I. Elle n'a pas, que je sache, été retrouvée
DIDEnOT POSTHUME. ÔlQi
dcrot, écrivait-elle à Grimm, le 5 mars 1780, vous les paierez ce qu'on vous demandera ; assurément elles ne sortiront pas de mes mains et ne feront tort à personne ; envoyez-moi cela avec la bibliothèque de Diderot. » Telle est l'origine de la collection longtemps enfermée sous triple clef à l'Ermitage, partiellement transcrite avant i83o par Jeudy-Dugour S et subrepticement communiquée en 1806 à M. Léon Godard ; la transcription intégrale qu'il put en prendre permit vingt ans plus tard à M. Jules Assézat et à son collaborateur de donner des œuvres du philosophe la première édition qui ait répondu aux exigences de la critique moderne.
« La bibliothèque de Diderot est arrivée », écrit Catherine à Grimm le 22 octobre 1785 et, le 22 novembre suivant, elle y découvrait le manuscrit de ces Observations sur les Instructions de Sa Majesté Impériale pour la confection des lois auxquelles le philosophe avait fait lui-même deux fois une allusion resiée inaperçue. Pour s'être fait longtemps attendre,, le jugement de Catherine n'en fut pas plus flatteur.
« Cette pièce, dit-elle, est un vrai babil dans lequel on ne trouve ni connaissance des choses, ni prudence ^
I . Cette copie, cédée à Paulin, comprenait les lettres à mademoiselle Volland, le Paradoxe sur le comédien, les lettres à F'alconet sur la postérité, qui furent édités sous le titre doublement inexact de Mémoires, correspondance et ouvrages inédits, publiés d'après les manuscrits confiés en mourant par l'auteur à Grimm (i83o-i83i, 4 vol. in-S**), et augmentés en i834 de la comédie intitulée : Est-il bon ? Ëst-il méchant ?
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ni clairvoyance; si mon instruction avait été du goût de Diderot, elle aurait été propre à mettre les choses sens dessus dessous. Or, je soutiens que mon instruction a été non seulement bonne, mais même excellente et bien appliquée aux circonstances, parce que, depuis dix-huit ans qu'elle existe, non seulement en aucun point elle n'a fait aucun mal, mais encore que tout le bien qui s'est fait, et dont tout le monde convient, est fait des principes établis par cette instruction. La critique est aisée, mais l'art est difficile; voilà ce qu'on peut dire en lisant les observations du philosophe qui, toute sa vie, à ce qu'il paraît, était d'une prudence à vivre sous tutelle ; il faut qu'il ait composé cela après son retour d'ici, car il ne m'en a jamais parlé. »
Désormais le nom de Diderot n'apparaît plus que de loin en loin dans la correspondance de Catherine et de Grimm, soit à propos de la rectification adressée par Grimm au Journal de Paris touchant le chifTre de la pension du philosophe, soit au sujet de celle que l'impératrice entendit allouer à sa veuve, soit au moment du règlement des frais de transport de sa bibliothèque, soit enfin lorsque parut en 1796, à Paris, YEssai sur la peinture, précédé du Salon de 1765. Catherine se plaint qu'on ait volé dans la bibliothèque de Grimm cet Essai, écrit, lui assurait-on, pour elle (le fait n'est rien moins que démontré). Mais Grimm, chassé par la Révolution qui, le considérant comme émigré, s'était emparée de son hôtel de la Chaussée