‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 439 sur 607 · COSTER · texte numérisé non relu

COSTER

ce Coster avait d’abord, pour l'instruction et l’'amusement de ses enfants, découpé à rebours dans de l'écorce de hêtre des caractères qu’il imprimait ligne par ligne sur du papier, mais que plus tard, après avoir inventé une encre plus consistante, il grava des planches entières de figures et de lettres au moyen desquelles il imprima notamment le Miroir du Salut en hollandais, sur des feuilles de papier dont le recto seul était chargé d'impression. Ces formes en bois lui auraient donné l’idée de confectionner des formes de lettres en plomb et en étain ; et cette industrie étant devenue productive entre ses mains, il aurait pris des aides en leur faisant prêter serment de ne révéler son secret à personne, Un de ces aides, un certain Johannes (Jean), infidèle à son serment, n'aurait pas seulement dévalisé latelier dans une nuit de Noël, mais encore se serait rendu à Mayence avec ses lettres et ses ustensiles, et aurait dès l’année suivante, en 1441, imprimé quelques ouvrages de piété dans cette ville, à laquelle il aurait ainsi procuré induement la gloire de cette invention.

Depuis lors, les Hollandais se sont toujours fait un point d'honneur de défendre le récit de Junius contre toutes les attaques critiques dont il a pu être l’objet. Dès 1628, Scriver composait l'éloge de Coster ; en 1740, à l’occasion du troisième jubilé de l'invention de l'imprimerie, Seiz en faisait autant ; et en 1765 Meermann entrait en lice dans la même intention, armé de ses Origines typographiæ, ouvrage qui partout ailleurs qu’en Hollande n’obtint qu’un médioere succès. Enfin, la Société des Sciences de Harlem ayant proposé un prix pour le meilleur mémoire qu’on écrirait à l'appui des prétentions de cette ville, couronna une dissertation de Koning (Verhandeling over het oorsprong, etc. der boekdrukkunst ; Harlem, 1816), dont il fut publié en 1819 une traduction française à laquelle on ajouta plus tard quelques suppléments. Koning a produit de meilleurs arguments que ses devanciers pour faire regarder comme originaires de Hollande les premiers livres xylographiques et les impressions typographiques attribuées à Coster. Les xecherches d’Otley sur les livres à images xylographiques, consignées dans son {nquiry into the Origin of Engraving (tome 1**), de même que celles d'Ébert (dans le 4° numéro de l’Hermès, 1823) sur le caractère original des types employés dans les premiers produits sortis des presses hollandaises après 1470, et qui offrent beauconp d’analogie avec ceux de Coster, sont venues à l’appui de sa thèse. Koning prétend que Coster ne fut autre que Laurens JANSzooN (né en 1390, mort en 1430), bourgeois considéré, échevin et trésorier de la ville de Harlem; il va même jusqu’à le présenter comme le premier qui ait eu l’idée d'imprimer des livres, et jusqu’à lui attribuer dès 1420 tout ce qui en fat de livres xylographiques est d’origine hollandaise. Il lui fait ensuite inventer les caractères mobiles en fonte, puis commencer et continuer jusqu’à sa mort l'impression typographique. Quant aux impressions de Coster, qui sont évidemment d’une date postérieure, il les attribue à ses héritiers, qui auraïent continué ses affaires jusque vers l’an 1470. Le monument typographique sur lequel il s’appuie surtout, ec sont les quatre éditions du Miroir du Salut, à savoir deux en latin et deux en hollandais, de figures et de types uniformes , qui ne diffèrent un peu et ne sont un peu plus mauvais que dans l’une des éditions hollandaises. Celle-ci, la plus grossière, aurait paru la première de toutes : l’une des éditions latines, en vingt feuilles de texte xylographique, et l’autre édition hollandaise, dans laquelle deux feuilles sont à la vérité typographiques comme les autres, mais imprimées d’une autre manière et plus mal, auraient été commencées peu de temps avant la mort de Coster et prouvevalent le vol de lettres qui aurait rendu nécessaire d’y suppléer d'une autre façon. Mais cet ordre assigné aux éditions ne s'accorde pas avec celui qu'indique d’une manière certaine le plus ou moins de fatigue des fignres en bois.

