COUPEROSE — COUPLET
tlement calciné est l’ingrédient du rouge à polir les métaux et le verre, des pâtes pour les enirs à rasoir, ete, ete. (voyez Cozcoran). Le proto-sulfate de fer calciné à une chaleur modérée , ou traité à chaud par l'acide nitrique, de manière à être converti en tritosulfate soluble, et calciné ensuite fortement dans des cornues de grès réfractaire, se décompose, laisse échapper des vapeurs acides, qui, condensces dans de l'acide sulfurique d’une densité de 1,84, forment un acide très-dense ( à 1,90 ), et qui est toujours fumant. Cet acide, qui dissout bien l’indigo, est très-estimé et se vend fort cher ; on le connaît sous le nom d'acide fumant de Nordhausen.
Dans ces derniers temps on a constaté que les sulfates de cuivre et de fer sont susceptibles d'une combinaison chimique et d'une cristallisation sui generis en un véritable sulfate double. On a remarqué d’ailleurs que ce composé jouissait, pour plusieurs opérations de la teinture, de propriétés particulières fort avantageuses. Ces observations ont déjà donné lieu à une fabrication assez étendue de cette couperose à double base métallique. Dans le commerce, la couperose blanche se présente en une cristallisation confuse ; elle est en masses compactes, d’une cassure nete, d’une texture semblable à celle du sucre, et d’une savew àpre et styptique. La couperose bleue ou vitriol bleu, vitrbl de Chypre, est en cristaux transparents, quelquefois tiès-volumineux, d’une magnifique couleur bleue, d’une: saveur trèsstyptique. La pharmacie, la peinture, la fabrication des toiles peintes, celle des papiers de tenture, en font unusage qui devient de jour en jour plus considérable. La couperose verte, ou vitriol vert, est d’un immense emploi. Celle de Forges, qui se rapproche beaucoup de la couperose de Beauvais, la plus estimée, se reconnaît à sa couleur foncée et à ses cristaux très-friables ; elle a une odeur toute particulière : on rroit qu’il entre dans sa composition un peu de sulfate de potasse. La couperose dite de Sal£zbourg, aujourd'hui imitée en France, et qui est le sulfate double de fer et de cui-
vresest fort estimée, principalement pour certaines tein-
tures noires à reflet azuré. PELOUZE père.
COUPEROSE ou GOUTTE-ROSE (Pathologie). Voyes D\RTREs. s
COUPE-TETE. Voyez SAute-MourTon.
COUPEUR D'EAU. Voyez BEC EN CISEAU.
COUPLE et PAIRE. Ces deux mots ne sont pas syntnymes. Tous deux désignent des choses de même espèce qu’on mel ensemble; mais entre eux il existe des différerces qu’il faut remarquer. Couple (dont la racine est copula, lien) peut être masculin ou féminin. En parlant de derx personnes unies ensemble, ou par amour, ou par mariage, ouseulement envisagées comme pouvant former cette union, on dit au masculin : voilà un beau couple un couple heureux. Ces deux jeunes gens formeraient un joli couple. Coupleest encore masculin quand on l’emploie pour désigner deux animaux unis pour la propagation. Couple au féminin se dit de deux choses quelconques d’une même espèce, qui ne vont point ensemble nécessairement, et quine sont unies qu’accidentellement. Aïnsi on dira : une couple d'œufs, une couple de boîtes. En ce sens, couple ne signifie que deux. Couple s'emploiede même au féminin lorsqu'on parle des personnes ou des animaux, et qu’on ne les considère que sous le rapport du nombre.
La différence qui existe entre couple et paire, c’est que paire ne se dit que des choses qui vont nécessairement ensemble, et qui sont incomplètes dès qu’elles ne sont plus réunies, comme une paire deboucles d'oreilles, une paire de gants, ‘une paire de bottes, etc. 11 se dit également de certaines parties pareilles, encore qu’elles ne soient point divisées (la racine du mot paire est par égal, pareil), on dit en ce sens, une paire de lunettes, de ciseaux, de mouchettes. On dit aussi, mais par extension, une paire de saufflets et non pas une couple de souflets, quoiqu’un pre-
DICT, DE LA CONVERS, — T, YI
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mier soufflet ne doive pas nécessairement être suivi d’un s8cond, et bien que deux soufflets puissent difficilement avoir entre eux une exacte ressemblance.
