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CRUSIUS —
l'Église dut le faire prôner par les théologiens de son temps. Mais dès qu’on eut examiné avec un peu d’attention sa philosophie, et qu'on eut découvert ses nombreux défauts, elle ne tarda pas à tomber dans le discrédit et l'oubli. Tennemann lui-même, qui en général se montre très-favorable à Christian Crusius, convient que ce théolog'en-philosophe est resté bien en arrière du but de la science.
On a de Christian Crusius les ouvrages suivants : Dissertatio de Usu.et Limitibus Rationis Sufficientis (in-8°, Leipzig); De summis Rationis Principiis (Leipzig, 1752, in-8°) ( Dissertation sur l'usage légitime et Les limites du principe dit de La raison suffisante, ou mieux de laraison déterminante, en allem. (Leipzig, 1766, in-8°) ; Conseil pour vivre d'une manière conforme à la raison ( allem. Leip- 2igs 1767, in-8°). E. LAVIGNE.
CRUSSOL ( Famille de). Cette maison, originaire du Languedoc, portait primitivement le nom de Bastet, qu’elle ‘hangea contre celui d’un château et d’nn fief situés en Vivarais, au diocèse de Valence, à une petite distance de la rive droite du Rhône. La ville d’Uzès, capitale du pays d’'Usiège, après avoir appartenu à une illustre maison de chevalerie, passa dans celle de Crussol, par mariage, en 1486. Elle fut érigée en duché-pairie par lettres de 1572. La maison de Crussol s'était divisée en deux branches principales. Par l’extinction, en 1818, de celle des barons de Crussol, dont le dernier rejeton, le bailli de Crussol, lieutenant général, avait été appelé à la pairie par Louis XVIII, il ne reste plus que la branche ainée : celle des sires de Crussol, ducs d'Uzès.
Marie-Emmanuel-François pe Crussoz, né le 30 décembre 1756, fils unique de François-Emmanuel, duc d’Uzès, lieutenant généralet gouverneur deSaintonge et d’Angoumois, fut titré du vivant de son père ducde Crussol. Louis XVIII
VPappela à la chambre héréditaire en 1814, et le créa lieutenant général. I] se retira de la chambre en 1830, pour faire passer la pairie à son fils, mort en 1838. Il est décédé lui-même au mois d’août 1843.
Armand ve Crussoz, petit-fils du précédent, né en 1808, a siégé de 1844 à 1848 dans la chambre des députés et de 1852 à 1857 au corps législatif. Conservateur décidé, il eut, à propos de son vote sur l'indemnité Pritchard, un due! avec le marquis de Calvière, Il est mort en mars 1872, à Paris. De son mariage avec Mlle de Talhouët il a eu un fils, qui a été élu, en 1871, député du Gard à l’Assemblée nationale. !
CRUSTACE (de crusta, croûte), Les crustacés sont une classe du règne animal qui comprend tous les animaux articulés, à membres articulés, pourvus d’un squelette tégumentaire. Linné les plaçait parmi les insectes aptères, et les divisait en trois genres, savoir : les monocles, les crabes et les cloportes. Les travaux de Lamarck, Cuvier, Duméril, Leach et Latreille ont beaucoup contribué aux progrès de l’histoire spéciale de ces animaux. Le rang que les naturalistes leur assignent dans la série animale n’est point encore déterminé rigoureusement ; la divergence des opinions sur ce point tient aux diverses manières d'envisager leur organisation. Les uns les placent entre les poissons et les mollusques , les autres après les annélides et avant les arachnides et les insectes, et d’autres après les insectes, entre les arachnides et les myriapodes. Les anciens connaissaient les crustacés sous le nom de malacostracés. Aristote a parlé dans un-chapitre particulier des espèces qu’il connaissait. Afhénée a énuméré celles que l’on mange. Celles qui sont susceptibles d’être employées en médecine ont été mentionnées par Hippocrate,
Les crustacés sont ainsi nommés à cause de la nature de leur peau, qui est plus calcaire que celle des insectes, des arachnides et des myriapodes. Le volime de leur corps offre beaucoup de différences, depuis ceux qui sont microscopiques, jusqu'aux dimensions de 30 à 60 centimètres, en
CRUSTACE 795 passant par tous les degrés intermédiaires. Ji y a aussi beaucoup de variations dans leurs formes. Les uns sont globuleux et ovoïdes, les autres plus ou moins allongés, et même filiformes, quelques-uns comprimés, d’autres, enfin, déprimés , aplatis et minces comme une ‘feuille de papier. Leur peau ou enveloppe extérieure, quique généralement encroûtée de substance calcaire et très-solide, offre aussi chez quelques-uns une diminution de sa consistance, jusqu’à la mollesse d’une membrane. Elle est recouverte chez quelques autres d’une production assez semblable à des poils,ou d’une sorte d’épiderme mince; elle offre des couleurs variées, plus ou moins vives, et très-bien nuancées, Ces couleurs s’enlèvent avec les couches les plus superficielles du test. Quoique leur corps soit souvent composé d’une tête, d'un thorax, et d’un abdomen ou ventre, cette division en trois parties ne peut pas toujours être faite. Chez le plus grand nombre de crustacés la tête est soudée ou confondue avec le thorax; c'est ce qui a lieu chez les crabes, les homards, les écrevisses; tandis que les crevettes et les eloportes ont une tête bien distincte, et nettement séparée du tronc. C’est avec le thorax que sont articulées les pattes, qui offrent aussi des différences nombreuses sous le rapport de leurs formes, de leurs dispositions et de leurs fonctions. Ces différences, qui doivent être ici notées, consistent en ce que ces pattes sont propres à la marche (pieds ambulatoires), à la respiration (piéds respiratoires) et à la mastication ( pieds-mâchoires ). .