MOT. DE LA CONVERS, — T. VI

D'ailleurs, les preuves à l'appui du vol commis dans l'atelier de Coster et la transportation de la découverte à Mayence par suite de la fuite du voleur, sont si faibles, si peu soutenables , que ce qui a le plus nui aux prétentions des Hollandais, ce sont les efforts qu'ils ont faits pour défendre la vérité de cette partie du récit de Junius. Aussi, l'opinion contraire, celle qui est exclusivement favorable aux prétentions de la ville de Mayence, n’a-t-elle pas manqué de tirer grand parti de ces invraisemblances. C’est ainsi que, dans leurs ouvrages sur l’histoire de l’invention de l'imprimerie, Schaab (Mayence 1832) et Wetter (Mayence, 1836) ont représenté le récit de Junius comme une invention mensongère; et les impressions de Coster, que déjà Renouard, dans sa Note sur L. Coster, insérée au 2° volume de ses Annales des Estienne (Paris, 1837) plaçait entre 1466 et 1470, etqu'il tenait pour une maladroïite contrefaçon de l’art inventé à Mayence, ont été depuis rejetées encore bien plus bas. Après la mort de Koning , Scheltema d’Utrecht lui succéda comme champion des prétentions de Harlem ; et la querelle a continué de part et d’autre avec une vivacité extrême, les avocats de Mayence s’efforçant toujours de présenter Gutenberg comme l'unique inventeur, sans permettre de le rattacher en rien aux tentatives qui purent être faites par d’autres, ne fût-ce qu’en petit, avant lui ou en même temps que lui, pour arriver au même but.

Un tiers parti s’est constitué, qui tient le Coster de Harlem pour un de ces imprimeurs, de ces peintres en lettres ou imagiers que dans les Pays-Bas on appelait des printers, et dont il est déjà fait mention, entre autres dans le privilége de la confrérie de Saint-Luc à Anvers de 1442, comme appartenant aux ouvriers et artistes dont elle se composait. Outre des cartes à jouer, des images, des prières et des calendriers, ils imprimaient aussi de petits livres, notamment des livres d'école avec des gravures en bois, que dès 1450 on désignait dans les Pays-Bas sous la dénomination de gelter en molle, des livres écrits et qu’on colportait de village en village. Quand bien même, ajoutet-on, ce serait, ainsi que le confirme la chronique de Cologne, la vue des livres d’école xylographiques hollandais qui aurait , inspiré à Gutenberg l’idée non-seulement de rendre plus facile l'impression des lettres au moyen de caractères mobiles, mais encore de l’élargir et de la perfectionner de telle sorte qu’on pôt désormais se passer dans tout le domaine de la littérature du travail pénible et dispendieux du copiste, les imprimeurs en lettres, tant ceux des Pays-Bas que ceux de l'Allemagne, n’en seraient pas restés à l'impression par planches , attendu qu’en raison même de leur industrie toute spéciale ce seraient eux qui auraient eu le plus occasion de songer aux moyens de confectionner de la manière la plus prompte, la plus facile et la plus économique un article qui leur était chaque jour demandé davantage. Ainsi à Harlem le marguillier dont parle la tradition locale aurait en même temps que Gutenberg imaginé la transition de l'impression en planches xylographiques à l'impression en caractères mobiles et fondus, ainsi qu'il résulte de la série d’ouvrages typographiques, fort remarquables de tous points, dits &mpressions de Coster, et dont font partie les quatre éditions ci-dessus mentionnées du Miroir du Salut, les livres d'école de Donat, de A. Gallus et de Caton, ainsi que quelques autres petits écrits. Ces impressions, se rattachant dans les Pays-Bas par une partie supérieure aux anciens monuments xylographiques, et par une partie inférieure aux premiers monuments typographiques qu’on rencontre à partir de 1470, devraient, en raison de ce rapport, de même que par les progrès successifs que la comparaison signale entre eux, être reconnus comme des produits primitifs de l’art de l’imprimeur en lettres, qui était particulier à la Hollande, et qui alla se perfectionnant jusque vers le milieu du quirzième siècle. L'invention de la typographie par Gutenberg, conçue d’une maniere plus large et mise complétement à

