‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 379 sur 607 · CORDELIERS · texte numérisé non relu

CORDELIERS

UORDELIERS (Club des). Rival de celui des Amis de da Constitution, qui fut appelé depuis des Jacobins, ce club exerça une grande influence sur la capitale et sur la France entière. Il tenait ses séances à l’ancien couvent des Cordeliers, près de la rue de l'École de Médecine et de la rue de l'Observance , au centre du quartier nommé District des Cordeliers. Ce n’était d’abord qu'une de ces sociétés fraternelles, comme celle de l'hôtel Soubise, où les séances se passaient en conférences morales et politiques, presque sans discussion. Mais bientôt des hommes impatients de se produire sur la scène politique se posèrent sur le premier plan comme défenseurs des droits et des intérêts populaires. La tribune des Amis de La Constitution (les Jacobins) ieur était interdite, eette société mère n’admettant alors au nombre de ses membres que des députés et des notabilités bourgeoises. Ses doctrines, et par conséquent ses discussions, n’excédaient pas les limites tracées par la constitution de 1791. Les orateurs du Club des Cordeliers, plus hardis, plus indépendants, professaient le radicalisme le plus absolu ; ils Wacceptaient pas même la constitution de 1791 comme une transition nécessaire à un gouvernement essentiellement démocratique. Ces théories étaient soutenues par de tumultueuses et menaçantes manifestations et par des journaux dont chaque numéro était une accusation contre les principaux membres de l’Assemblée et contre les autorités constituées. Ces feuilles n’étaient que les échos de la tribune des Cordeliers, ouverte à une foule d'étrangers dont les noms devinrent depuis si fameux dans les sanglantes collisions dont ils furent les provocateurs et les complices. Ce club, établi au milieu d’une population d'ouvriers , de prolétaires, hommes d’action et de dévouement, maïs crédules et sans expérience politique, offrait aux agitateurs étrangers un puissant moyen d'impulsion pour jeter la perturbation dans l'intérieur, et aux chefs de factions une force compacte et redoutable pour le succès de leurs ambitieux projets.

Le Olub des Cordeliers fut le point d'appui, le foyer de toutes les intrigues. Là sans doute se trouvaient quelques hommes purs de toute ambition, franchement dévoués à la liberté, qui, devançant leur époque, et sans égards pour les exigences du moment, pour les préjugés, les traditions d’une génération qui ne pouvait les comprendre, voulaient arriver immédiatement et à tout prix à un gouvernement de démocratie pure. Mais ces hommes, d’ailleurs en minorité, étaient à leur insu les auxiliaires des boutefeux de l'étranger et de la faction qui n’aspirait au renversement de l’ordre constitutionnel établi que pour s'emparer du pouvoir et du trône. La faction d'Orléans, convaincue de son impuissance pour dominer et associer à ses desseins la majorité des Jacobins, s'était repliée sur le Club des Cordeliers, dont Marat, Danton, étaient les oracles. Camille Desmoulins les appuyait, sans être leur complice. Il était l’homme de son pays; il s'était attaché à Danton comme il s'était attaché à Mirabeau; il ne devait qu’à ses talents, à son énergique et spirituelle franchise, son influence dans les délibérations du Club des Cordeliers. Ainsi s’expliquent les contradictions que l’on remarque parfois dans les actes et dans les manifestations de ce club fameux. La majorité, abandonnée à ses sympathies politiques, était républicaine. La nuance d'opinion qui séparait les deux

“clubs rivaux se révéla avec la plus énergique évidence lors

de l'événement de Varennes (1791). Bouche, député provençal, à la nouvelle de l’arrestation de Louis XVI et de sa famille, proposa à la séance des Jacobins de constituer la France en république. Sa proposition fut repoussée à l’unaaimité, sur le motif qu'elle était contraire au principe de Pinstitution des Amis de La Constitution. Le Club des Cordeliers, au contraire, se prononça hautement pour la déchance immédiate de Louis XVI, et tel fut l’objet de la fameuse pétition déposée au champ de Mars, sur l'autel de la patrie, et qui bientôt fut couverte de plusieurs milliers de

