CONSTANTINOPLE — CONSTELLATION
jugé Ibas et Théodore orthodoxes, en les rétablissant sur leurs siéges. Ce ne fut que longtemps après qu’on put s’assurer que les deux conciles n'étaient point opposés l’un à l'autre; que les pères de Chalcédoine avaient pu ne pas condamner comme hérétiques des ouvrages qui ne contenaient pas formellement l'erreur, et qui avaient paru avant les décisions de l'Église ; qu’ils avaient pu sans rien statuer sur les écrits juger orthodoxes des évêques qui en souscrivant la condamnation de Nestorius étaient censés rétracter lhérésie, s'ils l'avaient autrefois favorisée; qu’à leur tour ceux de Constantinople avaient pu sans condamner les auteurs proscrire des écrits dont les hérétiques abusaient pour étendre leurs doctrines. Ce concile, qui n'avait d’abord rien d’œcuménique, devint, en vertu de l’acceptation universelle, le cinquième des conciles généraux.
L'hérésie d'Eutychès avait enfanté de nouvelles erreurs, entre autres celle des monothélites, sorte d’eutychiens mitigés, qui, n'osant contredire ouvertement le concile de Chalcédoïine, admettaient deux natures en Jésus-Christ, mais ne reconnaissaient en lui qu’une seule volonté, Cette doctrine, soutenue par les édits de deux empereurs, défendue par des évêques , des patriarches, appuyée, en quelque sorte, par le silence du pape Honorius, était devenue une nouvelle semence de division dans l'Orient. Pour y mettre fin , l'empereur Constantin Pogonat, de concert avec le pape Agathon, convoqua le sixième concile général, qui se tint à Constantinople, en 681, dans la chapelle du palais, et auquel le pape présida par ses légats. 166 évêques y assistèrent. Une lettre adressée à l’empereur, et dans laquelle le souverain pontife exposait la foi catholique, fut accueillie par les acclamations de tous les prélats : « C’est Pierre, disaient-ils, qui a parlé par la bouche d’Agathon. » Avec les erreurs des monothélites, le concile condamna la mémoire des patriarches et des évêques qui les avaient soutenues, sans épargner Honorius lui-même, non pas que ce pape eût embrassé l'hérésie, mais, dit saint Léon II, un de ses successeurs, parce qu'en n’éteignant pas à sa naissance la flamme de lhérésie, il Pavait entretenue par sa négligence. » Agathon étant mort avant la fin du concile, ce fut Léon II qui en approuva les décrets.
Dix ans après, environ 200 évêques grecs se réunirent dans le même lieu pour s'occuper de règlements de discipline. Cette espèce de concile eut le nom de quini-sexte, c’est-àdire supplément aux cinquième et sixième conciles généraux, qui n’avaient rien statué sur ces matières. On l’appela aussi in trullo (sous la coupole), à cause du lieu où l’on s’assemblait. Parmi les canons de ce synode, il en est un qui permet aux sous-diacres, diacres, et prêtrés mariés avant l’ordination, de continuer d’habiter avec leurs femmes. Jamais aucun de “es canons n’a été reçu dans l’Église romaine.
Le schisme de l’Église grecque, devenu imminent par Vintrusion de Photius sur le siége de Constantinople, fut 2 cause du huitième concile général, le quatrième qui se tint dans cette ville. Il fut convoqué en 869, à la prière dIgnace, patriarche légitime, lorsque après l’exil de Photius, il fut rappelé et rétabli par l’empereur Basile. 102 évêques y assistaient, sous la présidence des légats du pape Adrien IL. Photius fut condamné et déposé; mais dix ans après, ayant trouvé moyen de remonter sur le siége qu’il avait déjà usurpé, il fit annuler dans un concile prétendu général ce qui s'était fait dans le précédent, et le schisme fut consommé. L'abbé C. BANDEVILLE,
CONSTELLATION. Ce mot signitie assemblage d'étoiles ; on le remplace assez souvent par celui d’as/érisme, que l’on doit à Hipparque. Cette classification des étoiles du firmament est d’une haute antiquité. Job parle des pléiades (haisch) et des bandes d’Orion (khima). Le zodiaque d'Esné, sculpté sur le plafond d’un temple de cette vieille ville d'Égypte, que le déluge précéda de si peu, date d’au MMS 4,750 ans. On a trouvé aussi un zodiaque dans une
pagode, près du cap Comorin, en deçà de la presqu'ile du Gange: par la position du signe de la Vierge solaire, on peut hardiment lui donner une antiquité de près de 5,000 ans.
