‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 84 sur 607 · COMBLE — COMBUSTIBLE · texte numérisé non relu

COMBLE — COMBUSTIBLE

puisse arriver . tels que le comble de la joie, de La douleur, de la fortune, des honneurs, des maux, de l'affiction, ete. On dit d'un homme qu’il est ruiné de fond en comble, pour dire qu’il a perdu tous ses biens, qu’il ne lui reste plus rien, qu'il est ruiné, perdu sans ressources.

Pour comble est une façon de parler dont on se sert dans la même acception; on dit d’une chose fâcheuse arrivée à quelqu'un, que cela lui est venu pour comble (c’est-à-dire pour surcroît) de disgrâce ou de malheur.

Combler est synonyme de remplir. On comble un puits qui est à sec et qui ne peut plus être d’aucune utilité; des troupes cherchent à combler les fossés d’une ville pour en faciliter le siége. Au figuré, ce verbe s'emploie également dans le sens de remplir, avec l’idée d’une chose remplie au-delà de la mesure. C’est ainsi que Dieu nous comble tous les jours de ses grâces. Les rois ne s’appliquent guère qu'à combler de faveurs leurs courtisans et leurs flatteurs. Auguste, dans la tragédie de Cinna, pardonnant à ce chef des conjurés qui ont voulu lui ravir le jour avec l'empire, lui dit :

Tu trahis mes bienfaits, je veux les redoubler ; Je t'en avais comblé, je t’en veux accabler.

Effort sublime de clémence et de générosité, qu’il scrait souvent dangereux de pousser trop loin, mais qui n’aura pas beaucoup d’imitateurs, et qui ne peut réagir en bien que sur les âmes honnêtes et délicates, sur ces âmes d'élite enfin, dont il ne faut point chercher le type dans les cours. Edme HÉREAU.

COMBOURG, gros bourg du département d’1lle-et- Vilaine, situé près d’un bel étang, sur le ruisseau de Lénon, à 36 kilom. de Saint-Malo, avec 5,250 habitants (1872), remarquable par un vieux manoir flanqué de quatre tourelles et bien conservé, dont Conan, duc de Bretagne, s’empara en 1065. Ce château appartenait à la famille de Chateaubriand. Combourg est une station du chemin de fer de Rennes à Saint-Malo.

COMBRÉTACÉES, famille de plantes phanérogames, tormée par Robert Brown du démembrement de celle des élæagnées. Les combrétacées ont pour caratères des feuilles opposées, ou aïternes, entières et sans stipules; des fleurs hermaphrodites ou polygames, diversement disposées, en épis axillaires ou terminaux; leur calice est adhérent par sa base avec l’ovaire, qui est infère. Son limbe est allongé ou campaniforme, à quatre ou cinq lobes; il est articulé avec la partie supérieure de l'ovaire, et s’en détache circulairementaprès la fécondation, Dans les genres où la corolle existe, elle est formée de quatre à cinq pétales insérés à la base et entreles lobes du calice. Lenombre des étamines est en général double de celui des pétales ou des divisions du calice quand la corolle manque. Elles sont toujours insérées à la base du limbe calicinal; leurs anthères sont à deux loges, s’ouvrant longitudinalement. L’ovaire est à une seule loge , contenant de deux à quatre ovules, pendants et attachés au sommet de Ja cavité par un petit prolongement filiforme, plus ou moins allongé, sans aucune trace de trophosperme central. L'ovaire donne naissance à un style long et grêle, terminé par un stigmate simple. Le fruit, qui présente du reste des différences assez grandes, est toujours uniloculaire, monosperme, ou à une seule graine, par avortement, et ne s'ouvre jamais. Sa forme varie ainsi que sa consistance; il est tantôt sec et anguleux, fantôt ovoïde, globuleux et charnu; la graine qu'il contient, suspendue au sommet de la loge, a à peu près la même configuration que le péricarpe. L'embryon est immédiatement enveloppé par un épisperme simple et membraneux. Il a la même direction que la graine, c’est-àdire que sa radicule correspond exactement au point d'attache de cette graine. Les cotylédons sont foliacés, rarement planes, et plus souvent roulés sur eux-mêmes.

