‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 470 sur 607 · COULISSE — COULMIERS · texte numérisé non relu

COULISSE — COULMIERS

de coulisseaux les deux pièces qui forment le canal d’une

us D | COULISSE (Thédire). On donne ce nom aux pilastres gs chassis mobiles qui sont placés sur les deux côtés de la seène, de distance en distance, etqui par l'effet de la perspere servent à compléter la décoration. Les arbres , les colonnes, les panneaux d'appartement qu'elles représentent, bien que détaches et séparés par un intervalle d'un mètre

ou un mètre et demi, semblent se joindre et former un en-

… semble, parce que les coulisses sont toujours en rapport

et en harmonie avec la toile du fond. Leur nombre varie suivant la profondeur du théâtre, et on les distingue, tant celles de droite que celles de gauche, par un numéro dont le premier est le plus près des spectateurs. Leur nom de coulisse vient de ce que, dans Les changements de décoration. on fait couler une coulisse devant celle qu’on veut cacher, ou couler celle de devant pour dscouvrir celle qui est derrière."On appelle aussi coulisses L2s intervalles qui séparent ces châssis ; c’est par les coulisses que les acteurs entrent sur la scène et en sortent.

Depuis quelques années on a beaucoup perfectionné tout ce qui à Lrait av matériel de la scène, Parmi ces améliorations, on doit compter une disposition mieux entendue des coulisses, et même leur suppression presque entière dans ce qu'on nomme en langage théâtral les salons fermés, admis principalement dans a con.édie. Les coulisses sont en effet un grand obstacle à l'illusion dramatique; une partie des spectateurs se trouvent placés de manière à en apercevoir l’intérieur ; bon gré mal gré il faut qu'ils aient pour point de vue les quinquets qui y sont attachés et les machinistes qui les font mouvoir.

Lorsqu’au théâtre on respectait lesconvenances et qu'on voulait épargner aux speclaleurs, surtout aux femmes,

A M x ELHR . laspeet d’un assassinat, les angoisses de la mort, la victime

CEA

frappée ou empoisonnée allait tomber dans la coulisse la plus voisine, et plus souvent encore c’était dans les coulisses que les forfaits les plus horribles étaient censés com. mis. Mais si les représentations scéniques étaient rarement ensanglantées, d’autres abus existèrent longtemps au theâtre : des banquettes adossées contre les coulisses rétrécissaient la scène, embarrassaient les acteurs, entravaient l'exécution dramatique et détruisaient toute illusion, Là se plaçaient des magistrats oisifs, de jeunes officiers, des petits maitres de cour qui, sachani tout sans avoir rien appris et jugeant tout sans rien savoir, contrastaient ridiculement avec la gravité romaine, ou l’héroïsme grec, coudoyaïent Caton et se mesuraient avec Achille. Après de longues et vives réclamations, ces banquettes furent supprimées à la Comédie française, en 1759, et disparurent un peu plus tard des autres théâtres Mais les coulisses ont continue à être envahies par des individus inutiles ou étrangers aux (héâtres. Les oisifs y vont pour courtiserlesactrices ou pour lorgnet les belles qui sont dans la salle.

Quel plaisir ont donc ces messieurs à 4anter Les coulisses, à se commettre avec les Aéros de coulisses, pour conter fleurette aux princesses de coulisses? Comment n’eprouvent-ils pas que lout ce qu'ils voient dans les coulisses, est bien fait pour détruire tout prestige? Des lampions, des trappes, des cordes, des poulies, des derrières de décoration, des garçons de th‘âtre en veste ou en chemise, des actrices plâtrées ou enluminées, des acteurs achevant leur toilette entre les mains du perruquier ou du tailleur; Zancrède avalant un verre de madère ou de porto pour se remettre en verve, et Mérope recevant un bouillon de sa cuisinière pour réchaulter ses entrailles maternelles; Rodogune et Cléopâtre se disputant comme des poissardes, en attendant de se quereller plus noblement sur la scène; Agamemnon se farcissant le nez de tabac, parce que la tabativre est interdite aux rois de théâtre comme une inconvenance, et aux héros grecs comme un

anachronisme; Pyrrhus se mouchant, parce que le mouchoir n’y est permis qu'aux Andromaque et aux Électre: tout cela n’est-il pas capable de désenchanter l'imagination des plus fanatiques amateurs de spectacles? Il y a bien des choses (même sur d’autres théâtres que ceux où lon joue la comédie et l'opéra), qui ne sont bonpes qu'à être vues de loin, et qui perdent à être vues de près.

