‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 380 sur 607 · CORDOFAN — CORDON · texte numérisé non relu

CORDOFAN — CORDON

vivant du produit de ses troupeaux et obéissant à un chef nègre placé sous la souveraineté du vice-roi d'Égypte. Outre ces nègres, on y trouve aussi beaucoup de Dongols, qui vienment s'y établir pour faire le commerce, aïnsi que diverses tribus de Bedouins venues d’'Hedjaz, et qui s’y livrent à l'éducation du bétail. Les premiers font entre Dongola et le Darfour un commerce de caravanes ayant pour objets principaux les esclaves, l'or, la gomme arabique, l’encens, le natron et les peaux. Le Cordofan dépendait autrefois des souverains du Sennaar, et fut soumis vers le milieu du dixhuitième siècle par ceux du Darfour. En 1820 la conquête en fut faite par Méhémet-Ali, qui en emmena un grand nombre d'habitants comme esclaves, et contraignit les tribus arabes à lui payer tribut.

Le chef-lieu actuel, Obéidha ou El Obéid, situé au nordouest du Djebel-Cordofan et au centre de la contrée, à 25 myriamètres du Bahr-el-Abiad, à 18 du Darfour, se compose à bien dire de trois localités distinctes, habitées chacune par des tribus de race différente. Cette ville est grande et mal bâtie; on y compte 20,000 habitants, qui fabriquent de beaux ouvrages en sparterie et en fils de palmier, de délicats ouvrages en filigrane d’argent, et qui font un commerce important avec les montagnards de Nuba et avec le Darfour, d’où ils tirent beaucoup de gomme, d’or et d'ivoire. Il faut encore mentionner Bara, autrefois capitale de la contrée, maintenant la ville la plus importante après Obéïid, entourée deplantations de palmiers parfaitement cultivées et arrosées ; Malpess , située au milieu de jardins bien arrosés et offrant la plus belle végétation; les villages Choursi, Vaddisacki et Mo-Hagar, dans le Cordofan septentrional, où a lieu une grande production de fer, industrie pratiquée également sur divers points du pays. Consultez Ruppell, Voyages en Nubie, dans le Codorfan, etc. (Francfort, 1829), et Palme, Description du Cordofan et de quelques autres contrées (Stuttgard, 1843).

CORDON, diminutif de corde, brins ou fils de chanvre tortillés pour en faire une corde qui se compose de trois ou quatre cordons; chanvre prêt à filer, plié et cordé, en paquets plus ou moins gros. Le cordon proprement dit a la forme d’une corde, mais il est plus délié, plus petit. Il est de fil, de coton, de soie, de filoselle, d’une ou de plusieurs couleurs et quelquefois mêlé de fils d’or et d'argent. 11 devient alors cordon de rideaux, de draperies, de dais, de lampes d'église, de sonnettes, etc. On se sert de cordons pour suspendre des estampes, des tableaux, etc. C'était aussi la forme du cordon qu’en termes de dévotion on appelait cordon de saint François , garni de nœuds et servant de ceinture aux membres de la confrérie en l'honneur de ce saint, et à divers ordres monastiques , tels que les cordeliers, qui en tiraient leur nom, les capucins, minimes, récollets, picpus, etc. Ces derniers seuls avaient le cordon noir; les autres le portaient blanc.

Cordon (cinctum, cingulum) est encore la troisième partie des vêtements sacerdotaux servant à resserrer l’ampleur et à relever la longueur de l'aube, dont il est un accessoire indispensable. Déjà le grand prêtre et les sacrificateurs juifs avaient un cordon sur leur tunique. On lit dans le psaume 9 : Jéhovah revét la toute-puissance et la ceint autour de ses reins; et dans l'Évangile de saint Luc : Que vos reins soient ceints!

Cordon se dit encore de tout ce qui sert à lier, à entourer quelque chose : cordons de souliers , de chapeau, de caleson, de culotte, de canne, de montre, de bourse.

Au figuré, tenir les cordons de la bourse, c’est avoir le maniement de l'argent ; délier Les cordons de la bourse, vest payer une dette, faire un acte de générosité; ne pas être digne de dénouer les cordons des souliers a une personne, c’est lui être fort inférieur en merite.

