‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 571 sur 607 · CRIN — CRIQUET · texte numérisé non relu

CRIN — CRIQUET

contiennent une sorte de moelle. Le crin a beaucoup d’élasticité, et jouit d’une force assez grande ; ceux qui proviennent de la queue du cheval principalement supportent un poids assez lourd, et s’allongent d'environ un douzième avant de rompre. Les crins que l’on voit dans le commerce sont plats ou frisés. Le crin plat sert à fabriquer des tamis ou cribles, des pinceaux, une étoffe d’une grande durée. Les tapissiers, matelassiers, carrossiers, font une consommation considérable de crin frisé.

Le crin dit de France, à échantillon frisé, est un mélange de déchets des crins de queue, des crinières entières du cheval, des queues de bœuf, Ce crin est beaucoup plus court et plus faible que celui pure queue. 11 nous vient beaucoup de cette sorte inférieure de Buenos-Ayres. Le crin de Russie est en général encore moins estimé. Ses brins sont fins, mous, et exhalent une odeur fort désagréable, On nous apporte encore des peignures de Russie; c’est la sorte la plus inférieure.

Les bons crins sont ceux de la queue du cheval. Ceux-ci sont carrés ; on les vend en mèches séparées. Ils sont réservés à la fabrication des tissus, et pour les archets d’instruments à cordes. Il y a aussi des crins blancs, choisis exprès, et qui sont recherchés pour les tissus de couleur vive. Le crin crépi est celui qui a été filé en corde, puis bouilli pour le faire friser.

Un habile industriel français a fait voir quel parti on pouvait tirer du crin dans la fabrication des tissus. Il y a appliqué des procédés parfaits de teinture. Aujourd’hui on a introduit dans le tissage des tissus de crin ce qu’on avait prétendu impossible, c’est-à-dire les grands dessins damassés, les bouquets, etc., etc. Nous avons à cet égard laissé loin derrière nous les Anglais et les peuples de PAIlemagne.

Les métiers qui servent à la fabrication des étoffes de crin ne diffèrent que par le £emple et la navette des métiers ordinaires que l’on emploie pour les étoffes en soïe ou en coton. Au lieu de temple, on se sert de deux pinces à vis en fer pour tenir l’étoffe également et légèrement tendue. La navette se compose d’une longue règle en bois de buis ou tout autre bois dur, dont la longueur est de près d’un mètre, la largeur de deux à trois centimètres , l'épaisseur de quatre millimètres, et qui se termine par un fuseau en acier et un crochet. La chaîne des étoffes de crin est en fort fil de chanvre ou de lin, teint en noir, qui se tire de Lille et de Bailleul. La trame seule est en crin. L’ouvrier passe la navette d’une main entre les fils de la trame lorsque le pas est ouvert ; un enfant est placé sur l’un des côtés du métier, et présente un brin de crin à l’ouvrier près de la lisière qui est de son côté; l’ouvrier saisit ce brin avec le crochet de la navette, et en le tirant dans le sens de la largeur, il le fait passer dans l'étoffe. Le crin est placé en paquet, du côté du métier où se tient l’enfant, dans une boîte où il y a de l’eau pour le tenir humide; c’est ce qui donne au crin la souplesse nécessaire pour qu'il soit bien frappé dans le tissu. L’étoffe étant fabriquée, on lui donne le lustre par le moyen d’un laminoir ou cylindre composé d’un rouleau de papier, et d’un autre rouleau en fer creux dans lequel on a introduit des boulons de fer chauffé. L’étofie passe entre les deux rouleaux, soumise à une forte pression. PELOUZE père.

On a nommé crin végétal en Europe une substance textile, noire, d’un aspect pariiculier et assez semblable au crin, que l’on recueille sur le tronc du palmier à sucre, dans l’In le, à Java, et dans toute la Malaisie, C’est ainsi qu’on désigne encore une sorte de lilasse qui se tire du palmier n «a en faisant passer sous des cslinires les feuilles au préalable trempees d'eau. Le crin vésétal est employé dans la tabrication des cordages et surtout dans la garniture dx :iég - à bon marche.