Par coulisses, on entend aussi tout ce qui est relatif à l’adininistration intérieure et au régime des théâtres, aux habitudes, à la moralité des comédiens, à leurs procédés, soit entre eux, soit envers le public et les auteurs dramatiques. De là sont venues les locutions, qui commencent à devenir un peu surannées : tripot de coulisses, intriques de coulisses, bruit de coulisses. H. AUDIFFRET.

COULISSE, COULISSIER. Voyez Bourse.

COULMIERS, village de France, département du Loiret, avec 391 habitants, à 25 kilom. nord-ouest d'Or< léaus, est célèbre par la victoire remportée par les Français, le 9 novembre 1870, sur les Allemands.

Le général d'Aurelle de Paladines, commandant en chef de la première armée de la Loire, ayant reçu la mission de mener ses troupes sur Paris, après avoir repris Orléans, occupé depuis le 12 octobre par le général von der Tana, s'était mis en marche le 17 novembre. Dans la nuit du 8 au 9, le temps devenant très-mauvais, et le bruit s’étant répandu qu’un renfort de 20,000 hommes arrivait aux Allemands, par Pithiviers, il manifesta l'intention de s’arrèter: mais une dépêche de M. Gambetta le pressa de « ne pas renoncer légèrement à sa marche en avant ». Il la continua en effet. Le 9, dès huit heures du matin, toutes les troupes se mirent en mouvement, La droite était chargée de prendre position entre le Bardon et le château de la Touanne ; elle ne rencontra pas d’obstacle. Au centre, le général Peitavin devait d’abord s'emparer du village de Baccon, bâti sur une hauteur, et qui formait une véritable forteresse crénelée et barricadée. Nos soldats l’enlevèrent à la baïonnette, maison par maison, puis se portèrent sur le chateau de la Renardière, où l’ennemi n’était pas moins fortement établi. A la gauche, le général Chanzy , après avoir exécuté un mouvement tournant par Charsonville et Gémigny, envoya une parlie de ses troupes donner la main, vers Coulmiers, aux tirailleurs du général Peitavin. « Ces tirailleurs, auxquels se joignirent ceux du général Barry, dit le rapport officiel, se jetèrent, au pas de course, dans les jardins et les bois qui sont au sud de Coulmiers, y pénétrèrent, malgré la résistance furieuse de l'ennemi, mais ne purent se rendre maitres du vil= lage. L’ennemi, qui s’y était relranché, et qui avait accumulé sur ce point une grande partie de ses forces et de son artillerie, faisait les plus grands eflorts pour s'y maintenir. » Il fallut engager un duel d'artillerie; après un feu des plus violents, les Allemands furent chassés du village. De son côté, l'amiral Jauréguiberry restait maître, vers cinq heures, malsré une résistance opiniâtre, des villages de Champ et d'Ormeteau. Malheureusement la cavalerie du général Reyau, qui comptait trente escadrons, au lieu de couper la relraile à l'ennemi, recula devant la cavalerie allemande. Il en résulta que le général Martin des Paillères, qui avait marché tout le jour dans la direction du canon, ne trouva plus Pennemi lorsqu'il arriva, à la nuit, avec ses 28,000 hommes.