Chez ces animaux, qu’on distingue en général en #2alacostracés et en entomostracés, la bouche est en effet composée dans les premiers : d’une lèvre supérieure, de mandibules, de plusieurs mâchoires, et recouverte par des piedsmächoires , tenant lieu de lèvre inférieure : lés mandibules sont souvent palpigères; dans les seconds, c’est-à-dire les entomostracés, la bouche est tantôt en forme de bec, tantôt composée de mandibules avec ou sans palpes, et de deux paires de mâchoires en feuillets, auxquels sont souvent annexées des branchies. C’est dans les limules, dont la bouche a été comparée à celle des arachnides, qu’on voit toutes les hanches épineuses des pieds, qui sont au nombre de dix, faire partie de cet appareil buccal dont l’orifice est au milieu du corps. On y voit aussi en avant deux pinces, et en arrière une ;èvre inférieure.
Les pattes sont aussi quelquefois terminées par des espèces de tenailles, et portent le nom de paltes-pinces ; ou bien elles sont aplaties, et ressemblent à une nageoire. L'abdomen des crustacés, que l’on désigne improprement sous la dénomination de queue, est aussi plus ou moins long, et porte des appendices appelés fausses paltes, à l’aide desquelles les femelles retiennent leurs œufs sous le ventre. M. Milne-Edwards a parfaitement décrit les différents modes de respiration des crustacés. Les plus simples de ces êtres respirent comme les vers et les zoophytes, par la peau nue ; d’autres respirent par des espèces de trachées, à la manière des insectes. Il en est d’autres qui respirent par des branchies, comme les poissons et les mollusques, mais sans opercules comme les premiers, et sans coquilles comme les seconds. Seulement ils offrent en eux une poche où s’amasse l'eau aérée, laquelle s’y trouve agitée par un mouvement de va et vient, et comme par ventilation, sans diaphragme.
Les mouvements des crustacés sont très-variés : les uns ne sont propres qu’à nager ; plusieurs sont pourvus d’organes pour sauter à des distances assez grandes; il en est qui, à l’aide de pattes longues et crochues, grimpent facilement jusqu’à la cime des arbres ïes plus élevés (le pagure voleur); d’autres sont organisés pour la marche, qui a presque toujours lieu de côté. Cette marche est si rapide chez quelques-uns (ocypodes ), que, si l’on en croit Bosc, ils ne pourraient être atteints à la course par un Lon cheval, ou bien elle peut être soutenue longtemps, puisuw’il en est
qui, vivant dans l'intérieur des terres, entreprennent de longs voyages pour se rendre à la mer, Les crustacés sont ovipares ou ovovipares ; les uns portent leurs œufs entre les appendices de leur ventre, où ils sont fixés au moyen d'une matière gluante; les autres les déposent dans des poches qui existent, soit sous leur ahdomen, soit à la base de cette partie. Tantôt aussi les œufs sont placés dans une cavite située sur le dos de l’animal, ou bien, chez quelques-uns, ils sont immédiatement pondus à l’extérieur.
Les crustacés sont presque tous carnassiers, et se nourrissent de substances animales en décomposition. On les rencontre sous toutes les latitudes, dans des lieux très-variés : les uns vivent dans les mers, et à des profondeurs très-grandes, ou entre les rochers, ou entre les valves de certains coquillages marins et sur les plages ; les autres habitent les eaux douces; plusieurs sont terrestres et se creusent des terriers ; d’autres sont parasites.
La classification des crustacés a été perfectionnée, surtont par Latreille, qui en a formé sa première classe des animaux articulés, à pieds articulés. C’est lui qui l’a divisée en deux grandes sections : les malacostracés, et les entomostracés, Les premiers, dont les téguments sont généralement très-solides, ont de dix à quatorze pieds, ordinairement onguiculés, et se subdivisent en cinq ordres, savoir : les décapodes, les stomapodes, les amphipodes, les læmodipodes , et les isopodes. Les quatre premiers correspondent au genre écrevisse (cancer) de Linné, et le dernier au genre cloporte du même naturaliste, Les enfomostracés, qui comprennent le genre monocle et quelques espèces de lernées, sont distingués en dentés, qui forment l’ordre des branchiopodes, et en édentés ou ordre des pæcilopodes. Les entomostracés ont les téguments cornés , très-minces, et un test en forme de bouclier d'une à deux pièces, ou bien en forme de coquille bivalve. Les {ribolites sont aussi considérés comme des crustacés voisins des entomostracés.