CRINIÈRE Eu langage usuel, on désigne sous ce nom,

dérivé de crin, l'ensemble des poils longs ou crins qui sont sur le cou et entre les oreilles du cheval et du lion. On

uomine aussi Crinière la partie d'un caparaçon qui couvre le cou et la tête du cheval, En histoire naturelle, on a recours à ce nom pour désigner la masse de poils plus ou moins longs ou de plumes effilées qui garnissent une étendue plus ou moins grande de la ligne dorsale ou toute la région antérieure du cou. En outre des crinières composées de vrais poils ou crins qu’on ob:erve chez le cheval et le lion, les naturalistes ont constaté l'existence de semblables crinières chez plusieurs mammifères, savoir : 1° parmi les carnassiers, chez les civettes, les hyènes et une espèce de phoque, le lion marin de Steller; 2° dans les rongeurs, chez les porcs-épics et les agoutis; 3° parmi les ongulés dans toutes les espèces de solipèdes, chez les sangliers, les pécaris, la girafe, plusieurs espèces d’antilopes, les bufles et les ovibœufs. Les poils de ces crinières sont en général susceptibles d’être relevés ou hérissés beaucoup plus que ceux des autres parties du corps, par l'action des muscles peaussiers. Les anatomistes du cheval regardent la crinière de cet animal comme un ornement et un signe caractéristique de courage, et de force.

On donne aussi le nom de crnière à la touffe de crin tombante qui garnit le cimier des casques des gardes de Paris, des cuirassiers, des dragons, et qui flotfe par derrière. Noire pour les soldats et rouge pour les trompettes, elle avaitcessé sous la Restauration d’être pendante pour les cuirassiers, et ressemblait assez à la chenille que portent encore les sapeurs-pompiers.

CRINOLINE, Après avoir été appliqué à une étoffe en crin, ce mot a servi à désigner les amples jupons garnis d’abord de baleines, pis de fils métalliques, enfin de ressorts d’acier, que les femmes ont portés depuis 1853. La forme évasée des crinolines rappelait avec autant d’ampleur les paniers de nos aïeules. On les appela aussi des cages. Cette mode extravagante donna lieu à toute une fabrication industrielle, celle des ressorts d'acier pour jupes; la production annuelle en était évaluée pour la France à 2,400,000 kilogr.; pour l'Angleterre à 1,200,000; et pour les autres pays à 600,000. On estimait cette valeur première à près de 2 millions de francs, et celle de la main d'œuvre à environ 6 millions; restait la façon des jupes, qui était d’un prix considérable. La crinoline, qui passait déjà de mode vef#la fin de l'empire, a été tout à fait abandonnée pendant la dernière guerre, Mais 1871 a vu inau gurer. la mode des fournures, espèce de coussins de crinoline qu'on applique, en manière de postiches, sur les côtés et par derrière.

CRI PUBLIC. Cette expression se prend quelquefois pour clameur publique. Elle se dit aussi de la proclamation, ban, publication qui se fait, après avoir amassé le peuple à son de trompette ou de tambour dans les rues et places publiques d’une ville ou d’un bourg, à l’effet de rendre une chose publique,

CRIQUET , genre d'insectes de la famille des acridiens, section des orthoptères sauteurs. Latreilie a aussi désigné sous le nom de criquets toute la famille des acridiens. Les criquets proprement dits, dont l’entomologie forme le genre acridium , ont la tête ovoïde et les antennes filiformes. Leurs ailes sont souvent agréablement coloriées de rouge et de bleu, comme on le voit dans les espèces de notre pays. Le corselet des espèces des pays étrangers offre des formes très-bizarres. Un organe qui exerce quelque influence, soit dans le vol, soit dans la stri-lulation, et qui consiste en une grande cavité fermée en dedans par un diaphragme membraneux, très-mince et d’un blanc nacré ,'existe de chaque côté près de l’origine de l’abdomen dans beaucoup d’espèces de criquets. Latreile, qui le considère comme une sorte de tambour analogue à celui des cigales, l’a décrit dans les Mémoires du Muséum,

