CRAPAUDINE — CRASSUS
Toutes sont exotiques, excepté le crassula rubens, qui croit en Europe sur les vieux murs, aux lieux sablonneux et pierreux. Mais les petites fleurs blanches de cette espèce ne donnent aucune idée de la beauté de ses congénères.
CRASSUS, surnom de plusieurs anciennes familles romaines, dont la plus connue est celle qui était une branche de l’antique race plébéienne des Licinii,
CRASSUS (Lucrus Liciius), né l’an 140 avant J.-C. le plus célèbre orateur de son époque, aussi remarquable par son esprit que par la probité dont il fit preuve comme proconsul dans sa province, fut consul l’an 95 avant J.-C., avec Quintus Mucius Scævola, La loi proposée par les consuls pour expulser de Rome fous ceux qui n’avaient pas l’exercice complet des droits de ciloyen irrita les alliés, et provoqua la guerre Sociale. L’an 92, en sa qualité de censeur, Crassus fit fermer les écoles de rhéteurs comme sources de corruption et de démoralisation pour la jeunesse. 11 mourut l’année suivante , à la suite d’une discussion qu'il eut dans le sénat avec le consul Lucius Marcius Philippus, au sujet des propositions de loi faites par le tribun Marcus Livius Drusus,
[ CRASSUS (Manrous Licinius), surnommé Dives, c’est-àdire Le riche, comme plusieurs de ses ancêtres. Ce triumwir naquit vers l'an de Rome 627, 115 ans avant J.-C. L'an 666 de Rome (85 av. J.-C.), il se réfugia en Espagne, pour y échapper aux vengeances de la faction de Marius. La mort de Marius et le triomphe de Sylla l'ayant ramené deux ans après en Italie, le nouveau dictateur, pressé par les armées de Cinna et de Marius le Jeune, chargea Crassus d’aller lever des troupes chez les Marses; et comme ce jeune bomme lui demandait une escorte pour passer à travers les partis ennemis : « Je te donne pour gardes, répondit Sylla, ton père, ton frère, tes parents et amis assassinés par Marius, » Crassus s’en remit à son intrépidité, et, ayant rassemblé une armée, il alla saccager une ville de l'Ombrie, où se manifesta son penchant à cette cupidité effrénée qui le rendit le plus avide et le plus opulent des Romains. Ce vice déplut à Sylla, qui lui préféra dès lors lejeune Pompée, et cette préférence fut la cause de la jalousie que Crassus ne cessa de montrer contre cet illustre capitaine.
Un service plus éminent aurait dû lui mériter le premier rang dans l’estime de Sylla. Les Samnites, guidés par Telesinus, étaient venus jusqu'aux portes de Rome, et menaçaient de la mettre à feu et à sang, Sylla, accouru avec son armée, avait vu détruire son aile gauche et son centre, et, repoussé vers Préneste, il déplorait déjà la chute de Rome, quand, au milieu de la nuit, un courrier de Crassus vint lui annoncer une victoire décisive. Crassus avait mis en déroute l’aile droite
et les soins généraux que réclament les plantes d'orangerie.
des Samnites, surpris le centre et la gauche dans le désor.
dre de la victoire, Telesinus avait péri dans la mêlée. Carinas, Ednetus et Censorinus, ses lieutenants, étaient prisonniers de guerre, et les débris de leur armée fuyaient vers Antemnes, où Crassus les avait poursuivis. Sylla songea moins à récompenser le sauveur de Rome qu’à se venger des vaincus, et il le fit en barbare.