Plusieurs espèces de crustacés sont servis sur nos tables comme aliments. Les plus connus sont le crabe-tourteau, les crevettes, les écrevisses, les homards, les langoustes. La chair des crustacés est peu nutritive et assez difficile à digérer. Quelques personnes éprouvent de fortes coliques ou des éruptions à la peau lorsqu'elles mangent des écrevisses et des homards. L. LAURENT,
CRUVEILHIER (Jean), professeur à la Faculté de Médecine de Paris, médecin de l’hôpital de la Charité, membre de l’Académie de Médecine de Paris, de l’Académie des Sciences de Turin, commandeur de la Légion d’Honneur, etc, Né à Limoges, le 9 février 1791, d’une famille de médecins fort estimés dans la province, M. Cruveilhier vint à Paris en 1808, pour suivre la profession de ses pères. Ce fut sous le patronage de Boyer et de Dupuytren, ses compatriotes, qu'il commença sa carrière médicale : il ne pouvait débuter sous de meilleurs auspices. Éclairé par les conseils et par les savantes leçons de ces deux maîtres, il fit de rapides progrès dans ses études, et en 1810 obtint au concours la première place d'élève externe , et l’année suivante celle d'élève interne. Après cinq années de sérieux travaux théoriques et pratiques, M. Cruveilhier commença à réaliser les espérances qu'avaient fait naître ses premiers pas dans le domaine de la science; il.publia deux volumes sous le titre : Essai sur l’'anatomiepathologique en général et sur les transformations et produclions organiques en particulier. Cet ouvrage fut accueilli avec une grande faveur dans le monde médical, Peu de temps après, des affections de famille appelèrent M. Cruveilhier à Limoges, Sur cet étroit théâtre, il ne négligea rien pour continuer ses travaux ; il y publia un volume intitulé : Médecine pratique éclairée par l’unatomie et La physiologie. Mais le séjour d'une ville de province ne pouvait longtemps lui convenir.
* revint à Paris, Un concours s'ouvrait pour l'agrégation; d s'y préseuta. Après un cencours brillant, il fut reçu le
CRUSTACÉ — CRUZEIRO
premier agrégé. Un an après, une chaire de professeur à ls faculté de Montpellier étant devenue vacante , il fut porté comme premier candidat pour remplir cette place, et choisi par le grand-maitre de l’Université, En 1825, la mort de Béclard laissa vide la chaire d'anatomie de la faculté de Paris, La Faculté mit le nom de Cruveilhier en tête de 1a liste, et la place lui fut accordée,
En 1826 il reconstitua la Société Anatomique, créée par Dupuytren trente ans auparavant, mais que les événements politiques avaient empêchée de fonctionner peu de temps après sa fondation. Cette réorganisation rendit un d service aux élèves en médecine, en leur offrant un centre éclairé pour leurs études et pour leurs travaux. M. Cruveilhier s’occupail dès lors d’un grand ouvrage, dont les premières publications parurent en 1829, sous le titre : Anatomie pathologique du corps humain. Dans cet immense travail, M. Cruveilhier avait pour but de décrire et de représenter par des planches toutes les altérations qne les maladies produisent sur la structure de chacun desnos organes etlappareils d'organes ; de démontrer les causes des maladies, leur pathogénie, d’en indiquer tous les symptômes, et enfin d’en présenter le traitement le plus rationnel. Cette œuvre capitale occupa M. Cruveilhier jusqu’en 1842; il y consacra la plus grande partie du loisir que lui laissaient ses nom breux travaux comme professeur et comme praticien. Le corps médical sentit si bien la valeur de cette publication, que l’un de ses plus illustres représentants, Dupuytren, légua deux cent mille francs pour fonder une chaïre d’anatomie pathologique, et la destina à M. Cruveilhier. La Faculté de Médecine s'empressa d'accomplir l’un des derniers vœux du grand chirurgien, et la chaire fut occupée jusqu’en 1866 par celui qu’il avait désiuné.
Au mil'eu de cette vie si hien remplie, M. Cruveilhier trouva encore le temps de publier un Discours sur les devoirs «£ la moralité du médecin (1837), une Vie de Dupuutren (1840, in 8), une Analomie du système nervcux de l’homme (1838-1845, in-fol., pl.), un Traité d’anatomie pathologique générale (1839-1864, 5 vol. in-8), et un Traité d'anatomie descriptive (1842-1859, 4 vol. in-8). Ces derniers ouvrages, écrits près du corps humain, devinrent aussi!ôt classiques; les descriptions en étaient d’une telleexartitude, ils rectifiaient tant d'erreurs propagées par les anatomistes de cabinet, qu'ils furent adoptés dan toutes les écoles. Eu 1856, M. Cruveilbier fut mis à la retraite comme médecin de la Charité.
CRUZADA, monnaie, F'oyez CRUSADE.
CRUZADA, nom d’un impôt qui constituait autrefois ure branche importante du revenu des rois d'Espagne. En 1457, sous ie règne du roi Henri de Castille, le pape Calixte TT publia une bulle en vertu de laquelle les rois d’Espagne et de Portugal étaient autorisés à lever un impôt spécial de 200 maravedis sur ceux de leurs sujets qui, sans prendre part à la croisade ccutre les Maures, désireraient participer au bénéfice des maulgences accordées à cette intention par le saint-siége , én faveur des morts et des vivants. Cette bulle ne devait dans l’origine avoir d'effet que pendant cinq années; mais les rois d'Espagne la firent renouveler de temps à autre, et en firent étendre les pouvoirs à d'autres Immu-
-nités; par exemple, à la faculté de faire gras les jours mai-
gres, ete. C'est en 1753 qu'ils recoururent pour la dernière fois à l'intervention de la cour de Rome dans ces matières. Chaque année les prêtres et les moines vendaient des exemplaires tout imprimés de cette bulle, et n'admettaient à confesse ou n'administraient l’extrême-onction qu'à ceux qui en étaient munis, On calcule que le produit annuel de cet impôt ecclésiastique s'élevait, tant en Espagne qu'en Amérique, à une douzaine de millions de francs.
