‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 326 sur 607 · FERRY · texte numérisé non relu

FERRY

CONTRE-SCEL (contrasigillum). On appelle ainsi toute empreinte faite sur le dos d’un sceau, pour assurer davantage la foi des actes. Les contre-scels en cire ont été principalement inventés pour arrêter les coups de main des faussaires assez habiles pour enlever la cire du revers du sceau , le détacher et le transporter à un acte supposé. Les sceaux de cire des rois de France de la première et de la seconde race ne portent point de contre-scels; ceux des princes lombards en eurent dès le dixième siècle. On distingue plusieurs espèces de contre-scels. Tantôt ils sont en liaison avec le sceau principal, dont l'inscription est continuée sur le contre-scel; tantôt le contre-scel est indépendant du sceau, et n’a aucun rapport avec lui. Quelques contre-scels s’annoncent eux-mêmes comme tels par le mot contrasigilluin, qu’ils portent à la tête de leur légende. Les contrescels de même grandeur que le sceau principal commencèrent en Italie dès le dixième siècle. Ceux à qui leur moindre yolume a fait donner le nom de petits sceaux ou cachets ne furent pas inconnus au onzième siècle. Le roi Louis le Jeune introduisit l’usage du petit sceau ou cachet pour contre-sceller. La mode s’en établit à la cour des comtes de Flandre, vers le milieu du douzième siècle, On ne trouve point de contre-scels imprimés au revers des sceaux des grands seigneurs inférieurs aux princes souverains avant ce temps-là. Les cachets ou contre-scels des évêques paraissent plus anciens que ceux des seigneurs laïques. Les petits cachets servirent non-seulement à contre-sceller, maisils tinrent encore lieu des grands sceaux authentiques absents ou jugés on nécessaires, surtout quand il ne s'agissait que d’affaires particulières ou d’expéditions peu importantes. Quelquefois on s’en servait même de préférence. A.-L. MILLIN.

CONTRE-SEING. C’est la signature d’un subordonné au-dessous de la signature d’un supérieur. Sous l’ancien régime déjà, tout ce que le roi signait en finance ou autrement était contre-signé par un secrétaire d’État, qui signait : Par le Roi, N... Ce fut sous Louis XI, en 1481, qu'il fut arrêté que le roi ne signerait rien qu’il ne le fit contre-signer Par un secrétaire d’État, sans quoi on n’y aurait nul égard.

DICT. DE LA CONYERS. — T, Vi,

Les princes faisaient aussi contre-signer leurs expécitions. par les secrétaires de leurs commandements.

Dans les gouvernements constitutionnels il est entendu qu'aucune ordonnance ne peut paraître sans le contre-seing d’un ministre, qui en répond, Le contre-seing mimstériel est censé la garantie et la condition de linviolabilité du chef de l'État.

Les archevêques et évêques, les préfets et d’autres officiers publics font aussi souvent contre-signer leurs actes par leur secrétaire.

CONTRE-SENS. C'est l’opposé du sens naturel. 1] peut exister dans les choses comme dans les mots. Que la conduite de quelqu'un soit en opposition avec ses antécédents ou avec les devoirs de son état, on qualifie de contresens les actes blâmables auxquels il se livre. On dit aussi prendre une éloffe à contre-sens. Mais l’acception la plus ordinaire de ce mot est relative aux traductions qui s'écartent de la pensée de l’auteur, faute de clarté ou d'intelligence. II arrive même assez souvent que le traducteur prête à l’auteur une assertion toute contraire à celle qui lui appartient. Pour éviter les contre-sens, il ne suffit pas d’avoir une connaissance intime de la langue, il faut connaître aussi les idées de celui dont on se rend l’interprète, et même l’histoire contemporaine. Trop souvent il arrive qu’une phrase est susceptible de deux significations opposées, dont aucune n’est repoussée par la grammaire; alors, si l’on n'avait pour se guider les connaissances accessoires dont nous venons de parler , il faudrait s’abandonner au hasard. Exemple : dans son Traité des Orateurs illustres, Ciceron, parlant de l’éloquence de Brutus, dit : « Nempe igitur hinc ductus est sermo quod erat a me mentio facta causam Dejotari fidelissimi atque optimi regis ornatissime et copiosissime «a Brutome audisse defensam. » M. Leclerc, dans son excellente traduction, dit : « £h bien, Atticus, je vous parlais d’un discours où Brutus à déployé toutes les richesses de l’éloquence en faveur du roi Dejotarus, le meilleur et le plus fidèle de nos alliés. » 11 ne peut y avoir dans cette version aucune espèce de contre-sens, parce qu'elle laisse en dehors les mots me audisse defensam. Quelques traducteurs les ont entendus en ce sens, que Cicéron était lui-même au nombre des auditeurs; d’autres qu’il avait appris ce triomphe dé l’éloquence de Brutus. Pour décider, il faut encore se fixer sur une leçon de la première lettre du douzième livre des Lettres à Atticus. S'agit-il de Nicée en Bithynie? s’agit-il de Nice en Ligurie ? Quelle est la date réelle de la lettre où il est faif mention de ce discours ? quel est le moment de la publication du dialogue intitulé Brutus? Enfin, Brutus n'at-il pas aussi parlé pour Déjotarus à Rome? On voit de combien de recherches peut dépendre le sens d’une phrase, et de combien il s’en faut que l'étude de la grammaire puisse suffire à éviter les contre-sens. P. DE GOLBÉRY.

