‹ Diderot et Catherine IIChapitre 81 sur 185 · I. L'abbé de Saint-Pierre · texte numérisé non relu

I. L'abbé de Saint-Pierre

§VIII

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Puisque Votre Majesté Impériale prétend que Moscou ne peut devenir le séjour de la cour que dans cent ans, ne serait-il pas possible de peupler davantage Pétersbourg, de le rendre plus vivant, plus agissant, plus commerçant en joignant cette multitude de palais isolés par des maisons particulières ?

Et qu'est-ce qui occupera ces maisons ? Des ouvriers dans tous les genres, des charrons, des charpentiers, des maçons, des cordiers, etc., comme cela est à Paris.

Et d'où tirer ces ouvriers.^ Des campagnes où ils existent et où ils exercent ces fonctions dans les grandes maisons des seigneurs.

Et comment les tirer de là? Ou par l'affranchissement subit, ou par un affranchissement dont ils payeraient une portion d'année en année, ou par des étrangers. C'est ainsi qu'il se formerait un tiers état sans qu'on s'en doutât.

La cour donne la loi à la ville, la ville donne la loi aux provinces. La ville, pour donner la loi, doit être très peuplée et ne pas ressembler aux villes de la province.

Cette proximité des hommes les lie, leur liaison les adoucit et les civilise; c'est de ces boutiques que sor-

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