signatures (14 juillet 1791). Les pétitionnaires furent sommés de se retirer. Une collision sanglante s'engagea. La loi martiale y fut exécutée avec une impitoyable rigueur, Quarante-deux personnes, dont trois femmes , y furent tuées, et douze blessées. La plupart des signataires, même ceux qui faisaient partie du Club des Cordeliers, n'étaient pas initiés dans le secret : ils avaient agi de bonne foi; mais l’ASssemblée nationale, le maire de Paris, Bailly, et Lafayette, qui n'avaient fait qu'obéir au décret de l’Assemblée, savaient que cette pétition était l’œuvre de la faction d'Orléans. 1] fallait plus que du courage pour maintenir la paix au milieu de tant d'éléments de discorde et de destruction.

Le Club des Cordeliers était dans une continuelle et menaçante agitation. Vaincu dans la question de la déchéance immédiate de Louis X VE, il prit sa revanche dans la journée du io août, dont il fut le principal instigateur. Il triompha encore à l’époque de la révolution du 31 mai, qui ruina la Gironde. Aussi se faisait-il gloire d’avoir renversé le trône et appelé la république dès 1789. Mais à partir du 31 mai, ne trouvant plus rien à détruire, et faute de pouvoir frapper ailleurs, il dirigea tous ses coups contrelecomitédesalut public, adversaire de taille à se défendre, et dans cette lutte se montra plus violent qu'habile. Puis il se scinda en deux partis, la faction des {ndulgents et celle des Enragés, qui était la plus nombreuse. Toutefois , il se leva comme un seul homme à la voix de Danton pour défendre Marat, dont l'arrestation était légalement vrdonnée. Si le chef de la garde nationale, si les magistrats, n’eussent prévenu une collision, la guerre civile était déclarée. Le club et le district des Cordeliers n'étaient en fait qu’une seule et même chose. Les hommes et les actes étaient les mêmes. On délibérait au club, et l’on agissait au nom du district.

Les Cordeliers prirent une part active à tous les mouvements sous la Constituante , la Législative et la Convention; la mort de Marat ne fut qu’un événement secondaire : Marat n'était que l'instrument de la faction qui dominait les Cordeliers, laquelle alla présenter à la Convention le cœur de son héros. Les deux clubs rivaux avaient paru unis tant qu'avait duré le procès de Louis XVI ; mais le jour même de l'exécution du terrible décret de mort, la scission des Cordeliers et des Jacobins se manifesta à la Convention. D’Orléans n'avait pu obtenir d’être excepté du décret qui bannissait de la France tous les Bourbons. Il fut immédiatement conduit à Marseille. La majorité des membres de la représentation parisienne appartenaient à ce club. Tous siégeaient à La montagne et étaient affiliés à l’un et à l’autre des deux clubs. Celui des Jacobins était débordé par celui des Cordeliers. L’éloignement de d'Orléans fut le signal de la ruine de son parti.

Les Indulgents ou Dantonistes etles Enragés ou Héber: listes du Club des Cordeliers, s'appuyant, les premiers sur le conseil des ministres, les seconds sur la commune finirent par succomber sous les coups du comité de salut public, mais ce ne fut pas sans lui avoir fait courir les plus grands dangers. De là cette séance du 28 février 1794, où les Cordeliers voilèrent les droits de l’homme et provoquèrent le peuple à l'insurrection. Si depuis ils prirent encore part aux grandes émeutes du 13 mai et de prairial, ce ne fut plus comme avant-garde. Les hommes qui jusque alors leur avaient fait prendre l'initiative, Hébert, Chaumette et leurs complices, avaient substitué au drapeau du club des Cordeliers celui de la Commune; autour d’eux s'étaient groupés les émissaires de l’étranger. Le club et le district des Cordeliers ne se montrèrent plus en première ligne dans les rassemblements. Il était loin déjà le temps où ils avaient rêvé un grand triumvirat dictatorial, composé d’un grand juge, d’un généralissime et d’un censeur (Pache, Ronsin et Hébert ou Chaumette). Après la mort de Danton et de ces deux derniers, le club qu'ils avaient dirigé, et dont ils étaient l'âme, perdit son activité et son influence; il subit le sort de

toutes les sociétés populaires, ne survécut que quelques mois à la promulgation de la constitution de l'an nr, et fut dissous comme société politique par la loi du 6 fructidor (voyez CLuss). Durey (de l'Yonne).