CONTRE-STIMULISME. On donne le nom de contre-stimulisme ou derasorisme à une doctrine médicale fondée en Italie par Rasori, au commencement de ce siècle, et qui, modifiée de nos jours par Giacomini, règne encore actuellement dans la plupart des écoles italiennes. Voici er quelques mots les principes généraux de cette doctrine.

La vie est la résultante de deux forces opposées qui se contre-balancent d’une manière continue, le stimulus et le contre-stimulus : la santé, c’est l'équilibre entre ces deux forces ; la maladie ou diathèse, c’est le triomphe de Pune des puissances sur l’autre; c’est une dose trop grande ou trop petite d’excitabilité : la diathèse est de stimulus dans le premier cas et de contre-slimulus dans le second. On voit que l'appréciation des phénomènes de la santé et de la maladie repose donc sur une seule base, La différence du plus ou moins. La thérapeutique servira de corollaire à ce théorème, en s’efforçant de remédier au défaut ou à l'excès d’excitabilité : il n’y aura guère (comme l’a dit Giacomini, qui à donné aux principes rasoriens le plus de dévelop-

oÛ

pement) que deux classes de médicaments, les stimulants ou hypersthénisants, et les contre-stimulants ou Ayposthénisants.

Il ne nous sera pas difficile de démontrer que ce système

n’est pas autre chose qu’une hypothèse, une pure conception de l'esprit, sans base réelle. La vie, disent les contre-stimulistes, est susceptible de deux modifications, et de deux æulement, de plus ou de moins; or, à quel titre est-on auorisé à soutenir que la vie ne peut être altérée que de deux façons , exaltée ou déprimée? Ne pourrions-nous, si nous voulions opposer hypothèse à hypothèse, prétendre qu’elle est susceptible soit de perversion, soit de corruption, soit de toute autre modification qu’il nous plaira de supposer? La vitalité n’est en aucune façon assimilable aux puissances mécaniques : c’est une force de toute autre nature, et l’on ne peutsavoir si elle est susceptible uniquement de plus ou de moins, et même si elle.est susceptible de plus ou de moins : c’est comme si le chimiste allait prétendre que tous les faits de combinaison et de décomposition, que les différences de propriétés entre les composants et les composés, s'expliquent par le plus ou le moins de la force chimique, De même, dans l’état morbide, on ne saurait dire d’une manière générale que la vie est seulement exaltée ou uniquemeut déprimée; quand on examine uné maladie, on se trouve en face d’effets très-compliqués, dont les uns indiquent l’excitation de certaines activités, tandis que les autres annoncent la dépression ou la perversion , et plusieurs autres l'indifférence d’autres activités. A la vie telle que la nature nous la présente, ke contre-stimulisme substitue une idée erronée et imparfaite; il dresseune hypothèse inadmissible, et conséquemment tombent avec cette hypothèse la dichotomie des diathèses de stimulus et de contre-stimulus de Rasori et la dichotomie des médications hypersthénisantes et hyposthénisantes de la nouvelle école italienne.

