‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 348 sur 607 · COOPÉRATION — COPAHU · texte numérisé non relu

COOPÉRATION — COPAHU

criminel, on nomme ainsi l'action simultanée de deux ou plusieurs personnes pour commettre un crime. Il faut bien se garder de confondre la coopération avec la complicité; car si la première comprend nécessairement la seconde, il n'est pas vrai de dire que la réciproque soit exacte. Un exemple fera mieux saisir cette distinction fondamentale. L'article 386 du Code Pénal punit de peines plus sévères le vol commis la nuit et par deux ou plusieurs personnes. C’est là un exemple de coopération qui, dans l'esprit de la loi, dexient une circonstance aggravante du crime. Un vol sera donc commis par coopération lorsque les coupables

— auront simultanément participé au vol, et se seront trou-

vés ensemble sur le lieu même du crime ; lorsque enfin il y aura de leur part combinaison actuelle de leurs efforts et de leurs moyens pour parvenir au crime, comme si l’un des auteurs fait le guet pendant que l’autre exécute. Au contraire, un vol est commis par une personne seule , mais elle a reçu d’une autre personne soit des instructions, soit des instruments pour l’exécuter ; le vol ne sera pas commis par deux personnes, mais il y aura pour ce fait un auteur et un complice. Cette distinction est fondamentale en droit criminel ; car la coopération détermine dans certains cas la compétence de la cour d'assises, tandis que la complicité n’opère pas un changement dans l’ordre des juridictions. E. DE CHABROL.

Le désir de remplacer l'emprunt, toujours onéreux, par l’'éparne a donné naissance à la coopération, telle que l'ont pratiquée les sociétés dites coopératives. L'épargne isolée ne pouvant produire ce résul{at, il fallut réunir les épargnes d’après le principe de la mutualité, grouper légalement, pacifiquement, les petites forces pour en faire une granile : é’est ce qui produisit la coopération. On commença à l’appliquer en matière d’approvisionnement et de. consommation. Dans l’hiver de 1844, vingt-huit ouvriers tisserands de Rochdale, en Angleterre, formèrent une asso ciation ayant pour but d'acheter en gros et de se revendre à eux-mêmes, ense passant de lout intermédiaire. Ils prirent lenom d’Æqguitables pionniers de Rochdale ; chacun d'eux payait 2 pence (20 c.) par semaine. Leurs commencements furent très-difliciles. Commeils avaient pour première règle de vendre au comptant, les ménagères refusaient de quitter pour les magasins coopératifs les anciens magasins où elles trouvaient crédit. La persévérance des associés triompha de tous les obstacles, et en 1864 leur nombre dépassait 4,700, leur capital 1 million de francs, le chiffre annuel de leurs opérations 6,500,000 francs. L'exemple donné par les ouvriers de Rochdale s'était propagé si rapidement, qu'à cette époque le nombre des sociétés de consommation s’élevail en Angleterre à 464, comprenant plus de 102,000 membres. En France, une société coopérative de consommation fut établie, avant 1848, à Grenoble; il s’en fonda ensuite à Paris, à Lyon, à Saint-Étienne, à Elbeuf, à Marseille, etc.

Le principe de la coopération donna naissance à une seconde sortedesociétés, celles de crédit mutuel, ayant pour

les banques populaires d'Allemagne, dues à l'initiative de

M. Schulze - Delitsch, qui donnèrent surtout l'impulsion |

aux sociétés de crédit mutuel. Elles eurent un capital social dérivant de deux sources : la fortune propre de la so-

ciété et l'emprunt. La fortune propre de la société se com- !