Sous le nom.de saulerelles de passage, les voyageurs désignent certaines espèces de criquets qui se réunissent en troupes innombrables, paraissent dans les airs comme un nuage épais , et font de longs voyages. Les lieux sur lesquels ces insectes destructeurs s'arrêtent sont d’abord ravagés et convertis en désert, ensuite infectés par la quantité efroyabie de leurs cadavres restés sur le sol. Miot et Latreille pensent que les: tas de cadavres de serpents ailés vus par Hérodote dans son voyage en Égypte étaient formés par des amas de ces espèces de criquels : c'est surtout en Afrique et en Égypte qu’on redoute le double fléau (la famineset les maladies, par infection} produit par l’arrivée de ces nuages dé criquets. Plusieurs parties de l’Europe sont souvent ravagées, par le criquet voyageur (acridium migralorium ). Le corps de cet insecte, commun en Pologne, est long de six centimètres et demi, ordinairement vert, avec des taches obscures. Il a encore pour caractères : Mandibules noires; étuis d’un brun clair, tachetés de noir; une crête peu saillante sur le corselét; œufs enveloppés, d’une substance écumeuse et gluante,. couleur de chair, et formant une coque que l’insecte colle aux plantes,

Les habitants de diverses contrées de l'Afrique mangent plusieurs espèces de criquets. Ils en font des provisions pour leur propre usage.ou pour le commerce, En Barbarie, on ôte les élytres, les ailes, et on conserve le corps dans de la saumure. Les indigènes du Sénégal les font sécher, les réduisent en poudre ; et l'emploient comme de la farine.

En langage familier, on appelle criquet un petit cheval faible et de vil prix : iles monté sur un criquet: C’est, une comparaison hyperbolique et dépréciative d’un petit chesal avec l’insecte que nous venons de décrire.

CRIS DE PARIS. VoyePCueries.

CRISE. Dans sa signification la plus générale, ce nom

s'applique à tous. les changements qui s'effectuent d’une manière plus ou moins rapide dans la constitution physique des corps organisés. Les résultats que.ces changements amènent, étant favorables ou nuisibles à l'existence de.ces corps, ont dû de bonne heure exciter l'attention des observateurs. Le mot crise est applicable aux phénomènes de la santé anfant qu'à ceux des maladies ; mais on s’en sert plus particulièrement pour indiquer les changements qui, amènent une solution quelconque de l’état morbide; dans Ja science qui traite des maladies aiguës de l'homme et des animaux domestiques. En raison de sa valeur ét#hologique, le mot crise. (du grec xpiou, de xpive, juger, trier, séparer) se prête raerveïlleusement à la double interprétation qu’en ont donnée les premiers pathologistes. En effet, la crise était à leurs yeux tantôt la décision, ou le jugement, ou l'issue d’un wmbat qui avait lieu entre la nature et la cause! Morbifique, rntôt les, efforts d’une prétendue force médicatrice pour &x puiser: la matière morbifique.

» Hiyra-crise.dans une maladie lorsqu'il y à augmentation ou diminution considérable, ou transformätion, ou cessation eomplèle des phénomènes morbides. Les divers états du pouls, les divers degrés de la chaleur ou de là souplesse de la peau, les traits de la physionomie, surtout ceux de la face, fournissent, dés,signes critiques ou indicateurs des cnises.. Les hémorrhagies, les flux. d’humeurs , soit glandulaires(saliveysurine, bile, crachats), soît franspiratoires (sueurs); les gonflements des diverses parties du corps (parotides, tuméfaetions de la face, des mains, des pieds, etc., etc.)s diverses-érnptions cutanées ( furoncles, charbons, érysipèles, dartres, etc.), des abcès ou dépôts purulents, sont autant de phénomènes morbides. considérés comme critiques, lorsque leur apparition produit la solution de la maladie, '

On distingue. les jours d'uné maladie en décréloires ou criliques, et en non décréloires. Les premiers sont ceux dans lesquels on observe soit les changements appelés crises, soit une simple indication de ces changements, On les

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