COQUE DU LEVANT — COQUELUCHE
nis su nombre de deux ou trois, mais plus souvent séparés les uns des autres. Ils sont ovoïdes, globuleux, de la grosseur d’une merise, convexes d’un côlé, anguleux de Vautre; à surface glabre et ridée, Ils sont composés d’un péricarpe mince et presque subéreux (de la nature du liége), renfermant une seule graine attachée par son milieu à un réceptacle épais, qui naît de l'angle rentrant de la cavité, Cette graine, qui est huileuse et blanchâtre, a une amerturne extrêmement prononcée. C’est en elle que résident les propriétés vénéneuses de la coque du Levant, propriétés qui sont dues, d’après l'analyse de M. Boullay, à un principe particulier, cristallisable, de nature alcaline, et que ce chimiste a nommé picroltoxine. On trouve encore dans sa composition de l’albumine, une matière sucrée, deux espèces d'huiles fixes et du ligneux.
La coque du Levant est employée pour la pêche dans quelques îles de l’océan Indien; on en fait aussi chez nous quelquefois , mais illicitement, le même usage. Elle jette le poisson dans nn état de stupeur et d’immobilité tel que, porté à la surface de l’eau, il s’offre de lui-même à la main du pêcheur, C’est surtout l’amande qui jouit au plus baut degré de cette propriété stupéfante. Le péricarpe agit simplement à la manière des substances émétiques. On a prétendu que les propriétés délétères dont sont doués les fruits du menispermum cocculus se communiquent à la chair des poissons qui en avalent; mais cette opinion ne paraît pas fondée, puisque les pêcheurs se servent depuis longtemps de cette substance comme appt pour prendre le poisson dont ils se nourrissent et dont ils font commerce. La coque du Levant exerce une action vénéneuse sur les animaux et sur l'homme; et même, réduite en poudre, c’est un poison énergique. Orfila la place parmi les narcoticoâcres. Elle est totalement inusitée en médecine. DÉMEzIL.
COQUELICOT. Cette espèce du genre p avot, connue des botanistes sous le nom de pupaver rhœas, a sa tige droite, rameuse, hérissée de poils espacés et étalés, haute de trois ou quatre décimètres; ses feuilles sont pinnatipartites, à lobes incisés-dentés, aigus; ses fleurs, terminales sur de longs rameaux grêles, hérissés, sont grandes, d’un rouge vif, avec une tache noirâtre à la base des pétales; elles renferment un grand nombre d’étamines à pollen brunâjre ; la capsule qui leur succède est obovée; le disque stigmatifère qui la surmonte ale plus souvent dix lobes. :
Dans nos climats, le coquelicot abonde dans les champs de blé et dans tous les terrains fraîchement remués, où il mêle à l’azur des bluets l’écarlate de sa corolle. Mais sa présence est toujours l'indice d’une culture peu soignée, Si agriculteur cherche à détruire le coquelicot, l’horticulteur le recherche pour l’ornement des jardins, où cette plante produit, surtout en grande masse, un effet magnifique, par les nombreuses variations de couleur de ses fleurs, les unes simples, les autres doubles, unicolores ou panachées de blanc, de rouge, de brun-rouge, bordées d’un beau liseré blanc, etc. Ces fleurs ont une odeur faiblement vireuse, et jouissent de propriétés sudorifiques. Desséchées, elles sont fort employées dans les rhumes chroniques, ce qui les a fait ranger, avec quelques autres, parmi les feurs pectorales. On en fait un sirop qui a été autrefois très-préconisé, et qui avait beaucoup plus de vogue et de réputation, comme incisif et expectoratif, qu'il n’en conserve aujourd’hui.
