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1 COUNSEL — COUP 625 méraux, les juges et jusqu'au lord chancelier lui-même. | Sous l'ancien régime il était reçu qu'un gentil-homme poué C’est ainsi que jusqu’à son élévation à la dignité de lord | vait châtier un vilain à coups de bâton. Les scènes les plus
hancelier Brougham n'avait eu d’autre titre dans le . monde que eelui de king’s counsel.
COUP, Cest l'impression que fait un corps sur un autre en le frappant, le perçant, le divisant, ete. Ménage fait dériver coup de la basse latinité co/pus, inot qui lui-même vient du grecxontw. Du Cange veut que co/pus soit un diminutif de colaphus , qui dans la Loi Salique (titre 43) signifie les coups de fouet dont on punit les esclaves; mais colpus s'y trouve également (titre 20) à peu près dans la même acception. Lorsque des substances solides, animées d'une vitesse plus ou moins grande, frappent les corps organisés, et principalement les animaux , ou bien lorsque l'homme et les êtres animés heurtent contre des,corps durs, on dit dans le premier cas qu’ils ont reçu, et dans le second qu'ils se sont donné un coup. Les chocs ou les coups et les chutes sont des causes très-fréquentes deplaies, decontusions, deluxationset defractures. Il s’en produit même ailleurs souvent par contre-coup. Coup signifie l'impression ou la lésion physique faite sur la partie même du corps de l’homme ou des animaux qui a été frappée ou heurtée.
Coup se dit aussi du mouvement, de l'impression des corps qui ne paraissent pas solides, et qui néanmoins produisent des effets très-positifs. Tels sont les coups de tonnerre, les coups de vent.
Sans coup férir est une expression proverbiale qui signifie sans en venir aux mains, sans se battre. Porter un coup ou des coups à quelqu'un, c’est le battre; et l’on dit ironiquement de celui qui vient d’être battu dans une rixe, . qu'il a été le plus fort, qu’il a porté les coups. Les gens du
peuple se battent à coups de bâton, à coups de poing. Un coup donné à la figure avec le poing fermé peut faire une lésion grave, mais c’est là une insulte que l’on peut pardonner. Un coup donné du plat de la main sur la joue est un outrage qui selon l’opinion générale ne peut se laver que dans le sang (voyez SourrLer). Il en est de même des coups de pied. Reçus dans la partie postérieure du corps, ils emportent une idée de mépris et de dégradation, qui ne se rattache point aux coups de pied reçus dans le ventre, et dont l'effet est souvent mortel : témoin Poppée, que Néron fit . périr ainsi. De là sans doute ce dicton populaire : « C’est un homme qui sait se retourner : quand on veut lui donner . un coup de pied au derrière, il le reçoit dans le ventre. » On a dit d’un fameux diplomate : «1] sait si bien se posséder que, reçût-il un coup de pied au derrière, son visage ne vous en dirait rien. » Qui ne connait l’expression proverbiale Ze coup de pied de l’âne, si heureasement mise en action par La Fontaine dans la fable du Lion devenu vieux ? . Que d'applications n’a-t-elle pas dans le monde politique? Napoléon, attaqué après sa chute par tant de lâches folliculaires, la France en butte en 1815 et même depuis aux . insolences de puissances du dernier ordre, ont bien aussi reçu le coup de pied de l’âne.
