‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 297 sur 607 · CONTACT — CONTAGION · texte numérisé non relu

CONTACT — CONTAGION

impressions bien funestes à recevoir du contact de compagnies qui ne sont que trop mélées. Sont-elles conduites pour leur malheur dans les salons où une grande facilité de mœurs domine, elles courent risque de se perdre. Il est certain que les femmes offrent pour elles plus de périls que les homrnes, elles discernent facilement l’abîme où ceux-ci veulent les conduire et s’arrétent sur-le-champ; mais elles sont sans défiance avec les personnes de leur sexe que protège une position honorable, Elles cèdent à de mauvais conseils qu’on pare de fallacieuses apparences, ou qu’on déguise sous de tendres caresses, et bientôt elles sont compromises sans retour, On ne peut, au reste, se faire une idée de l’art que certaines femmes déploient pour en pervertir d’autres : c'est une jouissance à laquelle elles sacrifient tout, parce que leur vanité y est intéressée et qu'elles se relèvent à leurs propres yeux en faisant tombet plus bas qu’elles de jeunes femmes à leur début dans la société.

Il était autrefois d'usage que les jeunes mariées n’allassent dans le monde pendant un certain temps qu'avec des parentes ou des dames d’un âge assez avancé, et dont la réputation était parfaite : elles leur servaient de chaperon, et dirigeaient leurs démarches. Cette coutume, qui ne fait plus partie de nos mœurs, est fort à regretter. Il est cependant quelques femmes d’une nature si admirable qu’elles peuvent traverser seules tous les genres de contact sans en être souillées : c’est là une glorieuse exception; mais, en définitive, on ne vit avec sécurité qu’en s'appuyant sur lo règle. SAINT-PROSPER.

CONTADES (Famille de). La maison de Contades, originaire du comté de Béarn, vint se fixer en Anjou vers l’an 1600, et prit rang à cette époque parmi la noblesse. Elle a donné dans l’espace d’un siècle un maréchal de France, chevalier des ordres du roi, quatre généraux, deux brigadiers et plusieurs officiers supérieurs.

Georges-Gaspard ne ConrApes, lieutenant général, né en 1666, se distingua dans les guerres de la succession, à Malplaquet, à Oudenarde, à Denain, fut blessé au siége de Mons et à l’attaque de Fribourg. Il accompagna le maréchal de Villars au congrès de Rastadt, et déploya du zèle et des talents dans le cours de ces négociations.

Louis-Georges-Érasme,marquis ne CoNTADES, maréchal de France, fils du précédént, né en 1704, combattit à Guastalla à la tête du régiment d'Auvergne, s’empara d'Ostende, de Nicuport et de Bruxelles. Après la prise de Berg-op- Zoom, le comte de Lœwendahl étant tombé malade, le marquis de Contades fut appelé à le remplacer, et commanda la première ligne d'infanterie à la bataille d'Hastembeck. Ses exploits contre l’armée hanovrienne lui valurent, en 1758, le bâton de maréchal, qu’il continua de mériter par de nouveaux faits d'armes jusqu’à la fin de la guerre de sept ans. Il mourut en 1795, doyen des maréchaux de France.

Érasme-Gaspard, comte ve Conranes, petit-fils du précédent, né en 1758, était colonel de cavalerie lorsque les premiers événements de la Révolution le déterminèrent à passer sous les drapeaux du prince de Condé, Il fut nommé, à Coblentz, aide de camp de Monsieur, depuis Louis XVIII, et fit en cette qualité la campagne de 1792. Contades était major général de l’armée royale qui vint débarquer à Quiberon, sous les ordres du marquis de Puisaye. Créé lieutenant général et pair de France à la seconde rentrée des Bourbons, il mourut en 1834.

CONTAGION, communication d’une maladie par le contact, La transmission d’une maladie d’un individu à un autre peut se faire par le toucher immédiat de le personne infectée, ou simplement par le contact de’ses vètements ou de tout autre objet qu’elle à touché : on appelle coutact médiat ce dernier mode de communication.

