‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 422 sur 607 · CORSELET — CORSET · texte numérisé non relu

CORSELET — CORSET

En raison de sa situation en avant, on a désigné le corselet ou premier segment sous le nom de prothorax, pour le distinguer du second segment ou segment moyen, ou mésothorax (du grec uécov, milieu), et du troisième segment , qui est postérieur, d’où le nom de métathorazx (du grec ueté, après). Ces dénominations sont utiles pour bien différencies les trois anneaux du thorax; et le nom de

. prothorazx est préférable dans la science, pour éviter la confusion et l'erreur introduites dans l’ancien langage, lorsque dans certains ordres d'insectes on donne le nom de corselet à l’ensemble du thorax.

Par analogie, on dit quelquefois vulgairement le corselel d'une écrevisse, d'un homard, etc.

Enfin, les malacologistes donnent le nom de corselet à la partie antérieure des crochets d’une coquille bivalve, à laquelle s’atiache le ligament. L, LAURENT,

CORSET , vêtement qui embrasse une grande partie de la poitrine, toute l'étendue du ventre et une partie des hanches, enfin , la presque totalité du tronc. Le corset est employé dans le but de soutenir la taille et les seins, de maintenir le tronc dans une rectitude convenable ; il doit être médiocrement serré, afin de conserver au tronc la liberté de ses mouvements, et de ne pas gêner l’action des organes de la poitrine et de l'abdomen. Il est encore trèssouvent employé pour dissimuler ou diminuer le volume du ventre, quand une obésité excessive ou des grossesses réitérées l'ont trop accru; de même que chez les jeunes filles, afin de leur former une taille déliée, de corriger un défaut, ou de dissimuler une déviation de l’épine dorsale. Tout corset qui exerce une pression capable de gêner l’action des muscles et des viscères de la, poitrine et de l’abdomen peut être très-nuisible à la santé, et par conséquent doit être proscrit. -

Les corsets semblent avoir été employés dans tous les temps; cependant les dames grecques en ont peu connu l'usage, leur manière de se vêtir rendant à peu près inutile cette partie de la parure. Nous savons que les dames romaines dès les premiers temps de la-république portaient une sorte de corset, qui avait pour objet seulement de soutenir et de séparer leurs seins. Par la suite, elles regardèrent comme un des aftributs de la beauté de paraître sveltes, et pour cela, celles qui avaient la gorge et la taille amples se servirent de corsets serrés, pour paraître plus minces.

Il y a une soixantaine d'années que les femmes de la société, dans presque toute l'Europe, portaient des corsets désignés alors sous le nom vulgaire de corps; ces corsets, inventés en Allemagne depuis plusieurs siècles , étaient garnis de baleines et même de plaques de fer; on les portait dans l'intention de donner du relief à la taille. Mais les inconvénients qu’ils causaient , et surtout les révolutions opérées dans l'habillement des femmes, les ont fait abandonner &epuis longtemps.

Après les corses ou corps baleinés, quand les dames françaises ont adopté le costume grec, vers le commencement de notre Révolution, elles ont mis en usage un petit corset de basin, de coutil ou de nankin, sans baleines, corset qui serrait modérément, et avait pour principal objet de maintenir et de protéger, sans entraves ni douleurs. Ce corset s’attachait par quelques rubans ou lacs, placés de distance en distance vers le dos. Depuis un demi-siècle environ, le costume grec a été en partie abandonné; les femmes en sont revenues aux fines tailles. Les corsets que Von porte aujourd’hui ont pour effet d’amincir la taille, de dissimuler un trop grand embonpoint ou des difformités : mstrument de mensonge, soit qu'il réprime, soit qu’il cache ou qu'il exagère. Pour parvenir à ces fins, il faut que le corset embrasse la poitrine, tout l'abdomen et une partie des hanches ; qu’il soit fait de coutil fort, garni d'espace en

- espace de solides baleines, et muni dans sa partie antérieure d'une lame de baleine ou d'acier, de la largeur de deux à trois

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doigts, et qu'on nomme busc ; ce buse est introduit dans une coulisse située à la partie antérieure du corset, de manière que sa partie supérieure appuie sur le sternum etsépare les seins, qui souvent s’en trouvent froissés; sa partie inférieure appuie sur l'estomac en se prolongeant sur l'abdomen.