En même temps que les hommes se traçaient des chemins entre les villes qu’ils s'étaient bâties sur la terre, ils groupaient dans les cieux les étoiles, les séparant avec symétrie, leur donnant des noms comme à leurs villages et à leurs bourgs; c’est ainsi qu’ils se faisaient dans la voûte céleste des routes certaines et immuables pour y voyager des yeux.
Les figures d'hommes, d'animaux, d'instruments, d’ustensiles, sous lesquelles on représente les constellations, n’ont aucun rapport à leurs formes particulières , excepté quelques-unes, comme celles du Triangle austral et boréu, et du Grand Chariot, dont trois étoiles paraissent être le timon et quatre les roues. Les premiers observateurs de la voûte céleste groupèrent autour des plus beiles étoiles les moins apparentes, abandonnant sans nom celles d’alentour à peine visibles, que depuis les astronomes ont appelées sparsiles, sporades (éparses) et informes, non que le Créateur les ait disgraciées aux dépens des autres, mais parce qu’elles n’ont point été formulées comme leurs voisines. Ce fut vers le pôle que l’on traça les premières constellations : l'Égypte, la Chaldée , la Chine même, les voyaient toujours levées au nord. Les Chinois connurent l'étoile polaire plus de trois mille ans avant notre ère. Quatorze étoïles boréales, par leur disposition symétrique, sept par sept, durent d’abord frapper les contemplateurs du ciel, ils en firent deux constellations, la Grande et la Pelite-Ourse, ou le Grand et le Petit-Chariot. Ces deux constellations, connues de temps immémorial, sont citées dans la Bible; l’une d’elles , la Petite Ourse, a laissé au pôle nord son nom indélébile de septentrion (septem triones), les sept trions ou bœufs, car c'est sous ce nom aussi que les anciens désignaient cet astérisme; maïs les constellations aux formes déterminées sont en petit nombre dans le ciel. La religion, la reconnaissance, la flatterie, attachèrent donc au reste des étoilés la figure ou le nom des dieux, des héros, des héroïnes et des rois. Parmi elles cependant quelques-unes doivent leur appellation à l’influence de leur lever héliaque sur les saisons qu’elles amènent : tels sont les noms de pléiades et d’hyades, dont le premier signifie les navigatrices et le second Les pluvieuses ; aussi furent-elles des premières connues; Job, Hésiode, Homère, en parlent souvent, ainsi que du Taureau, d'Orion et de Sirius : ces constellations dirigeaient l’année rurale,
Ce fut plus tard que les astronomes divisèrent le firmament en trois parties principales. Celle du milieu, appelée le z0diaque, renferme douze constellations, qui se trouvent dans les environs de la route des planètes, lesquelles ne dépassent jamais dans leur plus grande latitude les deux cercles extrêmes de cette zône, occupant 18 degrés de largeur dans le ciel. Cette bande sépare donc les deux autres portions du firmament, l’une boréale, l’autre australe, renfermant le reste des constellations. Les anciens n’en comptaient en tout que 48; aujourd’hui nous en comptons 100 , depuis l’exploration du ciel austral, abstraction faite de quelques-unes, formulées depuis peu, d’un usage presque nul. De ces 48 constellations des anciens, classées par Ptolémée, 12 occupent le zodiaque, 21 la partie septentrionale, et 15 la partie méridionale, cet astronome n'ayant pont admis dans son catalogue la Chevelure de Bérénice et Antinoûüs, que la flattene d’un philosophe et la passion extravagante d'un empereur romain configurèrent avec des étoiles informes, les premières dans le Lion, les secondes autour de l’Aigle, dans la région boréale du ciel.