La bataille de Coulmiers, non seulement obligea von der Tann à évacuer toutes les positions retranchées qu’il occupait, mais encore lui fit abandonner en toute hâte Orléans, pour battre en retraite sur Artenay, laissani entre nos mains plus de 2,000 prisonniers. Cette victoire, que suivit dès le lendemain l’occupation d'Orléans par nos troupes, produisit en France une grande impression. Ella jeta, pour quelques jours, un rayon de joie et d’enthousiasme dans les sombres tristesses de celte guerre désag

treuse; mais elle ne produisit pas les résultats qu'on pouvail ea espérer, le général d’Aurelle n’en ayant pas profité your tenter une marche rapide sur Paris, et, hélas! elle n'eut pas de lendemain. 3

Nos troupes s'étaient trouvées en présence de deux divisions d'infanterie bavaroïise, d’une division prussienne et de neuf régiments de cavalerie, en tout 30,000 hommes environ. Nous avions la supériorité du nombre, le général d'Aurelle disposant de 70,000 hommes; mais on ne peul évaluer à plus de 40,000 le nombre de ceux qui furentengagés dans l’action, et il ne faut pas oublier que l'armée de là Loire, à peine formée, comprenait beaucoup de recrues et plusieurs bataillons de ces gardes mobiles dont les officiers prussiens se moquaient, en les comparant à des collégiens. La brillante conduite des mobiles de la Dordogne et de la Sarthe les fil mettre à l'ordre du jour.

Le général en chef mentionna spécialement le coup d'œil et la résolution du général Chanzy. Nos pertes furent de 1,500 tués ou blessés; celles des Allemands, d’après leurs premières évaluations, ne s’élevaient qu’à 600 hommes, mais plus tard ils avouèrent 1,112 hommes et 54 officiers; elles furent probablement encore plus considérables, et ca à cru pouvoir les porter au double des nôtres.

{OULOMB ( CranLEs-AUGUSTIN DE ), célèbre pär ses expériences sur le frottement et par l'instrument qu’il invanta pour mesurer les forces d'attraction magnétique et électrique, appelé balance de torsion, était né, en 1736, à Angoulême, et entra de bonne heure dans le corps du génie. Envoyé à la Martinique, il y construisit le fort Bourbon. En 1769 il obtint pour sa Théorie des Machines simples le prix fondé par l’Académie des Sciences, et que ce corps savant crut devoir doubler en faveur de cet

ouvrage remarquable. En 1777 il remporta un nouveau prix à l’Académie des Sciences, en société avec Pons, pour une dissertation sur les aiguilles aimantées, et un autre en- «ore en 1784, pour son mémoire sur les effets du frottement ot de la roïdeur des cordes. La même année l’Académie l'adinit dans son sein. Le gouvernement l'ayant chargé d’examiner les plans que les états de la Bretagne lui avaient proposés pour établir dans cette province des canaux navigables, il se prononça contre leur création, après s’être convaincu que leurs produits ne pourraient jamais indemniser V'État des sommes énormes qu'il lui faudrait dépenser pour lesétablir. Il paraît que l’avis motivé donné en celte circonstance déplut à quelque ministre ou à quelque personnage intéressé dans la question, car il en fut récompensé par un emprisonnement de quelques mois. II donna sa démission ; mais le gouvernement refusa de la recevoir, et lui enjoignit d'examiner de nouveau le projet de canalisation de la Bretagne. Cette fois encore il combattit le projet, et, en reconnaissance de la noble indépendance dont il avait fait preuve dans cette crconstance, les états lui firent présent d’une montre à secondes aux armes de leur province, Au moment où éclata la Révolution, il était lieutenant-colonel du génie ; inaig il ne tarda pas à se démettre de ses divers emplois pour se consacrer à l'éducation de ses enfants. A la créa tion de l’Institut, il fut nommé membre de ce corps savant, et en 1804 on l’appela aux fonctions d’inspecteur général de l'instruction publique. Il mourut le 23 août 1806

COULOMMIERS, Voyez Seine-gT-MaRkE.

COULON-THEVENOT, né à Versailles, vers 1760, était occupé avant T.-P. Bertin de diverses méthodes employées par les Anglais pour recueillir les paroles des orateurs. La suppression des voyelles médiantes dans la plupart de ces procédés lui parut rendre l'écriture trop diffisile à lire Marchant sur les traces d’un auteur plus ancien, Shelton, dont l'ouvrage avait été imité en France par Ramsay, et dédié à Louis XIV, il inventa la fachygraphie, espèce d'écriture syllabaire, dans laquelle on rend tous les sons, mais qui offre beaucoup moins de rapidité que la sté-

Page 1