CRUZEIRO (Ordre du ), ou de La Croix du Sud, créé au Brésil, en 1826, par l’empereur dom Pedro 1°", Il a pour insigne une croix à cinq rayons , assez ressemblante À cetie
CRUZEIRO
de la Légion d'Honneur, entourée d'une branche de cagaotier et d’une de caféier, et surmontée de la couronne d’or du Brésil. Au milieu on lit, d’un côté : Benè merentium premium, de l’autre, Petrus I, Brasiliæ imperator. Le ruban est bleu de ciel moiré.
CRYOLITHE, substance minérale en masses laminaires , elivables en prismes rectangulaires, de couleur ordinairement blanche, quelquefois salie par un mélange d’hydrate de fer ; elle raye le calcaire, et est rayée par la chaux fluatée; son éclat estun peu vitreux ; enfin, elle est composée de fluozrures d'aluminium et de sodium, et setrouve en filons ou en couches minces dans le granit etle gneiss du Groenland, oùelle accompagne l’oxyde d’étain, le wolfram, etc.
A. Des GENEVEZ.
CRYPTE, Ce mot, qui vient du grec xpÿntw, cacher, désigne en effet un lieu que l’on ne peut trouver que difficilement. Le nom de crypte a donc pu être donné d’abord à quelque caverne naturelle, à quelque lieu souterrain creusé par la main des hommes; mais bientôt il reçut une acception différente, et c’est ainsi que l’on nomma les lieux cachés où se retiraient les premiers chrétiens, soit pour célébrer leurs mystères, soit pour honorer leurs martyrs, soit, enfin, pour donner la sépulture à leurs morts, De là vient que l’on cite encore à Rome les cryptes de Saint-André, de Sainte-Pétronille, et dans les environs, celles de Saint-Paul et de Saint-Laurent, qui sont de vastes souterrains plus généralement désignés sous le nom de catacombes.
Lorsque les persécutions des chrétiens eurent cessé, et qu’ils purent faire bâtir des églises, souvent ils les élevèrent sur l'emplacement même où se trouvaient enterrés leurs martyrs ; la crypte se trouva donc conservée, et fit partie du nouveau monument. Plus tard encore, lorsque l’on éleva de grandes basiliques , on chercha à imiter les premières églises, et les constructeurs eurent soin d’y méaager quelques parties souterraines, par conséquent d’un al-ord moins facile, et qui reçurent aussi le nom de cryptes. L’est actuellement l’acception la plus usuelle de ce mot, et par crypte on entend le plus ordinairement les chapelles oa églises souterraines qui existent dans nos plus anciens temples.
DucHESNE aîné.
En anatomie, on appelle cryples ou follicules de petits corps membraneux, utriculaires ou vésiculeux, situés dans l'épaisseur des téguments, ou des muqueuses qui secrètent au dehors un fluiae particulier. Les cryples muqgueuzx ou follicules mucipares sont des enfoncements de la membrane muqueuse très-riches en vaisseaux, et représentant tantôt des dépressions et excavations peu profondes de la substance, tantôt de petits sacs en forme de bouteilles, avec un orifice étroit faisant saillie à l'extérieur,
CRYPTOCALVINISTES (du grec xpurtôs, caché, secret), partisans secrets de Calvin. Ce nom, qui rappelle le souvenir de l’antagonisme ardent qui exista pendant longtemps entre les doctrines de Luther et celles de Calvin, a été donné en Allemagne aux protestants de la Saxe qui sur la fin du seizième siède tendirent à se rapprocher des doctrines de l’Eglise réformée. L'électeur de Saxe, Auguste, pour mettre un terme à ce schisme , qui occupait alors singulièrement les esprits, convoqua, en 1571, les théologiens de ses États à Dresde. Cette espèce de synode eut bien pour résultat la publication d’une profession de foi rédigée ostensiblenent d’après les doctrines de Luther, maisle clergésaxon n’en continua pas moins à prêcher et à répandre les doctrines de Calvin. Partisan déclaré de l’orthodoxie luthérienne, l’électeur fit alors rédiger sa fameuse Formule de Concorde (1580), et tous les prêtres qui refusèrent d’y souscrire perdirent leurs places ainsi que le droit de prêcher. A la mort de ce prince, arrivée en 1586 , le chancelier Creil réussit à gagner son successeur, Christian 1°", aux doctrines du cryptocalvinisme. Mais cet électeur étant venu aussi à mourir, une réaction violente fut opérée par le duc de Saxe-Weimar,
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Frédéric-Guillaume, régent pendant la minorité de Christian II. Ce prince adopta aussitôt les mesures les plus énergiques contre tous les ecclésiastiques saxons qui refusèrent d’adhérer à la Formule de Concorde; et quand Christian H prit en mains les rênes de l’État, il fit instruire le procès du chancelier Crell, qui avait déjà expié son dévoñment aux doctrines de Calvin par une captivité de dix années, et qui périt sur l’échafaud en 1601.
CRYPTOGAMES (de xpÜttw, je cache, et yxuos, ma: riage, noces ). Les organes sexuels ne sont point visibles dans un assez grand nombre de végétaux. Linné en admettait cependant l'existence dans tous indistinctement, et les supposait invisibles ou cachés ; de là les termes de #ariage ou de noces cachées, de plantes cryptogames, de cryplogamie ( voyez BoTaniQuE ). Il considérait comine plantes cryptogames les fougères, les mousses, les algues et les champignons. ,
Dans l’état actuel de la botanique, on divise les cryptogames en cryplogames vasculaires et cryptogames cellulaires. Les premiers sont distribués dans les familles des équisétacées, des fougères, des marsiliacées, des lycopodiacées et des characées. Les cryptogames cellulaires se divisent en trois sections . : muscinées (hépatiques et mousses ),algues etchampignons. La science moderne a tellement accru le nombre des cryptogames connus, qu’on en compte près de 20,000 espèces, réparties dans plus de {,000 genres, ce qui représente le cinquième des végétaux décrits.