Aux coups de bâton se lie la même idée de déshonneur qu’à ceux qu’on reçoit au visage et à la partie postérieure du corps. Donner des coups à un gentil-homme , c'était le dégrader; et l’affront ne s’effaçait que dans le sang, parce que, dit Montesquieu , un homme qui l’avait reçu avait été traité comme un vilain. Louis XIV, poussé à bout par Lauzun, … jette sa canne par la fenêtre, de peur de se laisser emporter . jusqu’à le frapper. Une nouvelle insérée dans le roman de Gil Blas, l'histoire de don Pompeio de Castro, porte principalement sur des coups de bâton qu’un seigneur polonais fait donner par ses valets à un gentil-homme espagnol, son . rival. On y voit qu’alors une pareille offense était assimilée à un lâche assassinat, et que pour obtenir le droit de faire
réparation à don Pompeio l'épée à la main, il fallut que
Voffenseur présentât préalablement, en présence du roi de - Portugal, un bâton à l’offensé, et qu'il s’offrît à ses coups. BICT, DE LA CONYERS; — T, Vi
bouffonnes des Fourberies de Scapin roulent sur des couns de bâton. Les coups de bâton étaient alors un revenantbon de la patente d'huissier à verge et des fonctions de sergent,
Combien donc les contemporains de Racine ne devaientils pas rire de la scène, encore si plaisante, de l'Intimé s’offrant avec tant de dévouement aux coups de bäton du prooessif Chicaneau. II y a quelques années, n’a--on pas vu un débat correctionnel provoqué par une lettre de change portant à l'échéance une certaine quantité de coups de bâton, payables au tireur, qui aurait ainsi cumulé à ce premier titre celui d’endosseur ? L'histoire de la féodalité nous fait connaître un certain comte d’Armagnac, grand adversaire de Louis XI, qui forçait à oups de bâton son confesseur de lui donner l’absolution.
Chez les Romains, des coups de bdton reçus par un citoyen emportaient aussi une idée de dégradation. Montesquieu rapporte que chez les anciens Perses on punissait les crimes des citoyens en se bornant à fustiger leurs habits et que les personnes condamnées étaient si vivement affectées de ces coups de bâton fictifs, que la plupart se don-, naient la mort. Cette susceptibilité, qui fait honneur à la nature humaine, se retrouve chez les Français. Jamais nos soldats ne se sont soumis volontairement aux coups de bäton, comme ceux des autres nations européennes (voyez BASTONNADE). On sait que l’une des fautes capitales du ministère du comte de Saint-Germain, sous Louis XVI, est d’avoir voulu soumettre nos troupes au régime des coups de bâton. C’est ici le cas de rappeler que les coups de plat d'épée, les coups de plat de sabre, passent également pour déshonorants. Les coups de bâton paraissent l’ullima ratio chez les Chinois et chez les Japonais. Les mandarins , à en croire les relations de voyages, n’appliquent la loi qu’à coups de bâton; il y aurait même à la Chine, si l’on s’en rapporte au P, Le Comte, missionnaire, des gens qui ne vivraient que de coups de bâton, c’est-à-dire qui, moyennant finances, recevraient des coups pour les criminels que lesmandarins con. damnent à la bastonnade. Il faut convenir que c’est une sorte d’éditeur responsable dont les institutions constitutionnelles n'avaient pas doté la France. Nous avons bien eu sous la Resfauration, dans certains journaux, des spadassins qui porfaient et recevaient des coups pour les patrons qui les payaient; mais c’étaient des coups d’épée ou de pistolet. Pour revenir aux Japonais, ils sont si pénétrés d’amour pour le régime des coups de bâton, que quand leur dairi a mal dormi, ils font tomber une gréle de coups de bâton sur toutes les idoles qui étaient de garde pendant la nuit pour lui procurer un doux sommeil.
