Par Maupeou en
3. Une salle commune à cet effet, avec un inspecteur de la maison qui veillera sur ces élèves et sur les maîtres et fera commencer et finir à l'heure ces leçons. (diderot.)
La danse, le chant, les représentations dramatiques, étaient restés en usage aux jésuites, qui sacrifiaient tout à l'ostentation. Il n'y avait point d'écoles plus mauvaises, point d'élèves plus ignorants que les leurs. Les spectacles ont cessé dans tous les autres collèges, et l'on y a substitué les exercices scientifiques publics qui valent infiniment mieux.
On a vu que la déclamation théâtrale n'est point le ton de la conversation ; que la démarche et le maintien de la scène ne sont ni la démarche ni le maintien de la chambre ; que c'est une pente de dissipation pour le moment et quelquefois le germe d'un goût eJBréné pour la suite, et qu'une représentation dramatique jette le désordre dans toutes les autres occupations, et occasionne la perte de trois ou quatre mois précieux. Cependant l'on avait l'attention de ne pas laisser dans les pièces le moindre vestige de passion. Le César de Voltaire a été fait pour un de nos collèges *.
Aux spectacles on a donc substitué des exercices fréquents et publiés. La matière de ces exercices s'annonce par des programmes imprimés que chaque enfant distribue à ses parents, à ses amis et à ses connaissances qui s'y rendent. On sait trois ou quatre jours d'avance quelles sont les choses sur lesqueile
I. La Mort de César fut représentée en effet pour la première fois par les écoliers du collège d'Harcourt le 1 1 août 1785 Reprise à la Comédie-Française en 1743, elle fut de nouveau jouée par les pensionnaires des \isitandines de Beaune en 1748 avec un prologue de A oltaire composé pour la circonstance.
l'enfant répondra. Chacun est maître de l'interroger. On lui propose du français à mettre en latin ; du latin à mettre en français. C'est tout parmi nous. Vos exercices seront tout autrement intéressants et variés, et peut-être que pour faire rougir et corriger ma nation, il n'y aurait qu'à lui présenter un de vos programmes.
Il faut, pour les maîtres et pour les écoliers, fixer le temps de ces exercices ; qu'une fois par an, les maîtres soient tenus de montrer leurs élèves au public. Ils seront jugés dans leurs écoliers. Que l'exercice ne soit pas d'un petit nombre d'élèves d'élite, mais de toute une classe, afin de faire honte aux ignorants, ainsi qu'aux maîtres négligents. C'est ainsi qu'on soutiendra l'émulation et dans les maîtres et dans les enfants ^ .
On croirait qu'il y a beaucoup d'émulation dans les écoles publiques : il n'y en a point. Il n'y en a point entre les maîtres, que le public ne voit jamais, et qui se soucient fort peu que leurs enfants profitent ou non. Il n'y en a point entre les élèves, qu'on ne voit pas davantage -, D'ailleurs trois ou quatre sujets
1. Rendre ces assemblées nombreuses et solennelles; Votre Majesté y assistera quelquefois et y entraînera la cour ; y appeler les académies, les magistrats, etc. Si elles sont clandestines, elles perdent leur utilité. Rien de si public chez nous. Nos cours de judicature s'y rendent. (diderot.)
2. Dans nos collèges, tous les vendredis les enfants luttent les uns contre les autres. Les places dans l'école se distribuent selon le mérite. Le premier de sa classe, le second et le troisième sont distingués par des croix qu'ils portent à leur boutonnière, croix qu'ils gardent, qu'ils perdent, etc. (diderot.)
supérieurs dccouragcnl tous les autres et les condamnent à l'ignorance et à la paresse.
On remédie à ces inconvénients par les exercices publics de toute une classe; ayant de plus l'attention de faire passer rapidement ces élèves décourageants à une classe plus élevée, sans avoir égard à l'âge. Le mérite seul est une raison suffisante.
Sa Majesté Impériale veut que l'éducation de ses écoles publiques soit civile, c'est-à-dire relative au bien de la société, et convienne, du moins depuis son commencement jusqu'à un certain degré, à toutes les conditions et à tous les individus. Elle veut que l'enfant qui aura pu suivre le cours entier de l'éducation soit par toute terre un enfant honnête et très instruit.
Pour cet effet, je crois qu'il faut considérer dans une pareille éducation trois degrés :
Un premier degré par lequel tous les enfants, même les plus ineptes, passeront ;
Un second degré, à la fin duquel un enfant aurait reçu toutes les lumières d'une excellente éducation et d'où il sortirait avec des connaissances préliminaires qui lui serviraient, quel que fut l'état auquel il se destinât ;
Un troisième degré qui le conduirait à l'état d'habile homme, d'homme savant.
Peut-être ne serait-il pas nécessaire qu'un enfant suivît cette éducation jusqu'au bout.
S'jli DIDEROT ET CATHERINE II.