‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 495 sur 607 · COURLANDE — COURONNE · texte numérisé non relu

COURLANDE — COURONNE

thonie, de la Livonie et de la Courlande (en allemand, Riga, 1826). .

COURLIS, genre d'oiseaux, appartenant à l'ordre des échassiers, qui ont le bec arqué comme les ihis, mais plus grêle, rond sur toute sa longueur ; le bout de la mandibule supérieure dépasse l’inférieure ; la tête et le cou sont entièrement garnis de plumes ; il y a quatre doigts, trois antérieurs, palmés à la base, et un postérieur, qui ne touche à terre que par le bout. Ces oiseaux vivent sur les bords de la mer et des fleuves, dans les marais, les prairies, el s’avancent aussi dans l’intérieur des terres : ils se nourrissent de vers, d'insectes et de mollusques. Leur marche est grave et mesurée ; leur vol est soutenu et très-élevé, mais ils ne se perchent pas. Ils vivent par grandes troupes, hors le temps des amours, où ils s’isolent par couples; ils nichent sur le sable ou dans les herbes, et les petits quittent leur nid dès leur naissance pour aller chercher eux-mêmes leur nourriture. Nous en avons en Europe deux espèces, dont nous allons parler et que l’on confond quelquefois sous le nom de bécasses de mer.

Le courlis commun (numenius arcuatus), long de 0,65 et plus, y compris le bec, qui a 0°,16, a le plumage brun, avec le bord de toutes les plumes blanchâtres, le croupion blanc, la queue rayée de blanc et de brun. C’est un gibier médiocre, qui s'arrête peu dans l’intérieur des terres, mais qui est commun le long de nos côtes, et en particulier dans les pays qu’arrose la Loire. Il se retrouve dans tout le nord de l'Europe et aussi en Italie, en Grèce et en Égypte.

Le petit courlis ou corlieu (numenius phæopus) est de moitié moindre que le précédent, mais à peu près de même plumage. Fort rare en France, il se trouve cependant quelquefois sur nos côtes aux mois d’avril et de mai, époque à laquelle il se rend dans le Nord. Il est plus commun dans le même temps en Angleterre et en Hollande. DÉMEZIL

COUR MARTIALE,. Voyez ConsEIL DE GUERRE,

COURONNE (en latin corona, en grec xopwyn), marque de dignité, ornement que les grands mettent sur leur tête pour marquer leur pouvoir, et qu’on regarde aussi comme un symbole de la victoire, de la joie et du plaisir. L’antiquité la plus reculée ne déféra les couronnes qu’à la Divinité, La plupart des auteurs conviennent que la couronne était dans son origine plutôt un ornement du sacerdoce que de la royauté; les souverains la prirent ensuite, parce qu’alors ces deux dignités du sacerdoce et de l’empire étaient réunies. Les premières couronnes ne furent qu’une bandelette, nommée diadème, dont on se ceïignait la tête, et qu’on liait par derrière; quelquefois on les faisait de deux bandelettes. Ensuite on prit des rameaux de différents arbres, auxquels on ajouta des fleurs. Tertullien dit, d’après Claudius Saturninus, qu'il n’y avait aucune plante dont on n’eût fait des couronnes : celle de Jupiter était de fleurs ; elle est souvent de laurier sur les médailles; celle de Junon, de vigne; celle de Bacchus, de pampre et de raisin, de branches de lierre chargées de fleurs et de fruits; celles de Castor, de Pollux et des Fleuves, de roseaux; celle d’Apollon, de roseaux ou de laurier; celle de Saturne, de figues nouselles ; celle d'Hercule, de peuplier; celle de Pan, de pin ou d’hyèble; celle de Lucine, de dictame ; celle des Heures, de fruits propres à chaque saison; celle des Grâces et de Minerve, de branches d’olivier ; celle de Vénus, de roses ; celle de Cerès , d’épis, aussi bien que celle d’Isis; celle des, Lares, de noyer et de romarin.

