COQS — COQUE DU LEVANT
fique : un instant, ils restent tête contre tête, et s’élancent ensuite l’un vers l’autre avec ufe incroyable rapidité; leurs ailes, alors, s’entrelacent ; leurs ergots nerveux s’enfoncent dans les chairs l’un de l’autre, et ils ne forment bientôt plus qu'une masse. Il est difficile de se faire une idée juste des sauts, de la furie et de la vigueur de ces animaux. Queiquefois les premiers coups qu’ils se portent sont mortels; dans d’autres instants, le combat se prolonge avec des chances égales, et les deux champions, épuisés, hors d'halcine, montrent toute l’obstination du courage, toute la lassitude et l'anxiété qu’on remarque fréquemment dans les combats des pugilistes. Souvent alors, on voit chez tous deux le bec s'ouvrir, la langue palpiter, l'aile se traîner sur le paillasson; les jambes chancellent, la partie supérieure du corps retombe sur le poitrail ; l'œil, si brillant auparavant, s’obseurcit, et l’on aperçoit de grosses gouttes de sueur couler le long des plumes du dos. Lorsqu'il y a interruption dans la lutte, et que les deux coqs, vaincus par la lassitude, tombent sans force l’un à côté de l’autre, un des maîtres coinpte jusqu’à dix. Si les deux champions restent immobiles, leurs maîtres les prennent dans leurs mains, les raniment et les placent de nouveau dans le plus petit des deux cercles tracés à la craie, Si l’un des champions renonce à continuer le combat, et s’il demeure inactif pendant tout le temps employé par un des maîtres à compter une seconde fois jusqu'à quarante; si l’autre, au contraire, continue à donner des coups de bec et se montre disposé à combattre, le premier est déclaré vaincu. Le silence qui a régné dans la salle durant tout le cours de la lutte fait place alors à un véritable tumulte; les cris des parieurs recommencent, mais ce n’est plus cette fois pour proposer des paris; il s’agit pour chaque gagnant de réclamer et de recevoir de son adversaire le montant de son enjeu.
Achille de VAULABFLLE.
Ce genre de spectacle est défendu en Angleterre par une loi de 1850, qui condamne les prévenus à une amende de 125 fr., et dans certains cas à un emprisonnement de trois mois avec travail forcé. Cette pénalité sévère ne l’a pourtant pas fait entièrement cesser. En Belgique les amateurs de combats de coqs ne sont pas moins nombreux qu’à Londres, bien qu’une loi, votée en 1867, les punisse également de l'amende et de la prison.
Les combats de coqs sont engore un des divertissements favoris du peuple en Chine, au Japon et surtout aux îles Philippines, où les indigènes (Tagals) en sont des amateurs forcenés, .
COQUE. Dans son acception vulgare, ce mot sert désigner ce que l’on appelle autrement coquille de l'œuf de la poule, des oiseaux et de la plupart des reptiles. De là, dans l’art culinaire, l'expression d'œufs à la coque, où à la mouillette, pour les œufs cuits et mangés dans leur coquille. Coque est aussi quelquefois synonyme &e cocon. Enfin, ce terme est usité en botanique pour désigner les loges closes d’un péricarpe multiloculaire, qui se séparent l’une dé l’autre à la maturité, qu’elles soient déhiscentes ou non. Decandolle appelait coques les carpelles qui ne présentent que la suture ventrale ou séminifère et qui s’ouvrent avec élasticité.
COQUE DU LEVANT, C'est le fruit du menispermum cocculus (Linné), arbuste sarmenteux qui croît dans les Indes, au Malabar, aux Moluques, et dans les îles Célèbes. D’après les recherches de Roxburgh, la coque du Levant du commerce proviendrait d’une autre espèce de ménispermées , le cocculus suberosus de Decandolle, Les notions incomplètes que l’on a sur ce sujet n'ont pas permis de trancher la question, et nous portent à croire que les fruits appelés de ce nom sont probablement retires de plusieurs espèces différentes du même genre, qui jouissent des mêmes propriétés. Tels que le commerce nous les apporte des grandes Indes, ces fruits sont des drupes desséchée, réu-