Il y a des médecins qui nient l'existence des maladies contagieuses ; mais malheureusement pour l'espèce hu. maine il en existe beaucoup. Les maladies contagieuses sunt

CONTAGION

tnutes celles qui roconnaissent pour eause la contagion ; tmtefois, il ne faut pes conclure de cette définition qu’une maladie pour être regardée comme contagieuse doit attaquer de toute nécessité chaque individu exposé à la contagion. Cette fausse conclusion est la source de beaucoup de jugements erronés, La communication d’une maladie par contact ne peut jamais avoir lieu qu’à des conditions déterminées,

Un des caractères les plus essentiels d’une maladie contagieuse, c'est d’être toujours la même, indépendamment du temps, des lieux, du climat, de la saison, de l'état de l'atmosphère, et de la constitution individuelle des personnes qu'elle attaque. Ses symptômes caractéristiques , leur manifestation , leur progression et leur cessation sont constamment les mêmes , sauf les modifications que mille circonstances accidentelles amènent ordinairement dans ses différents degrés d’intensité'et de durée. Une maladie contagieuse peut-elle se manifester spontanément dans un individu sans contagion préalable ? Nous ne le croyons pas. L'histoire et observation nous prouvent que toute contagion a été transportée du dehors, telles que la lèpre, la peste, la petite vérole, la syphilis, le choléra, etc. Toutes ces maladies ne se sont manifestées spontanément nulle part. Les désordres du régime, l'humidité, la malpropreté, la chaleur, les affections morales, peuvent très-bien faire naître différentes maladies communes ; mais ces causes ne donneront jamais origine à des maladies véritablement contagieuses. Si les germes d'une maladie contagieuse ont été préalablement déposés sur une personne ou sur les effets qu’elle touchera par la suite, et pendant son isolement des malades, alors on conçoit que les causes indiquées peuvent en hâter le développement et la faire éclore. C’est ainsi qu’il faut expliquer la manifestation d’une maladie contagieuse dans les endroits où l'on n’a pu découvrir d’une manière claire les germes primitifs. I est presque impossible ou il est excessivement difficile de constater si la variété infinie des objets gai peuvent se trouver exposés au contact de l’homme ne contiennent pas des germes contagieux, et nous avons acquis la certitude que les germes de certaines contagions peuvent rester inactifs pendant des années, et ne se développer ensuite que dans des circonstances favorables à leur développement. On confond trop souvent les causes qui ont déterminé ou favorisé le développement d’une maladie contagieuse avec la cause efficiente elle-même. Le public, dans les épidémies contagieuses, va plus loin, ou, pour mieux dire, resserre son esprit d'observation dans des limites encore plus étroites, et ne reconnaît pour cause de la maladie dominante que les objets qui tombent le plus immédiatement sous les sens : c’est alors la chaleur, l’humidité, l’eau, les aliments qu’on lui fournit, qui sont pour lui la cause de l'épidémie. De là à l’idée du poison il n’y a qu'un pas à faire; et malheureusement ce pas a été franchi par le peuple dans tous les pays quand il y a eu de graves épidémies.

Toute contagion résulte manifestement d’une substance matérielle qui se sépare du corps infecté pour produire dans le corps sain qu’elle approche une maladie identique à celle dont elle dérive. Cette matière, que nous appelons virus, doit être différente pour chaque maladie contagieuse essentiellement différente. Le virus contagieux a la propriété de se multiplier, de s’engendrer partout où il trouve les conditions propres à son développement, et c’est ce qui constitue la maladie. Les symptômes qui se manifestent dans les différentes maladies contagieuses résultent de la manière diverse dont les organes se trouvent affectés par fa présence du virus, ainsi que de la différence des organes ou des tissus qui sont plus spécialement attaqués par les diverses contagions. 11 y a des maladies contagieuses d’une période déterminée, lesquelles sont ordinairement accompagnées de fièvre : telles sont la petite véroie, la rou-

geole, etc.; il y en a d’autres dont la durée est indéfinie, comme la syphilis, la gale, etc. Dans les unes, le virus s'éteint de lui-même, après avoir parcouru sa période dans les individus attaqués; dans les autres, le virus se perpétue (1). Il y a lieu de croire, que les contagions existent en nature de tout temps, comme les papillons , les mouches et les fourmis ; mais elles ne se propagent dans les corps vivants que dans des circonstances données.