En résumé, dans le système du contre-stimulisme qu’y a-t-il de vieux et d’usé? Une hypothèse qui attribue à la vie, force absolue et distincte, les qualités d’une force mécanique; qui range sous deux chefs uniques toutes les maladies, et qui, enfin, n’admet plus que deux classes de moyens thérapeutiques, Qu’y a-t-il de nouveau et de digne d'attention? Une étude profonde des médicaments dans laquelle on considère leurs effets dynamiques, leur action sur l’ensemble de l'organisme plutôt que leurs effets mécaniques ou chimiques; une application plus variée des ressources thérapeutiques; une audace plus grande dans ladministrafion des agents médicaux, et, en conséquence, deg succès parfois inespérés, mais parfois aussi de tristes revers. Le praticien ne saurait, pour ces hautes doses, procéder avec trop de réserve; comme l’a dit lui-même Giacomini, la loi de tolérance n’exclut pas la loi de prudence, et il ne faudrait pas abattre le malade sous prétexte d’abattre la vitalité.

D' Henry ROGER, médecin du bureau central,

CONTRE-TAILLE , Après avoir donné dans la gravure le nom de {aille aux hachures dont on se sert pour former les ombres, on a donné celui de contre-laille à la hachure que l’on emploie en second pour donner un ton plus vigoureux. La contre-taille coupe toujours la taille soit à angle droit, soit à angle aigu, suivant que l'artiste le juge convenable pour les objets qu’il grave. Lorsqu'on représente de la pierre unie , la contre-taille coupe carrément la taille; mais dans les draperies, et surtout dans les chairs, l'usage est de la placer en losange. Dans le travail qui doit passer à l’eau#orte, si le losange était trop aïgu on pourrait craindre que Peau-forte ne mordit trop vivement dans les sections, ce qui pourrait occasionner des taches L’arrangement des contre-tailles est une des difficultés de l’art de la gravure.

DuCuESNE aîné.

CONTREVALLATION, Dans la fortitication ce nom s'applique en général aux ouvrages de défense construits contre les entreprises de l’assiégé, quelles que soient Ja forme

CONTRE-STIMULISME — CONTREXEVILLE

et l'étendue que l’assiégeant croie nécessaire de leur donner, Il faut remarquer que l’assiégeant ne juge pas toujours nécessaire d’enfermer l’assiégé dans une ligne fortifiée, afin de s'opposer à tout ce qu’il pourrait entreprendre hors de la place; quelquefois même ce travail serait inexécutable, et alors l’assiégeant se borne aux précautions qu'exige sa propre sûreté, et s’environne lui-même de retranchements pour se mettre à couvert des attaques de l’assiégé, auquel il laisse d’ailleurs la faculté de sortir de la place et de parcourir tout l’espace qu'il ne peut lui interdire. Ce fut ainsi que durant le très-long siége de Grenade le camp retranché des Espagnols devant cette dernière forteresse des Maures dans la Péninsule s’accrut, et augmenta de jour en jour ses moyens de défense, jusqu’à ce qu’il devint une ville sous le nom de Santa-Fe. Dans les premières campagnes de Bonaparte en Italie, les Français entreprirent le siége de Mantoue, dont la garnison était plus nombreuse que les assiégeants, et commandée par Wurmser; il fallut bien pourvoir à la sûreté des troupes de siége et de leurs travaux. La contrevallation fut aussi un camp retranché. ( Voyez Circox- VALLATION. ) FERRY.

CONTREVENTS. Ce sont de véritables portes pleines dont on ferme les fenêtres pour défendre les vitres des vents, de la pluie et de la grêle. Les contrevents ouvrent en dehors; ils sont moins coûteux et d’un aspect moins agréable que les persiennes; cependant il est préférable d’en faire usage dans les maisons isolées, parce qu’ils offrent plus de garanties contre les voleurs que les fermetures d’un autre genre. On peut, dans les circonstances qui l’exigent, les doubler de plaques métalliques. TEYSSÈDRE.