Le cordon plat n’est autre chose qu’une ganse travaillée à à navette sur un métier,

Absolument, on donne le nom de cordon à celui que tirent les portiers pour ouvrir les portes d’une maison.

En termes de fortification, le cordon est la pierre qui forme le recouvrement des murs d’escarpe et de contrescarpe; elle porte sur ces murs une saillie demi-circulaire, d'environ 30 centimètres de diamètre. Le cordon règne dans tout le pourtour des ouvrages de fortification, et reçoit le pied du talus extérieur du parapet. 11 ne peut exister que dans les ouvrages de maçonnerie. Dans ceux en terre, dont les talus sont gazonnés, on forme une espèce de cordon en enfonçant entre le pied du talus du parapet et la crête de celui de l’escarpe une suite de palissades plantées en terre presque horizontalement, avec une légère inclinaison vers le fossé. C’est ce qu’on nomme fraise. Comme le cordon de maçonnerie, il règne tout autour des ouvrages el porte une saillie de 50 à 60 centimètres.

En architecture et en sculpture, le cordon est une moulure qui règne autour d’un mur, d’un bâtiment, ou le long d’une corniche dans un appartement, et sur laquelle on taille parfois des perles, des fleurs, des feuilles d’acanthe ou de laurier, continues ou par bouquets, ou tortillées de rubans. Les jardiniers font des cordons de gazon ou de buis dans les compartiments des parterres, le long des platesbandes et sur les bords d’une fontaine.

Le cordon d’une pièce de monnaie est le petit bord faconné qui en forme la circonférence.

En termes de blason, le cordon est un ornement qui accompagne les armoiries des prélats, et descend du chapeau qui en forme le cimier, Ce cordon se subdivise à un certain nombre de housses suivant les dignités : les cardinaux en ont 15, les archevêques 10, les évêques 6 et les protonotaires 3.

On appelle aussi cordon une suite d'objets rangés cireulairement.

Autour de cet amas de viandes entassées Régnait un long cordon d’alouettes pressées ,

a dit Boïleau. C’est dans ce sens qu’on a donné le nom de cordon à une ligne de troupes ou de postes militaires placés assez près les uns des autres pour pouvoir intercepter toute communication à l'ennemi qui voudrait pénétrer dans le pays qu’on occupe. Si ce cordon de troupes a pour but d’empêcher l'invasion d’une épidémie, d’une maladie contagieuse, on le nomme cordonsanitaire.

Mais l'emploi le plus ordinaire que l’on aït fait du mot cordon, c’est comme synonyme de ruban et comme décoration distinctive des ordres de chevalerie, se portant soit autour du cou et sur la poitrine, soit en baudrier, de l’épaule droite au côté gauche, ou de l’épaule gauche au côté droit. Il y avait l’ordre du cordon jaune, institué par un duc de Nevers, vers 1606, et aboli par Henri IV. Il se composait de chevaliers catholiques et protestants, qui devaient savoir le jeu de la mourre, et ne pouvaient venir au chapitre qu'avec un cheval gris, deux pistolets, deux fourreaux et un harnais de cuir rouge. Tous les chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit étaient appelés cordons bleus, en raison de Ja couleur de leur ruban, qui est également celle des rubans de la Jarretière d'Angleterre, de l’Éléphant de Danemark, deg Séraphins de Suède, de Saint-André de Russie, etc. Quoi que celui de la croix de Saint-Louis fût rouge, tous les chevaliers n’étaient pas pour cela cordons rouges : ce titre était réservé à ceux qui portaient la grand’-croix de cet ordre. Les grands-croix de la Légion d'Honneur sont bien cordons rouges dans le même sens, mais ils n’en portent pas le titre. Le cordon noir était un ruban large moiré et noir, auquel était attachée la croix de l'ordre de Saint-Michel. Rien ne serait plus honorable que ces cordons, s'ils étaient toujours la récompense du mérite modeste, des services réels rendus à l'État ; mais ils sont bien plus souvent le pnvilege distinctif de la naissance, des dignités, et

