‹ Diderot et la société du baron d'HolbachChapitre 17 sur 118 · I -ïiws-fï&ï · texte numérisé non relu

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J.-J. Rousseau à l'Ermitage. — Madame d'Houdetot. — Saiut- Lambert. — Passiou de Jean-Jacques pour madame d'Houdetot. — Préventions de Diderot contre madame d'Épinay. — Madame de Puisieux. — Le Fils naturel. — Vues de Diderot sur l'art dramatique. — Madame d'Épinay annonce à Rousseau son départ pour Genève. — Jean-Jacques refuse de l'accompagner. — Motifs de son refus. — Rupture de Jean-Jacques et de madame d'Épinay — Rousseau quitte l'Ermitage. — Article Genève de Y Encyclopédie. — Lettre sur les Spectacles. — Rupture de Jean-Jacques et de Diderot. — D'Alembert et les prédicants de Genève. — Voltaire aux délices. — Il se lie avec madame d'Épinay. — Rapprochement de Diderot et de madame d'Épinay. — D'Alembert se retire de YEncyclopédie. — Helvétius. — Le Livre de YEsprit. — Persécutions contre l'auteur. — Arrêt du conseil contre Y Encyclopédie.

C'est le 9 avril 1756 que J.-J. Rousseau se rendit, en compagnie de Thérèse et de sa mère, à la délicieuse habitation que sa bienfaitrice lui avait préparée. Cette retraite, où il croyait trouver le calme et

le bonheur, devint bientôt le théâtre de ses plus grandes fautes et la source de tous ses malheurs, par suite de la passion doublement coupable que lui inspira madame d'Houdetot.

Lorsque le comte d'Houdetot épousa la sœur de M. d'Épinay, mademoiselle la Live de Bellegarde, il était épris d'une dame qu'il ne cessa jamais d'aimer. Aussi, malgré toutes les qualités qui embellissaient sa jeune femme, n'éprouva-t-il pour elle que de l'indifférence; il n'exigeait d'elle que le respect des convenances, comme on les entendait alors, c'est-à-dire qu'il tenait à ce que les liaisons de sa femme ne fussent pas scandaleuses; c'est sans doute ce qui la porta à l'oubli de ses devoirs, malgré son naturel tendre et constant (1). En 1756, sa liaison avec Saint-Lambert était encore toute récente.

Le marquis de Saint-Lambert, le futur auteur

(') Bien longtemps après, M. d'Houdetot disait spirituellement : « Nous avions, ma femme et moi, la vocation de la fidélité; seulement, il y a eu un malentendu. » Madame la vicomtesse d'Allard, dans ses Anecdotes pou)' servir de suite aux Mémoires de madame d'Epinay, s'exprime ainsi au sujet de madame d'Houdetot qu'elle avait beaucoup connue : « Ce sera une consolation pour les femmes laides, d'apprendre que madame d'Houdetot, qui l'était beaucoup, a dû à son esprit et surtout à son charmant caractère d'être si parfaitement et si constamment aimée; elle avait non-seulement la vue basse et les yeux ronds, comme le dit Rousseau, mais elle était extrêmement louche, ce qui empêchait que son àme ne se peignit dans sa physionomie; son front était très-bas,. son nez gros; la petite vérole avait laissé une teinte jaune dans tous ses creux, et ses joues étaient marquées de brun : cela donnait un air sale à son teint, qui, je crois, était beau avant cette maladie.»

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