CONTRE-VERITE. Ce mot composé l’est si bien, qu’il serait difficile d’en donner une explication plus claire que le mot lui-même. Une contre-vérité est une assertion précisément opposée à ce que l’on veut faire croire. Cette façon de s'exprimer, railleuse et énergique, impressionne l'esprit, Les rhéteurs l’ont définie sous le nom d’antiphrase et mise au nombre de leurs fleurs d'éloquence comptées et classées. On en fait un usage aussi fréquent dans la conversation famillière que dans l’élocution préparée. Combien de fois disons-nous : C’est beau! Elle est belle! pour exprimer exactement le contraire? Le peuple, dans son langage moins étudié et pourtant bien plus figuré que le nôtre, emploie souvent cette locution. Dans la poésie, cette figure revient à chaque instant et presque toujours avec bonheur ; surtout dans la comédie, la satire et les divers genres qui appellent l'ironie. Pauline FLAUGERGUES, CONTREXEVILLE (Eaux de). Contrexeville est un assez joli village du département des Vosges, à 24 kilomètres de Mirecourt. 11 doit sa réputation aux eaux minérales froides, un peu gazeuses, un peu ferrugineuses, qu'on y voit sourdre. Elles sont limpides, quelquefois recouvertes d’une pellicule plutôt blanchâtre qu'irisée; elles déposent en outre, comme les autres eaux ferrugineuses, un sédiment onctueux et ocracé, d’une saveur seulement un peu ferrée et acidule, et tout à fait inodore. Les eaux de Contrexeville ne s'administrent qu’en boisson : voilà pourquoi certaines personnes se dispensent de les aller prendre sur les lieux. Il est certain que prises à la source, leurs effets seraient plus prononcés, outre que de la sorte on serait sûr de prendre les eaux véritables, au lieu de quelques imitations, toujours imparfaites, quoi que fasse la chimie la plus habile. Ces eaux, comme celles de Vichy, ont la propriété de dissoudre en partie les graviers des reins, la gravelle et les calculs de la vessie : quelques praticiens renommés ont cité des cas très-remarquables de guérisons pareilles, dont ils attribuent tout l’hon neur aux eaux de Contrexeville. On les administre aussi avec quelque avantage dans-les affections goutteuses, dans les catarrhes de la vessie, dans les flueurs blanches et les pâles couleurs. Les effets qu’on leur attribue , de briser en quelque sorte les calculs, de les user, de les faire sortir des

CONTREXEVILLE — CONTRIBUTION

uretères et même de Ja vessie, ces effets sont d'autant plus

étonnants, moins croyables, qu’elles ne contiennent pas au-

tant de bi-carbonate de soude que les autres eaux acidules azeuses. D' Isidore Bounpon.

CONTRIBUABLE. C'est le sujet de l’État considéré comme payant, sous une forme au sous un autre, un portion quelconque des contributions publiques, ou de l'impôt.

CONTRIBUTION, payement fait ou à faire par chaque habitant d’une maison, d’un village, d’une ville, d’une province, d’un État, de la part qu’il doit porter dans une dépense ou une imposition commune ou publique. Ce n’est guère que depuis 1789 que ce mot, comme synonyme d'impôt, a quitté son acception générique pour revêtir un sens spécial, et qu’il est passé de la théorie dans la langue des faits préeis, dans le vocabulaire administratif et politique.

La contribution est de deux natures : directe, quand elle se demande et se perçoit annuellement et en vertu de rôlesnominatifs ; indirecte, quand elle prend la forme d’une obligation purement facultative.

Contributions directes. Il y en a quatre principales , la contribution foncière, la contribution personnelle et mobilière, celle des portes et fenêtres, et celle des patentes. Il existe en outre un certain nombre de taxes d'origines variées que la loi assimile aux contributions directes.

La contribution foncière frappe tous les immeubles, propriétés bâties et non bâties. C’est un impôt de répartition. La contribution personnelleet mobilière est un impôt de répartition ; elle se compose de deux taxes. La première est une espèce de capitation, due par les personnes par cela seul qu’elles vivent sur le sol de la France et à l’ombre de ses lois. Elle s’évalue par trois journées de travail, journées dont le tanx moyen pour chaque commune est fixé par le conseil général du département sur la proposition du préfet, sans cependant que son minimum puisse être audessous de 50 centimes, ni son maximum au-dessus de { franc 50 centimes. La taxe mobilière a pour but d’atteindre la fortune mobilière; elle se détermine pour chaque contribuable d’après le loyer de son habitation personnelle ; elle frappe toute habitation meublée, et, comme la précédente, atteint toute personne qui n’est pas reconnue indigente, Toutefois, dans les villes ayant un octroi, le contingent personnel et mobilier des habitants peut être payé en totalité ou en partie par les caïsses de la cité, sur la demande qui en est faite au préfet par le conseil municipal.