L'action de ces corsets à busc, quand on a l'habitude de les porter serrés, est très-préjudiciable à la santé; ils agissent contrairement à la nature, en amincissant la partie la plus évasée de la poitrine, celle qui est formée par les fausses côtes. Tout le monde sait que la poitrine forme un tronc de cône dont la plus petite base est en haut : or, les corsets, plus serrés vers le milieu du torse, rétrécissent la base de la poitrine, partie du tronc qui doit être naturellement la plus large. De la sorte, ils compriment et déplacent les principaux organes; et les intestins, correspondant à l'endroit le plus serré, s'échappent au-dessus et au-dessous de ce lieu, et se dirigent vers la poitrine et le bassin. Dans le premier cas, ils compriment le foie, la rate et l'estomac, refoulent le diaphragme, qui se voûte vers la poitrine. D'un autre côté, les parties qui sont poussées vers le bassin compriment la vessie, l'utérus, etc. De la compression de ces différents organes il résulte une grande gêne pour tous les viscères et les principales fonctions : la respiration est très-génée par le serrement des fausses côtes et le refoulement du diaphragme vers les poumons; la circulation du sang est aussi troublée par la gêne de Ja respiration et la compression du cœur et des gros vaisseaux. Le sang alors se trouve retenu en trop grande quantité dans les vaisseaux de la poitrine, de la tête, de l'utérus, etc., ce qui occasionne une espèce de regorgement, qui, selon les disposi- {ions individuelles, peut donner lieu à des palpitations, à des oppressions , à des phthisies , des vertiges , ou même à de véritables apoplexies, à des pertes utérines, à des affections hystériques, des vapeurs, etc.

Voilà les principales maladies que l’usage des corsets serrés peut occasionner ; mais c’est principalement chez les jeunes filles que l'emploi de ce vêtement est pernicieux : souvent, pour avoir voulu embellir la taille, on a déformé le torse, compromis ou entravé la crue, en même temps qu’on fomentait chez ces jeunes personnes le germe de ces maladies auxquelles on doit attribuer beaucoup de morts prématurées. Les corsets agissent chez les jeunes filles en s’opposant au développement de la charpente osseuse de la poitrine, et au libre exercice des viscères qu’elle renferme. Les poumons et le cœur sont en effet gènés dans leur action, et de là résultent des irritations pectorales qui compromettent gravement la santé et souvent la vie. L’irrifation des organes pectoraux empêche le sang de se porter vers l'utérus, et {ele est l’une des causes les plus fréquentes de l'aménorrhée et de la chlorose. Quant à la compression du torse, indépendamment des désordres que nous venons de signaler, elle est très-souvent la cause la plus active des distorsions vertébrales; car elle agit en comprimant les muscles du tronc, et par conséquent en entravant leur développement ; alors, ces muscles n’ont en effet plus assez de force pour soutenir l'épine dans sa rectitude normale (voyez Bosse). Cette remarque a été faite par Riolan, premier médecin de Catherine de Médicis, et par le célèbre Winslow, qui avait observé que chez les femmes quiavaient porté des corsets serrés les muscles du tronc étaient peu développés, les côtes inférieures abaïissées, tandis que ces côtes étaient bien plus droites chez les femmes du peuple. L'empereur Joseph If, frappé du grand nombre de femmes bossues qu'il voyait à sa cour, et sachant que les corps baleinés et fortement serrés étaient en partie la cause de ces difformités, rendit un décret pour abolir l'usage du corset dans les maisons d'orphelins, dans les couvents et les institutions de son empire. Mais les sages vues de cet empereur ne furent point remplies, le despotisme de la mode prévalut sur ses édits.