Chaque virus contagieux se transmet par contact, soit sur l’épiderme, soit sur la surface des membranes muqueuses, etc. 1! s'attache et se conserve sur les vêtements, sur les différents corps solides, mais plus spécialement sur les substances animales, la soie, la laine ct les fourrures. Certains virus, comme celui de la petite vérole, se sont conservés sans s’altérer pendant plusieurs années, et ruis à l'air, en contact avec l’homme, dans les conditions favorables à leur développement, ont donné lieu à de graves épidémies. On a conservé dans des verres le virus de la vaccine pendant plusieurs, mois, sans qu’il ait perdu de son efficacité. Voilà pourquoi il est difficile de découvrir l’origine d’une épidémie contagieuse. Cominent savoir si sur la surface de tel ou tel corps il n’y a pas eu les germes invisibles, insaisissables, d’un virus qui n’attendait pour se développer qu’un épiderme convenable à sa nature?

Cette observation nous conduit à examiner quelles sont les conditions de l'absorption du virus. Il est certain que pour qu’un virus contagieux développe son action il ne suffit pas qu’il soit offert au contact de la peau, il faut qu'il puisse se multiplier, qu'il soit conséquemment absorbé par le système lymphatique, et transporté dans l’organisme. Cette multiplication, cette absorption et cette transmission supposent des conditions favorables, lesquelles sont : 1° que le virus ne soit aucunement altéré , et qu’il conserve la propriété de s’engendrer; 2° qu'il trouve le système Ilymphatique disposé à l’absorber ; 3° que dans l'individu il n’y ait aucune émanation capable de détruire les germes contagieux qui se sont présentés à sa peau; 4° enfin, que l'individu soit apte à contracter telle ou elle contagion. Il importe de faire connaître la différence qu’il faut établir entre les maladies contagieuses et les maladies épidémiques, maladies que l’on a encore l'habitude de confondre, parce qu’elles se ressemblent sous différents rapports. Les maladies contagieuses ne se communiquent que par contact médiat ou immédiat; l’air n’en est pas le véhicule. Les maladies épidémiques, au contraire, ont pour cause des principes qui se trouvent dans l’atmosphère : ses alférations, ses révolutions, les émanations ou les principes morbides dont elle est chargée, sont la cause des épidémies non contagieuses.

Généraiement on convient que nous ignorons la nature du virus contagieux. Il y a cependant une opinion qui nous paraît très-fondée, et qui est celle de beaucoup de médecins anciens et modernes; nous l’adoptons. Dans les ouvrages de Varron, de Columelle, de Valisnieri et d’autres, l’on trouve déjà exprimée l’idée que plusieurs maladies ne sont dues qu’à la présence d’atomes organisés, à des insectesinfiniment petits. Celte opinion des miasmes ou virus animés a été soutenue par Kircher, Lange, Lancisi, Fabri, Linné, Ricea, etc.; de nos jours, par Scuderi, Rasori, Targioni, Acerbi, Mojon. En 1650, A. Hautman regarda les animalcules comme la cause des maladies les plus terribles. En 1704 on inséra dans le Journal des Savants l'extrait d’une dissertation où l’auteur cherchait à établir que tout l'espace est rempli de vers et d'œufs imperceptibles à la vue, qui causent la plupart des fièvres malignes et les maladies contagieuses. Nous pourrions citer un très grand nombre d’au-

(1) Cette distinction, ainsi que nos observations sur la nature du virus, furent adoptées, on pourrait presque dire copices, par quelques auteurs qui écrivirent sur la contagion après la publication de cet article de la première édition. M. Raspail et M, Hameau notamment en ont fait depuis la base de leurs doctrines,

teurs qui ont soutenu l'opinion des animalcules comme causes des maladies contagieuses et épidémiques.

