‹ Diebolt Lauber et les calligraphes de Haguenau au XVe siècleChapitre 1 sur 3 · AU XV* SIÈCLE · texte numérisé non relu

AU XV* SIÈCLE

Vers le milieu du XV® siècle; au momeùt même où sef perfectionnaient dans son voisinage les premiei*s essais def l'imprimerie, $e rencontrer en Alsace un homme acïif et entreprfenaTït, qni organisa h prod'uclion et le commerce des manuscrits sur un pied jtfsqu'aloris inconnu'. Grou'^és âutotit de lui, rfe nombreux artistes, écrivains, péîùtres,- relieurs; uùïssenf feuTs efforts pour multiplier, aTec lui et sous^ sa: direction, leurs couvres calligraphiques, qu'il éé chargé eàsuîfé dé ^ûussér dans lé mondé à l'aide d^ annonces et d^ catalogues'. Pendant de brigues années Teutreprise obtîrif \e succè» désîVé; ^'uis le silence se fit sur elle, et son chef lui-même totÉfca dans ùù injuste oubli, qTiii devait durer plus rfe troîi^ cents ans.

Cet homme s'ap|E)^lait Ketott Laûber») et habitaît Bfa^ùe*nau. Son nom a été retrouvé grâce à ses annonces dautre-

9 Lvu-mdme écrirait Loubp'^ ^ et à âa^aenaid la àlap^ de sés^ contemporaii^ fidsaieni comme loi. iHfàn .on prononçait Lauher, Nons ooa^ servons ^orthographe qoi a prévalu d'ans les temps modernes.

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fois, et depuis une soixantaine d'années il est connu et celébré, non seulement par les lettrés de l'Alsace, mais par les bibliophiles de l'Europe entière. S'il a sa place dans le Bibliographe alsacien^), dans les Artistes de T Alsace % dans V Histoire de Haguenau '), au-dehors, une foule de savants^ qui seront la plupart nommés dans la suite, s'^occupent de lui et lui consacrent des notices plus ou moins détaillées. Entre toutes se distingue par l'ampleur des recherches, par l'austérité critique de ses analyses et la profondeur de ses vues, l'étude que le D"" Kautsch vient de publier sur les calligraphes de Haguenau.

Nous nous croyons tenu, à plus d'un titre, à parler da ce travail II a paru dans une Revue spéciale*), peu répandue en Alsace. C'est donc un devoir pour nous de signaler à nos compatriotes l'existence de ce monument érigé à l'une des gloires de Haguenau, de résumer pour les uns les conclusions de l'auteur, d'indiquer aux autres où ils doivent chercher les preuves et le développement des aperçus qui les peuvent intéresser. Ce compte-rendu nous permettra en outre, non de compléter l'histoire de Lauber, mais d'ajouter quelques traits nouveaux et authentiques à ce qui a été dit sur sa perspnne et sur le milieu où il se trouvait.

Pendant qu'il travaillait à son étude — il y a deux ou trois ans de cela — le D' Kautzsch nous écrivit et noua posa quelques questions à ce sujet. Pour le satisfaire, nous fîmes des recherches spéciales dans nos archives; mais, privées de tout fil conducteur, elles n'aboutirent à aucun résultat sérieux. Notre réponse ne fut qu'un aveu d'ignorance* Plus tard,^ beaucoup plus tard, notre attention, éveillée sur ce point, rencontra par hasard une piste inattendue, qui nous conduisit aux archives du département. Nous étions occupé à la suivre dans ce dépôt, lorsque furent publiés les articles du Centralblatt, trop tôt par conséquent pour profiter de

») Ch. Gérard, II, 176—178, 346—858.

») V. Guerber, II, 879, 880, 481, 482.

«) CentraXblatt fur Bibliothehswesen. 1895. Biébolt Lauber wnd seine Werkstatt in Hagenau, 1. and 2. Heft. On en trouve on tirage à part chez Otto Harrassowitz. Leipzig.

ET LES Gi^LLIGRAPHES DE HAGUENAU. O

nos petites découvertes. Dès lors s'imposait à nous Tobligation personnelle de refaire la biographie de Lauber^ telle qu'elle nous semble résulter de ces nouvelles données.

