Salon de 1765, tome X, page 234 des Œuvres complètes
ENSEIGNEMENT DES BEAUX-AUTS. 4lQ.
d'honneur de leur cabinet celui de ces « chiffons » qui leur tomberait entre les mains ; mais nous ne savons sur la nature de ces petites richesses que ce qu'il a bien voulu nous en dire, et leur sort nous est encore plus mal connu. Où est cette te te de vieillard de Rubens qui, lors du grand déménagement provoqué par la libéralité de madame Geoffrin, chassa de la muraille deux estampes d'après Poussin, lesquelles n'étaient cependant pas < sans mérite » ? Où cette Tempête de Vernet qui semble avoir émoustillé sa verve presque autant que la fameuse robe de chambre « d'écarlate » ? Et les plâtres de Falconet, réparés par le sculpteur lui-même ? Et les esquisses de Vien et de Machy ? car Diderot « donnait » aussi dans les esquisses. Tout cela s'est dispersé sans doute dans des partages de famille, ainsi que les portraits dont Y Art a pu obtenir jadis la reproductions et que bien d'autres « chiffons » dus aux fantaisies du phQosophe ou à la reconnaissance des artistes : telles, par exemple, la célèbre estampe d'Augustin de Saint-Aubin, d'après la Vénus Anadyomène du Titien, ou l'une de ses planches d'après les camées de la galerie d'Orléans que le graveur lui avait promises et que Diderot lui réclamait dans ce joli billet dont j'avais dû jadis la communication à Eugène Gharavay :
« M. de Saint-Aubin a oublié qu'il y a entre lui et I. Voir l'Art, 1878, tome I®"", p. 121 et suivantes.
moi un traité. Je dois lui envoyer le premier ouvrage qu'on imprimera de moi. Lui doit m'accorder en échange une Vénus Anadyomène et sa seconde petite planche des pierres antiques. Si cet oubli vient de ce qu'il estime plus son ouvrage que le mien et de ce qu'il croit avoir fait un mauvais marché, il a raison. Si ce n'est pas cela, il remettra la Vénus au porteur, bien enveloppée de manière que sa main sale et grossière ne puisse la gâter. Je le salue et l'embrasse toujours.
» Ce II avril.
» DIDEROT* »
Ces indications, forcément très incomplètes, sur les goûts de délicat du philosophe ne sont pas déplacées ici, car elles expliquent l'importance qu'il attachait à un détail trop souvent négligé. Le sieur Pierre de Rascas de Bagarris, l'un des fondateurs du Cabinet de France, avait commencé un livre pour démontrer (( la nécessité d'établir l'ancien usage des parfaites