COUPON
Voici ce qu'était un coupon : claque action se divisait en six parties, sur chacune desquelles était inscrit le sixième du montant de trois années de dividende. Ces différentes parties d’un même tout s’appelaient coupons. On avait imaginé les coupons pour faciliter le payement des dividendes, payement qui s’effectuait de six mois en six mois, entre les mains de chaque actionnaire. Toutes les fois que le caissier de la Compagnie soldait à un actionnaire le dividende sémestriel, il retranchait de l’action même une de six parties de l’action : sur ce sixième d’action était inscrite la somme rèçue par l'actionnaire; ce morceau de papier coupé, ce coupon, servait de quittance au caissier, en même lemps qu'il permettait à l’actionnaire de toucher son dividende, sans que même il eût la peine de signer. Plus tard, quand Je mode des entreprises par actions se fu popularisé, les uns suivirent le modèle d'actions créé par la Compagnie des Indes , d’autres ne divisèrent plus leurs actions par coupons, persuadés d'avance, sans doute, que les actionnaires n’auraicnl pas une si grande quantité de dividendes à toucher qu'ils ne pussent, quand de fortune ils en palperaient, faire des quittances à la main. Aussi le mot coupon d’acdion a pris un autre sens : il s’est entendu de l’action elleméme, qui, étant coupée, pour Ctre remise à l'actionnaire, d’un registre à souche ou {alon, devenait un coupon de ce registre. Dans certaines entreprises , on a créé des actions et des coupons d'action. Les actions, par exemple, étaient à 5,000 fr., et les coupons d’action étaient à 1,000 ou à 500 fr. C’est le mode de la Compagnie des Indes renversé. La Compagnie des Indes vous donnait un dividende
pour un coupon d'action. Au contraire , dans les entreprises de nos jours, au fur et à mesure que l’actionnaire donne de Pargent, on lui donne un coupon.
La défunte Loterie avait aussi ses coupons. Les billets que l'on donnait à chaque joueur étaient coupés d’un registre à souche ; la souche portait les mêmes numéros que le billet-coupon que l’on remettait au joueur.
Quel est le Parisien un peu au fait des administrations théâtrales qui ne connaisse les coupons de Loge. Ce sont tout simplement de petits carrés de papier vert, jaune ou bleu, sur lesquels on lit imprimé : Théâtre de... Loge ‘(ou de face, ou de côté) n° Places louées à M... Au bas du billet est la signature de la personne chargée de Ja location. 11 peut y avoir pour une loge cinq ou six coupons, si la loge est de cinq ou six places, et si chacune d'elles est louée à une personne différente. Les coupons engendrent souvent de vives et profondes haines entre les journalistes et les directeurs de théâtre. Nous connaissons un critique de beaucoup d'esprit, qui a juré guerre à mort à ua directeur de spectacle, parce qu'un jour celui-ci lui à envoyé le coupon d’une loge de côté. E. LEMOINE.
COUPS ET BLESSURES, Voyez BLESst RE.
COUPURE, On désigne par ce nom les plaies ayant t:ès-peu d’étendue et de profondeur qui sont produites par des instruments tranchants. Ces accidents sont, comme on sait, frès-communs. Quand on s'est coupé, il n’est pas nécessaire de laisser fluer longtemps le sang. 11 faut rapprocher les bords de la plaie et les maintenir avec du taffetas d’Angleterre, qu'on a préalablement mouillé, soit avec de l'eau, soit avec de la salive. On applique deux ou trois bandelettes, selon Ja longueur de l’incision, et à défaut de taffetas gommé, on peut employer du diachylon étendu sur du linge. On contourne ensuite autour de la partie lésée une bande de toile qu'on comprime médiocrement , et le pansement est fini. L'aus le cas où la coupure verse du sang en abondance, on peut couvrir les bandelettes agglutinatives avec un peu de clia: pie, I est nécessaire de laisser la partie blessée dans le rèpo;; cinq ou six jours après on enlève la bande et la réuuion est ordinairement opérée : si elle élait imparfaite, on laisserait les bandelettes en place ct où réappliquerail une nouvelle Lande, Sur la face, comme sur loule autre partie,
ss.