A cette esquisse se rattachent naturellement quelques notices bibliographiques empruntées, pour la plupart, aux 45omptes de l'Oeuvre S. George. Elles n'ont aucun rapport direct et nettement marqué avec l'atelier de Lauber. Mais «lies indiquent a quelles mains recourait l'Oeuvre pour la réparation, Tentretien et le renouvellement de ses livres. S'il n'est pas sûr que notre calligraphe ait recruté dans le même cercle la majeure partie de ses collaborateurs, il est à croire qu'il ne le repoussait pas systématiquement et qu'il lui demandait souvent un concours plus ou moins actif.

Sur la personne de Lauber on ne connaît jusqu'ici que deuK ou trois renseignements, directement ou indirectement fournis par lui-même. Un manuscrit daté du 20 décembre 1447 l'appelle écrivain et instituteur d'enfants. Un autre ne lui donne que la première de ces qualifications, mais ajoute qu'il demeure à la Burg. Ailleurs on se contente d'indiquer d'une manière générale sa profession de calligraphe eJ; son domicile à Haguenau. Ces données ne sont ni nombreuses, ni faciles à apprécier.

D'abord la date 1447 n'a qu'une valeur assez vague. Elle se trouve à la fin d'un manuscrit de Heidelberg (N. 314 pal. germ.) qui est une compilation d'ouvrages très divers, renfermant entre autres (f. 82—94) un fridanke écrit à Augsbourg en 1443, et au fol. 4"^ un catalogue de Lauber. 11 serait assez difficile de refaire aujourd'hui d'une façon plausible l'histoire de cette compilation. Mais on peut affirmer avec certitude qu'il n'existe aucun rapport sensible entre la date 1447 et l'insertion du catalogue. Et ce rapport

6 ' DIEBOLT LAUBBR

fût-ii établi, la question n'eo serait pas plus avancée. Le catalogue de fleidelberg n'est pas un original de Lauber^ mais une copie faite en dialecte souabe d'un document alsacie^n d'.«ne époque antérieure. Tout ce qui résulte par con^ séquent de noire manuscrit, c'est qu'à un moment donné de sa carrière, avant 1447, Lauber cumulait les fonctions de scribe et d'instituteur.

Haguenau avait alors trois établissements d'instruction publique, une école latine et une école allemande, pour chacune de ses deux paroisses. Le directeur de la première qui était un Magister et avait sous sa férule des jeunes gens déjà avancés en âge, ne se fût pas contenté de la mention modeste lert die Kinder. 11 faut donc compler Lauber parmi ses aides, ou, ce qui serait plus probable, lui confier l'une des deux classes allemandes. A cette époque où les instituteurs avaient à écrire eux-mêmes les livres nécessaires à leursleçons *), un homme de goût devait être amené facilement, par inclination, ou à l'instigation de quelque Mécène qui savait l'apprécier, à copier des manuscrits d'un ordre plus relevé. Lauber ne fit du reste à l'école, on ne tardera pas à le voir, qu'un stage passager.

Le domicile de Lauber à la Burg soulève d'autres difficultés. La Burg n'est en effet que l'ancien château impérial. Elle comprenait, au XV® siècle, une belle chapelle avec logement pour le chapelain, quelques bâtiments donnés en fiefs, aux burgmànner, et l'hôtel de la préfecture, habité par le Landvogt et ses gens, ce qu'on appelait la LandvogteL A quel litre Lauber pouvait-il habiter ce château?

La préfecture avait un greffier — assisté même parfois par un scribe supplémentaire — qui s'appelait landvogts ou landvogtei schriber. Cela ne répond pas exactement à la qualification de schriber in der Burg que Lauber se donne dans une de ses annonces. Il n'en semblait pas moins naturel.

D'après le journal d'un maître dont nous avons découvert quelques feuillets, les écoles allemandes de Haguenau mettaient entre les mains ^ leurs élèves, dans les années 1413—1415, un abCj un namhuch, un Tcatho^ an sdenclage et parfois un zal.

au premier abord^ de supposer qu'il fut employé pendant quelque temps à la chancellerie du château. Mais cette hypothèse ne tarda pas à être ébranlée par deux comptes du Zinsmeister Cuno Cappel (1445 et 1448 — 1449), égarés dans nos archives. Le schriber de la préfecture y est nommé plusieurs fois : il s'appelait Johannes et n'avait rien de commun avec notre Diebolt. Plus tard elle fut complètement renversée pour nous, grâce à une douzaine de comptes analogues, conservés dans les archives du département. S'ils ne nous fournissent pas la série entière des Schriber de la Landvogtei et la durée exacte de leurs services, ils laissent peu de place et peu de vraisemblance pour l'insertion de Lauber. »)

Les ténèbres restaient donc épaisses, et comment les dissiper? Les archives de la ville ne renferment, pour le XV® siècle, ni Protocoles du sénat, ni listes de bourgeois, ni rôles de contributions, aucun de ces documents qui rappellent avec un certain ensemble les membres de la communauté urbaine. Si le nom de Lauber y figure quelque part, ce ne peut être que d'une manière accidentelle, grâce à un contrat, à un procès ou à quelque autre circonstance fortuite. Aucun indice ne venait nous guider dans nos recherches. Nous ne pouvions compter que sur le hasard.