Il y a encore en France des partisans de la vieille méthode, qui regrettent les coups de verge et les coups de férule dans l’éducation de la jeunesse. Ces pédants farouches citent avec emphase l’Ancien Testament, où se trouve cette maxime : equo flagellum, asino frænum, stulto virga adhibetur, employez le fouet avec le cheval, le frein avec l’âne, la verge avec l’ignorant. Ils se passionnent à ces expressions, qui foisonnent dans ce livre : ego regam vos virga ferrea, je vous tiendrai sous une verge de fer. Virga castigationis, correctionis, disciplinæ, æquitatis, la verge de la correction, du châtiment, de la discipline, de l'équité, etc. Ils ne réfléchissent pas que de telles locutions étaient la plupart du temps figurées ; que d’ailleurs elles s’adressaient à des populations bien peu avancées dans la civilisation, et dont la descendance, soumise au joug de l'islamisme, n’a pas encore fait divorce, après tant de siècles, avec l’ignoble régime des coups de bâton. Les mêmes sophistes ne se targuent pas avec moins d’emphase de ce mot de l'empereur Marc-Aurèle : « J'ai appris dans l’oraison que Cicéron fit pour Flaccus que Phryx tantum plagis emen-
datur (les Phrygiens ne peuvent être corrigés qu'à force de coups) » Mais laissons ces tristes moralistes dégrader l'enfance à jorce de coups. Ils doivent sans doute aussi être de l'avis de Sganarelle, qui dit que dans un ménage quelques petits coups de béton par-ci par-là entretiennent l'amitié. En cela Sganarelle n’était que le plagiaire de Sancho Pança, qui, entre autres proverbes, a dit : « Bats ta ferme et ton blé, et tout ira bien chez toi. »
On nomme coup de canon, de fusil, de pistolet, elc., le coup que frappe le boulet, la balle, le plomb, etc., lancé par un canon, par un fusil, par une arme à feu, etc. Avoir le bras emporté d’un coup de canon. Faire le coup de fusil, c'est tirer des coups de fusil. Le coup de feu est une blessure, plus ou moins grave, faite par une arme à feu, Un grand nombre de lésions physiques (plaies, contusions, fractures, etc.) sont aussi quelquefois désignées d'une manière vague sous les noms des armes qui les produisent : tels sont les coups de sabre, les coups d'épée, etc.
L'expression coup de feu s'emploie aussi avec succès dans l’art culinaire pour exprimer un degré décisif de cuisson. Qui n’a pu dire en un jour de gala : Ma cuisinière est dans son coup de feu? Mais qu’elle se garde bien toutefois d’en laisser recevoir un à son rôti.
Coup de balai se dit dans le langage familier, mais La Fontaine a su l’employer convenablement en poésie à propos de l’araignée :
Autre toile tissue, autre coup de balai, Le grand homme a dit avec la même convenance :
Coups de fourche ni d'étrivières Ne lui font changer de manières.
En escrime, le coup fourré est celui que les deux adversaires se portent en même temps. Dans le langage figuré, à cette expression, porter un coup fourré, est attachée une idée de ruse et de perfidie, comme au dicton coup de Jarnac, auquel a donné lieu le fameux duel de Jarnac et de la Chdtaigneraie. Le coup de temps est un coup pris d'opposition sur un développement. Les bons tireurs regardent le coup de temps comme un des plus beaux de l’escrime.
Coup se dit aussi des opérations légères qui se font sur le corps humain pour le guérir, pour le soulager de quelque mal local : un coup de lancelte, un coup de bistouri.
Donner un coup de rasoir, un coup de peigne, signifie raser et coiffer légèrement, à la hâte. Proverbialement, coup de peigne, s'applique à un genre de lutte assez ignoble. On dit : il n’y a plus qu’un coup de pinceau à donner à cetableau, pour exprimer qu'il n’y a presque plus rien à faire pour le terminer.
Coup se dit aussi des actions qui s’accomplissent en un instant. A en juger par ses budgets de la guerre, la France Sevrait avoir au moins 400,000 hommes prêts à marcher au premier coup de tambour. Les voleurs se réunissent au premier coup de sifflet, au coup de minuit plutôt qu’à celui de midi. Tout l’orchestre part au premier coup darchet. Les professeurs, qui sous la Restauration devaient être en chaire ax premier coup de cloche, sont maintenant soumis au coup de tambour. Un maliôtier, spéculant sur es impôts, pouvait, sous l’ancien régime, être enrichi ou ruiné d’un coup de plume par le contrôleur général des finances. Lors des traités de 1815, on a vu les populations de la Belgique, de la Hollande, de l'Italie, de la Confédération germanique, changer de maître d'un coup de plume. Aujourd’hui les fortunes se font et se défont d’un coup de télégraphe. Donner un coup de chapeau signifie saluer. Quand on est en crédit, quand on a le pouvoir de faire le bien et le inal, quand on a une jeune, jolieet surtout riche fille à marier, on à fort à faire de répondre aux coups de chapeau. Lors de la paix do Casal, moyennée par Jules Mazarin, on dit