Cependant les services de Crassus, et le talent d’orateur qu’il avait déployé dans le Forum, lui valurent, l'an 680 (71 av. J.-C.), les honneurs de la préture, et bientôt après il fut chargé de soutenir la guerre contre Spartacus. Ce gladiateurthrace, chef des esclaves révoltés dans la Lucanie, avait déjà défait deux ou trois armées romaines, Ses'succès avaient accru la sienne, jusqu’au nombre de cent vingt mille hommes. Les consuls Lentulus et Gellius venaient d’être défaits à leur tour, lorsque Crassus arriva à la tête de six légions. Son lieutenant, Mummius, ayant subi le sort des autres, Crassus fit décimer cinqcents légionnaires qui avaient donné l'exemple de la fuite, et cette sévérité ayant rétabli la discipline, il marcha droit à Spartacus. Il lui enleva un corps de dix mille hommes, qu'il fit passer au fil de l'épée,
et l'enferma dans une presqu'île, sur les bords du détroit de Rhegium; mais Spartacus ayant profité d'une horrible tempête pour s'échapper vers les montagnes de Pétilie, Crassus se remit à sa poursuite, tua d’abord les douze mille hommes de son arrière-garde , et l’anéantit lui-même avec son armée dans la Lucanie. Cinq mille fuyards échappèrent seuls à ce massacre; mais ils allèrent donner dans l'armée de Pompée, qui revenait d’Espagne; et celui-ci, par une forfanterie indigne de son nom, essaya d’enlever à Crassus l'honneur de cette victoire, en écrivant au sénat que si ce capitaine avait vaincu les rebelles , il avait, lui, coupé les racines de la rébellion. Un nouvel incident vint donner un aliment nouveau au juste mécontentemennt de Crassus. Le triomphe fut accordé au vainqueur deSertorius, tandis que le vainqueur des esclaves révoltés n’obtint que les honneurs de l'ovation; et ce double dépit, apaisé d’abord par leur avénement simultané au consulat, éclata pendant tout le cours de cette magistrature, qui s’écoula sans gloire pour l’un et pour l’autre. Crassus ne s’y distingua que par un repas de dix mille tables, donné au peuple romain, et une distribution de blé aux citoyens pauvres, pour trois mois de subsistance.
Il profitait ainsi de son immense fortune, faite dans les proscriptions de Sylla, pour s’attirer les bonnes grâces du peuple, tandis que Pompée ne flattait la démocratie qu’en augmentant l’autorité des magistrats populaires et celle des chevaliers romains au détriment de la puissance patricienne. L'an 65 av. J.-C., il fut nommé censeur avec Caïus Lutatius Catulus. La mésintelligence qui éclata entre eux fut cause qu’ilne fut point cette année procédé aux opérations du cens, et le contraignit enfin à se démettre.
Un autre ambitieux se révélait alors. C'était César. Crassus , accusé comme lui d’avoir trempé dans la conjuration de Catilina, et comme lui reconnu innocent , malgré lhistoire, qui en doute encore, s’acquit l'amitié de ce grand homme en répondant pour lui d’une somme équivalant à quatre millions de francs, au moment où ses créanciers allaient l'empêcher de prendre le commandement de l’armée d'Espagne.
César n’oublia jamais ce service rendu à sa fortune politique. Mais, par intérèt plus que par reconnaissance, 11 travailla sans cesse, de loin comme de près, à maintenir ou à rétablir la concorde entre Pompée et Crassus, pour les opposer à la ligue de Cicéron, de Catonet de Catulus. En l’an 60, il réussit à opérer entre eux une réconciliation complète; et ainsi naquit ce premier ériumvirat qui prépara la servitude romaine et l’abaissement de la république au profit de la tyrannie impériale, et qu’on renouvela en lan 56 dans des conférences tenues à Lucques.
Ces honneurs ne suffisaient point à Crassus. Il ne nouvait se dissimuler l’infériorité de sa gloire. Les exploits de Ponipée, ceux de César surtout, tourmentaient sa vieillesse. I brigua .une seconde fois le consulat, de concert avec Pompée et sous le patronage de César, auquel ses deux collègues devaient adjuger pour cinq ans le gouvernement de la Gaule. S’il faut en croire Plutarque, Crassus poussa l’ambition jusqu’à soudoyer des assassins pour se défaire de Caton et de Domitius, qui contrariaïient sa candidature, Il neut pas besoin de ce crime. Il fut consul un seconde fois avec Pompée (an 55 av. J.-C.), et se fit décerner le gouvernement de l'Asie. C'était pour lui la route des Indes, dont la conquête devait effacer tous les exploits de ses deux rivaux. Les Parthes étaient sur son chemin, et c’est par leur défaite qu’il voulait ouvrir sa course triomphale. En vain le tribun Atteius, s’opposant à cette guerre, fit retentir Rome de ses Imprécations, et fit des opérations magiques sur le passage de Crassus. Le triumvir brava ses malédictions et ss sortiléges ; il passa la mer à Brindes, gagna l’Euphrate, chassa les Parthes de la Mésopotamie, et revint prendre ses quartiers d'hiver en Syrie pour attendre son fils, que César