‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 296 sur 607 · CONSULTATION — CONTACT · texte numérisé non relu

CONSULTATION — CONTACT

Grappe, Lacroix-Frainville, Darrieux et Nicod. Plus tærd, MM. Berryer, Dupin, 0. Barrot signèrent des consultations.

Aujourd'hui, la plupart des consultations importantes sont imprimées, mais elles ne subsistent que pour ceux qui prennent le soin de les recueillir, et nous voudrions les voir conserver au delà du besoin de la cause pour laquelle elles ont été données. Les consultations, qui essentiellement ne sont que des dissertations sur le droit, demeurent ordinairement étrangères à l'éloquence. Cependant elle n’en est pas absolument bannie, et une doctrine qui n'eêt pas trop analytique peut aussi prendre quelquefois les formes littéraires. Les Aonoraires des consultations se proportionnent au nombre et à la difficulté des questions, à l'importance des affaires et aussi un peu à la condition et à la fortune des clients. Le coût de la simple signature est ordinairement de 25 francs, et la signature après conférence se paye 50 francs. Nous avons entendu Malleville, président de la cour de cassation, l’un des rédacteurs et des commentateurs du Code Civil, s'honorer d'avoir donné dans sa ville natale de Sarlat des consultations à douze sous. Le prix des consultations se paye comptant, et Tronchet n’en signait aucune avant d’avoir vu les honoraires déposés sur son bureau ou sur sa cheminée. Poirier élait exact aussi à toucher ses honoraires , et il avait à ses pieds, et quelquefois sur ses genoux, sa chère cassette. PARENT-RÉAL.

On comptait autrefois plusieurs chambres des consulta- Æions dans l'enceinte du Palais à Paris. Les plaideurs allaient chercher au pilier des consullations les avocats dont ils voulaient prendre les avis sur leur cause. Les avocats se réunissaient dans une des chambres destinées à cet usage, et y donnaient leur avis verbalement ou par écrit. Les avis verbaux se donnaient ordinairement au pilier des consultations. Cet usage n’existe plus depuis près d’un demi-siècle, mais il est souvent mentionné dans les anciens ouvrages d'histoire et de jurisprudence. Le bätonnier, les anciens, g'assembläient à la chambre principale des consultations, pour y délibérer sur les affaires de l'ordre.

Durey (de l'Yonne).

En médecine, le mot consultation reçoit la même acception qu’en droit. C’est plus qu'un conseil, plus qu’un avis ordinaire : c’est une opinion méditée avec déduction de motifs, c'est le mür avis d’un seul ou la délibération de plusieurs. Tantôt le malade va chercher secrètement une consultation chez le médecin en qui il a foi, et tantôt, si le malade est alité, c’est le médecin qui vient consulter à son chevet. Le mot consultation, comme on voit, n’a pas entièrement la même signification dans les deux cas. Dans le premier, le malade consulte véritablement le médecin : celui qui souffre narre et circonstancie ses maux; le médecin écoute, conseille et prononce ; tandis que dans l’autre cas ce sont les deux ou les quatre médecins qui consultent ou délibtrent entre eux. Le médecin ordinaire du malade est rarement présent à la consultation que son client va chercher hors de sa maison, au lieu que dans cette maison, hors du lit ou dans son lit, le malade ne peut mander aucun médecin étranger sans l'assistance de son médecin habituel. C’est une nécessité fondée sur trois raisons : les procédés, la prudence et le vœu judicieux du médecin étranger. La plupart des médecins ne se rendent à une consultation qu'avec la certitude de rencontrer près du malade son médecin or-

dinaire. L'intérêt, cela est vrai, peut bien quelquefois reven- .

diquer sa part d'influence sur cette conduite, puisqu’une consultation entre plusieurs rapporte à chaque consultant quatre fois autant qu’une simple visite; mais la raison principale est le respect qu’on se doit entre confrères, comme aussi le besoin consciencieux de s'éclairer sur les antécédents du malade et de la maladie. Que de choses à dire sur les consullations et qu’il est sage de taire!

