CRANACH — CRANE
brane cartilagineuse, destinée à étre changée en os. Dansla septième ou huitième semaine de la conception, il se forme dans cette membrane autant de points d’ossification qu’il existe d’os du crâne ; ces points s'étendent ensuite en forme de rayons par la juxta-position de nouvelles molécules osseuses, jusqu’à ce qu’il en résulte des os solides, dont les extrémités s’engrènent entre elles et forment les sutures. Il faut distinguer dans la structure du crâne deux lames osseuses compactes, une extérieure et une intérieure, et une substance spongieuse (le diploé), qui les sépare, mais d’une manière un peu inégale, ce qui fait qu’il n'y a pas de parallélisme absolu entre ces mêmes lames. Suivons maintenant la formation du crâne, et remarquons que la déposition de la substance osseuse, en s’effectuant sur la membrane cartilagineuse dont nous avons parlé, et celle-ci étant moulée sur le cerveau , il faut de toute nécessité que le crâne soit moulé sur ce viscère : c’est donc la masse du cerveau qui détermine l'étendue du crâne, et c'est le développement de ses différentes parties qui en détermine la forme.
Cette forme varie depuis l'enfance jusqu’à la décrépitude, et suit les changements qui se succèdent dans le cerveau. C’est une chose bien démontrée, et sur laquelle il ne peut. y avoir de doute, que dans le fœtus les formes futures de l'individu , ou pour mieux dire la tendance aux formes que les parties adopteront par la suite, sont déterminées dans le moment même de la conception. Aussi non-seulement les formes des différentes parties du corps varient originairement d’un enfant à l’autre, comme les physionomies, la taille, etc., mais la forme future de la tête même luiest originairement empreinte par la tendance naturelle du développement différent des diverses parties cérébrales. On a prétendu que dans les accouchements difficiles, et par l'application des instruments, on pouvait faire varier la forme du crâne. Il est facile de se convaincre que de pareilles objections ne sont pas fondées, si on réfléchit que les changements de la forme des têtes des enfants nouveau-nés n’existent ordinairement que pour les parties molles (pour les enveloppes du crâne). Mais quand même les parties osseuses et le cerveau auraient été obligés de céder momentanément à une compression violente , leur élasticité réagit aussitôt que la pression cesse , et les parties reprennent, au bout d’un certain temps, leur forme naturelle. Si le rétablissement des os comprimés n’a pas pu avoir lieu, on verra que les fonctions du cerveau seront proportionnellement altérées. Il n’est donc pas donné à un accoucheur, comme on l'a prétendu, de varier la forme des têtes que nous apportons en naissant, pas plus que de changer la ressemblance de nos physionomies.
Quand les os, après la naissance, ont acquis de la consistance, et que tous les intervalles membraneux ont été ossifiés, c’est encore l’encéphale qui imprime sa forme au crâne, Le cerveau d’un enfant de huit ans est plus volumineux que le cerveau d’un enfant nouveau-né, et le cerveau d’un adulte est plus volumineux que celui d’un enfant de huit ans. Or, de quelle manière le cerveau aurait-il pu être contenu dans la cavité cérébrale si celle-ci n’avait pas cédé en proportion du développement de ce viscère? Si l’on observe la surface interne du crâne d’un adulte, on verra distinctement l'impression des vaisseaux sanguins et l’impression des circonvolutions cérébrales, particulièrement sur le plancher orbitaire, dans les parties inférieure et antérieure du frontal et dans les temporaux.
Il ne faut pas croire, comme certains physiologistes Pont pensé, que l’extension du crâne a lieu par une sorte de pression que le cerveau exercerait contre sa surface interne. 11 se passe ici la même chose que pour toutes les autres parties du corps : usure, sécrétion, nutrition, décomposition et recomposition. Les molécules osseuses sont absorbées, et d’autres sunt sécrélées et déposées à leur place, mais avec les modifications déterminées par la croissance
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