COURONNE DE FER
métal ruoins précieux. Un petit cercle de fer, formé, dit-on, d’un des clous qui servirent à crucifier Jésus-Christ, et placé dans sa partie intérieure, l’a seul fait appeler couronne de fer. Depuis, elle a été toujours déposée dans le trésor du monastère de Monza (à 17 kilomètres de Milan). C’est là qu’en 774 Charlemagne la reçut du pape Adrien I‘. En 1452 elle fut portée à Rome pour le couronnement de Frédéric IV, et en 1530 à Bologne pour celui de Charles-Quint, Le 26 mai 1805, à Milan, en présence de tous les corps de l’État, des envoyés des puissances alliées et des nombreux dignitaires de France, Napoléon réunit la couronne de fer à la couronne impériale. C’est à cette occasion qu’il prononça ces paroles sorties de la bouche d’Agilulphe douze siècles auparavant: Dieu me l’a donnée, gare à qui la touchera !
Le 5 juin suivant, pour récompenser les services rendus à l'Italie, tant dans la carrière des armes que dans celles de l'administration, de la magistrature, des lettres et des arts, Napoléon institua l’ordre de la Couronne de Fer, composé de 500 chevaliers, 100 commandeurs et 20 dignitaires. La décoration consiste dans la représentation de la couronne lombarde, avec sa devise autour, suspendue à un ruban orange à liseré vert. Un revenu sur le #onte Napoleone de 400,000 écus de Milan (304,000 fr.) était affecté par le fondateur à la dotation de l’ordre, Cette rente fut considérablement augmentée depuis.
Une ordonnance de Louis XVIII, du 19 juillet 1814, portait: Ceux de nos sujets qui ont obtenu l’ordre de la couronne de fer continueront de la porter à la charge par eux de se pourvoir auprès du suuverain auquel cet ordre appartient. » En effet, la Lombardie étant retombée sous le joug de l’Autriche, l’ordre fondé par Napoléon est devenu pour les Français un ordre étranger, dont dispose la cour de Vienne. .
COURONNE D’ÉPINES, celle dont les Juifs par dérision ensanglantèrent la tête du Fils de l'Homme durant l’a-
gonie de sa Passion. Au commencement du douzième siècle, les moines de l’abbaye de Saint-Denis se glorifiaient de la posséder. On ne sait d’où ils la tenaient; mais ce qu'il y à de certain, c’est qu’on peut lire dans le Recueil des Histo- ‘siens de France qu’en 1191 un fils de Philippe-Auguste ayant été attaqué d’une dyssenterie violente, ces religieux partirent de leur demeure nu-pieds, portant Ze bras de saint Siméon, le saint clou, lacouronne d’épines, et, suivis d’un immense cortége de Parisiens et d’écoliers, firent suc- .cessivement baiser au jeune prince ces reliques, et les lui appliquèrent sur toutes les parties malades. Aussitôt l’enfant royal alla de mieux en mieux.
En décembre 1206, disent les mêmes historiens, la Seine ayant débordé extraordinairement et causé de grands ravages dans Paris, emportantle Petit-Pont, plusieurs maisons construites dessus et d’autres de la ville, montant jusqu’au deuxième étage de la plupart de celles qui résistaient et ne pouvaient plus communiquer qu’en bateaux, Henri, abbé de Saint-Denis, vint, avec une nombreuse procession de prêtres et de laïques, marchant nu-pieds, porter le saint clou, le très-saint bois et la couronne d’épines sur le bord du fleuve et lui donner sa bénédiction, qui fut si efficace qu’aussitôt il dimninua sensiblement.
Comment faire concorder cependant ces deux récits avec ce que nous lisons dans le père Daniel, que trente-trois ans après saint Louis dégagea à ses frais la véritable couronne d’épines qui avait été engagée par Baudouin, empereur de Constantinople, pour une somme cousidérable? Quoi qu'il en soit, la relique que le fils de Blanche de Castille avait payée si cher arriva le 10 août 1239 à Villeneuve-l’Archevêque, où le roi et sa famille se rendirent avec beaucoup de solennité, Elle était contenue dans trois cassettes successives, la première de bois, la seconde d’argent, la troisième d’or, Elles furent toutes trois ouvertes, el aux yeux du public émerveillé on exposa la sainte couronne, De là, portée par le roi,
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