CRILLON
presque toutes les places, et mérita le litre de brave des braves, que Henri IV, lui donna. H.fil plus, il gagna duns cetle campagne l'amitié de Sully, dont il n’avail que l'estime. ü se trouvait à Lyon lorsque le roi, y étant venu pour recevoir Marie de Médicis, dit à ses courlisans, en mettant Ja main sur l'épaule. de Crillon : « Voilà le premier capitaine du monde. — Vous en avez menti, sire, c’est vous! »répliqua vivement Cri:lon. 1l aurait été fait maréchal, de France sans la duchesse de Beaufort, (Gabrielle), que le duc de Sully et lui avaient empêchée d'être reine, et, par, la marquise de Verneuil, qui trouvait en eux des censeurs trop sévères. L'âge et les infirmités, non moins que.son caractère, rendant peu agréable à Crillon ie séjour de Ja cour, luisfaisaient désirer le repos. 11 obtiat la permission de céder son régiment des gardes à Créqui, comme au plus digne, et retourna vivre à Avignon, comme un citoyen simple. et modeste. à Ge jar Lift Ce fut là qu’il apprit la fin déplorable de son maître, dont il ne prononça plus le,nom sans verser des larmes, el sa douleur ne finit qu'avec sa vie: Un jour qu'il entendait précher la passion dans une église , ému par le tableau des/souffrances du Christ, ilse leva brusquement. en portant la main sur son épée , et s’écria : « Où étais-tu, Crillon? » Il refusa les offres de Marie de Médicis ,; persuadé que la disgrâce de Suily et la faveur de Con cini rendraient sa présence inutile à Ja cour. 11 mourut le 2 décembre 1615, à soixantequinze ans , avec le même courage que S'il eût marché au combat. Son corps était couvert.de vingt-deux blessures,.et son cœur était d’une, grosseur «extraordinaire. Les soldats V'appelaient l’homine sans peur. ‘Tant .de vertus n'étaient pas sans défauts : il portait la franchise jusqu'à Ja rudesse; il était pointilleux, et prêt à mettre l’épée à là main: pour un mot équivoque. | .., H4 AUDIFFRET..,)4 Comme il était mort sans enfants, son troisième frère, Thomas pes BaLges ne Bento, prit le nom de ;Orillon , ét, par le décès de. tous les autres frères réunit sur. sastète la totalité des biens appartenant à la famille. Jl épousa Marguerite de Guilhem, dont la maison est reconnue pour une branche.des Clermont-Lodève. Ce fut en faveur de FÆrançois-Félix pes BALBES DE BERTON, issu de ce mariage que la seigneurie de Crillon , située dans le comtat Venaissin, mais alors dépendance du saint-siége, fut érigée, en, duché par une bulle di pape Benoît XII , du 27 décembre. 1725. CRILLON (Louis pes BALBES DE BERTON , second duc pe) se distingua par ses talents militaires, et est encore.eélèbre aujourd'hui par ses Mémoires, publiés en 1791,quicontiennent une foule de documents précieux relatifs à Vart.de la guerre. Né en 1718, il avait fait dès 1733 une,campagne en Italie sous les ordres du maréchal de Villars. En 1742,1l servit en Allemagne avec la plus grande distinction sous le * duc d’Harcourt, Mais à l’époque de la guerre de sept-ans, par suite d’une mésintelligence qui éclata entre lui et: le ministère français, il passa au service d’Espagne. En! 1782, pendant la guerre d'Amérique, il fut créé duc de Mahon à l'occasion de la prise de Minorque, et.il mourut à Madrid, en 1796, avec le titre de capitaine général de Valence et. de Murcie, | PILE Son fils ainé mourut en 1806, sans laisser de postérité, Le second, François-Félix-Dorolhée pes BALBES ps BEr- TON, duc DE Crizuon , pair de France et lieutenant général , mort en 1820, avait fail ériger en duché, sous son nom, la terre de Boufllers, en Picardie, La noblesse du Beauvoisis le députa aux états généraux de 1789, et il forma chez lui une société qui devint le noyau du elub des Fenillants. Emp'isonné en 1792, le 9 thermidor lui rendit Ja liberté, La Restauration lui douna la pairie. H a laissé deuxfils, CRILLON (MaRiE=GÉranD-LoBis-FÉLIX- RODRIGUES DES BALBES pe BERTON, duc pe) et duc 8 BOUFFLERS , fils ainé du précédent, né en 1782, entra en 1814, avec le grade de lieutenant, dans les mousquetaires gris, et. fut, après les d