‹ Dictoinnaire del converstaion et de la lecture. Seconde Edition. v6Chapitre 86 sur 607 · COMBUSTION — COME · texte numérisé non relu

COMBUSTION — COME

inène ceux que produisent, en réagissant les uns sur les autres, des corps qui ne contiennent pas d'oxygène. Ainsi, ie phosphore, l’antimoine et l’arsenic, jetés à la température ordinaire dans le chlore , s’y enflamment seuls et produisent un dégagement de lumière assez vif; quelques autres métaux n'ont besoin que d’être chauffés plus ou moins pour brûler aussi dans le même gaz. Ainsi quand on chaufle dans un matras-un mélange de 2 parties de limaille de fer et de plomb avee 1 de soufre, au moment où la matière se fond, la température s'élève au point de ramollir le verre, et la lumière dégagée est extrêmement vive. Quand la combustion a lieu dans des gaz, et que les corps qui se forment présentent l’état solide ou liquide, on peut expliquer en partie par le changement d’état des gaz le dégagement de la chaleur ; mais lorsque les corps sont solides, comme le soufre et le cuivre, ou le plomb, ou que le corps qui brûle étant solide, il devient gazeux, cette explication est impropre à rendre compte de ce qui se passe dans ce cas; on ne peut y parvenir qu'en admettant que la chaleur et la lumière dégagées proviennent d’une action électrique qui se produit entre les deux corps; une expérience curieuse de Davy permet de le concevoir facilement : si on place dans un appareil dans lequel on puisse faire le vide un fragment de charbon qui touche deux conducteurs métalliques en contact avec une pile électrique, tant que l'électricité le traverse , il brille d’un éclat semblable à celui que présente un charbon qui brûle dans l'oxygène, et cependant il ne peut brûler, puisque l'appareil est vide d’air ; les effefs cessent avec l’action électrique, et se reproduisent indéfiniment par le renouvellement de la même action. H. GAULTIER DE CLAUBRY.

COMBUSTION SPONTANEE. Le corps humain devient dans certaines circonstances susceptible de s’enflammer spontanément et d’être réduit en cendres d’une manière plus ou moins complète. Ce phénomène terrible, auquel on à donné le nom de combustion spontanée, a été longtemps révoqué en doute : et en effet, en raison de son excessive rareté, en raison de l'impossibilité où l’on est de pouvoir en donner une explication satisfaisante , il a dû d’abord en être ainsi; mais avec le temps les exemples se sont multipliés: des hommes d’une haute capacité se sont trouvés à même d'en être témoins; toutes les particularités qu’ils ont présentées ont été signalées par eux avec le plus grand soin, et maintenant, malgré l'incertitude toujours subsistante des causes qui peuvent donner lieu à ce mode si étrange de destruction , les savants s'accordent généralement à l’admettre comme réel.

Ce n’est pas seulement sous le rapport de la curiosité que Fincendie de l’homme vivant, sans la participation de combustibles et surtout de corps en ignition, peut exciter l’intérèt , surtout si l’on réfléchit à l'énorme quantité de bois que nécessitait l’incinération des corps chez les anciens. En songeant aux difficultés que l’on éprouvait, dans des temps encore assez rapprochés de nous, pour mettre à exéculion les arrêts d’une justice barbare , on aura droit d’être étonné de la rapidité avec laquelle s’opère la combustion dont nous parlons ici; mais on doit encore l’envisager sous un point de vue plus important pour la société, celui de la médecine légale. Lecat et Vigné ont fait connaître deux cas de ce genre, dans lesquels l’appréciation inexacte de l’événement a fait planer sur la tête de deux personnes innocentes le soupçon des crimes de meurtre et d'incendie.