Tout porte à croire que les cryptogames ont été les premiers végétaux nés sur notre globe. On doit à M. Ad. Brongniart d’avoir montré que les végétaux fossiles appelés calamites sont des cryptogames gigantesques, qui n’ont pu croître que dans un milieu beaucoup plus chaud que notre milieu actuel et dans une atmosphère beaucoup plus chargée d’acide carbonique, ;
CRYPTOGAMIE, nom de la vingt-quatrième classe du système sexuel ( voyez BOTANIQUE }), dans laquelle Linné a réuni toutes les plantes cryptogames. Ce nom s'applique aussi à la partie de la phytographie qui s'occupe de l'étude de ces végétaux.
CRYPTOGRAPHIE ( du grec xpÜntw, je cache, et ypépuw, j'écris), écriture secrète ou inconnue à {out autre qu’à celui à qui l'on s'adresse. Cet art, qui n'était pas inconnu aux anciens, et dont l’abbé Trithème, mort en 1516, consigna les principes dans un traité spécial, passa longtemps pour voisin de la magie. Convaincu que l'ouvrage du docte abbé, en raison des termes techniques dont il était hérissé, ne pouvait renfermer que des mystères diaboliques, l'électeur palatin Frédéric IL fit brûler l’exemplaire qu'en possédait sa bibliothèque. Mais plusieurs auteurs célèbres vengèrent cette insulte au bon sens, et le plus illustre défenseur de l'abbé Trithème fut un duc de Lunebourg, dont la Cryptographie, publiée in-folio en 1624, éclaircit si bien les prétendus mystères de ce bon abhé Trithème, nous dif Naudé, qu’elle satisfit complétement la curiosité d’une infinité de gens qui souhaitaient de savoir ce que c'était que ce prétendu art magique ( voyez CuiIFFRES ).
CSABA ( On prononce Tschaba ), le plus grand village qu’il y ait en Hongrie, et peut-être en Europe, situé dans le comitat de Békés, avec 3,000 maisons, dont un très-grand nombre sontdu meilleur goût, compte 32,000 habitants, dont l'agriculture et l’horticulture constituent la principale ressource, mais qui font aussi un commerce considérable en sacs et matelas confectionnes par les femmes. Ce village possède cinq églises, parmi lesquelles la nouvelle basilique se fait surtout remarquer par la grandeur de ses proportions et par sa magnificence, plusieurs écoles, etc. En 1846 ca village racheta moyennant 2 millions de francs toutes les servitudes personnelles dont étaient frappés ses habitants, et entra dès lors dans le nombre des bourgs forains,
€ESANYI ( Laniseas ), ministre des communications à époque de la révolution hongroise, né en 1790, à Csany, dans le comitat de Szalad, entra de bonne heure dans les hussards, et fit dans les rangs de l’armée autrichienne les cam pagnes de 1809 à 1815. Blessé au pied, il rentra dans la vie civile, où il apporta l’activité et les habitudes d'ordre et de sévérité de la vie militaire. Dès avant 1848 il était regardé comme l’un des membres les plus zélés et les plus actifs de l'opposition dans le comitat de Szalad, et toujours on le voyait seconder Déak dans ses luttes. Les événements de mars 1848 le surprirent à Pesth, où il ne contribua pas peu, d'accord avec G. Klauzal et P. Nyàry, à maintenir l’ordre et à empêcher que le triomphe de la révolution ne fût souillé par aucune effusion de sang. Lorsque éclatèrent les troubles de la Croatie et de la Servie, il fut envoyé dans le sud en qualité de commissaire provincial. Plus tard il accompagna . en la même qualité le corps d'armée principal dans sa marche sur Vienne, de même que dans sa retraite depuis Presbourg jusqu’à Pesth. Il resta même courageusement dans cette ville jusqu'aux premiers jours de janvier 1849, en attendant l’arrivée de Windischgraetz. Ensuite il accompagna le gouvernement à Debreczin.
Envoyé en Transylvanie, comme commissaire du gouvernement, il y déploya à l'égard des Saxons et des Valaques la inème sévérité dont il avait déjà fait preuve au sud contre les Croates et les Serbes, et se brouilla pour cela avecBem, dont l'avis était qu’il fallait user de douceur pour se concilier les nationalités hostiles, En conséquence, on le rappela. Après la déclaration d'indépendance ( 14 avril 1849 ), il fut nommé ministre des communications, fonctions dans l’exercice desquelles il déploya , autant que le permettaient les circonstances, son énergie habituelle. Lorsque, pour la seconde fois, le gouvernement hongrois se vit contraint d’abandonner Pesth, Csanyi y resta de nouveau le dernier. Plus tard, à Szegedin et à Arad, il opina pour que le commandement en chef de Parmée et ensuite la dictature fussent confiés à Gœrgei, dont les talents stratégiques, l’énergique activité et la sévérité toute militaire lui inspiraient de l'estime et de la confiance. Quand larmée nationale dut mettre bas les armes à Villagos ( 13 août 1849), Csanyi, quoiqu’il fût muni d’un passe-port et d'argent, se livra aux Russes, parce qu’il était trop vieux, disait-il, pour aller se chercher une nouvelle patrie. Livré aux Autrichiens et traduit par eux devant un conseil de guerre, il avoua avec une courageuse franchise sa participation à la révolution, et périt sur le: gibet, le 10 octobre 1849, en même temps que le baron Joseph Jessenak, Csanyi élait incontestablement le plus actif des chefs civils de la révolution hongroise; on l’avait surnommé /’Abeille, à cause de l’ardeur extrême qu’il apportait au travail.