On offrait aussi des couronnes d’or aux dieux, comme celle qu’Attale, roi de Pergame, envoya à Rome au Capi-

{ole , et celle que Philippe, roi de Syrie, y fit porter par ses ambassadeurs. Les prêtres et les sacrificateurs étaient couronnés pendant les cérémonies du sacrifice. Leurs couronnes * étaient d’or ou de branches d’olivier; mais celles des Flaminesétaient de laurier. On couronnait même les victimes île branches de cyprès ou de pin. Dans les funérailles, on

mettait sur les sépulcres des couronnes qui étaient faites de branches de laurier ou d’olivier, et quelquefois de lys. Cette coutume passa de Lacédémonne à Athènes, et d'Athènes à Rome; les magistrats, dans les jours de cérémonie, portaient des couronnes d'olivier ou de myrthe; les ambassadeurs, de verveine ou d’olivier. Dans les festins, on composait les couronnes de fleurs, d'herbes, et de branches qui avaient la vertu de rafraîchir ou de fortifier le cerveau, comme de roses, de pouliot, de quintefeuille, de lierre, d'if, de feuilles d’olivier, etc. Les conviés portaient trois couronnes, l’une qu’ils plaçaient d’abord sur le haut de la tête; l’autre dont ils se ceignaient le front, et la troisième, qu'ils se mettaient autour du col. Pline rapporte que ce fut la bouquetière Glycère, aimée du peintre Pausanias, qui inventa les nuances et les liaisons des fleurs pour augmenter leur odeur et leur beauté par cet assernblage industrieux. Il dit aussi que P. Claudius Pulcher, consul l’an de Rome 569, avant J.-C. 185, introduisit la coutume de dorer le cercle de la couronne, couvrant de feuilles d’or la branche de tilleul ou le jonc auquel on attachait les fleurs. On y ajouta ensuite des rubans, qui pendaïent sur les épaules, et qui étaient quelquefois de laine ou de lin, quelquefois tissu d’or ou brodés. Dans la cérémonie des noces, l'époux portait une couronne; l'épouse en avait deux, l’une defleurs naturelles, lorsqu'on la conduisait dans la maison de l’époux, l’autre de fleurs artificielles, représentées en or et enrichies de pierres précieuses.

Un mot maintenant sur les couronnes militaires, qui étaient données au mérite, c’est-à-dire aux généraux d’armée, aux capitaines ou aux soldats, pour récompense de leurs belles actions. La couronne friomphale était pour celui qui triomphait après quelque illustre victoire. D’abord, elle fut de laurier, puis on la fit d’or; on en porta plus tard un grand nombre faites de ce même métal devant le char du triomphateur. Tite-Live nousapprend qu’on porta 234 couronnes d’or dans le triomphe de Scipion l’Asiatique, et Appien en compte 2,822 dans celui de César. On représentait autour de ces couronnes les principaux exploits du triomphateur. La couronne ovule, que portaient ceux qui recevaient l’honneur du petit triomphe appelé ovation, était de myrte ou quelquefois de laurier. La couronne obsidionale était présentée par les assiégés au capitaine ou gouverneur qui avait fait lever le siége; elle était faite avec de l'herbe verte, cueillie dans la ville assiégée. La couronne civique se donnait par le général d'armée à un citoyen qui avait conservé la vie à un autre citoyen en tuant son ennemi; elle était de feuilles de chône avec les glands. La couronne murale était pour celui qui avait été le premier à l’escalade, et qui avait monté eur les murs d’une ville assiégée, ou était entré par la brèche; elle était d’or, et son cercle était élevé en forme de créneaux de murailles. La couronne castrense ou vullaire se donnait à celui qui était entré le premier dans les retranchements des ennemis. Sa figure représentait en or une pallissade forcée. La couronne navale était donnée à celui qui était monté le premier à bord du vaisseau ennemi dans un combat naval. Elle était d’or, et environnée de petits éperons et de proues de navires, le tout du même métal.

Dans les jeux de la Grèce, on couronnaït pareïllement les vainqueurs : aux jeux olympiques, dédiés à Jupiter, la couronne était d’olivier sauvage; aux jeux Pythiens, en l'honneur d’Apollon, de laurier ; aux jeux Isthmiens, de bran ches de pin; et aux jeux Néméens, d’ache. On donnait aussi aux gladiateurs qu’on mettait en liberté une couronne de laine.