Parmi les savants qui se sont le plus occupés du phénomène dont nous parlons, M. Lair doit être placé en première ligne. Après avoir groupé les divers cas de combustions spontanées humaines qu’il a pu recueillir, il en a déduit les conclusions suivantes : 1° les femmes y sont beaucoup plus sujettes que les hommes ; 2° cet accident arrive surtout chez les personnes âgées, et presque toujours ayant passé la soixantaine ; 3° les individus qui en offrent des exemples sont presque toujours dans un état marqué d’asthénie ; 4° la plu-

part d’entre eux vivent dans l’inaction, et sont polysarques (très-chargés d’embonpoint ); 5° chez le plus grand nombre il existe une habitude ancienne de faire abus des liqueurs fortes ; 6° assez constamment il s’est trouvé un corps en ignition , tel qu’une lumière ou des charbons embrasés, auprès du lieu de l'événement; 7° linflammation est ordinairement très-rapide, et gagne tout le corps avant qu’on puisse arriver au secours ; 8° la flamme est très-mobile, difficile à éteindre au moyen de l’eau, et n’attaque les matières combustibles environnantes que lorsqu'elle reste en contact prolongé avec elles ; 9° l'endroit où la combustion a eu lieu exhale le plus souvent une forte odeur empyreumatique, et les murs, les cendres, les charbons, sont recouverts d’une humidité fétide et grasse ; 10° le tronc, à quelques os près, est presque toujours consumé par l'incendie, et dans la plupart des cas il reste des débris plus ou moins considérables de la tête et des extrémités; 11° enfin, dans la grande majorité des cas l'événement a lieu lorsque l'atmosphère est sèche et froide.

Plusieurs auteurs ont attribué la cause de ce phénomène aux boissons alcooliques, qui en pénétrant peu à peu tous les tissus de l’économie les imbibent à tel point qu'il suffit ensuite de l’approche d’un corps enflammé pour en déterminer la combustion ; d’autres, pensant au développement plus ou moins abondant du gaz hydrogène dans les intestins , ont cru que le même effet pouvait exister dans les autres organes, et que ce gaz pouvait s’enflammer par l'approche d’un corps en ignition, ou mieux encore par une action électrique produite par le fluide développé chez certains individus. Ils ont donc admis 1° un état idio-électrique chez ces sujets ; 2° le développement du gaz hydrogène et son accumulation dans les aréoles du tissu cellulaire. Ces deux théories ne sont que spécieuses, et ne peuvent résister à lépreuve de l’expérience. M. Julia-Fontenelle s’est livré à des recherches nombreuses et intéressantes sur ce point si obscur de la science, et il a prouvé d’une manière positive 1° que la présence de l’alcool, même en grande quantité, dans le tissu musculaire ne peut lui faire prendre feu, et encore moins produire l'incinération du corps humain; 2° que la chair musculaire plungée dans les gaz hydrogène, hydrogène bi-carboné, oxyde de carbone, ou oxygène, ne peut prendre feu ni par le contact d’un corps enflammé ni par celui de l’étincelle électrique. Enfin, considérant qu'il faut pour incinérer un cadavre une quantité de bois telle qu’elle suffirait pour incendier une maison, et en outre que les produits des combustions animales font un charbon spongieux , très-noir, luisant, fétide, et ne s’incinérant qu’à une température très-élevée, tandis que les combustions humaines spontanées ne développent qu’une température faible, qui ne brûle pas même les objets les plus combustibles, il en a conclu que ces combustions ne sont pas l’effet de la combinaison des éléments de la matière animale avec l’oxygène de l'air. 11 les regarde comme des réactions intimes et spontanées, dues à des produits nouveaux, qui sont la suite d’une dégénérescence des muscles, des tendons, des viscères, etc. Ces produits en s’unissant présentent les mêmes phénomènes que la combustion, sans dépendre aucunement de l'influence des agents extérieurs. Sans admettre dans tous les cas cette explication donnée par M. Julia- Fontenelle , au moins devons-nous convenir qu’elle est plus plausible que les deux autres, et qu’elle est plus susceptible qu’elles de s'appliquer aux faits recueillis jusqu’à ce jour.