Notre attente ne tut pas entièrement déçue. En dépouillant les comptes de S. George, nous tombâmes en l'année 1449 sur la mention suivante : « 5 /f (18 fr.) donnés à l'Oeuvre par Diebolt Louber l'écrivain. *) » Le don en luimême est de trop minime valeur pour nous arrêter. Un détail toutefois nous semble digne d'être relevé. A une époque antérieure, Lauber est dit écrivain et instituteur des enfants : ici il n'est plus qu'écrivain. Or de ces deux professions, celle qui était la plus connue dans la vie ordinaire.

1) Voici les noms que nous avons rencontrés : Henri Minnekind (1404 à 1414), Casper (1414), Jacob schriber (1422, 1423), Johannes schriber (1427, 1428), Peter Schriber (1439—1441), Johannes Schriber (1446—1464), Emmerich Aitter (1461-1461), Hans Edelman (1463—57), Wilhelm Hug, 1476).

s) Y j9 gab Diebolt (loif) louber der schriber an das Werck.

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que les gens de Haguenau avaient constamment sous les yeux, que le Receveur de S. George devait par conséquent noter de préférence, c'était celle d'instituteur. S^il ne le fait point, n'est-on pas en droit d'en conclure qu'en 1449 Lauber n'avait plus d'école, qu'il y avait déjà renoncé?

La réflexion ne peut que confirmer cette présomption. Au début de sa carrière Lauber a pu demander à l'enseignement des moyens assurés d'existence; la calligraphie était alors pour lui un accessoire, l'occupation de ses loisirs. Mais avec le temps et le succès de ses manuscrits, l'accessoire a dû devenir la chose principale, la chose unique. La conduite inverse ne se comprendrait guère. Un calligraphe ne peut ajouter au culte de son art la tenue fastidieuse et absorbante d'une école enfantine, que pressé par le besoin et par des embarras économiques que rien ne laisse entrevoir .ici«

Un autre détail attira aussi notre attention dans la note de S. George, non pas dès l'abord, mais plus tard, après la rencontre dont nous parlerons tout à l'heure. Â la suite du mot Diebolt le receveur de l'Oeuvre en avait commencé un autre, qu'il effaça sans l'achever. Il ne nous reste ainsi que la syllabe loif, que nous croyons le début de loiffer, synonyme de bott, messager, courrier. Au premier moment cette rature passa presque inaperçue sous nos yeux; le lecteur va comprendre qu'elle nous ait ensuite frappé.

Longtemps après, d'autres recherches nous ramenèrent aux carnets de Cuno Cappel : toute l'administration de la Landvogtei s'y reflète dans son application pratique. Nous ne Songions guère à notre calligraphe, lorsque tout à coup, dans un chapitre intitulé Bottenlon (salaire des courriers), les comptes de f445 nous présentèrent l'article suivant: « Jtem 3 /f (M fr.) à Lauber et à Pierre les deux messagers, lorsqu'ils reconduisirent trois chevaux enlevés au noble Louis seigneur de Lichtenberg, le mardi suivant (après Exaudi). • *) Une mention analogue se rencontre pour 1449:

1) It. 3 /S <f Louber and Peter den zweyn botien, aie aie jongher Ladwig herren za Lichtenberg drei geentwert pferde fiirten, uff dinstag darnoch.

< 1 ;3 à Lauber le messager, envoyé à Brumat le Lundi après la SS. Simon et Jude. » Sur 1G3 indications de ce genre, c'est Ja seule fois que le nom du messager se trouve marqué.

