COQUELUCHE — COQUELUCHON
croire, avec certains médecins, qu’on puisse s'opposer au développement ultérieur des quintes à l’aide des émissions sanguines locales ou générales, ou par le moyen des médicaments stimulants; mais il n’en faut pas moins s'attacher à combattre activement les symptômes d’inflammation des bronches, et veiller avec soin à ce qu'aucune complication grave ne vienne s'y ajouter, Dans la seconde période, on doit s’efforcer de rendre les quintes moins pénibles. Pour cela, au moment où elles ont lieu, on place ordinairement les enfants dans une position assise, et on leur fournit un point d'appui, ayant soin de relever la tête, en appliquant la main sur le front. On parvient aussi quelquefois à extraire avec le doigt les mucosités épaisses qui s'accumulent dans la bouche, ou bien on favorise le vomissement en appuyant fortement le doigt ou le dos d’une cuillère sur la langue. Il est aussi d'observation que lorsqu'on peut parvenir à faire boire le malade à petits coups pendant la quinte, on en abrège singulièrement la durée et l'intensité.
Pour boisson, on conseille l’infusion de fleurs de violette, de mauve ou de bouillon blanc, l’eau de gomme ou toute autre tisane analogue, qu’on change et qu’on varie d’ailleurs suivant le goût des enfants, et auxquelles on ajoute de temps en temps quelques cuillerées d’une potion gommeuse ou dun looch blanc, afin d’adoucir la sensation d’âpreté que la toux laisse ordinairement dans l’isthme du gosier, On diminue plus ou moins la quantité des aliments, et l’on insiste sur l'usage des bains de pieds simples, ou rendus irritants par le savon, le sel, le vinaigre ou la farine de moutarde. Il faut veiller en même temps à la liberté du ventre, et prémunir les malades contre le froid humide et les vicissitudes atmosphériques. Lorsque la température est sèche et tempérée, si le temps est beau, quoique froid, il ne saurait y avoir d’inconvénient à ce qu’ils fassent quelques promenades en plein air, soit en voiture, soit à pied, mais en évitant soigneusement les exercices violents, tels que les sauts, la course, les chants et les cris. Les vêtements de flanelle, portés immédiatement sur la peau, nous ont toujours paru utiles aux enfants d’une constitution faible et délicate. Nous nous trouvons bien aussi dans cette période de la coqueluche, comme dans celle qui précède, de recouvrir la poitrine en avant et en arrière d’un large emplâtre de poix de Bourgogne ou de sparadrap de diachylon gommé, qui ne produit qu’une rubéfaction modérée, avec ou sans démangeaison, et protège ces parties contre les variations de la température, On seconde l'emploi de ces moyens par quelques vomitifs, qui chez les jeunes enfants surtout ont le double avantage de débarrasser l’estomac des crachats que la digestion y a portés, et les bronches de ceux qui y sont encore contenus. Les enfants, comme on l’a dit, crachent dans leur estomac, et le vomissement est leur seul mode d’expectorer. Il faut toutefois chez eux n’user des vomitifs qu'avec circonspection, choisir les plus doux, comme le sirop et la poudre d’ipécacuanha, ou le tartre stibié à faible dose, et ne point oublier qu'ils inspirent quelquefois aux enfants une sorte d'horreur pour toute espèce de boisson.
C’est dans la seconde période, concurremment avec le mode de traitement que nous venons d'indiquer, ou en cas d’insuccès, qu’on a l’habitude d’avoir recours aux sédatifs etaux antispasmodiques : l’opium, l’assa-%etida, le muse, l'extrait de narcisse des prés, l’oxyde de zine, la ciguë, la jusquiame, etc., ont été préconisés alors, et ont quelquefois amené de bons effets ; mais de toutes ces substances, celle qui nous a paru la plus efficace est la belladone, administrée en poudre ou en extrait, à la dose de sept milligrammes, qu’on peut élever par degrés jusqu’à cinq ou dix cenligrammes, deux ou trois fois par jour, suivant l’âge des malades. Nous ne devons point oublier non plus les bains tièdes, sirecommandables et si efficaces lorsque les symplômes nerveux dominent, que l'excitation générale est trèsvive, et que, malgré la fréquence du pouls, aucun des or-
ganes thoraciques du malade ne parail manifestement lésé. Dans la troisième période de la coqueluche, les toniques et les légers excitants, employés d’une manière conve-
nable, amènent presque toujours une solution favorable. Chez les enfants faibles et épuisés par la longueur de cette maladie, on fait succéder avec avantage au régime lacté ou féculent, et aux boissons délayantes ou mucilagineuses, les décoctions de quinquina, de lichen d'Islande, l’infusion de café, de serpolet, d’'hysope ou de lierre terrestre, les eaux minérales sulfureuses de Bonnes, de Cauterets ou d’'Enghien, un régime fortiliant, et principalement composé de viandes rôlies ou bouillies.