Plusieurs faits, l'analogie et l'induction, viennent à l'appui de celte opinion. Les observations microscopiques denos jours ont découvert des milliards d’animalcules divers dans des liquides et des substances diverses, et l'on peut déjà se convaincre que le monde invisible et vivant est mille fois plus nombreux que le monde visible, Qui aurait pensé qu’une goutte d’eau ou de vinaigre pût contenir des milliers d'animaux infusoires? Qui aurait cru autrefois que plusieurs maladies des moutons, des bœufs, des chevaux, fussent occasionnées par des ichneumons, des cynips, des spes, et par plusieurs autres espèces d’êtres qui vivent et se multiplient dans l'intérieur de ces animaux ? Beaucoup de maladies des plantes sont dues à quelques insectes. Le bostrichus topographus, l'hylesimus destructor et d’autres insectes firent à différentes époques des dégâts incroyables sur différentes espèces de végétaux. Si nous portons notre examen sur l’homme, nous remarquons spécialement les maladies pédiculaires ; au Paraguay, une espèce de papillon grand et noirâtre dépose ses œufs sur les personnes endormies, et il en sort des vers qui s’insinuent sous l'épiderme sans que l’on s’en aperçoive. Il en survient un bouton trèsdouloureux. Au Brésil et dans toute l'Amérique méridionale, il y a beaucoup d'insectes qui s’attachent à l’homme et lui causent des maladies. On sait comment le petit insecte appeli chique s’introduit sous les ongles des pieds. Les recherches faites depuis Cestoni, en 1698, jusque ici ont prouvé jusqu’à l'évidence que la gale est produite par un insecte qui s’insinue sous l’épiderme, où il se multiplie et se propage. Rogers a observé que le pus que l'on crache à une certaine période de la consomption pulmonaire est rempli de petits vers dont la forme particulière est facilement saisie à l’aide d’un bon microscope. Vasani a découvert dans le pus de l'ophthalmie contagieuse des animalcules et en trèsgrand notabre. Dans les pays où l’on voit en été beaucoup de mouches, de moucherons, de cousins, de papillons et d'autres insectes, les maladies contagieuses se propagent avec une très-grande facilité. A Paris il y a très-peu d'insectes, et les maladies contagieuses se propagent difficilement, au point que plusieurs mnaladies réellement contagieuses ne sont pas reconnues pour telles par divers médecins. On comprend ainsi comment est fondée l'opinion que tous les virus contagieux ne sont que des êtres organisés vivants, susceptibles de se multiplier, lorsqu'ils trouvent dans les corps où ils sont déposés les conditions convenables à leur propagation.

C’est un fait qu'en général le virus contagieux qui atlaque une espèce d'animaux n’attaque pas l'autre; il y a cependant desexceptions: l'hydrophobie,lamorve,la vaccine passent des animaux à l'homme. Le corps de l’homme ou des animaux, sans être atteint d’une contagion, peuvent servir de moyen de transmission. Les contagions fébriles ne se reproduisent pas ordinairement dans le même individu ; et lorsque, dans quelque cas particulier, la maladie revient une seconde fois, cette seconde attaque est moins dangereuse que la première. Il paraît donc que les contagions diminuent dans les individus l'aptitude à ressentir leurs funestes effets, et en cela elles diffèrent des maladies communes non contagieuses, à l’attaque desquelles on est plus prédisposé en raison que l’on en a été atteint plus récemment et plus souvent. Deux maladies contagieuses et fébriles n’ont pas lieu ordinairement à la fois et dans le même individu : l'une fait place à l’autre, et elles se succèdent. Nous avons vu la petite vérole succéder au {yphus; la scarlatine à la rougeole, etc., etc. Les maladies contagieuses non fébriles laissent le champ libre au développement de toute autre maladie contagieuse, La présence du virus syphilitique, de la gale ou de la teigne, n'exclut pas le développement d'autres virus ou des miasmes. Une espèce