COQUELIN (CuarLes), l’un de nos économistes modernes les plus distingués, naquit à Dunkerque, le 25 novembre 1503. Après avoir fait de brillantes études au collége de Douai, il vint à Paris suivre les cours de la faculté de droit ; il y obtint le diplôme de licencié. En 1827 il fonda, avec quelques jeunes avocats, un journal mensuel de jurisprudence commerciale, qui succomba au bout de deux ans. Après avoir exercé pendant quelque temps la profession d'avocat dans sa ville natale, il vint chercher à Paris, en 1830,
des moyens d'existence, Il travailla d’abord au journal Ze Temps, et y publia, sur le régime des banques en Europe et aux États-Unis, des articles qui appelèrent l'attention. En 1837 il s’attacha à la rédaction du Monde, que venait de fonder M. de Lamennais, En 1839 il soumit quelques articles au journal Le Droit, et notamment deux bonnes études sur Quesnay et Turgot. Dans la même année il devint l’un des collaborateurs de la Revue des Deux Mondes , et y donna de remarquables articles. En 1840, il réunit en
un volume ses articles sur l'industrie linière, et le publia
sous le titre d’£ssai sur la filature mécanique du lin et
du chanvre, puis en 1845 sous celuide Traité de La fila-
ture mécanique. En 1846, il devint l’un des collabora-
teurs du Journal des Économistes. Peu de temps après
il fut adjoint, en qualité de secrétaire, à PAssociation pour
la liberté des échanges. En 1848 parut son excellent écrit
du Crédit et des Banqurs, dans lequel il soutient avec
chaleur la théorie de la liberté des banques, telle qu’elle
est pratiquée aux États-Unis, Il venait d’être chargé en
1851 de la direction du Dictionnaire de l'Économie po-
lilique lorsqu'il mourut, le 12 août 1852.
COQUELIN (Benoir-Consranr), comédien, est né le 23 janvier 1841, à Boulogne-sur-mer. Il est le fils aîné d’un boulanger, qui le destinait à suivre la mêne profession; une vocation décidée l’entraîna vers le théâtre. Admis au Conservatoire de Paris à La fin de 1859, il devint le plus brillant élève de Regnier, et l’année suivante, ayant obtenu un second prix de comédie, il débuta au Théâtre- Français dans le rôle de Gros-René du Dépit amoureux (7 décembre 1860). Il ne tarda pas à se faire goûter des amateurs dans l’ancien répertoire et eut un grand succès dans les deux Figaro du Barbier de Séville et de La Folle journée, Aussi, à peine âgé de vingt-trois ans, fut-il reçu, le 1er janvier 1864, parmi les sociétaires. Dans le répertoire moderne cet acteur a créé une foule de rôles où il a. déployé beaucoup de naturel, de la finesse, une gaieté communicative. En outre, il a obtenu de grands succès de société en récitant des morceaux de poésie dans les sajons, les concerts ou les réunions publiques.
Son frère, Coquelin cadet, est aussi élève du Conservatoire et s’est fait remarquer par les mêmes qualités au Théâtre-Français.
COQUELOURDE. On nomme ainsi l’agrostemma coronaria de Linné, que Lamarck a réuni au genre {ychnide sous le nom de Zychnis coronariu. C’est une trèsbelle plante, couverte sur toutes ses parties d’un duvet blanc, cotonneux ; les fleurs sont rouges au milieu, blanches à leur contour, quelquefois tout à fait rouges ou blanches, simples ou doubles, munies d’appendices à leur orifice ; elles sont solitaires, au sommet de lougs pedoncules, et forment dans leur ensemble un corymbe lâche, irrégulier. La heauté de la coquelourde lui fait donner aussi par les jardiniers les noms de passe-fleur et d'œillet de Dieu.
Coquelourde est encore un nom vulgaire del’anémone pulsatille.