posa : 1° d’un droit d’entrée fixé à 1 thaler (3 fr. 75); 2° de cotisations mensuelles dont le minirnum était de 65 cent., le maximum de 185 fr.; 3° de l'intégralité des bénéfices, pendant la première année; 4° d'un prélèvement de 5 pour 100 peidant l’année suivante. Quant à l'emprunt, il ne pouvait dépasser le double de la fortune propre, Les banques populaires rendirent des services multiples : ellesservaient de caisses d’épargnes, distribuaient des bénéfices, sous

forme de dividendes, au prorata des mises, donnaient à chaque associé un droit égal dans Le f onds de réserve, enfin

elles faisaient des prêts ou avances. Le prèl ne pouvait être inférieur à 3thalers (11 fr. 25 c.), ni dépasser de plus de 20 thalers l'intégralité des cotisations, ni en aucun cas excéder 1,000 thalers (3,750 fr.). Ces sociètés, malgré les entraves d'une législation qui ne reconnaissait pas leur personnalité civile, «e développèrent au point de couvrir loute l'Allemagne. En Angleterre, les associations de crédit mutuel devinrent très-florissantes, sous le nom de Sociétés de prêt et de Banques d'Écosse ; il en fut de même en Suisse; elles ne réussirent que médiocrement en France.

Une troisième espèce de sociétés coopératives, celle des sociétés de production, se donna pour but d'augmenter la rémunération du travail, de transformer l’ouvrier en entrepreneur, ou du moins d'établir entre le patron et les ouvriers une association plus ou moins étroite. Les idées de Saint-Simon et de Fourier avaient préparé les esprits en France à ce système d'association ; il en fut fondé une à Paris, dès 1834, par les bijoutiers en doré. L'Assemblée pationale, en 1848, vota une subvention pour ces sociélés ouvrières. Elles se multiplièrent alors; mais, vers 1850, elles cessèrent pour la plupart d'exister, tandis qu’il s’en produisait au contraire un grand nombre en Allemagne et en Angleterre. On y revint en France vers 1863, et le gouvernement impérial ne resta pas étranger à ce mouvement. La loi du 24 juillet 1867 sur les sociétés s’occupa de la coopiration; mais le législateur sentant qu'il se trouvait. là sur un terrain où il n’y avait pas d'expérience suflisante, évita le terme de sociélés coopératives, et s'arrêta, pour désigner ces sociétés, à un caractère tout à fait accessoire, à leur faculté d'étendre ou de restreindre à volonté leurs affaires et le nombre de leurs associés; il les appela sociétés à capital variable. On supposa que toutes ces sociétés seraient par actions, tandis que cette forme est très-peu avantageuse, au moins pour les sociétés coopératives de production. La loi stipulait que le capital social ne pourrait être primitivement de plus de 200,000 francs, avec une faculté d'augmentation annuelle de 200,090 francs au plus ; que les coupons d’actions ne pourraient étreaudessus de 50 fr.; qu’ils seraient toujours nominatifs, ce qui n’a deraison d’être que pour les sociétés coopératives. de production; qu’ils pourraient néanmoins être négociés, mais que l’assemblée générale aurait le droit de s’opposer au transfert, ce quiest en effet indispensable dans les sociétés de production, qui sont en réalité des réunions de: personnes et non de capitaux, mais ce qui n’est nullement nécessaire pour les autres. En définitive il eût été préférable de laisser les sociétés coopératives s'organiser comme elles l’entendraient. Depuis la chute de l'empire la loi n’a pas été révisée et la question des sociétés coopératives, pourtant si digne d’être encouragée, n’a pas fait un pas de plus. .

COORDONNEES. Si l’on trace sur un plan deux

- Dee : x droites qui se coupent à angle droit, la position d’ i objet de réunir le capital nécessaire à l’ouvrier ou au petit | À è F ie Tee

commerçant pour mettre en valeur son travail, Ce sont |

quelconque de ce plan se trouvera déterminée lorsque. l’on connaitra en grandeur et en direction les distances de ce point à chacune de ces deux droites. Nous disons e/ en direction, car autrement la détermination du point ne serait pas complète; il y aurait en généril quatre positions qui satisferaient aux mêmes conditions de distance. Mais si la direction dans laquelle doivent être comptées. les distances données est indiquée, toule incertitude cesse. Ces distances ainsi définies son{ les coordonnées du

| point : l’une en est l’abscisse, l’autre l'ordonnée.

Les deux droites fixes auxquelles on les rapporte sont les axes des coordonnées, Le point de rencontre des axes est l’origine des coordonnées.

COPAHU, Cette substance oléo-résineuse porte à tort

le nom de baume dans le langage vulgaire; car, d’après.