Nous n'avons encore rien dit du changement d’air, et cependant chaque jour nous avons les exemples les plus frappants des avantages qu'on peut en obtenir vers le déclin de la coqueluche, lorsque tous les moyens rationnels ont échoué, Il n’est pas indispensable (bien qu'il soit préférable) que ce changement ait lieu de la ville à la campagne : nous avons vu des enfants changer seulement de quartier et obtenir presque aussitôt une amélioration notable, parfois même la cessation immédiate des quintes de toux. On devra donc faire passer les malades d’un quartier dans l’autre, et mieux les transporter à la campagne, lorsqu'ils habitent la ville, ou les faire voyager et les faire changer d'exposition, surtout en passant du nord au midi. Quant aux moyens préservatifs, il n’en est pas d’autres que l'isolement lorsqu'il est praticable.
Dr J. BLACHE.
COQUELUCHON ou COQUELUCHE, sorte de capuchon, dont le nom vient du latin cucullus, dont on avait fait aussi le mot cuculle, quia la même signification. Un bénédictin, dom Cajot, a publié en 1762, sous le voile de l’anonyme, une Histoire critique des Coqueluchons mais il n’a fait que glisser sur l'emploi de cette coifture dans les rangs civils, le capuchon monastique étant son [rincipal objet,
Par un détournement du sens de cé mot cogueluche, appliqué à l’idée exprimée déjà par cette autre façon de parler : se coiffer, être coiffé de quelqu'un, on dit figurément des personnes qui sont courues, fèlées, prônées, recherchées par une coterie, par un parti, ou qui ont beaucoup de partisans dans une ville ou dans un lieu quelconque, qu’elles en sont [a coqueluche.
COQUEREL (ATHANASE-LAURENT-CHARLES), ministre protestant, naquit le 17 août 1795, à Paris. Après avoir été admis en 1816 au ministère, à Montauban, oùil avait terminé ses études, il s'établit en Hollande et y prêcha pendant douze ans dans les assemblées calvinistes. Ce fut le célèbre Cuvier qui le désigna, en 1830, pour succéder à M. Marron dans l’église de Paris. En 1833 il entra au consistoire, où il siégea jusqu’à sa mort. Les sermons qu'il prononça à l’Oratoire attirèrent beaucoup de monde; il avait un organe sonore, un débit naturel, le geste sobre, une éloquence pénétrante. « Ses doctrines libérales, qui se rapprochèrent de plus en plus de la pure philosophie spiritualiste, dit un écrivain, le mirent de bonne heure en opposition avec les calvinistes exclusifs, qui lui reprochaïent d'exagérer le mérite des œuvres volontaires et d’abandonner le principe de la prédestination. Sous sa direction une partie de ses coreligionnaires s’engagea dans une voie qui semblait mener à une sorte de rationalisme chrétien. » Afin de propager ses idées M. Coquerel dirigea ou fonda successivement trois recueils périodiques : Le Protestant (1831), Le Libre examen (1834-1836) et le Lien (1841). Outre un grand nombre de Sermons, dont la collection forme 8 vol. in-8°, il publia : Cours de religion chrélienne (1833, 1855, in-12), Biographie sacrée (2° édit., 1837, in-8°), Histoire sainte et analyse de la Bible (1839, 1850, in-12), Orthodoxie moderne (1842), le Carisliinisme expérimental (1847), Chrislologie (1858, 2 vol. in-12),
L'Égoisme devant la croix (1864), plusieurs Lettres, etc.