Voici les noms des constellations du zodiaque, communément appelées signes : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, lÉcrevisse,le Lion, la Vierge, la Ralance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Ver-
seau, les Poissons. Les six premiers sont septentriopaux, les six autres méridionaux. Ces 12 astérismes renferment 445 étoiles qui faisaient partie de la voûte constellée. Les 21 constellations de la partie boréale du ciel sont : la petite Ourse, la grande Ourse, le Dragon, Céphée, le Bouvier, la Couronne boréale, Hercule, la Lyre, Oiseau ou le Cygne, Cassiopée, Persée, le Cocher, le Serpentaire, le Serpent , la Flèche, Aigle, le Dauphin, le petit Cheval, Pégase, Andromède, le Triangle. Ces 21 constellations renferment 700 étoiles. Tycho-Brahé a compris parmi elles la Chevelure de Bérénice et Antinoüs. Voici les astérismes décrits par Ptolémée dans la région australe du ciel : la Baleine, Orion, le fleuve Éridan, le Lièvre, le grand Chien, le petit Chien, le Navire, l’'Hydre femelle, la Coupe, le Corbeau, le Centaure, le Loup, l’Autel, la Couronne australe, le Poisson austral. Depuis que la navigation a fait de si belles conquêtes sur le globe, la voûte australe du ciel, longtemps inconnue aux astronomes, s’est étendue à leurs yeux; ils y ont vu de nouvelles étoiles et en ont formé de nouvelles constellations ; voici leurs noms et l’ordre dans lequel Jean Boyer les a décrites : le Paon, le Toucan, la Grue, le Phénix, la Dorade, le Poisson volant, l’'Hydre mâle, le Caméléon, lAbeïlle ou la Mouche, l’Oiseau de Paradis, le Triangle austral, l’Indien. Ces 27 constellations australes comprennent 561 étoiles. Rappelons ici que tous ces astérismes, y compris ceux du zodiaque, ceux décrits par Ptolémée, se composent de 1706 étoiles. Dans la suite, deux autres constellations, Za Colombe, et a Croix, furent formées et ajoutées à celles de la partie méridionale du ciel. Maïs il restait encore de grands espaces entre ces astérismes, où il scintillait des étoiles bien moins belles et apparentes, bien qu’assez visibles pour être formulées ; La Caille a rempli ces vides avec 14 nouvelles constellations; en voici la liste telle qu’il l’a donnée lui-même : l'Atelier du Sculpteur, le Fourneau chimique, l’Horloge à pendule à secondes, le Réticule rhomboïdal , le Burin du graveur, le Chevalet du peintre, la Boussole, la Machine pneumatique, l’Octant, le Compas du géomètre, l’Equerre et la Règle, le Télescope, le Microscope, la Montagne de la Table. On ne voulut pas laisser d’étoiles sans nom dans le firmament; les presque imperceptibles furent formulées, Dans l’année 1679, Augustin Royer publia des cartes célestes dans lesquelles on trouve des étoiles informes rangées sous onze constellations, dont cinq sont dans la partie septentriouale du ciel, et six dans la partie méridionale, Les cinq situées vers le Nord sont : la Girafe, le Fleuve du Jourdain, le Fleuve du Tigre, le Sceptre, la Fleur de Lis. Les six situées vers le Midi sont : la Colombe, la Licorne, la Croix, le grand Nuage, le petit Nuage, le Rhomboïde, Hévélius forma aussi de nouvelles constellations, dont voici les noms : le Monocéros, le Caméléopard, le Sextant d'Uranie, les Chiens de chasse, le petit Lion, Le lynx, le Renard avec l’Oie, l’Écu de Sobieski, le Lézard, le petit Triangle, le Cerbère. Quelques-unes de ces constellations répondent à celles de Royer, comme, par exemple, le Caméléopard à la Girafe, les Chiens de chasse au Fleuve du Jourdain, le Renard avec l’Oie au Fleuve du Tigre, le Lézard au Sceptre, le Monocéros à la Licorne. Dans les cartes de Flamstead, on trouve encore d’autres constellations, nommées le mont Ménale, le Rameau, qui répond à Cerbère, le Cœur de Charles IT, la Petite-Croix et Le Chêne de Charles II; mais ces astérismes sont si peu apparents, qu’il est rare que les astronomes en fassent usage, A son retour du grand voyage au cercle polaire, Lemonnier composa une constellation du Renne entre Cassiopée et l’étoile polaire Lalande, dont l'âme était au-dessus de l'envie, plaça parmi les astres le nom d'un astronome distingué ; il appela Messier une petite constellation peu apparente du pôle nord , à côté du Renne. Toutes ces constellations, avec celles du zodiaque, complètent presque le nombre de cent,