CORDES (Musique). Les cordes d'instruments de musique ou cordes harmoniques sont de diverses matières, selon la manière dont en doit exciter en elles le frémissement nécessaire pour produire le son et faire vibrer l'air dans les tables d'harmonie. Les cordes attaquées par frottement sont faites avec les boyaux de certains animaux : telles sont les cordes de violon, de la viole, dela basse; les cordes frappées sont toujours de métal. On met des cordes de laiton aut octaves basses du piano; celles d’acier servent pour les tons moyens et les tons élevés. Les cordes pincées sont de boyau, de métal, de soie filée en métal, selon l'instrument auquel elles sont destinées. La harpe et la guitare sont montées avec des cordes de boyau et des cordes de soie, recouvertes par un fil de méfal qui les entoure et couvre toute leur surface; la mandoline est armée de cordes métalliques. Quelques ménétriers se servent d’un cordon de soie, et substituent cette -chanterelle économique à la chanterelle ordinaire. Le son de cette corde de soie est moins agréable, mais la chanterelle dure plus longtemps. On a essayé de monter le violon avec des cordes en fil de Venise, fil transparent dont les pêcheurs se servent pour leurs lignes. Ce fil est fabriqué avec la soie encore gluante que l’on extrait du ver. Ces cordes en fil de Venise ne donnent pas une bonne qualité de son. Les meilleures chanterelles sont connues sous le nom de cordes de Naples.

Le son produit par une corde tendue est plus ou moins aigu en raison de sa longueur, de son diamètre, de sa contexture et de sa tension. Dans les instruments à manche, tels que le violon et la guitare, la corde perdant de sa longueur toutes les fois que le doigt vient la presser sur la touche, une seule corde rend une multitude de sons. La lyre des anciens, avec ses huit cordes, ne donnait que huit notes; avec quatre cordes de moins, le violon en produit 32 et 60 même entre les mains de Paganini. Dans le piano, la longueur de la corde tendue ne variant point, on n’a pu obtenir une échelle de six ou sept octaves qu’en plaçant un nombre de cordes pareil à celui des tons et demi-tons de l'instrument, et l’on voit les cordes perdre en longueur et en épaisseur à mesure que le système s'éloigne de l'extrême grave pour arriver à la dernière note aiguê. On a fait des pianos dans lesquels la touche ne frappait qu’une seule corde, d’autres où chaque touche en attaquait quatre grou- .pées et accordées à l'unisson. Ces deux manières de procéder ont été abandonnées ; lès pianos portent maintenant trois cordes à l’unisson pour chaque touche ; les petits pianos n’en ont que deux. Tous les instruments à cordes immobiles, tels que le piano, le clavecin, le psaltérion, le tympanon, ont une forme triangulaire, qui est celle de la harpe; ils ne peuvent en avoir d’autre , puisque leur dernière corde n’a souvent que la vingtième partie de la longueur de la première. Dans les petits pianos, ce triangle est inscrit dans un carré long : cette forme est bien moins élégante et pittoresque; elle convient plutôt à un meuble qu'à un instrument. La vielle n’a que deux cordes, dont l’une est immobile et sonne la dominante; l’autre subit la pression des touches et sert à l'exécution de la mélodie.

La contexture d’une corde influe sur le son qu’elle doit produire. Une chanterelle de violon recouverte, dans toute sa longueur, avec un fil de laiton très-délié, sert de quatrième corde au même instrument, et le soZ ou bourdon n’est qu’un mi filé en laiton. Les cordes filées de la harpe ou de la guitare sont de soie.

Ton vient du grec révos, qui lui-même vient de veive, le tends. 11 signifie donc une corde tendue, une corde so-

CORDELIERS —: CORDES METALLIQUES

nore; de là vient que le mot corde est souvent pris pour on, et que l’on dit les cordes graves, les cordes moyennes, aiguës de la voix, de la mélodie, de l'échelle, pour dire les tons graves, moyens, aigus de la voix, etc. CasTiL-BLAZE.