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de contagion détruit dans le corps l'aptitude à contracter une autre contagion : la vaccine exclut la petite vérole. Maintenant, si nous considérons la machine humaine dans une condition passive, par rapport aux confagions, ét comme une habitation de différents êtres parasites qui s'associent ou s’excluent réciproquement, nous aurons un guide

pour donner la solution de tous les curieux phénomènes qui 4

se passent dans le corps de l’homme,

Chaque virus contagieux envahit une partie déterminée de l'organisme : le plus grand nombre se tient à la peau; d’autres attaquent profondément toutes les parties. La syphilis pénètre jusqu’aux os; le choléra se porte sur le ventre et les organes de la vie végétative, ete. Une des propriétés des confagions est de ne se développer que dans des temps, des

lieux et des circonstances favorables : la maladie pétéchiale #

se manifeste partout, là même où l’air, l'eau et le sol sunttrèspurs. Elle existe habituellement à Paris, malgré le peu de diffusibilité des contagions. Quand elleest légère, elle passe souvent pourune gastro-entérite ou autre maladie analogue. Les diverses confagions ne se manifestent pas toujours avec la même force; quelquefois elles opèrent d’une manière presque insensible. La petite vérole, le morbus pétéchial, si suuvent mortels, sont quelquefois si légers que les malades ne s’en trouvent presque pas incommodés. Les praticiens connaissent ces différences, et regardent cependant la maladie comme identique. C’est pour cette raison que nous ne faisons pas de distinction entre le choléra et la cholérine.

Où est le point où la cholérine finit et où le choléra com- à

mence? La cause productrice est la même : un virus spécifique. Nous n'avons jamais entendu appeler rougeoline, varioline, la rougeole ou la petite vérole légères.

Les praticiens remarquent aussi pour toutes les contagions une différence respective de leur communicabilité, laquelle tient d’abord aux propriétés inhérentes à chaque espèce de virus contagieux, ensuite aux conditions atmosphériques, c’est-à-dire l'humidité ou à la sécheresse de l'air, à l’état de son électricité, à sa condensation ou pression, etc, finalement aux dispositions particulières des individus exposés à la contagion. La différente communicabilité, spécialement dans les diverses circonstances atmosphériques, est la cause

des méprises des médecins sur la nature contagieuse ou non l contagieuse de plusieurs maladies. La petite vérole, cet épouvantable fléau, lorsqu'elle commença à se répandre en #

Europe, donna lieu aux plus vives contestations parmi les

médecins, les uns la regardant comme contagieuse, et les À

autres comme non contagieuse ; les autorités s’en mélèrentf, et l’on a vu à Naples un médecin célèbre être puni pour avoir soutenu qu’elle était contagieuse. Ila fallu plus de cinquante ans pour que les médecins se missent d'accord sur ce point. Ne nous étonnons donc pas si de nos jours nous avons vu se renouveler la même mésintelligence à l'apparition du choléra.

Les médecins ont fait des recherches pour établir la pé-

riode latente des diverses contagions, c’est-à-dire le temps &

qu'un. virus peut rester dans nos corps avant qu’il fasse

explosion. L'on n’a pu rien établir de précis là-dessus ; ce- A

pendant nous pouvons dire qu’en général toutes les conta-

gions, fébriles ou autres, se manifestent dans les huit jours A qui suivent l'infection, Il y a des exemples où le virus est» resté caché un mois ou deux dans le corps et ne s’est dé-! veloppé qu'après ; et il y a des cas au contraire où la mala- #

die s’est présentée quelques heures après le moment de l'infection. Le virus hydrophobique peut rester inofensif dans le corps pendant des années, et se manifester ensuite tout à coup avec ses caractères les plus prouoncés. 11 parait qu’il lui faut le concours de quelque condition particulière de l'organisme pour qu'il puisse se multiplier et éclore.