COQUELUCHE.,. Ce nom paraît avoir été donné pour la première fois, en 1414, à un catarrhe épidémique qui s’emparaît de la tête, de la poitrine et des reins, et semblait recouvrir ces parties comme un coqueluchon ou capuchon. Quelques auteurs dérivent simplement ce nom du. coqueluchon même que portaient les personnes atteintes de la maladie; enfin, il en est d’autres qui pensent que cette affection a été ainsi nommée parce qu’on lui opposait comme. remède ordinaire les fleurs de coguelicot. Quoi qu'il en soit, la coqueluche, telle qu’on l’observe de nos jours, est une maladie caractérisée par une toux convulsive, revenant par quintes plus ou moins longues, dans lesquelles plusieurs mouvements rapides d'expiration bruyante sont suivis d’une seule inspiration lente, pénible et très-sonore
Les causes de la coqueluche ne sont que très-imparfaite-
ment connues, Elle règne, dit-on, plus fréquemment dans les climats humides, dans les lieux bas, marécageux, dans les saisons froides. Néanmoins, les épidémies de coqueluche se manifestent dans les climats les plus opposés, et toutes les saisons paraissent également propres à leur développement. Elle attaque ordinairement à la fois un grand nombre d'individus; on la rencontre particulièrement chez les enfants, depuis la naissance jusque après la seconde dentition ; on l'observe quelquefois chez les adultes, et beaucoup. plus rarement chez les vieillards. Il n’est pas bien certain que les filles en soient plus fréquemment atteintes que les garçons ; mais il ne paraît pas douteux que parmi les adultes elle soit plus commune chez les femmes que chez les hommes : une constitution faible et irritable semble y prédisposer davantage. La coqueluche est épidémique : cette assertion n'a jamais été contestée; mais elle peut aussi se transmettre par contagion, et cette propriété, que lui refusent certains auteurs, nous parait néanmoins indubitable. En effet, la coqueluche se communique presque toujours rapidement aux enfants d’une même famille, à moins qu’on ne les éloigne les uns des autres; fréquemment il arrive que les mères contractent la maladie de leurs enfants, surtout pendant qu’elles sllaitent. Les pères. et les bonnes d'enfants sont aussi quelquefois atteints par la contagion, et nous pourrions citer une foule de faits qui ne permettent point de conserver le moindre doute à cet égard.
Pour que la transmission contagieuse ait lieu, il faut que les enfants soient assez près les uns des autres pour qu’ils puissent recevoir les 4manations de leur haleine; il faut aussi que l'affection soit dans son plus haut degré de développement. C’est ordinairement cinq à six jours après qu’on s’est exposé à l'infection, que la toux commence à se manifester, Quant à la nature de l’agent morbifique, nous ne la connaissons pas sans doute; mais il ne nous est pas plus permis d’en nier l’existence que celle de tous les autres miasmes qui ne tombent pas sous nos sens, et dont la nature nous est tout aussi cachée.
La .coqueluche commence chez la plupart des sujets par l'apparence d’un simple rhume. Le malade accuse quelques frissons vagues; il est triste, abattu ou assoupi; les yeux sont rouges; il y à du larmoïement, des éternuements ; le pouls est à peine fébrile; la toux est sèche, plus ou moins fréquente, et revient par quintes. A cette époque on pourrait croire à l’inväsion prochaine d’une rougeole ou de toute autre maladie éruptive. Ces symptômes, qui constituent la période catarrhale, durent environ de cinq à dix ou quinze jours au plus. C’est alors que la maladie se dessine, et que la toux devient convulsive, en prenant un rythme spécial. Les quintes sont plus longues, plus rapprochées, surtout la nuit. Chaque accès s’annonce ordinairement par une sensation de chatouillement incommode dans le trajet de la trachée-artère et du larynx, pendant laquelle les mouvements d’inspiration et d'expiration sont visiblement irréguliers et incomplets, surtout chez les jeunes enfants, qui paraissent comme saisis d’une espèce d’effroi. Au moment où la quinte survient, les malades cherchent un soutien sur les corps environnants, ou courent effrayés vers les personnes qu’ils supposent pouvoir les secourir. Les secousses de la toux se succèdent alors si promptement que l'enfant peut à peine respirer, et que la suffocation paraît imminente ; la face et le cou deviennent rouges ou livides et se tuméfient; les artères superficielles offrent des battements manifestes; les veines sont distendues et les vaisseaux capillaires eux-mêmes très-injectés ; les yeux, larmoyants, font saillie hors des orbites; le sang s'échappe quelquefois par le nez, les yeux, la bouche ou les oreilles; une sueur froide et abondante couvre tout le corps, et plus particulièrement la tète, le cou et les épaules ; on observe des vomissements, et chez quelques malades l'excrétion involontaire de l'urine ou des matières fécales, la chute du rectum, la formation