CORDES À BOYAU ou CORDES EN BOYAU, cordes faites avec les boyaux de différents animaux. Ces cordes se divisent en deux classes : les plus belles et les plus dures servent pour les instruments de musique, dits instruments à cordes; on les nomme cordes harmoniques; la deuxième classe comprend diverses qualités inférieures, dites cordes à raqueltes, cordes à fouets et cordes à mécaniques.

Les boyaux étant convenablement préparés (voyez Boyau- DERIE), les cordes harmoniques se filent sur des métiers qui portent environ trois longueurs de violon, et l'on fait ordinairement trois cordes à la fois. On a pour cela une roue à deux crochets. Après avoir attaché les boyaux à une petite cheville, on place celle-ci sur un des crochets de la roue, et ensuite on passe les boyaux autour d’une cheville fixée à l'extrémité du métier, puis on coupe à la longueur convenable. On fixe alors la seconde extrémité des boyaux à une autre petite cheville, que l’on place sur le second crochet de la roue. On fait faire à cette roue huit ou dix tours, ce qui met en mouvement de petites molettes qui font un nombre de tours trente fois plus considérable. Il en résulte que les cordes reçoivent une torsion de quelques centaines de tours.

Les cordes étant filées, on les blanchit au souwfroir. On les polit ensuite avec de la pierre ponce, excepté les chanterelles de violon, puis on les roule et on les met en paquet. Quelques-unes sont préalablement teintes en rouge de cochenille ou en bleu de tournesol; ce sont celles qu’on emploie dans les harpes.

La fabrication des cordes harmoniques a pris une grande importance. Dans le seul département de la Seine, elle représente annuellement une somme de près de 700,000 francs.

Les autres cordes à boyau demandent beaucoup moins de soins dans leur préparation.

CORDES MÉTALLIQUES. Il y en a de plusieurs sortes; les plus simples consistent en un seul fil de métal, comme laiton, fer, etc; telles sont les cordes des pianos, karpes et autres instruments de musique. La fabricetion de ces sortes de cordes ne diffère pas essentiellement des procédés qu’on suit dans lestréfileries. Une bonne corde métallique doit être exempte de pailles (gerçures); et, tout en conservant une grande ténacité, elle aura ses parties constituantes aussi rapprochées que possible; de ces qualités dépendent la clarté, la netteté du son d’un instrument à cordes. Il y a des cordes métalliques dont l'âme est de boyau. Les cordes des archets des arquebusiers et autres mécaniciens, se composent quelquefois d’une cordedeboyau, enveloppée d’une spire de fil de laiton. Pour couvrir une corde de boyau d’un fil métallique, on la tend, au-dessus d’un bane, entre deux crochets. Un mécanisme qu'on met en mouvement en tournant une manivelle, est combiné de façon que les crochets et la corde tournent à la fois dans le même sens; pendant ce temps, le fil métallique se roule sur la corde, comme le fil sur le fuseau d’un ronet.

Pour les grosses constructions, on a fait des cordes métalliques en fils parallèles, telles sont celles à l’aide desquelles le pont Louis-Philippe, à Paris, est suspendu, Ce sont des cordes de fer composées de fils disposés comme ceux d’un écheveau ; le faisceau est lié, de distance en distance, par des fils roulés en travers.

On fait quelquefois les conducteurs des paratonnerres en fils de fer tordus comme les torons d’une corde de chanvre ordinaire. C’est au moyen de cordes semblables, en fil de laiton et de quatre à sept millimètres de diamètre, qu'on fait jouer les diverses pièces des télégraphes aériens, Ces cordes, d'une souplesse suffisante, ont l'avantage de ne pas S8 re-

CORDES MÉTALLIQUES — CORDILLERES

lâcher sensiblement et de transmettre, par cette raison, avec exactitude les mouvements qu'on leur imprime.