CSAPLOVICS ( Jean), célèbre écrivain hongrois, né à Felsæ-Pribell, dans le comitat de Honth, fut nommé en 1799, pea de temps après avoir terminé ses études juridiques, employé à la chancellerie de ce comitat, puis, en 1808 , assesseur du comitat de Sobl. Ses premiers travaux commeécrivain furent quelques traités pratiques à l'usage des jurisconsultes hongrois. 11 entreprit ensuite divers ouvrages économiques, et publiaun Traité de l'Éducation des Abeilles ( Vienne, 1814 ), qui parut en même temps en italien, et que l'on traduisit quelque temps ap@s en hongrois et en slavon. Plus tard il se consacra surtout à la statistique et à la géographie. C’est ainsi qu’on a de lui les Archives géographiques el statistiques du royaume de Hongrie (2 volumes, Vienne, 1812), le Tableau de la Hongrie (2 volumes, Pesth, 1829) et Les Croates et les Wendes en Hongrie ( Presbourg, 1829); Le Passé et le Présent de la Hongrie
(Vienne, 1830 ); La Hongrie et l'Angleterre. Al est en outre
auteur d’un grand nombre de dissertations et d'articles imprimés tant dans des journaux hongrois et autrichiens que dans des recueils étrangers. Son savoir est plus vests que
CSANYI — CSOKONAI
profond; ses travaux abondent en notices intéressantes, mais mal digérées. Il mourut à Pesth, le 29 mai 1847.
CSASZAR (François), poête et écrivain hongrois, né en 1807, à Zalangersseg, fut nommé en 1846 référent à la Table septemvirale de Pesth , et perdit plus tard cet emploi pour l'avoir accepté de nouveau du gouvernement révolutionnaire à la suite de la déclaration d'indépendance du 14 avril 1849. Comme écrivain, ses premiers fravaux eurent pour objet la jurisprudence. C’est ainsi qu’il publia un Magyar valtojog (Droit commercial hongrois; 3° édit., Pesth, 1846) ;un Vallojogi Muszotar (Dictionnaire de Droit commercial; Pesth, 1841); et À magyar csædiærvénykezés {Lois hongroises relatives à la banqueroute (1847), etc. On a en outre de lui des Voyages en Italie (1843), un Diction-. naire Mythologique (1844), et Le Port de Fiume (2 vol., Pesth, 1843), qui appartiennent aux plus intéressantes productions de la littérature hongroise. Parmi ses Poésies ( 2° édit.,Pesth , 1846), toutes remarquables par la profondeur du sentiment et par la correction de la forme, on remarque surtout ses Sonnets et ses Chants de Matelots. Initié par un long séjour en Italie, à la connaïssance de la langue et de la littérature de ce pays, il a traduit en hongrois plusieurs chefs-d'œuvre italiens, tels que ceux d’Alfieri, de Beccaria, de Silvio Pellico, et enfin le Dante. En mars 1850 il fonda à Pesth le Pesti Naplo ( Journal de Pesth}), qui se fit remarquer d’abord par son hostilité à l'égard des vieux conservateurs. Il est mort le 17 août 1858.
CSEPEL, ile très-fertile, de 4 myriamètres de longucur, formée par un bras du Danube et située dans le comitat de Pesth, en Hongrie, était jadis la résidence d'été des rois magyars. En 1721 l'empereur Charles VI en fit don au prince Eugène, dont le magnifique château existe encore à Raczkévé, chef-lieu de l’île. Mais tout ce domaine fit retour en 1825 à la maison d’utriche, et il fait partie depuis lors des biens de la courinne. Choisie au printemps de 1848. comme position militire propre à empêcher Jellachich de passer sur la rive geuche du Danube, cette fleest devenue . célèbre par la mort du comte Zich y, judiciairement exécuté le 2 octobre de cette même année, par ordre du commandant Gœrgei.
CSIR ou CSIKSZÉK, siége (district) de Transylvanie, dans le pays dès Szeklers, borné au nord par le district de Bistritz, à l’est par la Moldau, au sud par le comitat d'Oberweisenburg , à l’ouest par celui de Torda, comprend, sur une superficie de 43 myriamètres carrés, { bourg, 86 villages et 3 poussten. Généralement montagneux et boisé, placé sous l'influence d’un climat très-âpre, il ne produit ni fruits ni froment, et les habitants sont réduits à la culture de lorge, del’avoine et des pommes de terre. En revanche, les forêts renferment en abondance d’excellent bois de chêne, qui s’exporte, soit par la Maros dans les parties méridionales de la Transylvanie, soit en Hongrie. La mine de cuivre de Csik Szentomokos est la plus riche de toute la Transylvanie et produit année commune 1,200 quintaux. Les eaux minérales de Borszek jouissent d'une grande réputation ; la consommation annuelle s’en élève à trois millions de bouteilles, dont une partie s’exporte au loin, La population totale du Csik, presque entièrement d’origine magyare, est de 138,723 habifants, dont 98,793 placés sous l’autorilé civile, et 40,000 sous l'autorité militaire , laquelle se compose du premier régiment de Szeklers des frontières. On y compte 4,118 grecs-unis et 538 réformés; le reste professe la religion catholique.
