‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 281 sur 607 · DENNE-BARON · texte numérisé non relu

DENNE-BARON

CONSTERNATION, dernier dégré de la crainte, et d'autant plus complet qu’il vient à la suite d’un événement inattendu ou que du moins l’imagination se plaisait à regarder comme impossible, La consternation envahit en général une famille entière ou des masses. Une ville assiégée, et dont toutes les ressources sont épuisées, compte sur un seeours ; il lui manque : elle tombe dans la consternation. Un père de famille est frappé subitement de mort : tous les siens sont dans la consternation. Des fléaux, tels que des épidémies, répandent la consternation dans toutes les classes ; riches et pauvres pleurent en même temps. De grazds crimes, d’atroces vengeances, d’effroyables réactions, jettent un peuple tout entier dans la consternation. Maïs si ce sentiment est étendu et profond, il n’est pas de nature à durer longtemps ; c’est ce qui le différencie de l'abattement, qui arrive d’une manière successive et parvient à s'emparer de toutes les facultés de l'âme. Après un moment de consternation, et comme pour prendre leur revanche, des soldats s'élèvent jusqu’au couragele plus sublime. La consternation, pour se passer rapidement, n’en est pas moins désastreuse ; féconde en sensations déchirantes, elle vous laisse tantôt accablé sous un poids qui vous étouffe, tantôt comme muré, nulle issue ne se présentant à l’esprit : c’est un coup tel qu’on meurt quelquefois du premier saisissement qu’il cause. Mais résiste-t-on à cette terrible impression, on revient insensiblement à soi; on s’élève plus haut que les difficultés que l’on doit vaincre, et il ne reste plus de la consternation qu’un souvenir, qui dans d’autres circonstances est salutaire, parce qu’il retrempe nos forces. Les âmes religieuses sont moins sujettes à la consternation, parce que pour elles la vie présente n’est que le provisoire : peu leur importe la cause qui la trouble ou la termine. Les hommes, au contraire, qui n’ont que le courage de la réflexion, cèdent aux événements quand ils sentent qu'ils sont les plus faibles : leur mesure est dépassée, SAINT-PROSPER,

* CONSTIPATION (de constipare, resserrer). Ce mot sert à désigner le défaut d'exonération des matières stercorales, résultant d'une altération dans la vitalité, la texture, les rapports respectifs du conduit digestif Le tube digestif étant en relation fréquente avec les substances diverses qui nous servent d’aliments, et étant en outre influencé par les affections morales, éprouve des modifications nombreuses; aussi est-il le siége primitif d’un grand nombre de maladies, et par conséquent la constipation se rencontre très-communément, On la trouve dans le cours des Sèvres, dans l'hypochondrie, dans l'h ystérie, parce

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