11 se fait encore des cordes métalliques tissues à la manière des lacets; on en voit en fil d’or, d'argent, de fer, qui servent de chaines de sûreté pour les montres, etc. Les cordes métalliques ont des avantages sur les chaines de même matière : si elles n’ont pas autant de souplesse, elles sont moins coûteuses, plus solides et plus faciles à fabri-

uer. TEYSSÈDRE.

CORDIAL (en latin cordialis, fait de cor, cœur). On a donné ce nom à des médicaments stimulants, dont on croyait que l’action se portait principalement sur le cœur pour en réveiller l'énergie; les teintures vineuses et alcooliques, les éthers, faisaient la base des médicaments appelés cordiaux. '

CORDIALITE, qualité qui part du cœur et qui charme d'autant plus qu’elle est, pour ainsi dire, involon- {aire. On la porte partout, comme la gaieté; elle fait du bien à ceux qui la possèdent comme à ceux qui en ressentent le contact; enfin, c’est un de ces heureux dons qui nous donnent pour amis tous ceux qui nous approchent. On recherche un homme à cause de sa fortune ou de son pouvoir, mais on s'attache à lui s’il a de la cordialité; on lui apporte en tribut tous les genres de service ; on se dévoue même à son malheur; on le partage quelquefois avec délices. La cordialité est un mélange de bonté et de franchise ; elle renferme ce qui plaît le plus aux hommes, et c’est ce qui explique le cas qu’on en fait. Toutefois, elle apparaît rarement dans les gouvernements despotiques; là il faut que chacun mesure ses paroles, ses épanchements ; or la condialité a besoin d'abandon. SAINT-PROSPER.

CORDICOLES, CORDICOLISME. C’est le nom qu'on a donné aux adorateurs du sacré cœur de Jésus, appelés autrement cordiolâtres , et au culte qui lui est rendu.

CORDIÈRE (La belle). Voyez LaBé.

CORDILLERES, en espagnol Cordilleras, mot équivalant à chaînes de montagnes. C’est le surnom donné à diverses montagnes du continent américain. Indépendamment de la Cordillera grande, de la Cordillera geral au Brésil, ete., on appelait ainsi surtout les montagnes du Chili, du Pérou et de Quito, en y ajoutant un déterminatif : Cordilleras de los Andes. Mais comme on manquait d’une appellation commune pour désigner le grand système de la côte occidentale de l'Amérique, on se servit à cet effet des mots Cordillères ou Andes, dans leur plus grande extension, sans avoir égard aux noms spéciaux en usage dans chaque province. Ces cordillères forment une crête entrecoupée par une foule d’embranchements affectant la forme de chaînes, et renfermant un grand nombre de profondes vallées, mais peu de plateaux; crête qui s'étend depuis l'embouchure du Mackensie, dans l'Amérique septentrionale, jusqu’au cap Forward dans l'Amérique méridionale, sur un développement de 1,400 myriamètres, et qui, adossée à la côteocciden tale, s'élève sur une base de 118,800 myriamètres carrés, La la geur de la chaine principale varie entre 7 et 15 myriamètres; mais en la supputant sur ses embranchements à l'est, elle va jusqu’à 74 myriamètres dans l'Amérique du Sud, et au delà de 220 dans PAmérique du Nord. Ces masses semblent avoir jailli d’un gigantesque abîme longitudinal, en s’amoncelant en terrasses successives pour former des crêtes de 200 à 500 mètres de hauteur, envoyant à l’est de nombreuses ramifications, qui s’abaissent ensuite insensiblement pour aboutir à des plaines à perte de vue. Il n'y a peut-être pas sur la terre de montagnes plus riches en voltans, soit en ignition, soit éteints; et ils forment quelquefois ses pics les plus élevés, lesquels atteignent une altitude de 6700 et même 7500 mètres. D'ailleurs, la solution de continuité qu’elles offrent dans l’isthme de Panama les divise naturellement en Cordillères de l'Amérique du Nord et - Cordillères de l'Amérique du Sud, les unes et les autres DICT. DE LA CONYERS. — T, VI.

remarquables chacune par des caraclères particuliers.

