‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 545 sur 607 · CRASSUS — CRATERE · texte numérisé non relu

CRASSUS — CRATERE

lui renvoyait de la Gaule avec un renfort. Cet hiver ne fut point stérile pour lui. 1] pilla les riches temples de Jérusalem et de la déesse Atargatis, vendit la justice et accabla les

.Syriens de taxes.

Cependant le roi des Parthes, Orodes, rassemblait de puissantes armées, se jelait avec une sur l'Arménie, dont le roi, Artabase, avait fait alliance avec les Romains , et confiait l’autre à son lieutenant Suréna, pour reconquérir la Mésopotamie. En l'an 53, Crassus, à la tête de sept légions de 4,000 cavaliers et d'autant de soldats armés à la légère, repassa l’Euphrate à Zeugma, dans la Comagène, et reçut dans son camp Abgare, roi d’Edesse, dont les perfides conseils lui firent perdre d’abord l'amitié du roi d'Arménie, et l'entraînèrent à sa perte. Abgare était l’espion de Suréna; il trompa Crassus sur les forces et sur les desseins des Parthes, et le conduisit à travers une campagne aride, coupée de marais et de sables, où la fatigue, la faim et l'indiscipline ; préparèrent sa défaite. Cassius et ses autres lieutenants le supplient vainement de changer de route : il ne croit que le perfide Abgare, et quand cette plaine qui lui semble dépeuplée se couvre tout à coup de soldats, d’armes et de chevaux, c’est encore le roi d'Edesse qu'il écoute au lieu de ses tribuns, pour disposer son armée en une masse compacte sur les bords d’une rivière appelée Bilécha.

Les Parthes, conduits par Suréna, enveloppent cette masse et l’accablent de leurs traits. Le fils de Crassus, Publius, qui s'était distingué dans les Gaules sous César, s’ulance sur eux avec treize cents cavaliers et huit cohortes, Pélite de l'armée romaine. Les Parthes fuient, l'attirent dans un piége, le massacrent avec tout son monde, et Crassus n’en est averti qu’en revoyant la tête de son fils au haut d’une pique ennemie. A cette vue, le vieillard n’est plus ni un Romain ni un capitaine : il se laisse entraîner jusqu’à la ville de Carres par ses légions découragées, et là c’est encore à un espion de Suréna qu'il se confie au lieu d'écouter les avis de Cassius. Le Carrien Andromachus le pousse vers des marais, à travers lesquels deux ou trois de ses lieutenants se sauvent à grande peine. Réduit à quatre cohortes, il accepte une entrevue que Suréna lui fait offrir pour traiter de la paix, et périt dans une misérable querelle suscitée à dessein par ce général,

Sa tête fut portée au roi des Parthes. Orodes la reçut au milieu d’un festin, et fit verser de l'or fondu dans sa bouche, en lui disant : « Rassasie-toi de ce métal, dont tu as été si affamé. » Cette vile passion déshonore en effet toute la vie de Crassus. « On n’est pas riche, disait-il, quand on ne peut entretenir une armée ; » et tous les moyens de s'enrichir lui paraissaient bons et justes. Les proscriptions, le pillage, les exactions, l'usure, le trafic des esclaves, tout servait à l’accroissement de sa fortune, qui d’un patrimoine de quinze cent mille francs de notre monnaie était montée à trente-trois millions de biens à son départ pour la guerre des Parthes.

Le bruit de cette catastrophe, arrivée l’an 53 avant J.-C., se perdit bientôt dans le fracas de la guerre civile et du choc de César et de Pompée. Crassus n’était pas fait pour luttet contre de tels hommes. A tout prendre, sa vie fut celle d’un mauvais citoyen, et il fallait plus que les deux victoires de sa jeunesse pour effacer cette parole de son biographe : « Que sa richesse lui venait du sang et du feu, et qu'il avait fait son plus grand revenu des calamités publiques. »

; ViENNET, de l'Académie Francaise. ]

