partie supérieure du canal digestif; 2° la trachée-artère
* ou canal de l'air, et le larynx ou partie supérieure des
voies respiratoires.
Ces deux conduits, l’un pour l’aliment, l’autre pour l'air, sont surmontés par une sorte d'arc osseux formé sur cha- . que côté de trois pièces, dont deux osseuses, l’une intermédiaire fibreuse et au milieu d’un corps osseux. Cet arc, “tendu d’un côté de la base du crâne à l’autre au-dessous de la langue, est ce qu’on nomme l'appareil hyoïidien ou los hyoïde, avec ses pièces accessoires, ligament et apophyse styloïde, qui n'appartient point à l'os temporal. La position de cet appareil hyoïdien au haut du cou indique qu’il appartient à la fois aux voies digestives et à l’appareil respiratoire. Ces os hyoïdiens donnent insertion à des muscles nombreux , tous situés en avant et sur les côtés du cou; ces muscles servent à élever et à baisser l'os hyoïde et le larynx.
On sait qu’on nomme vulgairement gorge le devant, et nuque le derrière du cou, où l’on remarque une petite fossette.
En anatomie comparée, on peut établir que le cou existe 28 chez tous les mammifères, même chez les cétacés, où il est très-court ; 2° chez les oiseaux; 3° chez les tortues, les crocodileset les sauriens; qu’il semble dis- paraître chez les ophidiens dépourvus de membres; qu'il reparaît dans les amphibiens (grenouilles, salamandres , etc.); qu’il disparaît réellement dans les poissons osseux, et qu'il reparaît encore dans quelques poissons cartilagineux (raies), pour disparaître de nouveau dans les derniers animaux de cette chse (lamproies, ammocètes ).
On a aussi donné le nom de co à la partie rétrécie qui chez les insectes sépare la tête du corselet, et quelque- - fois au corselet lui-même, lorsqu'il est allongé.”
On dit quelquefois co! au lieu de cou dans le style poétique, pour éviter l’hiatus. Co! se dit aussi de préférence dans ces deux locutions : co£ couré, col tors. Mais le mot cou est fréquemment employé, soit au propre, soitau figuré. On en . jugera facilement par les expressions, soit familières, soit pro- xerbiales, suivantes : avoir le cou d’une grue, c'est-à-dire un cou long et grêle; sauter, se jeter au cou d’une personne, | l'embrasser avec vivacité; se jeter au cou de tout le monde, c’est-à-dire se lier très-aisément d’amitié; mettre à quelqu'un la bride sur le cou, lui donner une entière liberté; se rompre, se casser le cou, signifie, au propre, avoir une fracture des vertèbres du cou, et au figuré, se ruiner par ses sottises ; prendre ses jambes à son cou, marcher rapidement pour fuir ou servir quelqu'un ; se met. tre dans l'eau jusqu'au cou pour ses amis, s’exposer à fous les dangers pour leur renüre service.