Voici les différents groupes des cordillères, en partant du sud et en remontant vers le nord :

1° Les Cordillères de la Patagonie, qui s'étendent au sud jusqu’au cap Horn, avec lequel elles atteignent une altitude de 950 mètres en formant comme une espèce de labyrinthe de roches amoncelées les unes sur les autres, mais qui dans la direction du nord deviennent une chaîne riche en pics, dont le plus élevé est le Nevado de Corcovado, couvert de neiges éternelles, haut de 3,870 mètres, et parallèle aux îles Chiloé,

2° Les Cordillères du Chili en sont la continuation, et forment une chaîne étroite, dont la crête va toujours s’élevant davantage, pour atteindre une altitude de 3 à 4,000 mètres, avec des pics volcaniques encore plus hauts, tels que ceux de Villarica, d’Antuco, d’Aconcagua et de Descabezado. La crête principale s'étend au nord du 30° de latitude, en formant divers embranchements, dont le plus important est la Cordillère Despoblada, tandis qu’à l’ouest on trouve le désert d’Atacama.

3° Entre le 22° et le 20° parallèle commence dans les hautes contrées de San-Christoval et de Potosi, comme crête principale, le système des Cordillères du Pérou, qui renferme d’abord, dans une chaine orientale haute de 4,500 mètres et une chaîne occidentate haute de 4,800 mètres, le long et étroit plateau du Pérou, haut de 4,000 mètres, comprenant une superficie de plus de 550 myriamètres carrés, et où l’on rencontre les pics les plus élevés de toute l'Amérique, entre autres, à l’est, le pic de Sorate, haut de 7,870 mètres, et l’Illimani, haut de 7,570 mètres, à l'ouest l’Isluga, l'Anaclache, et le Chuquibamba, haut de 6,870 mètres, à quelques myriamètres du rivage de la mer et du lac de Titicaca , situé à 3,981 mètres au-dessus du niveau de l'Océan. Au nord-ouest du Nevado de Pasco, le plateau du Marañon et de l’'Huallaga sépare les Cordillères du Pérou en trois chaînes principales , dont deux à l’est sont profondément coupées par la vallée transversale du Marañon, et ne se rattachent que sous le 5° degré de latitude, par le mont Loxa, à la crête principale, qui a toujours continué à longer Ja côte du grand Océan.

4° Des deux côtés de l'équateur, depuis le mont Loxa jusqu’au mont Los Pastos, les Cordillères de Quito longent da fort près les rivages de l’océan Pacifique, et y forment un plateau haut de 2,865 mètres, dominé par les pics du Chimborazo, haut de 6,970 mètres, du Ylinija et du Pichincha à l’ouest, et par ceux du Cotopaxi, de l’Antisana et du Cayambé à l’est.

5° Près des sources du Magdalena commence un nouvel embranchement de Cordillères désignées alors sous le nom générique de Cordillères de la Nouvelle-Grenade. I1 est formé par la vallée même de ce fleuve et par celle du Cauca, son affluent. Sa chaîne orientale s'étend, sous le nom de Sierra de Suma-Paz, au nord-est, s’élargit pour former le plateau de Bogota, haut de 2,933 mètres, et se prolonge, sous le nom de Sierra Nevada de Merida, depuis le golfe de Maracaïbo jusqu'aux chaînes septentrionales des côtes de Venezuela. La chaîne du milieu, appelée Cordillères de Quindiu, offre à son centre le pic volcanique de Tolima, haut de 4,933 mètres, puis s’abaisse insensiblement dans la vallée septentrionale. La chaîne occidentale, celle qui longe immédiatement la mer Pacifique, porte le nom de Cordillères de Choco, s’abaisse pour ne plus former qu’une crête haute de 15 à 1,600 mètres, mais se relève bientôt en constituant des plateaux de 2,300 mètres avec des pics de 3,000 mètres, avant de se perdre vers l’isthme de Panama, où on ne trouve plus que des collines de 150 à 200 mètres marquant l'extrémité septentrionale des cordillères de l’Amérique du Sud.