— COUR
les coupures très-légères n’exigent qu'un morceau de taf."
fetas gommé proportionné à leur étendue. Au lieu de se comporter ainsi, on suit trop souvent une routine irrationnelle. On couvre la coupure avec une toile d’araignée, afin d’empècher le sang de couler, ou avec des feuilles d'achillea, herbe appelée vulgairement mille-feuilles ou herbe à charpentier, après les avoir pilées. On applique également encore des compresses imbibées d’eau-de-vie, d’eau de Cologne, d’une solution de sel de cuisine, etquelquefois de baume du commandeur ou de tout autre, que les charlatans débitent en public. Toutes ces applications, loin de favoriser et de hâter la cicatrisation des coupures, les maintiennent ouvertes et les irritent, Dans ces cas, comme dans ia plupart des maladies, les moyens les plus simples sont à préférer,
On donne aussi le nom de coupure aux solutions de contintité de la peau qu'on observe chez les enfants très-jeunes et très replets, ainsi que chez des femmes enceintes, prinGpalement aux fesses, aux cuisses, dans les replis profonds de cette surface extérieure (voyez GERÇURE ).
D' CianBoNNiER.
COUR (de cors, basse-cour, qui répond au cavædium des Latiis). On désigne par ce mot l’espace vide, de figure carrée, creulaire, etc., qui est entouré de bâtiments, de murs, de grilles, etc. On dit la cour du Louvre, des Fuileries, des Invalides. Un espace qui est un peu vasle prend le nôm de place : on dit la place du Carrousel, la place Royale, la place Vendôme, la place Louis XV, qui ne pourraient être désignées par le nom de cour. En général, les constructions qui entourent une cour doivent faire partie d’un même édifice. ;
Presque toutes les maisons des anciens avaient des cours plus ou moins vastes, plus ou moins ornées. Celles des maisons de Pompei étaient pavées de compartiments de marbre ou de mosaiques ; tout autour régnaient des aïles de bätiment, des portiques; le milieu de l’espace vide élait occupé par une citerne, Les palais , les maisons de campagne le l’Italie moderne, ont souvent des cours qui occupent le centre de la massé des constructions. Dés galeries souteaues par des arcades, des colonnes, etc., permettent de se jromener tout autour, à l’abri de la pluie et des rayons du sdleil. Dans les pays du Nord, où l’inconstance et souvint la rigueur.du temps forcent les habitants à se tenir dans léurs appartements , on ne, donne pas aux cours la même inportance que dans les climats chauds. Rarement les nôtes sont entourées de portiques, et leur pavé ne diffère pis de celui de la rue.
Quand les villes étaient entourées de murailles, le défaut d’espace ne permettait pas de faire des maisons avec des cours ; c’est quand les troubles extérieurs sont devenus rares, et surtout depuis que l'usage des carrosses s’est introduit, qu'on a vu des hôtels, des maisons même, ayant des
cours d’une étendue considérable, On recouvre quelquefois |
les cours d'un vitrage : on les nomme alors cours vitrées. On appelle cour d'honneur celle où le vulgaire n’est pas
admis, du moins ordinairement. TEYSSÈDRE, COUR, lieu où habite un roi ou un prince souveräin.
Ce mot vient de corlis ou curtis, en grec xopte, qui à si-
gnifié une tente, et qui s’est pris aussi pour toute la cour :
d'un prince. 11 y a dans les lois des Allemands deux titres, l'un sur les vols, l’autre sur les meurtres, commis in curte regis, in curte ducis (dans la tente du roi, dans la tente du chef). C’est conformément à celte étymologie que cour s'est d'abord écrit cor£ et court. La cour d'un souverain se compose de princes, de princesses, deministres, de grands, de principaux officiers. La cour signifiait aussi le chef de l'État et son conseil ou ses ministres. Cour se prend encore quelquefois pour le corps de l'Etat que le prince représente,
Les cours de France et d'Espagne sont en perpétuelle “
jalousie, disait-on sous Louis XIV. L'Église gullicane a souveut à se défendre contre la cour de Rome. La Harpe, dans