11 y à plusieurs sortes de consultations : la consultation

écrite ou par correspondance es la plus vraie, la plus solide, la plus circonstanciée de part et d'autre, surtout quand celui qui consulte joint à sa narration personnelle et à toutes les confidences de sa vie une note ou un mémoire de son médecin ordinaire. Voilà le genre. de consultation où excel lent les médecins transcendants. Toutefois, cette espèce de consultation a deux inconvénients : {° elle n’est applicable qu'aux maladies chroniques, 2° elle favorise l’ingratitude et l'inconstance des malades; et cela est si avéré que les malades doivent se conduire envers le médecin d'exception qu’ils consultent à distance comme on se conduit à l'égard des avocats. La consultation publique est celle qui a lieu dans les divershôpitaux,aux cliniques, aux dispensaires de Paris et de Londres, au siége de quelques sociétés savantes, aux établissements de charité : elle ne peut convenir qu’au peuple, lui dont les mœurs n’ont point de secrets ni le front de pudeur. La consultation gratuile ou apparemment graluile se compose de conseils que quelques médecins donnent chez eux , les uns avec désintéressement et dans l'unique but de s’instruire et de se rendre plus expérimentés , d’être utiles et de se faire connaître; les autres, à grand bruit, pour débiter leurs recettes ou pour favoriser un pharmacien, non toujours sans lucre, quoique sans rougir. La consultation mystérieuse est quelquefois bien délicate, et souvent plus scabreuse pour le docteur que pour le malade. D Isidore Bourpon.

CONSUS. Les Romains donnaient ce nom au dieu des desseins secrets. Romulus prétendit n’avoir fait qu’obéir à ses ordres lorsqu'il enleva les femmes et les filles des Sabins pour les partager entre ses soldats. Ce coup de main lui ayant réussi, il prescrivit qu’une fête appelée consualia serait chaque année célébrée le 18 au le 21 août en l'honneur de ce dieu et pour éterniser le souvenir de cet événement. A cette occasion on découvrait à tous les regards l'autel du dieu, qui pendant le reste de l'année demeurait enseveli dans la terre, pour indiquer que les desseins doivent être tenus secrets. Les jeux du cirque remplacèrent plus tard cette fête, après la construction du grand cirque.

Hartung prétend que ce dieu Consus était un être habitant les régions souterraines, et il explique le culte dont il était l'objet par les efforts que les Romains croyaient devoir faire pour se rendre favorables les puissances infernales.

CONTACT (en latin confactus, de cum, avec, et {acbus, tact, attouchement, dérivé de fangere, toucher). Ce nom, peu employé dans le style familier, l’est fréquemment dans le langage des sciences. En physique, il signifie en général l’attouchement de deux corps qui peut être permanent, plus ou moins durable ou instantané. Lorsque les corps qui se touchent sont animés d’une vitesse plus ot moins grande, le confact prend le nom de choc. Les endroits par lesquels ils se touchent sont appelés points dé contact. Deux billes qui marchent l’une vers l’autre décrivent dans l’espace deux lignes dont l’écartement est l'angle de contact. En géométrie, le point où une ligne droite appelée fangente touche une ligne courbe, ou dans lequel deux courbes se touchent, est aussi appelé point de contact.

Deux parallélipipèdes de fer doux par le moyen desquels on réunit deux barreaux magnétiques, pour conserver plus longtemps leur vertu, sont aussi désignés sous l'appellation de contacts.