6° Les cordillères de l'Amérique du Nord commencenl avec la série de volcans des Cordillères de Guatemaln, aù

Von trouve un grand nombre de pics de 3 à 5,000 mètres d’élévation , dont les cimes fumantes et couvertes de neiges se mirent dans les eaux de l'océan, La Sierra de Veragua s'élève abruptement des bas-fonds de Panama, et atteint une altitude de 2,800 mètres, tandis que la crête principale du centre, haute de 2,300 mètres seulement, présente du côté del’isthme de Tehuantepec une brusque solution de continuité avec une différence de niveau de 3,700 mètres. La Sierra de Yucatan en forme un embranchement oriental, dont les pics volcaniques les plus importants sont le Barba, le Miraballos, le Cosiguina et l’Amilpas.

7° Au delà de la vallée de Tehuantepec les Cordillères de Mexico prennent un caractère nouveau. Elles n’y forment que le revers oriental et saillant d’un plateau s'étendant à l’ouest du plateau d'Anahuac, haut de 2,300 mètres.

8° Sous le 28° de latitude, entre San-Luis et Queretaro , ta constitution montagneuse du sol redevient plus prononcée, quoiqu'il faille aussi tenir compte de la fonction de contre-fort qu'il y remplit, car les embranchements que les cordillères envoient à l’est et à l’ouest, en s’avançant davantage vers le nord , enserrent un nouveau plateau, celui de Mexico, le plus élevé de toutes les Cordillères, puisque son altitude varie de 700 à 1,000 mètres, et formant la haute valléé du Rio del Nortesupérieur jusque près du quarantième parallèle. La crête orientale en est désignée sous le nom générique de Cordillères de l'Est; elle s’abaisse tout à coup dans de profondes vallées voisines, abruptement coupée, sous le 30° de latitude, par la vallée transversale du Rio del Norte, et envoyant au nord-est de cette solution de continuité, comme embranchement latéral, la Sierra de Texas, qui finit par devenir le mont Ozark.

9° La Cordillère centrale forme le contre-fort occidental du plateau du Nouveau-Mexique; elle commence au sud, sous le nom de Sierra Madre, longeant la côte avec les Cordillères de Sonora, et, vers les sources du Rio del Norte, devient une âpré contrée alpestre au milieu de Jaquelle surgissent le Pic d’Espagne, le Pic de James et le Big-Horn, d’une altitude de2,700 mètres. De là cette Cordillère centrale se prolonge au nord-ouest sous le nom de Montagnes Rocheuses au Montagnes de l’Orégon. De sa base orientale partent de nombreuses chaines de rochers peu élevés; puis les montagnes Noires s’en détachent au sud comme un tout compacte, et forment pour ainsi dire la digue gigantesque servant de délimitation au bassin du Missouri.

10° Plus loin encore, mais parallèlement à la Cordillère centrale, dont la séparent de hautes plaines de la nature des steppes, la côte occidentale de l'Amérique du Nord est longée par les Cordillères de l'Ouest, ou Alpes maritimes de l’Amérique septentrionale, dont la base se soulève du fond de la mer, à l'extrémité méridionale de la presqu'île de Californie, avec le cap San-Lucas. Par 44° de latitude, le pic Jefferson, haut de plus de 3,300 mètres, forme le point culminant d’une chaîne parallèle intérieure. A côté du 60° parallèle, le mont du Beau-Temps atteint même, au voisinage de l'océan Pacifique, une altitude de 4,500 mètres ; le mont Elias, 5,700 mètres; et des pics volcaniques en ignition de 2,400, de 1,800 et de 1000 mètres annoncent encore dans les lles Aleutiennes l'extrémité nord-ouest des fractionnements divers du système des Cordillères ; vaste ensemble de montagnes qui jouent un rôle important dans Ja constitution physique de la partie de la terre où elles sont situées, Leurs entrailles offrent en métaux précieux, tels qu’or, argent, latine, de fascinatrices richesses, qui ont attiré l'étranger 4 ont puissamment contribué de la sorte à en décider les destinées. Sous chaque zone, sous la zone torride elle-même, un manteau de neiges éternelles couvre les crêtes extrêmes de ces montagnes, Les vents et les masses vaporcuses viennent se briser contre leurs contre-forts, qui jouent là le rôle de murs d’abri, pour marquer la ligne de séparation entre les climats de l'est et de l'ouest, D'inépuisables sources sour-

