COQUELUCHON — COQUILLE
s’élèvera contre la persévérance, contre les soins destinés à gagner tous les cœurs par l’obligeance, l'égalité d'humeur, les talents profitables à la société? Maïs lorsqu'il faut, en se servant d’un mot, le faire suivre d’une infinité d’autres qui le modifient, nul doute qu’il ne soit pas le mot propre à peindre la pensée ; et quelque peine que l'on se donne, la coquetterie ne sera jamais comprise au nombre des vertus que les femmes doivent pratiquer. Vainement dirait-on qu’une coquette, contente de vouloir être possédée, ne se livre point; sa pudeur, son innocence, seront justement mises en doute, car la pensée du mal suffit pour alarmer lune et l’autre.
Le premier qui compara la coquette au conquérant fut un homme de sens; ils marchent de pair : tous deux ont mis leurs joies dans le désordre, dans les maux d’autrui; ils n’examinent ni la nature des obstacles qui leur sont opposés, ni la nature du succès qu’ils se proposent. Tous deux veulent s’abuser, d’abord sur les moyens qu’ils emploïeront, puis sur le but qu'ils veulent atteindre. Le conquérant est le plus sensé; il se promet du repos un jour ; et l'étendue du globe terrestre étant connue, il limite ses travaux d’après les proportions de la terre ; il calcule sur la possession du tout, et meurt ordinairement avant d’en avoir dévasté une partie. La coquette ne se borne point : les générations se renouvelant, son esprit les envahit, et s’il dépendait d'elle, la trompette qui les réunira dans la vallée de Josaphat sonnerait une charge contre les ressuscités que les temps antérieurs au sien lui auraient dérobés. La coquette ne s'arrête ni devant les pleurs d’une mère, ni devant la colère d’un époux, ni devant la honte d’un fils, ni devant lindignation et le mépris du monde. Ce que l’on appelle communément honte et déshonneur s'élève à ses yeux comme un trophée; elle s'ennuie de la vie sédentaire, du travail des mains, du silence, de l’économie, du repos des champs, des soins de la famille; elle fuit la vue des infirmités et de la vieillesse ; lc musonge, la calomnie, lui sont familiers, et elle réunit l’indis étion, l'astuce et la perfidie, présentant aux yeux de la religion, de la morale et de l’humanité, l'être le plus monstrueux et le plus déplorable à la fois. Telle est la voie funeste où la légèreté, le goût des iouanges frivoles entraînent d’abord une jeune fernme, et que l’orgueil, Penvie, une aberration inexplicable, lui font ensuite parcourir. Aussi ce nom de coquette n'est-il employé que par les hautes classes de la société ; et quand l'irréflexion a fait donner au goût de la parure le nom de coquetterie, le mal s’est aggravé, puisque l'on a pu sans horreur s'entendre accuser d’être coquette.
Une des plus belles définitions de la coquetterie a été faite par Fielding dans Joseph Andrews, et le portrait le plus vrai d’une coquette a été tracé par Mme de Genlis dans Les Chevaliers du Cygne. C’est parce que la coquetterie dans son principe ne présente point à la vue ce que le vice a de grossier et de hideux, qu'il faut prémunir contre elle les jeunes filles et la leur montrer d’abord telle qu’elle sera indubilablement, H faut qu’on la voie inquiète, tracassière, menteuse, perfide, insatiable, fardée, regrettant le passé, mécontente du présent, redoutant l’avenir ; car elle a troublé l'innocence des joies de la jeunesse, dérobé à l’âge mûr celles que l’on éprouve dans l’accomplissement de ses devoirs, et privé la vieillesse du respect qui charme les manx de ses derniers jours. Une femme modeste, vraie, sensible, laborieuse, ne sera jamais coquette. La coquetterie est incompatible avec la vertu. Csse pe BRapi.
COQUILLE , COQUILLAGE. On entend par le premnier de ces noms la coquille et l'animal vivant qui l’habite. Coquillage est, dans le langage usuel, le mot qui, en histoire naturelle, correspond à celui de mollusque testacé, c'est-à-dire animal mou, pourvu d’un {est ou coquille, Chacun sait qu'on désigue sous le nom de coquille le corpe nrolecteur on test des animaux appelés jadis poissons ou