‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 569 sur 607 · CRIME · texte numérisé non relu

CRIME

| M. de Pastoret propose de les considérer dans leurs rapports

avec la nature, avec la société ou avec la loi positive. M. de Warville voudrait qu'on n'en admit que deux grandes classes : {° les crimes publics, qui se subdiviseraient en crimes moraux, civils et politiques , religieux ; 2° les crimes privés, parmi lesquels on distinguerait ceux contre l'honneur, contre la propriété ; contre la sûreté. Bentham reconnaissait des délits privés et réflectifs, semi-publics et publics ; ré- Jeetifs, qui, ne nuisant qu'au délinquant, ne sont pas incri= minés par la loi; semi-publics, qui affectent une corporation, une commune; publics, comprenant ceux contre la sûrete extérieure, la justice, la police, la force publique, le trésor public, la souveraineté, la morale et la religion ; privés, qui s'appliquent aux personnes, aux propriétés , à la répulation, à la condition civile. Le Code Pénal de 1810, comme celui de 1791, admit la division romaine de crimes publics, c'est-à-dire contre la chose publique, et de crimes privés, c’est-à-dire contre les particuliers.

Les crimes publics peuvent se subdiviser en trois classes : {° contre l'existence de l'État, lorsqu'ils menacent la nationalité; 2° contre {a constitution politique, quand ils s’adressent à la forme du gouvernement ou à l’exercice des droits politiques consacrés par la constitution ; 3° enfin contre l'ordre public : ce sont ceux commis par les fonctionnaires qui abusent de leur autorité, ou par les particuliers qui usurpent les fonctions publiques ou résistent à la force légale, Quant aux crimes privés, ils se classent tont naturellement selon qu’ils sont commis soit contre les personnes, soit contre les propriétés. Les comptes rendus de justice criminelle publiés tous les ans par les soins du ministre de la justice divisent également les crimes en crimes contre les personnes, contre les propriétés , el crimes politiques: En France, les crimes contre les personnes et surtout les atten- {ats à la pudeur sur des adultes ou sur des enfants ont augmenté sensiblement depuis vingt ans, tandis que les crimes contre les propriétés ont subi une diminution à peu de chose près équivalente. On distingue encore les crimespar rapport à la pénalité qu'ils entraînent ; c’est ainsi qu’autrefois on re connaissait des crimes ordinaires et des crimes extraordinaires, des crimes privés et des crimes publics, des crimes graciables et des crimes qui ne l’étaient pas; mais de toutes ces dénominations il n’en est resté qu’une seule en usage : c’est le crime capilal, qui entraîne avec lui la mort naturelle ou civile. L

Le principal inconvénient de la distinction des crimes et des délits est d’être essentiellement arbitraire ; il n’y a en morale aucun principe qui indique où commence le crime et où finit le délit. C’est souvent le même fait qui, d'après des circonstances extrinsèques, prend tantôt lune, tantôt l'autre de ces qualifications. Les motifs qui ont porté à un crime, la manière dont il a été commis, les instrurnents dont on s’est servi, le caractère du coupable, la récidive, l'âge, le sexe, la parenté, les temps, les lieux contribuent pareillement à caractériser l’énormité plus ou moins grande d'un crime. Mais le principe fondamental de la législation pénale est le suivant : pour qu’il y ait crime, il faut que l'acte ait été qualifié tel par une disposition précise d’une loi antérieure. Quant au législateur, s’il doit éviter ou faire disparaitre des lacunes qui seraient préjudiciables à l'ordre public, il doit surtout se garder de caractériser comme crime ce qui ne le serait point; « consulter l'opinion et se conformer aux lumières du siècle, dit le comte Berlier, voilà le vrai guide du législateur; c’est aussi le seul frein que la société puisse lui imposer, mais ce frein est une puissance réelle. » Ainsi on ne ferait plus revivre aujourd'hui ces crimes absurdes de sorcellerie et de magie, el on ne rallumerait plus de bûchers pour les crimes d’'hérésie.