Nous avons dit qu'une maladie contagieuse reconnait pour cause le virus qui se détache d'un corps infect et se dépose sur un corps sain ; et que le tirus n’est pas dans l'air

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ni transporté par l'air. Le premier soin, dans une épidém ie d'une maladie contagieuse sera donc d'éviter le contact des malades et des corps qui ont été en contact avec eux. Nous pourrions réduire à cette seule maxime tous les préservatifs possibles; mais il n’est pas donné à tous les habitants d’un rays ou d'émigrer, ou d'éviter toute sorte de contact avec e virus. Or, que faire dans ce cas ? Ne pouvant éviter le contact, tâchons du moins que le virus déposé sur notre peau soit immédiatement détruit, empêéchons qu'il ne soit absorbé. Si le virus, comme nous l'avons démontré plus haut, n’est autre chose que des corpuscules organisés , les substances qui détruisent les insectes et en général les corps organisés seront les meilleurs préservatifs de la contagion. L'expérience nous a prouvé que les préparations qui contiennent le soufre ,‘le mercure,l’antimoine, larsenic,lecamphre et les acides, sont celles qui atteignent le mieux le but proposé. Il n’est pas nécessaire d’expliquer comment la propreté la plus soigneuse devient un préservatif inappréciable, L'eau enlève de la surface des corps toutes les matières malpropres, et décompose en général ou détruit les corps organisés qui ne sont pas destinés à vivre dans cet élément , particulièrement si elle est rendue active par la chaleur. On fait entrer généralement le régime parmi les moyens préservatifs des contagions. Certainement la sobriété est nécessaire; elle est une des précautions les plus utiles lorsqu'une maladie contagieuse règne dans un pays, mais il ne faut pas regarder ce moyen précisément comme un préservatif, La tempérance dans ce cas et l'abstinence de toutes sortes d’excès dans l’exercice des fonctions vitales nous préparent à ressentir d’une manière moins funeste l’influence de la maladie dominante, si malheureusement nous ensommes attaqués. Les émotions, les affections, la frayeur »e nous font pas contracter plus facilement les contagions que si nous restions impassibles ; mais les médecins ont beaucoup de peine à guérir les malades dominés par des affections trop vives.

Les moyens qu’un gouvernement devrait employer pour préserver le pays de l'invasion d’une maladie contagieuse, lorsqu'il en est menacé, c’est d'empêcher que ni hommes, ni animaux, ni matières quelconques passent du pays infecté au pays sain; c’est lecordonsanitaire.Mais je mempresse de dire que dans l’état de civilisation où nous sommes, les mesures sanitaires ordonnées par le gouvernement sont presque toujours illusoires. A travers tous les cordons sanitaires, il se glisse toujours, d’une manière ou d’une autre, des personnes, des marchandises ou des animaux chargés de quelque germe de la contagion, lesquels trouvent ensuite facilement la peau de quelques individus propre à leur propagation. La généralité des habitants n’est jamais convaincue de la nécessité d'exécuter rigoureusement les ordres donnés par les autorités, et il ne manque jamais de médecins qui leur assurent qu’elles sont superflues.

Si malgré les précautions sanitaires adoptées une maladie contagieuse a pénétré dans le pays, le gouvernement ne doit pas l’abandonner à elleemême; il doit, au contraire, redoubler de zèle et de vigilance pour isoler les malades des personnes saines, et détruire les germes de la contagion partout où il est probable qu'il s’en trouve. De là les règlements pour la dénonciation des malades, pour la séparation des infectés et des suspects, pour l’exécution rigoureuse du séquestre, la création des hôpitaux provisoires ou des simples dépôts de malades ; les procédés de désinfection et la purification des matières qui furenten contact avec les malades mêmes, ou simplement avec les personnes qui les ont soignés. Par des mesures sanitaires bien exécutées on

peut parvenir à dompter dans un pays une épidémie conta-

gieuse, ou pour le moins à préserver le plus grand nombre des habitants d'en être atteints ; mais nous devons avouer que la nature fait pour cela plus que l’homme. Les observateurs ont remarqué souvent qu’à la suite d’un orage où

d'un changement de vent, c’est-à-dire après un changement dans l’état électrique, thermométrique et hygrométrique de l'atmosphère, les épidémies changeaient d'aspect , les malades attaqués présentaient d’un jour à l’autre des symptômes moins graves, et la contagion perdait de son activité. Ces phénomènes atmosphériques peuvent nous servir à expliquer ce que plusieurs auteurs appellent périodes d'une épidémie, recrudescence et cessation.