En physiologie animale, on entend en général par con tact le toucher passif, qu’on distingue ainsi du tact ou toucher actif, On spécifie encore quelquefois ce dernier sous le nom de palpation ou action de palper. L'action du contact s'exerce : 1° dans toutes les parties de l'organisme animal qui sont composées de tissus plus ou moins vivants; 2° par l'intermédiaire de celles qui sont sans texture, mais adhérentes à des tissus organiques. Il faut en excepter toutes les humeurs, même celles qui sont les plus indispensables à la vie, telles que les divers fluides sanguins et ceux employés

à la reproduction, etc. Quoique toutes les surfaces de la peau externe, toutes celles de la peau interne, qui forme les divers viscères, et toutes les parties mises à nu par les blessures, soient le siége du sens d’un contact plus ou moins latent, expérience nous fait connaître que ce sens s'affaiblit et semble disparaître sur les surfaces du canal digestif et des autres viscères, où nous n'avons plus la sensation de la présence de ces corps, quoique le contact ait lieu pendant leur trajet. Faisons remarquer encore que la continuité d’un contact sur la peau externe semble émousser ou annuler la sensation du toucher de nos vêtements, tandis que nous sentons souvent les plus légères vicissitudes dans la température et l’état hygrométrique de l'air.

Le contact est considéré avec raison comme la cause de la contagion ou des maladies dites confagieuses, En pathologie, on le distingue en immédiat et en médiat. Il faut aussi s'abstenir du contact de quelques végétaux (urtica, tithymalus, rhus toxicodendron), qui irritent la peau et peuvent l’enflammer. Plusieurs médicaments, connus sous les noms de rubéfiants, vésicants, caustiques, escarotiques, produisent par leur contact plus ou moins prolongé sur la peau les effets d’après lesquels on les a caractérisés, L. LAURENT.

CONTACT MORAL. Ce qui caractérise l’espèce humaine, c’est un besoin continuel d'imitation, qui change d'objet avec l’âge : dans l'enfance, il s’applique aux choses matérielles; dans la jeunesse, aux choses morales. On conçoit pour ces dernières l'importance de toute espèce de contact relativement aux mœurs et à la conduite de la vie. Les mauvais exemples exercent en général sur les jeunes gens une influence décisive, au moment surtout où ils entrent dans le monde, parce qu’alors leurs passions sont aussi impétueuses que violentes, et que tout ce qui est devoir les blesse à titre d’obstacle et de résistance. Les pères de famille comprennent avec quelle précaution ils doivent permettre à leurs enfants d’être en contact avec telle ou telle société ; il ne faut qu’un jour, qu’une simple rencontre, pour recevoir une impression qui restera ineffaçable, Les plus grands ennemis des jeunes gens sont en général læ jeunes gens : ils ne s’inoculent pas seulement entre eux tous les vices, ils disputent à qui en étendra les limites, D'un autre côté, les jeunes gens se plaisent avec les jeunes gens : se devinant dans leurs pensées les plus secrètes, il n’ont qu’à se voir pour se comprendre. Ont-ils reçu, de part et d’autre, au foyer domestique, de bons exemples dont ils ont profité, ils gagnent à se fréquenter, parce qu'ils ressentent pour le bien une généreuse émulation et se fortifient ans l'exercice de toutes les vertus. Un point important pour ks pères de famille ést donc de faire choix à l’avance de teux qu’ils veulent mettre en contact avec leurs enfants.

Il faut le dire à l’éloge des jeunes filles, sont-elles parvenues à l’âge de raison, le contact des mauvais exemples est moins redoutable pour elles, surtout si leur éducation a été religieuse, parce que c’est une force qui se mêle à la délicatesse de leur nature, qui touche alors à sa perfection. N'ont-elles reçu que des leçons de sagesse et de morale mondaines, elles ont encore la certitude que toute démarche, ne fût-elle que légère, peut les perdre dans l'avenir le plus éloigné; enfin, elles savent que pour déterminer un homme à leur confier son sort, elles sont tenues de lui apporter en garantie une réputation sans tache; elles peuvent done tomber au milieu du contact du vice sans en devenir corrompues, Mais la différence est bien grande pour les Jeunes femmes, le mariage les a classées; elles possèdent ce que leur sexe obtient le plus difficilement dans la vie; elles ont en outre, parmi nous, une liberté si grande, si complète, si absolue que dans tout ce qui constitue les mœurs on s’en rapporte à leur conscience, Abandonnées à ellesmêrnes, elles se conserveraient pures; mais elles ont quelquefois, surtout dans les commercements du mariage, des

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