist avoir sa présence. Li connestable doibt avoir chambre à court devers le roy, ou que li roy soït en sa chambre, avoir douze coustes et douze coiffins et busches pour ardoir (brûler), et si doibt avoir six sepéins et six cinquains , et deux pougnées de chandelles menues et torches de nuict, pour les convoyer en son hostel ou en sa ville, et, le lendemain, le doibt-on rendre aux fruictiers; si doibt avoir trente-six pains, un septier de vin pour sa mesnie (famille), devers le tinel (office, salle où mangeaïent les domestiques des seigneurs), et estables pour quatre chevaux. » Dans la seconde on lit: « Le connestable est par dessus tous autres qui sont en l’osé (à l’armée), excepté la personne du roy, et, s’il y est, soyent ducs, barons, chevaliers, escuyers, soudoyers, tant de cheval que de pied, de quelque estat qu'ils soient, doibvent obéir à Iny. »

Ces deux ordonnances, on le voit, règlent le rang et les gages du connétable : son train est des plus modestes ; l'État ne lui entretient que quatre chevaux ; mais il a une large part au butin. « Si l’on prend, y est-il dit, chastel ou forte- : resse à force, ou qu’il se rende, chevaux et harnoïs, vivres et toutes autres choses que l’on trouve dedans, sont au connétable, excepté l'or et les prisonniers , qui sont au roy, et l'artillerie au maistre des arbalestriers. » Il ne connaissait de supérieur que le roi. Les princes, les plus grands seigneurs, quel que füt leur rang, devaient lui obéir ; les fils du roi euxmêmes n’en étaient pas exceptés. Ces ordonnances sont évidemment antérieures au quatorzième siècle, puisque Philippe de Valois, par une ordonnance spéciale, exempte les princes ses fils et leurs officiers de l’obéissance au connétable,

Des solennités extraordinaires signalaient l'investiture de cette haute dignité. « Charles, sire d’Albret , après long refus, accepta l'office en 1402, dit Dutillet; le roy, de sa main, luy bailla son espée; les ducs d'Orléans et Berry à la dextre , et ceux de Bourbon et Bourgogne à la sénestre, la lui ceignirent, et le chancelier luy fit faire le serment audit roy. » Le connétable portait l'épée royale nue et haute dans les grandes cérémonies. On arboraït sur les tours des villes prises d’assaut ou qui avaient capitulé, l’étendard de celui qui avait conduit le siége, ou accepté la capitulation; mais si le connétable était présent, on arboraît son étendard; si le roi se trouvait en personne devant la place conquise, l'étendara royal, placé d’abord, était immédiatement remplacé par celui du connétable. A l’armée, à la cour, le cunnétable prenait le premier rang après le roi. La formule du serment est remarquable : elle résume les prérogatives et les obligations de ce premier dignitaire de l’ancienne monarchie.

On compte depuis Matthieu II de Montmorency, qui, le premier, se distingua à la tête des armées, et qui mourut le 24 novembre 1230, jusques au duc de Lesdiguières, mort le 28 septembre 1626, trente connétables. Raoul de Brienne fut blessé mortellement dans un tournoi en 1344. Son fils, qui lui avait succédé, fut décapité pour crime de félonie, en 1350. Six périrent sur les champs de bataille, ou de blessures reçues : Gauthier de Brienne, à la bataille de Poitiers, 1356; Jacques de Bourbon, tué en 1361 par les grandes compagnies de Charles d'Albret, à la bataille d'Azincourt, en 1413 ; Jean Stewart, Écossais, à la bataille de Verneuil, en 1424 ; Charles de Bourbon, qui avait pris les armes contre son pays, tué au siége de Rome , en 1527 ; Anne

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