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quelquefois le prix de l'intrigue ou de services honteux. Un bambin , héritier d’un grand nom, recevait dès le berceau le cordon de la Toison-d'Or, le cordon bleu, ou le cordon de la Jarretière, suivant qu'il était Allemand, Espagnol, Français ou Anglais. Tel grand seigneur, bardé de cordons, n’en était pas moins méprisable par son immoralité, par son impudeur à ne pas payer ses dettes. Tel sénateur qui, sans l'avoir mérité, avait reçu de Napoléon le grand cordon de la Légion d'Honneur, obtenait sous la Restauration le cordon rouge ou bleu, sans s’en être rendu plus digne, si ce nest par la trahison ou par la versatilité. Tel petit baron allemand, chamarré de huit ou dix cordons des petits princes d'Allemagne, qui se cotisaient pour l’entretenir à Versaïlles ou à Paris, comme leur ministre plénipotentiaire en commun, n’en était pas moins un très-mince personnage. La vanité des cordons avait gagné les femmes. Il y avait des cordons de diverses couleurs en France, et surtout en Allemagne, pour des ordres de chanoinesses. La reine d’Espagne, épouse de Charles IV, avait créé en 1791 l'ordre de Marie-Louise, dont elle était grande maîtresse, et dont le cordon bleu et blanc éfait uniquement réservé à des femmes de qualité, qui certes n'avaient rien fait pour le mériter.

Rien ne prouve mieux, au reste, la futilité des cordons et l’avilissement où ils étaient tombés , que l'abus trivial qu’on a fait de ce mot. On disait d’abord figurément des personnages les plus distingués dans les communautés religieuses : le père un tel est un des cordons bleus de l’ordre. On a depuis approprié cette locution à tous les états, à toutes les professions ; et parmi les cuisinières elles-mêmes, il y a des cordons bleus.

Daus l'Orient on ne connaissait pas les ordres chevaleresques avant que, dans les premières années de ce siècle, la Perse et la Turquie eussent vu établir l’ordre du Soleil et celui du Croissant. Le seul cordon qui fut longtemps connu et révéré, quoique redouté des Othomans, c'était celui que le sultan envoyait par ses muets aux vizirs et aux pachas dont il voulait se défaire. 11s baïsaient le faéa! cordon, et se laïssaient étrangler. H. AUDIFFRET.

CORDONNIER (en latin sufor, couseur). Le nom moderne de cette profession vient, suivant Ménage, de celui de Cordoue , ville d'Espagne, où l’on fabriquait autrefois des peaux tannées d’ime qualité supérieure; de là on appela cordouanniers les ogvriers qui les premiers en France confectionnèrent des chaussures avec des cuirs tirés de Cordoue.

La profession de cordonnier, sans être tout à fait dépourvue de mérite, ne jouit pas d’une grande importance : les pièces qui entrent dans la composition d’un soulier et même d’une botte ne sont pas susceptibles de varier considérablement de figure ; leur nombre est limité, et la manière la plus convenable et la plus solide de les assembler est trouvée et fixée depuis longtemps : les systèmes qu’on a tentés pour faire des souliers à la mécanique, la substitution des clous à la couture en fil poissé, etc., commencent seulement à avoir quelque succès; et toutefois, un cordonnier qui joindrait l'élégance de la coupe, la solidité de la couture, à la connaissance parfaite des cuirs et peaux, pourrait figurer parmiles ouvriers distingués exerçant des professions réputées supérieures à la sienne, surtout si, connaissant la composition anatomique du pied et de la jambe de l’homme, il était en état de faire en plâtre le modèle d’un pied contrefait, afin d’en atténuer les difformités et les infirmités, au moyen d'une chaussure composée en Conséquence, En effet , le cordonnier observateur examiné les vieilles chaussures de ses pratiques, note les points sur lesquels s'exerce le plus souvent la pression du corps. Si, par exemple, on lui présente une botte dont le talon soit plus usé en dehors qu'en dedans , il en conclura que la ligne perpendiculaire qui part du centre de gravité de celui qui a usé la botte ne

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