Le cou d’une bouteille, d’une carafe, d’un matras, est la partie longue et étroite par où l’on emplit ou l’on vide ces vases, L. LAURENT,
COUAGGA, L'espèce la moins élégante du genre che-
“al est ainsi nommée, en imitation de son cri. Le pelage du
Couagga (equus quaccha , Gmel.) offre des rayures ; mais
elles ne s'étendent que sur la tête, le cou et les épaules , et
le se détachent pas avec autant d'avantage sur le fond obs-
eur de sa robe que sur celle du zèbre ou du dauw. La
Couleur de la croupe est d’un gris roussâtre, celle des jambes | DICT, DE LA CONVERS. — T, VI,
QOU — COUCHE
et de la queue d’un blanc sale, Le couagga se rapproche plus que le zèbre et le dauw du cheval domestique, par ses formes générales, par l’abondance des crins qui garnissené sa queue, presque jusqu’à la racine , par la forme du pied, et enfin par sa docilité,
Le couagga appartient aux parties les plus méridionales de l'Afrique. Comme les autres chevaux, il vit en troupes, qui se mêlent souvent avec celles de zèbres. Il s’apprivoisa facilement, et les colons hollandais du Cap ont, dit-on, l'habitude d’en élever avec le bétail ordinaire, qu’il défend avec courage contre les animaux féroces. :
COUARD, COUARDISE, vieux mots, que quelques auteurs dérivent de l'allemand kuhe hertz, cœur de vache, et d’autres du latin cauda, dont on aurait fait le mot coue, transformé ensuite en queue. On a cru voir dans l’origine de ce mot l'intention formelle de procéder par une compas raison prise des animaux, qui lorsqu’on les poursuit et qu’ils fuient ont l'habitude de serrer la queue entre les jambes Dans le blason même, couard se dit d’un lion fuyant la queus entre les jambes,
La couardise est une espèce de crainte qui tient en général à l'ignorance des choses, et qui se passe lorsqu'on prend des années ou qu’on acquiert une expérience plus complète de la vie. Il existe dans la couardise une simplicité bouffonne et ridicule reproduite sur la scène dans de jeunes paysans ou des valets balourds, que, jusqu’au bruit du venf, tout met en fuite. 11 a pu en être ainsi à certaine époque de notre société; mais rien de pareil ne se passe plus de nos jours. Nous avons tous pris plus ou moins part à tant de guerres civiles, à tant de révolutions, que nous en avons contracté l'habitude de regarder en face tous les genres de périls, ne fût-ce que pour mieux réussir à leur échapper. C’est le propre des guerres civiles de rendre les populations intrépides. Montaigne, qui vivait sous la ligue, en a fait la remarque. On dit quelquefois d’un hornme qui dans ne circonstance très-grave ou très-délicate a manqué tout à fait
| de courage, qu’il s’est conduit comme le dernier des | couards. Mais cette façon de parler, plus que familière, est
tombée en désuétude,
COUCARACHA. Voyez BLATTE.
COUCHANT, C’est la région du ciel où le soleil et les astres semblent se coucher : le spectateur qui regarde le midi l’a à sa droite. Le couchant vrai, point où le soleil se couche aux équinoxes, est l’un des points cardinaux, Les astronomes l’appellent occident, les marins ouest.
COUCHE. Ce mot, dérivé du verbe latin cubare, a des acceptions extrêmement variées. La plus ancienne, -qni a servi d’origine à toutes les autres, était celle par laquelle on désignait le grand meuble où l’on se couchait, et dont le nom ne s'est conservé que dans quelques provinces, mais qu’on retrouve dans les mots coucher et couchette. Les poëtes pe se servent encore du mot couche dans le sens deZié. On dit aussi au figuré la couche nuptiale, la couche royale; et il s'entend en ce sens du mariage et de la cohabitation, ‘ qui en est la suite.
Du mot couche, envisagé comme Li, est venu l'usage de dire, par figure, pour exprimer l’enfantement, qu’une femme esten couches, qu’elle a eu une couche heureuse ou qw’elle a fait une fausse couche (voyez AVORTEMENT), pour dire qu’elle est accouchée avant terme. De là sont venus également les termes d’accouchée, accouchement, accoucheur, accoucheuse. On nomme aussi couche le linge dans lequel on enveloppe les petits enfants pour les coucher, d’où a été fait le sobriquet de chauffe la couche, donné dans le peus. ple à ces maris et à ces pères complaïsants et commodes qui poussent jusqu’à Pexcès et jusqu’au ridicule les attentions maritales ef paternelles,
On entend par couche ou strate, en géologie, les diffé- , rents lits superposés dont se compose unterrain. C’est une masse minérale très-étendue en longueur et en largeur.
SAINT-PROSPER
inais limitée dans le sens de sou epaisseur par deux grandes faces sensiblement parallèles. Quand les couches sont trèsépaisses, elles prennent. le nom de bancs, el quand elles sont très-minces, on les nomme lifs ou feuilles.
