COLOMBINE — COLON
la défroque du défunt. L'Opéra-Comique offrit à ses spectateurs une Colombine; ét la malicieuse suivante du Tableau parlant ne fut pas inférieure à ses aînées. Les théâtres du second et du troisième ordre vinrent également à la curée. Colombine, avec son Arlequin, fit surtout merveille au théâtre du Vaudeville, silué alors dans la rue de Chartres. I] la montra au public dans une foule de rôles de caractère et même de travestissements. En général, pourtant, cette nouvelle scène lui conserva le costume convenu. Une ‘fois cependant, à l'exemple d’Arlequin, on la vit, maligne parodiste, critiquer, dans Colombine philosophe, la Delphine de M° de Staël. Mais Colombine mannequin, amusante folie, fut surtout son triomphe,
Comme son noir amant, la pauvre Colombine a vu passer ses Jours de fête. A peine daigne-t-on l’admettre aujourd'hui dans la troupe des marionnettes de Séraphin. Plus pour elle de ces brillantes soirées où la cour et la ville se réunissaient pour l’applaudir! plus d’explosions bruyantes, plus de triomphes, plus de couronnes! Pour tout dédommagement, les rires et les trépignements joyeux du premier âge, les naïves exclamations des bonnes d’enfants, celles des provinciaux fraîchement débarqués, des femmes de chambre et des conscrits. Elle a même retrouvé, par grande tolérance , dans un coïn de Paris, son enveloppe charnelie : On la ressuscite, à de longs intervalles, bien réelle et bien vivante, au Théâtre des Funambules, où elle passe sa vie à fuir de maison en maison, de rue en rue, de ville en ville, de forêt en forêt, les poursuites de l'éternel Cassandre, plus vieux, plus laid, plus avare, plus amoureux et plus battu que jamais.
COLOMBO, chef-lieu de l’île de Ceylan, sur la côte sud-ouest, et bâli sur un isthme limité du côté de la terre par un petit ruisseau d’eau douce, est le siége dugouverneur et des autres autorités anglaises, et comple de 45 à 50,000 habitants. Cette population, qui est restée toujours flottante dans ces derniers temps, en raison du grand nombre d’Hindons qui viennent s’y établir comme ouvriers, puis qui s’en retournent dès qu’ils ont amassé un petit pécule, se compose, indépendamment d’un petit nombre d’Européens, pour la plupart officiers, fonctionnaires ou marchands, de Singalais, de Malais, de Malabares et de Maures. Les huttes et les maisons des naturels sont cachées sous une voûte épaisse de cocotiers et autres arbres des tropiques, de sorte que la ville a presque tout l'aspect d’une vaste forêt ou d’un immense jardin. Les maisons des Européens, bien bâties en pierre, entourées d’un mur en terre, et situées pour la plupart aux environs du fort, sont aussi ombragées par des cocoliers. Le manque de bonne eau potable et la situation même de la ville Ja rendent fort malsaine pour les Européens pendant la saison des chaleurs.
Colombo, qui, en fait d'édifices de quelque importance, possède une église catholique et une église réformée, une mosquée, un hôpital militaire et une maison d’orphelins parfaitement organisée, est entourée de bois de cannelliers, de plantations de café, etc. Quoique son port soit mauvais, celte ville fait un commerce de produits du sol qui acquiert chaque jour des proportions plus grandes. L'industrie des habitants consiste surtout dans la fabrication d'étoffes en coton, la distillation du rhum et de l’arak, et la fabrication des cordages. On y trouve aussi un grand nombre d'habiles orfévres, joailliers et lapidaires. Les missionnaires y ont créé divers établissements d'instruction publique; et on y trouve même un collége, Colombo est en outre une des slations principales de la navigation à vapeur entre Suez, Calcutta et le reste de l'Orient.