CSOKONAÏ (Micmez), poëte hongrois, né en 1774, à Debreczin, mort en 1825, était fils d’un chirurgien de cette ville. Nommé en 1795 professeur de poésie classique au gymnase de Debreczin, la faiblesse de sa santé et son humeur inconstante le portèrent à renoncer à celte position. Jl se rendit à Savoszatak pour y étudier le droit; mais il. abandonna bientôt aussi cette carrière nouvelle, pour aller se fixer à Presbourg, où il ne s'occupa plus que de poésie, Sa
CSOKONAI — CTEÉSIAS
Magyar-Musa (Muse Hongroise | Presbourg, 1797 |), une épopée comique, Dorottya ( Dorothée [Grosswardein, 1803 |); ses Chants anacréontiques (Vienne, 1803); sa Lilla ( Grosswardein, 1805); ses Odes (1805), ses Poésies de circonstances (1806) et son Printemps ( Komorn, 1802), imitation du poëme allemand de Kleist, lui firent une grande réputation, et contribuèrent beaucoup à l’essor que prit la littérature nationale des Hongrois, jusque alors très-pauvre. Son grand mérite est de s'être affranchi des liens de l’imitation des modèles étrangers, et d’avoir le premier fait des vers simples, naturels et conformes au génie de Ja langue hongroise. Marton a publié plus tard une édition de ses Œuvres complètes (9 volumes; Vienne, 1813 ; réimprimés en 1816), avec une notice biographique.
"CSOMA (ALEXANDRE ), nommé aussi, du lieu de sa naissance, Kæ@rœæsi, célèbre voyageur hongrois, né à Kœræs, en Transylvanie, fit ses études à Leipzig, où il obtint le titre de docteur en médecine. Mais il n'avait jamais songé à revenir s'établir dans son pays pour y pratiquer son art; il avait tout d’abord formé le projet de faire servir sa science à faciliter l’exécution des voyages qu’il avait projeté d’entreprendre dans les contrées de l'Orient les plus lointaines. Il partit de Transylvanie en 1816, et traversa la Valachie, la Boulgarie et la Roumélie. Après un long séjour à Constantinople, employé à se rendre familières les cap langues de l'Orient , il s’y embarqua pour l'Égypte en 1819, et de là alla visiter la Palestine et la Syrie; puis, en 1820, il se rendit en Perse par Bagdad. A Téhéran, où il passa plusieurs mois, il forma le hardi projet de pénétrer dans le cœur de l’Asie centrale par des routes encore inconnues aux voyageurs européens. Après avoir traversé les steppes du Khoraçan, il arriva à Bokhara, et de là se rendit dans le Caboul, en passant par Samarkande et Balkh. Malgré l’éfat de trouble et de confusion où se trouvait alors ce pays, il parvint sans accident jusqu’à l’Indus, traversa la ravissante vallée de Kachemire, franchit les crêtes de l’'Hymalaya, et atteignit, en 1822, comme un malheureux piéton, la ville de Leh, capitale du royaume de Ladakh, qui dès cette époque s'était déclaré indépendant de la Chine. Il y rencontra Anglais Moorcoft, qui voyageait sous un travestissement de marchand, et, grâce à son entremise, il obtint la permission de séjourner dans les hautes terres, fermées d’ordinaire avec une méfiance extrême pour tout étranger, et où il put étudier la langue, la littérature et l’histoire du Thibet, et en révéler en quelque sorte l’existence à l’Europe. En adoptant le costume, les mœurs et la manière de vivre des populations au milieu desquelles il se trouvait, il se concilia si bien la faveur du lama de Zonkar, sur le territoire duquel il résida pendant plusieurs années, que celui-ci lui prêta toute l'assistance qu’il pouvait désirer pour le succès de ses recherches. Après avoir passé cinq années sous l’âpre climat de ces montagnes, il franchit de nouveau l’Hymalaya, descendit d’abord dans la sauvage vallée de Spiti, puis dans la riante et pittoresque vallée que le Sutledge arrose dans son cours supérieur, Il passa alors, dans la solitude d'un couvent de lamas thibétains situé à Kanoum, sur la rive septentrionale du Sutledge, quatre années, qu’il employa à compléter ses études avec le secours de ses bons et patients habitants. Le naturaliste anglais J. Gerard l'y rencontra au mois de novembre 1829, au retour d’une infructueuse tentative qu’il venait de faire pour pénétrer dans le Thibet. Au printemps de 1831, il se rendit à Calcutta pour y publier, avec le secours de Wilson, ses recherches sur la langue et la littérature thibétaines. Son Dictionary Tibetan and English (Calcutta, 1834, in-4°) et sa Grammar ofthe Tibetar Language (Calcutta, 1834, in-4°) parurent à quelque temps de là. 11 publia aussi dans les Asialic Researches (20° vol.) une analyse complète du contenu de tous les livres sacrés des Thibétains. Les efforts faits par la Compagnie des Indes pour lui obtenir autorisation de poursuivre Ses travaux à
Lhassa, capitale du Thibet, furent enfin couronnés de succès, C’est au moment d'atteindre le but de ses vœux les plus ardents, et quelque temps après avoir quitté Calcutta, mais avant d’avoir encore franchi la limite des possessions anglaises dans l'Inde, qu’il fut attaqué d'une maladie à la quelle il succomba, le 11 avril 1842,