Couple, dans les deux genres, est collectif, mais au maëculin il est général, parce que les deux suffisent pour la destination marquée par le mot; au féminin, il est partitif, parce qu’il désigne un nombre tiré d’un plus grand. La syntaxe varie en conséquence, et l’on doit dire avec Beauzée « Un couple de pigeons est suffisant pour peuplerun pigeonnier ; une couple de pigeons ne sont pas suffisants pour ‘ le dîner de six personnes. » Une couple et une paire peuvent se dire aussi des animaux ; mais la couple ne marque que le nombre, et la paire y ajoute l’idée d’une association nécessaire pour une fin particulière : de là vient qu’un ko. cher peut dire qu’il achètera une couple de baœufs, parce qu'il en veut deux ; mais un laboureur doit dire qu’il en achètera une paire, parce qu'il veut les atteler à la même charrue. De même on dira. « J'ai dans mon écurie une couple d'e chevaux, dont l’un va à la selle et l’autre au cabriolet, je veux les échanger contre une paire de chevaux de carrosse,
Couple se dit encore du lien de cuir et de fer avec lequel on attache ensemble deux chiens de chasse : J’ai perdu la couple de ces chiens. Coupler les chiens, c’est les attacher deux à deux avec une couple.
Couple, en termes de blason, est un meuble représenfant un petit bâton avec deux liens dont les bouts sont un peu ondés et qui sert à coupler les chiens de chasse. Les liens ne s'expriment en blasonnant que lorsqu'ils sont d’unautre émail que la couple. |
Couple se dit, en marine, des côtes ou membres d’un navire, qui, étant égaux de deux en deux, croissent on décroissenf couple à couple également, à mesure qu’ils s'éloignent du principal oumattre couple, quiest celui du vaisseau qui a le plus de capacité. On le nomme aussi maître gabarit. Couples employé seulement au pluriel est un autre terme de marine; il désigne les deux planches du franc bordage ( revètement de planches qui couvre le bord d’un vaisseau par dehors), entre chaque préceinte (assemblage de grosses pièces de bois qui sert à lier les membres d’un vaisseau : on l'appelle aussi lisse). Le couple d’entre les deux plus hautes préceintes doit être placé de telle sorte que les dalots (trous) du haut pont y puissent être percés convenablement; et la plus basse planche de ce couple, où sont les dalots, doit être de lamême largeur qu’une des préceintes entre lesquelles elle est posée. L'autre planche, qui est sur cette première, doit, en cas que le vaisseau possède deux batteries, avoir autant de largeur qu’il en faut aux sabords. sans qu’on soit obligé de toucher aux préceintes duvibord, Sile vaisseau a trois batteries, il faut prendre d’autres mesures. Mais en général on ne peut pas donner de règles certaines pour les couples : cela dépend du gabarit,
Couplerun tr ain, en terme de rivière, c’est en rassembler les parties; on se sert pour cet ouvrage de grosses rouettes dites roueltes à coupler. Édouard LEMOINE.
COUPLE ( Électro-magnétisme). Voyez PILE.
COUPLE (Sfatique). Supposez un bâton portant par le milieu sur un pivot et pouvant librement tourner de droïfg à gauche, de gauche à droite. Si on applique aux deu extrémités deux forces égales qui agissent dans le même sens et dans des directions parallèles, le bâton demeurera en repos. Mais si les deux forces, au lieu d’agir rallèlement dans le même sens, agissent parallèlement dans un sens opposé, elles feront tourner le bâton. Ces deux forces, M. Poinsot les appelle couple, Avec le couple, il a créé une théorie neuve du mouvement de rotation, théorie qui, entre autres avantages, présente à l'imagination, avec une grande netteté, les circonstances diverses de ce mouvement.