CORDILLERES — CORDOFAN

dent de ces majestueuses cimes, pour constituer l’un des plus riches systèmes d'irrigation qu’on puisse imaginer; et les brusques changements qu'offre la configuration du terrain sur un espace assez circonscrit donnent lieu à une variété extrême de produits. Les fertiles plaines des plateaux furent pour les habitants aborigènes d'importants centres de culture; la direction méridienne des diverses chaînes que nous venons de décrire détermina d’une manière précise les voies du développement historique des races; et de même que les vagues du grand Océan viennent se briser contre les rochers des côtes de cet immense continent, tout en obéissant à l’irrésistible impulsion de certains courants, de même la direction presque générale des cours d’eau de l’ouest à l’est, vers des côtes où le climat est presque toujours sain {et agréable, servait nafurellement de guide aux émigrants d’Europedans le choix du sol auquel ils devaient donner la préférence à l'effet de se constituer une patrie nouvelle. : CORDOFAN, grande contrée de l’intérieur de l'Afrique, * autrefois État indépendant , placé en partie depuis 1821 sous la souveraineté turco-égyptienne, s'étend, en y comprenant la partie dépendant de la Nubie turque, du 12° au 15° de latitude septentrienale, et du 47° 19’ au 49° 30’ de longitude orientale , depuis le désert de Bahiouda au nord jusqu'au Djebel-Deier, l’un des prolongements du gigantesque groupe des monts Teggêlé au sud, ainsi que des rives du Bahrel-Abiad, on Nil Blanc à l’est, jusqu’au territoire du Darfour à l’ouest, comme une immense savane, qui à l’époque des sécheresses ne présente que le morne aspect d’un désert ; mais qui lorsque arrive la saison des pluies se couvre de la plus luxuriante végétation, et ressemble alors à un véritable paradis. Des forêts de mimeuses interrompent cependant ces prairies sans fin sur de vastes superficies ; et à l’époque même des pluies on ne laisse pas que d'y rencontrer par-ci par-là quelques régions toujours arides et nues. A une minime profondeur on y trouve un vaste bassin souterrain, qu’on utilise à l’aide de puits pour arroser les terres. De cette plaine, dont l'élévation moyenne absolue est de 600 mètres, et qui va toujours croissant dans la direction du sud à l’ouest, se détachent plusieurs groupes et diverses montagnes isolées tout autour du chef-lieu, £l Obéid, mais plus particulièrement entre la moitié nord et la moitié sud du pays, sans que leurs pics les plus élevés atteignent plus de 1,000 mètres d'altitude, Par contre, on trouve au sud d'Obeid un abaissement du sol en forme de bassin, de plusieurs myriamètres de circuit, appelé Birkek (lac), qui s’emplit d’eau à l’époque des pluies, forme alors un véritable lac d’eau douce, et ne se dessèche même pas complétement dans la saison de l’extrème chaleur. La savane est couverte de villages au voisinage des puits, et parcourue à l’époque des pluies par des tribus nomades, avec leurs nombreux troupeaux , surtout avec des chameaux, mais qui s’en éloignent quand arrive la saison sèche. D’immenses troupeaux d’antilopes, des girafes, des autruches et des oïseaux des espèces les plus variées constituent 1e règne animal de cette partie de la plaine, où l’on rencontre souvent la plus riche végétation. Si le palmier y fait défaut, il est suppléé par le baobab, aux gigantesques proportions.

La partie méridionale du Cordofan participe bien aussi de la nature des plaines et des savanes; mais, en raison de la nature argileuse du sol, on y rencontre une irrigation plus uniforme et plus constante, de laquelle résulte aussi une admirable puissance de végétation. L’herbe de cette savane forme une véritable forêt, où la monotonie des bois d’acacias est rompue par un nombre toujours croissant de baobabs, de cassiers et de tamarins, jusqu’à ce qu'enfin on y aperçoive le palmier. Outre des lions, des léopards, des singes et beaucoup de hyènes, on y rencontre un grand nombre d’espèces d'oiseaux rares, de grands ours et diverses espèces de grandes antilopes.

Le Cordofan est habité par une race de nègres de Nuba,

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