‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 325 sur 607 · CONTRE-MARCHE — CONTRESCARPE · texte numérisé non relu

CONTRE-MARCHE — CONTRESCARPE

On prend d’abord un sujet qui, pour plus desimplicité, n’est formé que de notes égales et toutes portant harmonie, c'est-àdire des rondes dans la mesure a capella, Le sujet peut se placer à la basse, ou dans une partie supérieure, et le premier degré de la science du compositeur est de déterminer les suns qui doivent servir à former les autres parties : c'est ce qu'on nomme l'harmonie de la pièce. Cette première opération faite, il s’agit de répartir les sons accompagnants entre les autres parties : c’est ici que commence, à proprement parler, l'étude du contre-point,

Le premier degré se nomme contre-point simple. On y apprend à éviter ce qui peut déplaire à l’oreille, et à connaître les dispositions qui lui sont le plus agréables. Il se fait d’abord à deux parties, et l’on choisit dans l’harmonie les notes les plus favorables pour former le contre-point au-dessus et au-dessous. C’est la première espèce de cuntre-point simple; elle se forme de notes contre notes. La seconde espèce de contre-point simple enseigne l'emploi des notes de passage dela valeur d’une demi-mesure. La troisième espèce emploie les notes de passage d’un quart de mesure. La quatrième règle l'emploi des dissunnances. La cinquième, enfin, appelée contre-point fleuri, se forme de toutes les précédentes, Ce contre-point est rempli d’un grand nombre d’ornements exécutés par la partie qui tient le contre-point fleuri; les autres, s’il y en a plusieurs, font un contre-point de note contre note. Le contre-puint fleuri demande autant de pureté que d'élégance dans le style : l'étude et la comparaison des bons modèles peuvent seules faire acquérir ces qualités indépendantes des préceptes de l’école.

Le second degré renferme les contre-points conditionnels, c’est-à-dire .ceux qui, au moyen de l'observation de certaines conditions, sont susceptibles de toutes sortes de renversements et transpositions de parties : on les appelle contre-points doubles, triples, quadruples, selon le nombre des parties que l’on peut transposer.

Dans le troisième degré, on apprend à former du sujet principal diverses réductions, à opposer à ces produits des contre-points susceptibles de renversement, et à enchaîner toutes les parties de manière à former des pièces régulières que l’on nomme f'ugues.

Dans le quatrième et dernier degré, un genre d’imitation plus restreint et plus continuel apprend à former des canons,

Tels sont les divers degrés de l’art du contre-point, que l’on peut appeler la musique scolastique. Les anciens ne connaissaient pas le contre-point. Il a été inventé dans le sixième siècle, selon Gerbert, Burney, Forkel; d’autres en ont attribué la découverte à Guy d’Arezzo, qui a seulement contribué à le perfectionner. Maïs un art aussi difficile, qui n’a pu naître, pour ainsi dire, que par degrés, et parvenir à la perfection que par les efforts successifs des hommes de génie, dans l’espace de plusieurs siècles, doit avoir été bien faible dans son enfance; el ses premières tentatives ont été nécessairement circonscrites et grossières.

Quoique le contre-point soit consacré au slyle d'église, les grands maîtres en font usage quelquefois au théâtre. Le chœur de l’épithalame de Jason, dans l'opéra de Wédée, de Cherubini, renferme un très-beau contre-point. On rencontre divers contre-points dans les opéras de Joseph, des Bardes, et même dans les chants joyeux du Mariage de Figaro.

CasTiL-BLAZE,

CONTRE-POISON. Voyez Anrinote et Poison,

CONTRESCARPE, En fortification , c'est le talus intérieur du chemin couvert jusqu'au fond du fossé, I est opposé à l'escarpe, talus intérieur du rempart du corps de place, des demi-lunes, des contre-gardes, el autres ouvrages analogues construits dans le fossé. IL y a pen de pla ces fortes dont les contrescarpes ne soient pas en maçonnerie avec un talus très-faible, ou même tout à fait supprimé :

CONTRESCARPE — CONTRE-STIMULISME

cependant, quelques ingénieurs préféreraient les talus en terre avec une inclinaison qui facilitt les communications au dehors et les retours offensifs. Carnot était de cet avis. Lorsque le fossé est revêtu de murs dans toute son étendue, on ne peut s'élever de son fond jusqu’au chemin couvert que par des pas de souris, escaliers étroits pratiqués dans la maçonnerie de la contrescarpe, et les manœuvres de l’artillerie sont encore plus gènées que celles des soldats, Ces désavantages sont compensés en partie par les ressources que la guerre souterraine peut tirer des contrescarpes en maçonnerie pour y construire des galeries ou des contremines, faire craindre à l’assiégeant de voir sauter en l’air les batteries de brêche qu'il aurait établies après avoir couronné le chemin couvert. Mais si la défense fait un pas en avant, l'offensive ne tarde pas à latteindre et à reprendre sa supériorité. Cette observation n’est pas bornée à la guerre de siége : toutes les autres parties de Part militaire la verifient également.

La maçonnerie dela contrescarpe oppose quelque difficulté de plus à l'assiégeant après qu'il a fait au corps de place une brèche praticable., Il s’agit alors de descendre dans le fossé pour atteindre le pied de la brèche et tenter l'assaut; on ne peut effectuer cette descente sous le feu de la place, qui alors n’est pas encore éteint, qu’en pratiquant dans le chemin couvert une rampe Ülindée aboutissant au pied de la contrescarpe. Il faut donc ouvrir cette masse de maçonnerie ; ce qui oblige quelquefois à y attacher le mineur. Quoique le surcroît de travail et de temps exigé pour cette opération ne retarde que très-peu la reddition de la place, on doit cependant en tenir compte lorsque l’on compare les avantages des deux manières de disposer les fossés d’une place forte.

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