COUPLET. Le couplet estune stan ce de la ch anson, qui en contient ordinairement cinq ou six. Comme elle, il est tour à tour bachique. érotique, malin, grivois , etc. x
fut une époque dans notre littérature où non-seulement une chanson, mais un couplet hien tourné, fondait à son auteur une petite célébrité. Un chevalier de Cailly, à peu près inconnu aujourd’hui, en acquit une alors par une foule de couplets détachés, dont la plupart étaient aes im pro m ptus, et qui formaient un recueil de deux volumes. Le sévère Boileau ne dédaïgna point d'insérer dans ses œuvres quelques couplets de table faits à la campagne, chez le président de Lamoïgnon.On nous a même conservé le couplet suivant fait par un prélat, couplet très-moral au surplus, et qui ne compromet en rien la piété éclairée de Fénelon :
Iris, vous connaîtrez un jour, Le tort que vous vous faites ; Le mépris suit de près l'amour Qu'inspirent les coquettes, Songez à vous faire estimer Plas qu'à vous rendre aimable ; Le faux honveur de tout charmer Détruit le véritable,
Le marquis de Mascarille voulait faire l'histoire de France en madrigaux; il y en a une toute faite en couplets, du moins depuis la guerre de la Fronde jusqu’à nos jours ; mais ces couplets ne sont rien moins que des madrigaux. C’étaient les pamphlets du temps. Blot, Coulanges et quelques autres, en étaient les Paul-Louis Courier. Il est telle de ces épigrammes chantées qui tuait son homme sur le coup. Les amours de Louis XIV, son mariage avec la veuve de Scarron, les galantes aventures de sa cour, firent éclore une grande quantité de conplets satiriques. On a recueilli ces pièces manuscrites, qui forment 4 volumes in-8°, publiés en 1793, sous le Etre de Nouveau Siècle de Louis XIV. Sous Louis XV le couplet était encore une puissance, et il troubla plus d’une fois les voluptés du règne des {rois Cotillons. Maurepas, graud frondeur lyrique de ce temps, quoique ministre, fut disgracié pour un couplet contre Mme de Pompadour, couplet trop leste pour être cité ici. On sait que, par contre, un couplet adulatenr de Bernis adressé à cette favorite fut l’origine de sa fortune. Les amateurs trouveront au surplus la plus agréable partie de ces petites satires, passablement libres , dans la collection intitulée : Mémoires de Bachaumont. Is contiennent aussi les couplets que firent naître, sous le règne de Louis XVI, la guerre d'Amérique, lé mesmérisme, et Figaro, dont le succès prodigieux fut aussi un événement.
La révolution de 1789 et surtout la liberté de la presse vinrent diminuer le pouvoir des couplets; mais un nouveau débouché leur fut ouvert par l'accroissement du nombre dé nos spectacles, Huit ou dix théâtres , consacrés en tout on en partie au vaudeville, en eausèrent une émission prodigieuse, etil fallut créer de nouvelles expressions pour en désigner les nombreuses variétés : ainsi, nous eûmes le couplet de facture, qui consistait à placer sous un air d’une certaine éfendue, choisi ordinairement parmi les contre-danses ou les valses, trente ou quarante vers à rimes très-rapprochées; le couplet sans rimes ou monorime, qui éludait au
. contraire toute difficulté de ce genre ; puis le couplet assis, e’est-à-dire ramenant à la fin de chacun le même vers ou au moins le même mot; le couplet au public, dans lequel on demandait plus ou moins ingénieusement sa bienveillance, sa clémence, son indulgence, était de rigueur dans chacune de ces pièces. Le théâtre du Vaudeville s'imposa en outre le tribut d’un couplet d'annonce, qui devait précéder chaque nouveauté ; le désir de l’auteur de prévenir favorablement son auditoire en produisit souvent de fort jolis, entre autres celui qui fut chanté avant la première représenfation du Trésor, vaudeville de Ségur fils, tiré de la fable de l’Enfouisseur et son Compère :
Ce sujet que, bien jeune encor, Un auteur transporte à la scène,