exécution, iurait dépassé les progrès plus lents des imagiers et Imprimeurs en lettres, auxquels le monde savant n'avait point jusque alors pris garde, parce qu’il ne pouvait espérer en tirer aucun avantage, et aurait mis fin aux impressions de livres par les imagiers et imprimeurs en lettres. C’est ainsi, par conséquent, que l'atelier de Harlem aurait péri lors de l'introduction d'Allemagne en Hollande d’une typographie perfectionnée; et son souvenir ne se serait plus conservé que comme une obseure tradition locale, que Junius aurait reproduite sans doute de bonne foi, mais guidé plutôt par son patriotisme que par une étude approfondie et critique de la question.

Quoi qu’il en soif, on avait élevé dès 1722 à Harlem une statue à Coster. Quand l'opinion locale eut paru suffisamment confirmée par le mémoire couronné de Koning, et après qu’une commission spéciale, instituée par le conseil municipal de Harlem eut fixé l’année 1423 comme celle de l'invention de Coster, le quatrième jubilé de l'invention de limprimerie y fut célébré en grande solennitéles 10 et 11 juillet 1823, en même temps qu’une fête en l'honneur de Coster.

COSTOLI (ArisToDEMo ), professeur de sculpture à l’Académie de Florence, où il a remplacé le célèbre Bartolini. Envoyé à Rome pour achever ses études par le grand-due de Toscane, Léopold IT, M. Costoli y exécuta sa belle statue Le Menescio, que l’on voit aujourd’hui à l’Académie des Beaux-Arts de Florence. C’est principalement ce beau travail qui a assuré la réputation de l'artiste dont le coup d’essai fut ainsi un coup de maître. Depuis, ses productions les pus importantes ont été un monument élevé dans l'église de San-Lorenzo à la mémoire du peintre Benvenuti, une statue de Galilée placée dans une tribune de l'Observatoire de Florence, un projet de monument en l'honneur de Christophe Colomb, etc. M. Costolj n’est pas seulement un sculpteur distingué; comme peintre on lui doit un beau tableau de Sainte Philomène, qui est justement admiré et qui se trouve maintenant à Florence.

COSTUME, mot dérivé de l'italien costume, usage, évutume, manière, et qui maintenant en français est devenu presque synonyme de mode, de vétement, puisque l'on dit un hornme bien on mal coséumé. Cependant, dans les arts ainsi qu’au tléâtre, le costume n’embrasse pas seulement les habits, mais aussi les armes, les meubles, et généralement tout ce qui dans un tableau est compris sous la désignation d'accessoires ; objets variés, qui tous doivent être parfaitement d'accord entre eux, et par leur concours révéler le siècle où la scène se passe, ainsi que le génie, le goût, les mœurs, les habitudes du pays ou de la nation dont il est question dans un tableau, un bas-relief ou un ouvrage dramatique.

Les anciens artistes ne se donnaïent aucune peine pour rendre le costume, et dans leurs compositions ils habillaient les soldats grecs et les patriarches hébreux comme leurs propres concitoyens. Paul Véronèse, peintre du seizième siècle, dans son tableau des Noces de Cana, a vêtu les Juifs avec des brocards ou étoffes de soie brochées en usage de son temps à Venise. D’autres peintres ont souvent imaginé de donner à leurs personnages des habits qui, tout en s’éloignant de la mode de leur siècle, ne se rapprochaient pas pour cela des habits des anciens peuples. Poussin et Le Sueur ont appris aux peintres à quitter cette mauvaise route. Le premier surtout s’est fait remarquer par la perfection avec laquelle il a su rendre dans ses tableaux les mœurs des Israélites, tâche difficile pourtant, puisque la religion de ce peuple ne lui permettait de faire aucune image. Un siècle plus tard, Vien s’est donné beaucoup de peine pour bien représenter les costumes des Grecs et des Komains, Da vid s’est montré encore plus scrupuleux à cet égard, et maintenant tous les peintres apportent le plus grand soin à cette étude, et poussent même l'exactitude jusque dans les plus petits détails.

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