Strolze, elle est ainsi composée : huile volatile, 46 ; résine jaune, 52; résine visqueuse, { à 2. On obtient le copahu en incisant jusqu’au tissu médullaire, près de la base du tronc, le copaifera officinalis (voyez Copater). Il coule alors avec une extrême abondance sous forme d’un liquide clair et sans couleur, qui s'épaissit bientôt et acquiert une teinte jaunâtre en vieillissant. Pison nous dit à ce sujet, dans son Histoire naturelle du Brésil : Tanta quantitate distillat ut spatio trium horarum ad libras x effundat. On recommence plusieurs fois sur le même arbre l'opération du perçage dans le courant de la même année; et c’est des plus vieux arbres que l’on se procure le meilleur baume. I] nous est apporté du Brésil dans de petits barils.

Le bon et véritable copahu a une odeur toute particulière, une saveur légèrement amère, chaude et nauséabonde,. Il est d’abord clair et transparent; sa consistance est celle d’une huile fluide, sa couleur d’un jaune doré pâle, et sa pesanteur spécifique 0,950. Mais exposé à l’action de l'air, il ne tarde pas, si la surface qu'il offre est un peu étendue, à s’épaissir par degrés, à se foncer en couleur, et il finit par devenir sec, friable, comme la résine ordinaire. Il est insoluble dans l’eau, mais complétement soluble dans l'alcool et dans l’éther. ;

Le copahu est souvent sophistiqué avec la térébenthine. Bucholz observe que s’il ne se dissout pas complétement dans un mélange de quatre parties d’alcool et une partie d’éther sulfurique rectifié, on en peut conclure la sophistication.

PELOUZE père.

Comme médicament, le baume de copahu est un stimulant très-actif de toute l’organisation; il agit promptement au moment de son passage dans les voies digestives ; il occasionne de la chaleur et de l’âcreté à la gorge, de la chaleur dans l’estomac, accroît la température générale du corps, la fréquence du pouls et la transpiration cutanée. Cependant son influence se porte spécialement sur les membranes muqueuses ; à une dose un peu forte et même souvent modérée, il produit des nausées , des coliques et la purgation ; il excite aussi la muqueuse des bronches et celle des voies urinaires ; il augmente la sécrétion de lurine, et lui communique l'odeur qui le caractérise.

On en fait principalement usage dans les blennorrhagies, lorsque l'intensité des symptômes est considérablement diminuée , c’est-à-dire lorsque la maladie tend à passer à l'état chronique. Plusieurs médecins l’emploient même dès le début de cette affection. On l’administre sous plusieurs formes , en nature, en bols, en pilules, etc. Mais la saveur repoussante de ce médicament et le dégoût invincible qu’il inspire à la plupart des malades font souvent recourir à l’emploi des capsules. Ces capsules, de forme ovoïde, sont en gélatine ; elles contiennent environ 90 centigrammes de copahu. Elles sont assez épaisses pour contenir le liquide jusqu’à leur arrivée dans l'estomac. Là, l'enveloppe se dissout, et le médicament peut produire son eflet. DÉMEZIL.

COPAIER ou COPAYER (en latin copaifera, arbre au copahu), genre de la famille des papilionacées , tribu des cæsalpiniées, composé d’une vingtaine d'espèces indigènes de l'Amérique raéridionale et des iles espagnoles, dans les Indes Occidentales. Tous les copaiers secrètent un suc balsamique assez abondant, qu'on peut extraire par incision. Le plus important pour l’économie est le copaifera officinalis, dont on extrait une térébenthine improprement nommée baume de copahu. XI croît en abondance dans les bois de Tolu, près de Carthagène, et dans ceux de Quito et du Brésil, C’est un bel arbre, éievé, rameux au sommet, couvert d’une écorce brunâtre cendrée ; les feuilles sont grandes et pennées, consistant en quatre paires de folioles ovales, pointues , alternes, de couleur ferrugineuse, avec une foliole terminale : ces folioles ont de cinq à huit centimètres de long ; elles sont entières, luisantes, veinées, plus étroites sur un côté que sur Pautre, portées sur de courts pétioles. Les fleurs sont

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