. On appelle couches corticales en botanique les plans les p'usextérieurs du Ziber, quine sont apparents qhe dans un petit nombre d'arbres. Vus au microscope, les réseaux dont ces couches sontformées se présentent composés de faisceaux de cellules allongées, analogues à de la dentelle. Les couches ligneuses (strata lignea), dont l’ensemble constitue le bois, sont dessinées en zones concentriques, sur la coupe transversale du éronc. On peut en les comptant connaître à peu près l’âge de l'arbre; car il ne s’en forme guère qu'une par année. Elles augmentent de densité à mesure qu’elles sont plus rapprochées du centre.
Couche, en jardinage, est lenom d’un amas de fumier d'enxuon 65 centimètres de haut, soigneusement arrangé par lits Y'un sur l’autre, avec quelques centimètres de terre légère par-dessus, et recouvert de châssis vitrés, pour faire des semis ou pour élever des primeurs; on dit : une belle couche de smelonsz; une bonne couche de champignons. On réchaufle une couche en mettant autour du nouveau fumier, pour lui redonner de la chaleur. Une couche sourde est celle qui, au lieu d'être élevée au-dessus de terre, y est enfoncéc de toute son épaisseur.
Couche est encore dans certains jeux, comme le lansquenet, la somme placée sur une carte; de là est venue expression triviale et populaire : il n'a pas couché gros, pour dire il a risqué bien peu.
Le mot couche est aussi fort en usage dans les arts et mé- Uers, et surtout dans la peinture. La toile ou le panneau sur lequelon veut faire un tableau doit être imprimé à plusieurs couches. 11 faut donner au moins trois couches de couleur à l'huile sur les bois extérieurs; à l'intérieur, on termine quelquefois par une ou deux couckes de vernis.
COUCHER DES ASTRES. Foyez LEyER ET Cov- CHER DES ASTRES.
COUCHER DU RO. Toutes les actions des anciens souverains de la France se faisaient dans des formes que lPétiquette avait soigneusement indiquées. Nous n’examinerons point ce que le monarque et ses courtisans gagnaient à observer ces usages, devenus une espèce de culte obligatoire pour tous. Nous nous bornerons à rapporter ce qui se passait dans cette grande chambre si bien restaurée du château de Versailles, quand Louis XIV, après avoir soupé en fiunilie, sortait de son cabinet pour se retirer. Les offiriers du gobelet avaient préparé à l’avance dans la chambre du roi sa collation de nuit, consistant en trois pains, deux flacons de vin et un d’eau. Une tasse, un verre, {rois assiettes de vermeil, et plusieurs serviettes, étaient sur la même table, Sur un fauteuil, les valets de chambre posaient la robe de chambreet les pantoufles de même étoffe, tandis que le barbier disposait les peignes sur un guéridon. Le bougeoir à deux branches, réservé au roi seul, était placé sur un siége, près du fauteuil du roi. D’autres tables portaient de grauds morceaux carrés de velours et de taffetas rouges, appelés toilettes, dans lesquels se renfermaient le linge de nuit que prendrait le roi, et les habits qu’il quitterait, A la porte du cabinet le maître de la garde-robe recevait de Ja main de S. M. son chapeau, ses gants et sa canne, Arrivé dans la chambre, que remplissaient les princes et tous ceux qui jouissaient des grandes entrées, le même oflicier recevait l'épée, Le roi, précédé d’un huissier qui écarfait la foule, allait près de son lit pour prier, l’aumônier tenant 18 bougeoir, et disant l'oraison Quesumus. Revenu à son fauteuil, le roi faisait donner le bougeoir à la personne qu'il lui plaisait de distinguer ce soir-là, et c'était une grande faveur. 11 quittait alors son cordon bleu, ainsi que sa cravale, que recevait le maîfre de la gurde-robe, tandis que deux valets de chambre détachaient les boucles de jarre