CRATERE ( du grec xparp, grand vase dans lequel on mêlait l’eau et le vin ), bouche ignivome d’un volcan en activité, ou cavité par laquelle sortirent autrefois les flammes et les courants de laves d’un volcan éteint. Les anciens avaient cru reconnaître la forme d’une coupe dans celle de ces cavités volcaniques, et de là vient le nom qu'ils leur donnèrent et qui à passé dans notre langue; mas ces comparaisons peuvent se passer d’une grande justesse, et les ob servateurs attentifs ne les feront point. Il n’y a point d'uni-

formité dans les cratères des volcans éteints ; depuis tant de siècles qu’ils éprouvent l’action des agents atmosphériques, il n’en reste plus que des ruines, qui ne peuvent servir à retrouver ce qui est détruit, L’Etna même, quoique son activité n’ait pas cessé, n’a plus aujourd’hui son ancien Cratère, dont une partie a roulé sur les flancs de la montagne et une autre est retombée dans les abimes d’où elle était sortie. Ce n’est donc que par application aux jeunes volcans que le cratère peut justifier le nom qu'il porte; le Vé- - suve, dont les éruptions le plus anciennement connues ne remontent guère au delà de trois mille ans, est encore dans sa jeunesse, et sa bouche paraît avoir conservé sa forme primitive. C’est par la direction des courants de lave qu’on peut retrouver l'emplacement des cratères de volcans éteints ; ceux de l’ancienne province d'Auvergne, du bassin du Rhin, etc., ont été reconnus en suivant ces indications. Quant aux volcans en ignition, le cratère n’est pas toujours au sommet de la montagne qui livre le passage aux feux souterrains ; effort des fluides élastiques renfermés et comprimés dans l'intérieur de la terre suit toujours la ligne de moindre résistance ; et pour l’Etna, cette ligne traverse la montagne vers la base, et non par le sommet. Ferry. Les naturalistes divisent les cratères en cratères de soutèvement et en cratères d’éruption. Par cratères d’éruption on entend la partie supérieure ou ouverture d’un conduit permanent en forme de tuyau de cheminée, s’élevant de l'intérieur du volcan jusqu’à son sommet, facilitant issue ” des mafières solides, liquides ou gazeuses,.qui se développent au fond, dans ce qu'on appelle le foyer du volcan. Les cratères de soulèvement, au contraire, sont des cavités circulaires, en forme d’entonnoir, entourées de parois escarpées, hérissées d’anfractuosités, qui sans avoir servi de la même manière que les autres à provoquer l’issue des matières volcaniques, ont reçu cette configuration semblable à un calice ou cratère par le soulèvement et la rupture de la croûte terrestre solide, au moyen de la force d'expansion des gaz. et des vapeurs comprimés et agissant dans l’intérieur de la terre. Cette dernière classe de cratères est celle qu’on observe le plus souvent dans les îles qui se sont formées à la suite de soulèvements ou de commotions volcaniques. Quant aux cratères d’éruption, il est aisé de comprendre qu'une monfagne projetant du feu peut en changer le lieu et aussi avoir plusieurs cratères à la fois; le plus considérable se trouve cependant d'ordinaire à son sommet, d’où, en allant toujours en se rétrécissant davantage, il s'étend jusque dans les profondeurs du laboratoire souterrain du volcan, formant en même temps à sa partie supérieure une élévation de forme circulaire qui par l’accumulation successive de la lave, de la cendre et des pierres qu’il projette, arrive peu à peu à prendre les proportions d’une montagne, CRATES, célèbre philosophe cynique, qui vivait vers l'an 328 avant J.-C., et descendait d’une riche et ancienne famille de Thèbes. Après avoir spontanément renoncé à un héritage considérable, il se rendit à Athènes, pour s’y consacrer, sous la direction de Diogène, à la philosophie cynique ; et dans cette ville, par les grâces de son esprit et par ses qualités aimables il gagna si bien les cœurs de tous ceux avec lesquels il eut des rapports, qu’un jour, malgré sa laideur physique, la belle Hipparchie, fille d’un de ses dis: ciples, lui offrit sa main par véritable attachement. M. Boissonade est celui qui a publié de la manière la plus complète, dans ses Notices et extraits de manuscrits de la Bibliothèque du Roi (tome 9, Paris, 1817 ), les 38 lettres qu’on lui attribue, mais qui sont évidemment d’une époque postérieure. H ne faut pas le confondre avec le célèbre grammairien grec Cnarès, de Malle, en Cilicie, surnommé pour cela Mallotés, qui fut élevé à Tarse, se rendit plus tard à Pergame, à la Cour, alors brillante, d’Attale, et y fonda une école particulière de grammaire, qui dans ses principes appliqués à la critique d’Homère combattit ceux de l’école fondée à

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