La volonté étant un des éléments constitutifs du crime, la culpabilité ne saurait atteindre ni un homme en démence, ni un enfant en très-bas âge, qui agit sans discernement,

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ni celui qui a commis un homicide en défendant sa vieou celle d’une personne qu’on voulait assassiner; s’il a donné la mort par imprudence , il encourt la peine de l’imprudence ; il est innocent si le fait a eu lieu par un pur accident sans aucune faute de sa part.

En résumé le crime ne commence que lorsque l’action, qualifiée criminelle par une loi antérieure, a été commise avec dessein et sans motifs ou excuses valables. C'est alors seulement, quand tous ces caractères sont réunis, que le corps social acquiert le droit de frapper Pindividu reconnu coupable. W.-A. DuCKETT.

CRIMÉE ou KRIMÉE ( Krim ou Krym), péninsule de la Russie méridionale, formant la partie la plus importante du gouvernement de la Tauride, et qu’on désigne aussi sous le nom de presqu'ile de Tauride, La Crimée ne se rattache au reste du continent que par l'isthme très-étroit de Perekop, entre la mer Noire et la mer d’Azof, mers qui communiquent ensemble par le détroit de Kaffa. Le développement de ses côtes est d'environ 103 myriamètres et sa superfice de 198 myriamètres carrés : aussi est-elle encore plus accessible que la presqu'ile de Morée. Près du détroit de Kaffa, en face des premières assises du Caucase, s'élève abruptement au-dessus de la mer le plateau de la Tauride, qui, sous la déno-

. mination assez impropre de Jaila (Montagnes Alpestres), longe toute‘la côte méridionale, et envoie au nord différentes chaînes parallèles, richement boisées, séparées par de délicieuses vallées, jusqu'à ce qu’il se perde insensible. ment avec ses derniers contre-forts dans les steppes monoones qui occupent la plus grande partie de la péninsule. La plus méridionale de ces chaînes est la plus élevée de toutes ; le Tschadyrdagh, c’est-à-dire Montagne de la Tente (le Mons Trapezus des anciens), en est le point extrême d’altitude (1,580 mètres). Il domine tous les autres pics comme une

igantesque Montagne de la Table , et forme beaucoup de vastes et profondescavilés, dont quelques-unes restent remplies de glace toute l’année.

C’est aux. montagnes que renferme sa partie méridionale que la Crimée doit la réputation d’être l’un des plus pittoresques et des plus magnifiques pays de la terre. Les vallées, qui affectent tantôt la forme des rues étroites et sinueuses bordées de hautes murailles de rochers, tantôt celle de larges

"parallélogrammes, ou encore celle d’entonnoirs, sont traversées par dés rivières et des ruisseaux, fertiles sur tous les points, parfaitement cultivées, et, comme tout le sud, jouissent du plus beau climat et de la plus magnifique végétation tropicale. De même que les flancs des montagnes qui les bordent, elles sont couvertes de villages tatares produisant l’effet le plus pittoresque. Là, c’est un couvent grec, plus lein une mosquée tatare. Ici la montagne régulièrement découpéeen forme de marches d’éscalier, est accessible jusqu’à son sommet ; Jà on trouve sur les plateaux des pâturages aussi riches que ceux des montagnes de la Suisse, Ici sont des fours à moitié ruinées et d’autres débris de châteaux forts d’une lointaine époque ; là de magnifiques domaines et châteaux de plaisance,

* appartenant à l'aristocratie russe, avec leurs boïs d’oliviers, leurs vignes et leurs vergers, charment les regards. La culture des céréales, du millet, du tabac, y donne de riches produits; il en est de même decelle de la vigne, dont les plants ont ététirés de Bourgogne, de Champagne et de Bordeaux, du Rhin, de Hongrie, d'Espagne, de Portugal et de Madère, qui produit d'excellents vins, notamment à Sudak et à Koos,

et partout les plus délicieux raisins. Dans les vergers on |

trouve le pommier, le poirier, le prunier, labricotier, le pêcher, des melons, des arbouses, les légumes les plus délicats, des figues, des amandes, des grenades et jusqu’à des oranges, des fleurs de toutes les zones, des myrtes et des cyprès, comme on n'en voit pas même en Andalousie, Le noyer et le mürier y sont aussi des arbres très-communs,

"A ces différents produits il faut ajouter l'éducation des abeilles, qui donne d'importants produits en miel et en cire,

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