1 P.-L. CoTTEREAU.

CÔME (Como), chef-heu d’une délégation du royaume Lombardo-Vénitien, à l'extrémité sud-ouest du lac de Côme, dans une ravissante vallée, entourée de toutes parts par des montagnes couvertes presque jusqu’à leur sommet de jardins et de forêts d’oliviers et de châtaigniers, est le siége d’un évèché, et avec ses faubourgs compte 16,000 habitants. Entourée aujourd’hui encore de murailles et de tours, cette

ville était autrefois défendue par le château fort de Baradello, construit sur une hauteur escarpée, et aujourd’hui en ruines. Elle a treize églises, parmi lesquelles on remarque surtout la cathédrale, construite en marbre et riche en tableaux , dont la construction, commencée en 1396, ne fut terminée qu’au seizième siècle. Il faut encore citer pour son architecture l'église San-Fidele, la plus ancienne de la ville. -On voit à Côme un grand nombre de beaux palais ; les palais Galli et Odescalchi notamment contribuent à embellir le faubourg Vico. Le lycée, fondé en 1824, possède une bonne bibliothèque. De nombreuses manufactures de soie produisent des velours, des taffetas, des gants et des bas; et le commerce avec les Grisons, la Suisse et la haute Italie occupe plusieurs grandes maisons. Les sculpteurs trouvent d’excellent marbre dans les carrières voisines.

La proximité des Alpes rend quelquefois le climat de Côme assez rude; cependant les vents piquants qui y règnent souvent ne nuisent point à la fertilité du sol; et la vigne de même que l'olivier y croissent aujourd’hui comme au temps des Romains dans toute la richesse de la végétation méridionale. Dès le moyen âge, et même dès l’époque de la domination romaine, les habitants de Côme étaient renommés par leur habitude d’émigrer. Côme a vu naître Pline le jeune, et même, suivant quelques auteurs, Pline l’ancien, les papes Clément XIII et Innocent XI, de même que le physicien Volta, à qui tout récemment on y a élevé un

monument. Ville considérable à l’époque de la domination

romaine, Côme se rendit indépendante, elle aussi, quand s’élablirent les différentes républiques italiennes; mais elle fut vaincue dans sa lutte contre Milan. Vers le milieu du douzième siècle, l’empereur Frédéric Ier lui rendit son indépendance, qu’elle conserva jusqu’à ce que les ducs de Milan eussent réussi à la soumettre à leur autorité au commencement du treizième siècle. Elle suivit toutes les vicissitudes politiques de la Lombardie. Le 25 mai 1859,

Garibaldi y entra, après avoir battu les troupes autri-

chiennes dans le faubourg de Varèse. A la fin de la même

année, cette ville fut réunie à la Sardaigne, et plus tard au royaume d’Italie, Un chemin de fer la relie à Milan et doit, par Lugano, la mettre bientôt en rapport avec la Suisse.

CÔME (Lac de), Lago di Como, le lacus Larius des anciens, formé par lAdda, et dont la partie septentrionale est quelquefois appelée Zac de Chiavenna, est à bon droit célèbre par l’aspect romantique et pittoresque de ses rives, ouvertes de vignes et de plantations d’oliviers au milieu quel'es s'élèvent de délicieuses maisons de campagne, dont l’une des plus remarquables est la magnifique villa d’Este, appartenant au duc de Torlonia. Il faut encore citer, pour leur richesse et leur charmante situation, la villa du marquis Odescalchi; appelée aussi all Ulmo, à cause d’un ormeau célèbre qu’on y voyait encore au siècle dernier, dit-on, et dont Pline parle dans la troisième lettre du premier livre de ses Lettres ; les villas Galli, Lanzi etSommariva, Près dela villa Pliniana, on voit encore aujourd’hui la fontaine iutermittente décrite par Pline. La villa d’Este est célèbre pour avoir été longtemps habitée par la reine d’Angleterre Caroline, épouse du roi Georges IV. La villa Sommariva renferme d’admirables productions de l’art, par exemple le célèbre Triomphe d'Alexandre de Thorwaldsen et le Palamède de Canova. Au sud, le lac de Côme se divise en deux bras séparés par le promontoire de Bellagio, et dont Pun prend le nom de Zago di Lecco. Dans sa plus grande longueur, le lac de Come a de 36 à 40 kilomètres sur quatre * largeur. Il est à 233 mètres au-dessus du niveau de a mer,

COMEDIE , mot fait du grec xoun, village, et ox, chant. Ce nom a, dans le principe, été donné en France à loule espèce d'œuvre dramatique, quel que fût son sujet, grave ou enjoué, triste ou comique, C’est ainsi qu’on appe-

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