La contribution des portes et fenêtres frappe les portes et les fenêtres des bâtiments et usines donnant sur les rues, cours et jardins. Elle est assise d’après un tarif qui se divise en deux parties. La première concerne les maisons de une à cinq ouvertures inclusivement, et ici la taxe est réglée en raison du. nombre des ouvertures et de la popula-

tion de la commune: les communes sont à cet effet parta-

gées en cinq classes. La deuxième partie du tarif concerne les maisons à cinq ouvertures et au-dessus, etcomprend elleroème trois parties, savoir : 1° pour les portes cochères, charretières, et de magasin, la taxe croît avec la population et les communes sont aussi partagées en cinq classes ; 2° pour les portes ordinaires, les fenêtres du rez-de-chaussée, de l’entresol, des premier et deuxième étages : la taxe croît ici encoreen raison de la population ; 3° enfin pour les fenêtres du troisième étage et des étages supérieurs : ici l’on fait encore acception de la population quant à la fixation de la taxe; mais il n’y a plus que deux classes de communes, les communes de 5,000 et au-dessous, et les communes audessus de 5,080 âmes.

La contribution des patentes est un impôt de quotité; elle a pour but de faire contribuer à l’acquittement des char-

ges publiques les revenus provenant de l'exercice d’une

industrie ou d’une profession lucrative. La taxe des patentes se Compose de deux droits, le droit fixe et le droit propor-

tionnel. Le droit fixe est établi d’après la classe de la patente et la population de la communeoù s'exerce l’industrie. Le droit proportionnel est basé sur le loyer. Nous n’entrerons dans aucune classification à ce sujet : la seule énonciation de chaque industrie sujette à la patente demanderait plusieurs pages.

Contributions indirectes. 11 y en a quatorze espèces principales : l'impôt sur lesboissons;les droits d'octroi; l'impôt sur les se ls; l'impôt sur le sucre indigène, les droits sur les voitures publiques; les droits de na visation; les droits de garantie sur les matières d’or et d'argent ; l'impôt sur les cartes à jouer; les droits de douane; les droits de timbre; les droits d'enregistrement; les monopoles des poudres, des postes et des tabacs.

Quatre grandessections du ministère des finances, savoir : l'administration des contributions indirectes, l’administration des douanes, l'administration du timbre, de l’enregistrement et des domaines, et l'administration des postes, sont chargées de l’assiette et de la perception de ces impôts. Nous ne parlerons ici que de la première, les autres devant trouver leur place à des articles spéciaux.

L’adhninistration des contributions indirectes peut ètre considérée comme ayant succédé à l’ancienne régie générale desaides. Lorsqu'on rétablit les droits de consommation, on créa en l’an xu1, sous le titre de régie des droits réunis, une administration chargée de percevoir les droits sur tes boissons, sur les tabacs, sur les cartes à jouer, sur les matières d’or et d'argent. Bientôt on ajouta à ces attributions la recette de la taxe d’entretien des routes, du droit de navigation intérieure et des droits et revenus des bacs, bateaux et canaux, puis l’exécution des lois et règlements sur les octrois municipaux et de bienfaisance. A la tête de cette administration on plaça un directeur général, assisté de cinq administrateurs. On sait quelle terreur et quelle haine cetie régie des droits réunis inspirait aux populations, et comment, à la rentrée des Bourbons, elle fut comprise dans un même anathème avec la conscription. On sait aussi que.les Bourbons se gardèrent bien de toucher à ja chose, mais qu’ils changèrent les dénominations : la régie des droits réunis devint la direction générale des contributions indirectes, et l'esprit public fut généralement satisfait de cette concession. Aujourd’hui l'administration des contributions indirectes comprend dans ses attributions : la perception des droits de circulation, d’entrée, de détail, de consommation sur les boissons ; de fabrication sur les bières; d’entrée sur les huiles ; de fabrication des cartes à jouer ; de garantie sur les matières d’or et d'argent; des licences nécessaires pour l’exercice de certaines professions; du dixième sur les voitures publiques et le transport des mar. die le recouvrement de l'impôt sur les sels en dedans

u rayon des douanes; celui des taxes de navigation intérieure et produits accessoires; celui du produit des bacs et passages d’eau, ponts, canaux, pêches, francs-bords, etc., etc.; la surveillance générale des octrois communaux et la perception du dixième de leurs produits. Elle est, en outre, chargée pour le compte du gouvernement, qui a le monopole de la fabrication, de la vente des tabacs et des poudres à feu , de la surveillance sur la circulation et le commerce illicite de ces matières, et du prélèvement sur le revenu des communes pour frais de casernement.