Menestus et Callimaque, tous deux médecins, écrivirent contre l'usage des couronnes de fleurs dans les festins , prétendant qu’elles étaient nuisibles au cerveau ; mais un autre médecin, Typhon, et Ariston le Péripatéticien, ont soutenu

: le contraire, disant que les fleurs peuvent ouvrir les pores

du cerveau, et donner par ce moyen un libre passage aux fumées des viandes et du vin. On trouve sur les médailles quatre sortes de couronnes propres aux empereurs romains : 1° une couronne de laurier; 2° une couronne rayonnée; 3° une couronne ornée de perles et quelquefois de pierreries; 4° une espèce de bonnet, -tel que les princes de l’'Empirele mettentsur leur écu. Jules César obtint du sénat la permission de porter la première, à cause, dit-on, qu’il était chauve; ses successeurs l’imitèrent. La couronne radiale n’était accordée aux princes qu'après leur mort ; mais Néron la prit de son vivant. On les voit sur les médailles avec la couronne perlée. Justinien est le premier qui ait porté celle de la quatrième espèce, que Du Cange nomme camelancium. Edme HÉREAU.

Aux premiers jours des temps modernes , quand le Christ, pour avoir prêché la plus simple comme la plus douce des religions , fut abreuvé d’eutrages par ses adversaires ; quand, par une amère dérision, on lui eut posé sur le front la couronne d’épines, les ministres de cette religion, bientôt triomphante , adoptèrent la couronne en mémoire de ce que l'Homme-Dieu avait souffert. Plusieurs Pères et Docteurs de l'Église expliquent ainsi l’origine de la tonsur e ecclésiastique ; et nous lisons qu'aux premiers siècles du christianisme la couronne ou tonsure des prêtres embrassait tout le haut de la tête. Les empereurs romains de la famille de César ne portèrent pas de diadème ; on les représente souvent avec une couronne de laurier. Ce fut Héliogabale qui porta le premier un rang de perles sur la tête. Cette espèce de diadème devint fort en usage, surtout depuis le temps de Constantin. « On le voit souvent exprimé sur les médailles, dit Du Cange, mais avec cette différence qu'il est quelquefois composé d’un double rang de perles, et quelquefois entremêlé de pierres précieuses enchâssées dans l’or. » Quand les peuples du Nord eurent détruit la ville éternelle, et que l'Occident resta seul à la dignité impériale, qui fut considérée comme la première des souverainetés temporelles de l’Europe, les empereurs se servirent d’une couronne en usage à Constantinople, et que le bibliothécaire Anastase appelle spanoclista, c’est-à-dire couverte par le haut. Cette couronne, qui se terminait par un cercle d’or, est celle dont un auteur latin du moyen âge disait : « La couronne impériale est le cercle de la terre, elle désigne la puissance universelle. » Et pourtant cette puissance universelle était revendiquée par un autre souverain, qui pendant plusieurs siècles fut le maître du monde civilisé et chrétien. Les papes, comme on le sait, portaient la triple couronne, et voici comment s'exprime à ce sujet le Cérémonial Romain : « Les pontifes portent la tiare, aussi nommée règne; elle est ornée de trois couronnes , qui signifient que les papes réunissent la puissance ecclésiastique et impériale. » Et le même livre nous fournit encore ce passage : « La couronne impériale diffère des autres; elle est surmontée d’une mitre semblable à celle des évêques, plus petite cependant, plus large et moins pointue; son ouverture est au front; au-dessus d’un cercle d’or est placée une petite croix. » Mais cette couronne était celle que les papes donnaient aux empereurs ; car nous lisons que ces premiers dignitaires laïques de l’Europe au moyen âge portaient trois couronnes : une d’argent à Aix-la-Chapelle, comme roi d'Allemagne; une de fer à Milan, comme roi de Lombardie; une d’or à Rome, comme empereur.