COLOMBO (Racine de). Cette racine, si préconisée dans la matière médicale des modernes , ést le produit du coculus palmatus , arbrisseau de la famille des ménispermées. Cette plante est indigène de Ja partie orientale de l'Afrique méridionale, où elle croît en grande abondance
dans les forêts de Mozambique, entre Oïbo et Mozambo, Les naturels arrachent la racine dans le mois de mars, et la portent à Tranquebar, où c’est un article considérable d'exportation pour les Portugais. En 1825 on en a introduit la culture aux îles Maurice et de la Réunion, pour satisfaire aux besoins du commerce. Dans les Indes, on emploie avec succès la racine de colombo pour combattre la dyssenterie , les affections chroniques des voies digestives et le choléra. Cette racine arrête, dit-on, les vomissements qui accompagnent la grossesse. Elle est astringente et fébrifuge.
La racine de colombo est vivace, rameuse, et porte des tubercules fusiformes. Les tiges sont annuelles et se fanent vers la fin du septième mois ; elles sont volubiles, simples, arrondies, velues, environ de la grosseur d’un tuyau de plume à écrire, portant des feuilles écartées, alternes, à cinq lobes quinquénervés. Les lobes sont entiers et acuminés, supportés par des pétioles cylindriques et velus, plus courts que les feuilles. Les fleurs mâles sont en grappes axillaires, solitaires, velues et composées, plus courtes que les feuilles, portant des pédoncules partiels et alternes , avec des fleurs scessiles et des bractées lancéolées , ciliées et caduques. Le calice est hexaphylle, avec trois folioles extérieures et troïs intérieures, égales, oblongues, obtuses et glabres. La corolle consiste en six pétales obtus, petits, oblongs, cunéiformes, concaves, charnus. Les étamines, au nombre de six, dépassent un peu la corolle; les anthères sont quadrilobées; le pistil manque. On ne recueille que les tubercules attachés aux racines. Ces espèces de rejetons sont sessiles,
Le colombo est apporté en Europe en sacs, et quelquefois dans des caisses. 11 est en morceaux coupés transversalement, qui ont généralement moins de dix millimètres d’épaisseur et de trois à cinq centimètres de diamètre. L'écorce de ces tubercules est épaisse et se détache facilement ; à l’intérieur, elle est d’un jaune brillant, et est couverte d’un épiderme ridé de couleur brun-olive. L'intérieur de la racine est d’une couleur brunâtre pâle et d’une texture spongieuse, avec des rayons convergents plus sombres, qui montrent les vaisseaux séveux desséchés. Les morceaux sont fréquemment troués par la piqûre des vers. On doit préférer les morceaux les moins troués, les plus brillants, solides et pesants. On a tenté la sophisticalion du colombo avec la racine de bryone blanche, colorée par la teinture du vrai colombo.
Celte racine a une odeur très-légèrement aromatique et une saveur fort amère. Sa cassure est amylacée, et les morceaux se mettent facilement en poudre. Tout porte à croire que le colombo contient de la cinchonine, à laquelle il emprunte une partie de ses vertus médicamenteuses.
PELOuzE père.
COLON ( du lafin colere, cultiver, labourer, faire valoir un champ), celui qui cultive une terre dans quelque pays que ce soit. Dans certaines conditions le cultivateur devient colon partiaire. Chez les anciens, les colons étaient des cultivateurs asservis, dont la condition était si dure qu’on les a souvent confondus avec les esclaves. Chez les Germains conquérants la quatrième classe se composait des serfs ou colons, qui exerçaient divers métiers, et qu’on chargeait des travaux de l’agriculture. Chez les premiers Francs, la condition des colons tenait le milieu entre celles des hommes libres et celle des serfs ( voyez CoLonar ).
Le plus ordinairement colon se dit de celui qui fait partie d’une colonie, qui habite une colonie. H entraîne le plus souvent l’idee d’un propriétaire qui fait cultiver des terres dans une colonie, Il y a de riches colons aux Antilles, II faut attirer des colons en Algérie, c'est-à-dire des hommes qui aient un capital, qui s’assujettissent à la résidence sur leur terre, et qui la cultivent eux-mêmes et la fassent culliver,
COLON (Anatomie ). Chez l’homme et les mammifères, dont le gros intestin est divisible en trois portions