Nous avons dit plus haut qu’il y a deux grandes classes de maladies contagieuses : 1es contagions fébriles, celles cüù le virus s'éteint tout seul, après avoir fait des ravages plus ou moins graves dans l'organisme; et les contagions permanentes ou continues, qui tendent plutôt à augmenter qu’à diminuer d’intensité dans les corps où elles se trouvent.

La première classe s'annonce ordinairement par des symptômes généraux , abattement, céphalalgie, nausées, frissons, etc.; bientôt après la fièvre survient, accompagnée d’une éruption à la peau qui est différente selon la diversité dela contagion. Les principales maladies qui forment cette classe sont, dans l’ordre de leur gravité et de leur diffusibilité : la peste d'Orient, la petite vérole, le typhus ou morbus pétéchial, la milliaire, le choléra, la scarlatine , la rougeole, la vaccine. Il y a des cas où l'invasion du virus dans l'économie animale est si prompte que les organes principaux sont déjà attaqués et profondément altérés avant que la fièvre ait pu se développer.

Toutes ces maladies, surtout à leur commencement, produisent dans le corps un état général d’excitation. Le traitement qui leur convient doit donc être le traitement antiphlogistique ou débilitant ; il faut, en conséquence, ordonner la diète absolue, les boissons rafraîchissantes, de légères purgations et quelquefois la saignée. Parmi les remèdes évacuants, nous avons trouvé dans toutes ces maladies, et spécialement à leur début, l'usage de l’émétique d’une très-grande utilité.

Dans la seconde classe de maladies contagieuses, nous mettrons la syphilis, lablennorrhagie, l’ophthalmie contagieuse , la lèpre, l'éléphantiasis, la gale, lateigne, le trichoma ou plique polonaise et certaines espèces de dartres. L’hydrophobie a des caractères tellement propres que nous ne saurions la porter dans aucune de ces classes. Il ÿy a un autre genre de contagion qui se fait par inoculation, comme l’hydrophobie, et qui doit être considéré à part, c’est le virus cadavérique. Il y a peu d’anatomistes exercés qui ne sesoient fait par méprise, daus une circonstance ou dans une autre, l’inoculation de ce virus. Le moyen d’en arrêter le développement est de cautériser le point où l’inoculation a été faite. La même chose doit se faire pour empêcher le développement de l’hydroyhobie. La pustule maligne doit être considérée dans la même classe de maladies. Il y a aussi d’autres maladies que l’on doit attribuer à la présence d’une matière analogue à celle d’un virus, qui se fixe sur certains organes et les altère ; mais nous ne pouvons pas établir si ces maladies sont contagieuscs ou miasmatiques. Telles sont la coqueluche, la grippe, ladyssenterie épidémique, et certaines espèces dephthisie pulmonaire. Le cancer est une maladie de la mêrne famille, due à une cause matérielle, qui s’engendre et se multiplie à l'endroit où elle a pris naissance, mais que nous ne pouvons regarder ni comme contagieuse ni comme miasmalique.

Pour plusieurs autres maladies de cette seconde classe, nous avons des spécifiques. Le mercure est le spécifique de la syphilis. La Providence, qui a voulu affliger l'espèce humaine d’une maladie si affreuse, lui a aussi procuré dans cette substance un médicament dont l'effet est aussi prompt que certain. Dans son emploi, il peut y avoir de l’abus; mais de quoi l’homme n’abuse-t-il pas ? Le spécifique contre la gale est le soufre, employé sous formes différentes. Le soufre, l’antimoine , le mercure, le zinc, les préparations