Vers le dixième siècle, quand les États féodaux se formèrent, les rois, les ducs, les marquis, les comtes, prirent la couronne. Elle consistait alors en un cercle d'or; du moins nous trouvons ces eouronnes ainsi désignées dans les poëmes du douzième siècle, dans Garin le Loherain et dans le Brut d'Angleterre : « Prens ceste dame , est-il dit das le premier de ces poëmes, il n’y en a pas de plus belle, »

Sire seras de trestot cest pays Le cercle d'or tenras el chief assis,

Le cercle d'or entrafnait la puissance absolue, la royauté, avec un simple hommage de reconnaissance au suzerain:

Si nous cherchons quelles ont été les couronnes en usage aux différentes époques de notre monarchie française, voici ce que nous trouvons dans un excellent mémoire que Du Cange nous a laissé sur ce sujet. Les rois de la première race portèrent des couronnes de quatre sortes; la première était un diadème de perles, fait en forme de bandeau , avec les bandelettes qui pendent derrière la tête. La seconde, celle que portaient les empereurs au moyen âge, et dont nous avons parlé plus haut, La troisième avait la forme d’un morlier, comme celui des présidents aux parlements de France. La dernière, enfin, était en forme de chapeau pyramidal, qui finissait en une pointe surmontée d’une grosse perle. Quant aux rois de la seconde race, les monnaies de cette époque nous les représentent avec la tête ceinte d’un double rang de perles ; quelquefois nous les voyons avec une couronne de laurier ; leurs sceaux ou cachets surtout nous les représenten\ainsi. N'oublions pas que ces cachets étaient souvent une pietre antique, avec l'image d’un empereur romain! autour de laquelle ces souverains faisaient graver leurs noms. Il portaient aussi une mitre impériale surmontée d’une croix. Pour ceux de la troisième race, au contraire, les monnaits et les sceaux ne nous font connaître qu'une seule espèce de couronne, composée d’un cercle d’or, eurichi de pierreries, et rehaussé de fleurs de lys. On a plusieurs exemples de couronne fermée par le sommet avant le règne de François I‘, qui, dit-on, adopta cette forme pour ne le céder en rien à Charles-Quint. Aux fêtes célébrées en 1498, à l’entrée de Louis XII dans Paris, on voyait une couronne timbrée en forme d'empereur sur l’échafaud royal. Cette dernière espèce resta en wusage, et nous la voyons encore adoptée aujourd’hui.

Nous avons dit que les princes féodaux portaient la couronne ; nous voyons en France les douze pairs assister au sacre du roi ayant le cercle d’or sur la tête. Charles le Chauve accorda aux ducs le privilége de porter la couronne; et plus tard, la féodalité croissant toujours en puissance, en étendue, chacun de ses membres, roi dans son domaine, porta la couronne. Le Roux pe LIncy.

Couronne se dit figurément encore de la gloire que les martyrs acquièrent en mourant pour la foi, et de la béatitude que Dieu donne à ses saints : La couronne du martyre; la couronne de gloire, de justice; la couronne des saints.

Ce mot se dit aussi figurément de la puissance royale : aspirer à la couronne; abdiquer la couronne. L'héritier présomptif de la couronne. Un des plus beaux fleurons de la couronne d'un prince, c’est une de ses principales prérogatives, un de ses meilleurs revenus, une de ses plus belles provinces. C’est aussi une monarchie, un État gouverné par un roi, par un empereur: la couronne de France, la couronne d'Espagne.

Les sciences médicales et naturelles ont dû recourir fréquemment à ce nom du langage usuel. En botanique, l’appendice qui dans quelques fleurs surmonte la gorge de la corolle ou du périanthe simple a été appelé couronne. Les bractées qui surmontent les fleurs (fritillaire, vulgo couronne impériale ), les feuilles ramassées en rose au haut de la tige ou des rameaux (palmiers ), sont dites couronnantes. Le nectaire qui surmonte l'ovaire est couronnant dans les ombellifères.

En anatomie, couronne des dents signifie la partie de la dent qui fait saillie hors de la gencive. Ce nom est évidem ment plus applicable aux dents molaires ou mâchelières, qui sont plus ou moins arrondies, qu'aux canines , aux in= cisives et aux molaires tranchantes et aplaties.

Courenne des glands est le nom donné aux bourrelets arrondis et presque circulaires qui forment la limite entre les corps caverneux et l’extrémité de certains organes ex-

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