Cette famille, composée d'arbres , d'arbrisseaux et même

d’arbustes, ne renferme qu’un petit nombre de genres, don le plus remarquable est le genre {erminalia (voyez Bana. MIER). DEMEZIL.

COMBURANT (de comburere, brûler ). Dans la théorie chimique du phénomène connu sous le nom decombustion, où l’on admettait que l'oxygène avait seul la propriété de brûler tous les autres corps simples, en se combinant avec eux , l'oxygène était considéré comme seul et unique comburant, et tous les autres corps simples susceptibles de se combiner avec lui étaient nommés corps combustibles etoxygénables, distingués en acides etenoxydes. On découvrit ensuite que trois autres substances, lechlore, l'iode et le fluor ou phtore, jouissaient ainsi que l’oxygène d’une sorte de facullé comburante. Mais on a constaté par l’expérience 1° que lorsque l’une de ces substances est engagée dans une combinaison binaire, et qu’on soumet cette combinaison à l’action de la pile, elle se rend constamment au pôle positif et l’autre corps au pôle négatif; et 2° que dans les combinaisons de ces substances avec l'oxygène, c’est ce dernier qu’on voit toujours se ranger au pôle positif, L'action comburante exercée en apparence par les corps simples indiqués ci-dessus, sur les autres corps de la nature, n’estdoncréellementautrechose qu'unecombinaison de ces corps , pendant laquelle il y a dégagement de chaleur et de lumière. Les conditions à l’aide desquelles cette action s'engage et s’effectue sont variables, et sont indiquées dans la théorie actuelle de la combustion. L. LAURENT.

COMBUSTIBLE. Tout corps susceptible de s'unir chimiquement avec l’oxygène est proprement un combustible. Si par l'effet de son union avec un autre corps ë résultait simplement chaleur et lumière, ou l’un ou l’autre de ces deux phénomènes isolément, mais sans production d'oxyde ou d’acide, ce serait seulement ce que, faute d’un terme mieux approprié au phénomène, on a assez improprement appelé soutien de combustion. C’est dans ce sens incorrect qu'on a dit, par exemple, que le chlore dans son union avec plusieurs substances est un soutien de combustion, etc. ( voyez Comsuranr ). Sous le point de vue de la première acception, les combustibles sont assez nombreux dans la nature, et leur étude est du ressort de la chimie et de la -physique, Mais notre objet est seulement d'examiner ici les combustibles sous le rapport de leur emploi dans les arts, les manufactures et les besoins domestiques ( voyez CHAUFFAGE ).

La question la plus importante que présente l'examen d’un combustible, c’est la détermination de son pouvoir calorifique, c’est-à-dire de la quantité de chaleur que ce combustible dégage en brûlant. Cette quantité s’évalue en calories, tantôt à l’aide du calorimètre de Rumford, tantôt par une analyse chimique où l’on admet que les corps dont l’état physique diffère peu émettent des quantités de chaleur proportionnelles aux volumes d'oxygène que ces combustibles exigent pour brûler complétement. Par la première de ces méthodes, Rumford a trouvé que le pouvoir calorifique des bois (voyez t. III, p. 359 ) est représenté par les chiffres suivants : Tilleul et peuplier, 3,460; hêtre et merisier, 3,375 ; chêne, 3,300 ; charme, 3,187 ; frêne, 3,075 ; sapin, 3,037 ; etc. Les expériences ont généralement porté sur des bois de menuiserie de quatre ans.

Tous les charbons de bois lorsqu'ils brûlent dégagent sensiblement la même quantité de chaleur; mais tous ne brûlent pas de la même manière : les charbons compactes brûlent plus difficilement et plus lentement que les charbons légers; aussi sont-ils préférés pour obtenir les hautes températures. Mais, quelles qu’elles soient, ces températures ne peuvent généralement produire la chaleur nécessaire pour les opérations métallurgiques. D’après M. Péclet, la puissance calorifique des charbons de bois varie entre 6,600 et 7,000 : on voit qu'à poids égaux le charbon a un pouvoir calorifique plus que double de celui du bois. De plus, la quan-

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