CONTRIBUTION ( Droit). On appelle ainsi, ou con= tribution de deniers, la distribution faite amiablement ou par justice entre tous les créanciers chirographaires d’un même individu, concurremment et au marc le franc de leurs créances respectives, des sommes qui ont été saisiesarrêtées contre lui, ou du prix des objets mobiliers qui ont été vendus par suite de saisie-exécution ou de saisie-brandon, ete. Le Code de Procédure civile (art. 656 à 672) règle la forme de cette distribution lorsqu'elle est faite en justice,

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Contribution se dit encore de la part proportionnelle pour laquelle chacun de ceux qui sont appelés à recueillir une succession concourt au payement des dettes dont elle est grevée, eu égard à la part qu’il prend dans les biens dont elle se compose.

Enfin, dans le droit commercial maritime on nomme contribution la répartition entre les divers propriétaires d’un navireet des marchandises dont il est chargé, de la somme à payer pour le montant des pertes ou des sacrifices constituant des avaries communes. Le Code de Commerce ( articles 397 à 429 ) détermine les cas où il y a lieu à contribution, les choses qui y sont soumises, et la manière dont on y doit procéder.

CONTRIBUTION DE GUERRE. Les mots droit de la guerre et jurisprudence des armes sont des locutions qui n’ont pas desens, puisqu'’aucun code , aucune puissance ne les ont définies. Des écrivains n’en attestent pas moins que le droit de la guerre autorise les contributions. Supposons-le pour lexplication du terme. Les contributions sont ainsi de deux natures; ce sont des impositions frappées par exécutions militaires, et poursuivies par voie de garnisaires, conformément à un système régulier et avoué. Une sorte d'ordre règne dans ce désordre; la chose publique en tire quelque profit, ou bien ce sont des exactions que se permettent des chefs militaires plus ou moins élevés en grade; malheureusement, cette dernière forme de tribut est la plus fréquente. Après avoir supposé existante la jurisprudence, il eñt fallu compléter les recherches, en exposant les voies et moyens; mais jusque ici la législation, l’administration et les généraux d'armée, qui trop souvent se substituent à l’une et à l’autre, n’ont appliqué à la levée des contributions que des méthodes disparates et peu arrêtées. L'usage de pressurer le vaincu par des contributions est du reste si invétéré, que la langue familière a emprunté aux armées l'expression : mettre à contribution. Disserter sur les contributions devrait concerner la politique et la morale, avant de regarder l’art militaire; mais à quelles règles soumettre une action où tout est local, accidentel et inévitablement arbitraire? Comment tempérer une action quelquefois ordonnée par la cupidité, et toujours accomplie par lextorsion, excepté dans les cas rares où l’acquittement des contributions payées au vainqueur résulte d’un rachat spontané, d’un contrat librement consenti par le débiteur, G*! Barpin.

CONTRITION. La première des trois parties que renferme le sacrement de pénitence. Ce mot signifie regret, repentir, et dérive du verbe latin contero, je brise, expression métaphorique du regret et du repentir, dans lesquels le cœur est comme flétri, brisé. Dans sa véritable acception, et suivant la foi catholique exprimée par le concile de Trente, la contrition est la douleur de ses fautes passées, avec le ferme propos de n’en plus commettre à l’avenir. Les théologiens en distinguent de deux sortes : la con/rilion parfaite et a contrition imparfaite. La première consiste dans une douleur et une détestation du péché, causées par un acte de charité parfait, c’est-à-dire un acte par lequel on aime Dieu pour lui-même, et parce qu’il est l’objet le plus digne d'amour. La seconde, qu'on appelle a{trilion, est aussi une douleur de ses péchés commis, avec une volonté ferme de n’en plus commettre, mais provenant de la laïdeur naturelle du péché ou de la crainte du châtiment qu'il mérite. Les protestants enseignent que celte crainte est mauvaise et blämable, comme uniquement fondée sur l'amour de soi; mais les catholiques soutiennent qu’elle est bonne en elle-même, qu'elle est un commencement de sagesse, un don de l’Esprit-Saint. Il y a cette différence entre la contrition parfaite et l’attrition, que l’une justifie par elle-méme, pourvu qu'elle soit jointe au désir de recevoir le sacrement de pénitence, et c’est la contrition parfaite; tandis que l’attrition ne justifie qu'autant qu'elle est jointe au sacrement de pénitence, dont elle est une con-

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