D'après ce que nous venons de dire, il est facile de voir que nous blâmons fortement l’usage des corsets garnis de baleines , principalement quand ils sont très-serrés : nous regardons cette partie de l'habillement des femmes comme très-nuisible à la santé lorsqu'elle comprime le torse au point de gêner l’action des viscères pectoraux et abdominaux ainsi que les muscles. Cependant nous sommes d’avis qu’il est des cas où des corsets bien faits sont nécessaires; mais ces corsets ne doivent jamais exercer une grande compression “sur les fausses côtes, ni serrer les seins, qu’ils déformeraient et froisseraient : ces organes, l’un des séduisants attributs de la beauté, ne se conservent jamais mieux que lorsqu'on se borne à les soutenir et à les tenir séparés sans nulle compression. Les femmes de l'Inde éternisent en quelque sorte les caractères de la jeunesse en faisant usage d’un corset très-simple , qui a pour principal objet de conserver la forme sphérique des seins. Pour cela, elles se servent d’un tissu souple, élastique, fait avec l'écorce d’un arbre, On donne à ce tissu la forme des seins, de sorte que ceuxci sont renfermés dans une espèce d’étui ayant une couleur assortie à la nuance de la peau, L'étoffe de ces corsets est tellément fine et élastique qu’il est fort difficile de la distingüer de l’organe qu’elle voile ou protège. Du 1vste, le corset des Indiennes s'adapte comme les petits corsets dits à Za paresseuse.

Pour les jeunes filles ayant contracté de mauvaises aftitudes, un corset éhaslique, s’il est bien fait, corrige souvent en elles de ces défauts de tenue si disgracieux , en faisant sentir sa présence lorsqu’elles font de ces mouvements désordonnés qui sont tout au plus supportables chez de jeunes garçons. Une inclinaison sur un des côtés du corps, en avant ou en arrière, un léger défaut dans la conformation de Ja faille, cèdent assez souvent à l’emploi d’un corset approprié. Je suis journellement consulté pour des jeunes filles ayant de légères déviations vertébrales, et auxquelles je conseille simplement un corset à tuteurs latéraux, incapable de comprimer le tronc : l'emploi de ce simple appareil aidé de quelques autres moyens, rétablit presque toujours la taille dans sa rectitude normale, Il suffit de ces corsets pour diriger et maintenir convenablement les épaules , pour entraver des mouvements désordonnés, et pour corriger des attitudes insolites; cette espèce de répression est de même d'un grand secours chez les jeunes personnes déjà un peu déformées ; ainsi que pour celles qui ne l’'étant pas encore finiraient inévitablement par devenir bossues, si l’on n'avait le soin de les prémunir contre un accident aussi disgracieux que répandu. D° Vincent Duvar, orthopédiste,

CORSINI, nom d’une des familles patriciennes de Florence les plus célèbres par leurs richesses, leur rang dans le monde et leurs alliances. Il en est question dès le treizième siècle; la grandeur de cette maïson ne date toutefois que des siècles derniers. Parmi les personnages historiques qu’elle a produits , nous citerons :

CORSINI (AnDreas), né en 1302, mort en 1373, évêque de Fresole, canonisé en 1629, par le Pape Urbain VII, en raison des vertus chrétiennes qui le distinguaient à un haut degré.

CORSINI (AmEriGo), premier archevêque de Florence, à partir de 1420.

CORSINI (Laurexr), qui en 1730, à l’âge de soixantedix-huit ans, monta sur le trône pontifical sous le nom de Clément XIF, mérita l'amour du peuple romain par la mansuétude et la sagesse de son gouvernement.

CORSINI (Don Neri) fut ministre de l’intérieur en Toscane sous Ferdinand III et Léopold 11, et en 1832, à la mort de Fossombrom, devint ministre dirigeant. Homme d'une instruction extrémement variée et d’une inébranlable loyauté, il persista en dépit de toutes les influences et prétentions de l'étranger dans le système de tolérance politique et religieuse inauguré par ses prédécesseurs au pou-

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