CSONGRAD, comitat de Hongrie, dans 12 cercle d’en deçà de la Theiss, borné au nord par celui de Solnok , à l’est par ceux de Békés et de Csanad, à l’ouest par ceux de Bacs et de Pesth, au sud par ceux de Csanad et de Torontal, dépendant aujourd’hui, suivant la nouvelle division administrative , du district civil de Szegedin et du district militaire de Grosswardein, comprend, sur une superficie de 34 myriamètres carrés, 1 ville, 2 bourgs, 6 villages et 16 poussten. Généralement uni, son sol, d'une richesse extrême, n’a jamais besoin d'engrais; aussi ce comitat est-il l'un des plus fertiles de la Hongrie et en exporte-t-on chaque année de grandes quantités de grains. La culture du tabac y emploie en outre 8,000 individus, et fournit 40,000 quintaux par an à l’exportation. La Theiss, qui divise le comitat de Csongrad en deux parties égales, de même que les rivières Kærdes et Maros, y favorisent un grand commerce, donnent lieu à des pêches abondantes et à une importante construction de bateaux. La population, forte de 153,528 habitants, est, sauf un petit nombre d'exceptions, d’origine toute magyare. On y compte 106,139 catholiques, 42,123 réformés, 2,028 grecs-unis, 1,238 protestants et 2,000 juifs. Le chef-lieu de ce comitat estS zége din. Il fautencore mentionner les bourgs de Vazarhely et de Csoncran, le premier avec une population de 15,000 âmes; le second avec 32,560 habitants, s’occupant de commerce et d'agriculture
CSORICH DE MONTE CRETO (ANTOINE, baron DE), feld-maréchal-lieutenant et ministre de la guerre en Au triche, né en 1795, à Machichno, en Croatie, entra au service en 1809 en qualité de cadet, fit les campagnes de 1809 et de 1813 à 1815, et fut promu au grade de major en 1833. Promu général-major en 1842, il fut nommé en 1846 au commandement de la forteresse de Salzbourg, et feld-maréchal-lieutenant en 1848. Lors de l’insurrection de Vienne (octobre 184é ;, il commandait dans la Leopolstadt, et eut ensuite sous ses ordres les troupes chargées de cerner l’intérieur de la ville. Dans la campagne de Hongrie, il se distingua à Schemnitz, à Kapolna et dans d’autres affaires. En juin 1849, il vint investir Komorn; mais à la suite de la sortie faite le 3 août par les assiégés, il dut se replier sur Presbourg. Appelé en 1850 au ministère de la guerre, il le garda jusqu’en 1858, et mourut à la fin d’août 1864.
CSORICH DE MONTE CRETO (François, baron DE ), oncle du précédent et son père par adoption, feld-maréchal-lieutenant comme lui, appartient à une famille croate, et naquit le 3 octobre 1772, à Zengg, dans le Littoral. Ji se distingua par sa bravoure et par sa présence d’esprit dans les guerres contre la France. N’étant encore que lieutenant en premier, il contribua beaucoup, le 15 mai 1800, à la tête d'un bataillon de grenadiers, à l'avantage remporté par les troupes autrichiennes à Monte Creto; et, créé baron en 1818, il fut autorisé à en joindre le nom au sien. Nommé général major en 1821, feld-maréchal-lieutenant en 1832, il commandait dans le banat depuis 1842, lorsqu'il mourut à Temesvar, le 4 mars 1847.
CTESIAS, médecin grec, fils de Ctésiochus ou Ctésiarchus, naquit à Gnide de Carie. Il était de la famille des Asclépiades, ou descendants d’Esculape, dont l’illustre €oryphée est Hippocrate. L'art et la profession de la médecine étaient exclusifs dans cette famille. Ctésias dut son élévation à l’un de ces hasards si fréquents à la guerre, qui le fit tomber aux mains des Perses ; Artaxerxès-Mnéinon, leur roi, le fit son premier médecin. Historiographe, puis diplomate, il fut envoyé par ce prince vers Conon, Évagoras , roi de Chypre, et les Lacédémoniens, pour traiter avec eux
ve des différends de Sparte et d'Athènes, à laquelle, par son influence, il concilia la bienveillance du grand roi. Cet acte indisposa contre lui les Lacédémoniens, qui à Rhodes lui demandèrent raison de cette conduite dévant les juges; absous, là finirent ses négociations. Il quitta la cour de Perse, et revint terminer une vie honorable à Gnide, sa patrie. Il avait composé une histoire de Perse en vingt-trois livres, et une description de l'Inde, qui sont perdues; mais de longs fragments, extraits de l’un et de l’autre par Photius dans sa Bibliothèque, nous en donnent une idée assez complète. Henri Estienne les a publiées en grec, avec une traduction latine en regard; Larcher les a reproduites en français. L'histoire de Perse, décriée par les cntiques, surtout quant à la chronologie, dans laquelle les érudits n’ont trouvé aucune concordance avec celle d'Hérodote, n’en a pas moins fourni à Diodore de Sicile et à Trogue-Pompée la longue histoire des anciens erapires de l’Asie, et surtout de la puissance assvrienne. DENNE-BARON.
CTÉSIBIUS, mécanicien célèbre, florissait en Égypte sous le règne de Ptolémée Évergète II, environ cent vingtquatreansavantJ.-C. Né dansunecondition obscure, il dut à son seul génie sa célébrité. Fils d’un barbier, après avoir exercé lui-même cet état, il inventa des orgues hydrauliques, une clepsydre qui montrait les heures de nuit et de jour yar un index mobile placé sur une colonne, la pompe aspirante et foulante à deux corps de pompe qui porte encore