-arsénicales, le camphre, ete., sont tous des médicaments utiles dans les maladies comtagieuses et cutanées dont il est question ici; mais il faut que ces substances soient administrées par des mains habiles ; autrement elles peuvent devenir dangereuses. Le but du médecin doit être de détruire jusqu’au dernier germe du virus, soit en introduisant dans le corps, par les voies digestives, des substances destructives des virus, soit en les appliquant directement aux parties de la peau où les atomes organisés qui constituent le virus ont leur siége. Lorsqu'une partie d’un virus, naturellement destiné à occuper la peau , trouve moyen de se placer et de s’engendrer sur des membranes ou dans les tissus des parties internes du corps , il fait naître alors des symptômes alarmants d’irritation, qui ne cèdent pas aux moyens antiphlogistiques ordinaires. Il faut avoir recours aux médicaments qui conviennent à la maladie spéciale. On appelle ces sortes d'irritations des éruptions rentrées ; maïs effectivement ce nest que du virus qui s’est développé ailleurs.

Une fois qu'un malade pris d’une maladie contagieuse quelconque est guéri, ou bien qu’il a succombé, l'hygiène publique exige que l’on passe à la désinfection les objets qui peuvent contenir de la matière contagieuse. Nous nous contenterons de dire à cet égard que l’air, l’eau, le feu ou la chaleur, le chlore avec ses différentes préparations, le soufre, les vapeurs mercurielles et arsénicales sont, suivant les cas, les désinfectants les plus sûrs et que l’on doit employer pour les diverses contagions. Dr Fossami.

CONTAGION MORALE. Il est certaines habitudes pernicieuses , il est des crimes qui se répandent d’une manière si subite et si générale, soit dans une partie de la s0cicté , soit même dans toutes les parties de la société, qu’il semble, au premier coup d'œil, comme impossible de s’en préserver. Quand on songe, d'autre part, à cètte diversité de caractères et de positions qu’offrent les hommes , à tous ces contrastes par lesquels ils se repoussent, à cette soif d’originalité qui en tourmente quelques-uns, on croit difficilement à tout ce qui est contagion morale. Mais il faut pourtant se résigner à y ajouter foi, puisque l’histoire en fournit d’irrécusables preuves. Certes, aucune similitude n'existe, comme peuple, entre les Français et les Anglais : eh bien, tous deux ont été en proie à une véritable contagion morale. Qui ne connaît les saturnales de la cour de Charles II? Qui n’a encore présentes à l’esprit les débauches de la régence? En faisant la part de la différence des habitudes nationales, on trouve que le résultat a été le même, c’est-à-dire que la dépravation des mœurs a été aussi complète à Londres qu’à Paris. Mais ce qu’il faut ensuite remarquer, c’est que la contagion morale s’est renfermée dans un cercle unique, la cour et ses adhérents; et il devait en être ainsi, puisque les excès les plus déplorables partaient des chefs suprêmes de l’État.

Il est peu difficile de constater une contagion morale, car elle se trahit par une multitude de faits ; mais ce qui exige quelquefois de la perspicacité, c’est de discerner la cause qui a produit cette même contagion. Chez les Anglais comme chez les Français, la dépravation de mœurs que nous venons de citer est venue d’une violente réaction Doctrines, croyances, habitudes, tout chez les puritains avait été sombre et austère; sous la vieillesse de Louis XIV on avait trop souvent mis l'exigence minutieuse de certaines formes du culle à la place du véritable esprit religieux. Les classes supérieures, qui avaient eu principalement à souffrir de cette exagération, se sont précipitées dans un autre extrême : de là résulte que les meilleurs principes ne résistent pas toujours à une application qui manque de mesure et d’une sorte d'élasticit: la règle du bien ne doit pas être rigoureusement tendue,

C'est un grand tort, si ce n’est encore plus, d’arguer de telle uu telle contagion morale qui a existé jadis, pour défruire ce qui est plus haut que soi, ou pour renverser un obstacle qui nous gêne. En réalité, comme contagion morale, la dépravation des mœurs ne pénètre que chez des

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