Après la révolution de 1848, M. Coquerel fut élu représentant de la Seine et prit place à l’Assemblée parmi les républicains modérés; s’il combattit les socialistes et les montagnards, il se prononça pour le rétablissement du pouvoir temporel du pape. Réélu à la Législative, il s’efforça de suivre une ligne de modération jusqu’au coup d'État napoléonien, qui mit fin à sa carrière politique. Il mourut le 10 janvier 1868, à Paris.
Son fils, Coquerez (4thanase-Charles), né en 1820 à Amsterdam, se déclara encore plus que lui le champion des idées de libre examen et de tolérance philosophique. Ses prédications excitèrent de grands orages parmi les orthodoxes; devenu suffragant de M. Martin Paschoud, il fut suspendu de ses fonctions par le consistoire de Paris. On lui doit : Calas et sa famille (1858, in-12), Précis de l’église réformée de Paris (1862, in-8°), Premières transformations historiques du christianisme (1866, in-8), Libres études (1867, in-18). P. Louisy.
COQUERET,. Voyez ALKÉKENCE.
COQUETIER, ustensile de table qui sert à recevoir l'œuf que l’on a fait cuire pour le manger à la coque. Les plus communs sont en bois. Il y en a en porcelaine, en argent, en vermeil, etc.
COQUETTERIE. Ainsi que la plupart des mots employés dans le langage des peuples civilisés, et qui ne peignent point un objet matériel, cette expression a paru susceptible de plusieurs interprétations. Dire que la coquetterie n’est que le désir de plaire, c’est en donner une idée fausse, car Je désir de plaire est un sentiment naturel qui naît du besoin de vivre en société, et qui inspire le dévoûment, l’indulgence, les égards, la politesse , toutes les vertus et tous les agréments que les hommes aiment à rencontrer dans leurs semblables. La coquetterie ne saurait être ce sentiment, puisqu'elle ne rend pas meilleur, et ne perfectionne point le caractère. La coquetterie est le désir d’inspirer de l'amour sans en ressentir soi-même. Telle est la définition la plus commune; c’est en parlant des femmes que l'expression coquetterie est spécialement consacrée, quoique beaucoup d'hommes cherchent à faire naître des affections qu’ils n’ont aucune envie de partager. Nous n’examinerons donc la coquetterie que relativement à la moitié du genre humain, et nous lui donnerons pour unique base la vanité, ainsi que le manque de jugement, l’insensibilité, la folie, que la vanité traîne à sa suite. Une femme commence d’abord par désirer qu’on la trouve belle; bientôt elle veut qu’on le lui dise; peu après, c’est à une préférence exclusive qu’elle aspire : vient ensuite l'insuffisance des hommages, ce sont les passions qu’il lui faut exciter ; rien ne lui coûte pour y parvenir, la jalousie, la haine contre les personnes de son sexe, la mettent au pouvoir de l’autre. Alors seulement , elle sait ce que c’est que la coquetterie; jusque là elle l’avait confondue avec la légèreté, l’inclination aux plaisirs du monde, l’enjouemunt de son âge, la faiblesse naturelle à son sexe. Maintenant elle ne s’abuse plus; mais aussi elle ne s'excuse plus. Elle parlait d'amour, elle parle d’amants; et le premier n’a élé que le multiplicateur.
Quelques poëtes ont conseillé la coquetterie, quelques philosophes l’ont excusée, mais en accompagnant ce mot d’un commentaire qui classe la coquetterie au nombre de presque Lous les penchants de l’homme, dont le bien et le
mal peuvent ressortir également : c’est ainsi que la prudence proviendra dela crainte ou de la défiance, l’économie de l’avarice, la douceur de la faiblesse, la générositédel'imprévoyance ou de l’ostentation. IL n’est ni vices ni vertus qui ne puissent produire leur contraire, Si l’on considère la coquetterie, non comme jinclination naturelle, mais comme un art, le but qu’elle se proposera et les moyens qu'elle emploiera la feront de même juger innocente ou coupable : qui condamnera l'adresse mise en usage pour captiver un mari? qui