Personne ne s'avisera d'identifier ce messager avec noire Diebolt. Si Ton comprend aisément que la calligraphie ait pu charmer un laborieux magister, on conçoit plus difficilement cette passion chez un coureur de grands chemins; on n'admettra pas du tout que le même homme ait pu être à la fois messager, maître d'école et producteur de manuscrits. Mais sans être identiques, les deux Lauber pouvaient être des parents. Admettez que le bott de la préfecture soit le .père ou un frère aîné du calligraphe, cela expliquerait le séjour, au moins temporaire, de ce dernier à la Burg; cela •donnerait la solution d'autres problèmes soulevés à propos de son entreprise.

Or cette parenté, en-dehors des probabilités de toute espèce qu'on est en droit d'invoquer, nous semble clairement^ quoique machinalement, affirmée par la note de S. George. Lorsque notre calligraphe lui remît ou lui envoya son aumône, le premier mouvement du receveur fut d'insérer Diebolt Louffer ou louffers sun, ou quelque autre variante analogue. En d'a,utres termes, pour lui, les deux hommes, ou leurs dénominations vulgaires, étaient rappro- -chés, pour ainsi dire confondus, par une association d'idées qu'une parenté très intime saurait seule justifier.

En tout état de cause, il importait de relever cette piste nouvelle, autant que le permettent les comptes contemporains de la landvogtei, déposés aux archives départementales ^(C. 98). Ces comptes n'embrassent d'une manière suivie que la période 1449 — 1458. Avant la première de ces dates il iaut remonter à 14^8 pour rencontrer un exercice complet; après la seconde se présente de nouveau une lacune de vingt ans. Pendant toute cette période 1449—1458, bien que les salaires des messagers soient souvent marqués en termes généraux *), le nom de lauber bott est mentionné chaque année, plus de trente fois en 1454^ plus de quarante fois ea

<} à un messager, lorsqu'il porta ane lettre, etc.

1455. Il n'est pas seulement chargé de transmettre des dépêches ordinaires, il reçoit souvent des missions plus importantes, porte ou cherche des sommes considérables d'argent. Bref, il est, pour la préfecture, un serviîeur de confiance. 11 escorte aussi au nom do la seigneurie des mar-^ chands ou d'autres voyageurs. »)

En nous occupant de ces recherches nous nourrissions aussi la vague espérance de voir le Receveur de la landvogtei recourir à la plume de Lauber, commander ou payer quelque manuscrit au nom du comte palatin, Tun de sesprincipaux clients, comme l'atteste encore aujourd'hui la Bibliothèque de Heidelberg. Cet espoir fut déçu. Le nom de notre écrivain figure toutefois dans les comptes de Cuno Cappel, mais dans des circonstances et pour des services qu'il eût été difficile de prévoir.

Pendant l'été 1451 le chef suprême de la landvogtei, le comte palatin Frédéric le victorieux, avait établi un camp à Reichshofïen pour arrêter les incursions du comte de Lutzelstein. A cette occasion, ses vassaux et leurs ^ens traversaient souvent Haguenau, y faisaient même des séjours prolongés. Les hommes trouvaient au château table et logement; mais la place y manquait pour les chevaux. Il fallut répartir ceuxci entre les hôtelleries de la ville et quelques habitants de bonne volonté, auxquels on payait 3 den. (0 fr. 95) par nuit et par cheval, avoine non comprise. C'est parmi ces logeurs de circonstance que paraît un lauber, mentionné une fois sans indication plus précise, et une seconde fois avec la qualification de schînber. «)

Les comptes manquent pour 1452 et 1453. En 1454, il

1) Ainsi en 1454 : 2 /? hat mir Lauber der botte geben von eyme manne bitz gen Nuwiler zu geleiten.

2 gulden hat mir Lauber der botte geben . . . also er sehs juden bitz gen Landawe geleit hat.

3 j? hat mir Lauber der botte geben als er zwene pfaffen bitz gen Strasburg geleit hat.

<) 4 j3 gab ich louber zu stalmute von 8 pferden zwo naht; wartent uff juncher Nagel (16 et 17 juiUet).

6 /3 3 d. gap ich louber dem schriber zu stalmute, als juncher Gotfrit der Eingrave zwo neht mit 8 pferden, und ein naht mit 9 pferden by ime gestalt haben (26 juillet).

ET LES CALLIGRAPHES DE HAGUENAU. Il

y eut de nouveau des marches et des contre-marches, des transports de canons, une expédition sur Rosheim attaqué ou menacé par les Bourguignons (1®*" octobre;, une autre contre le château de Haut-Rœnigsburg (28 octobre au 4 novembre). A ces diverses occasions, Lauber logea neuf fois. Les huit dernières mentions l'appellent formellement schriber et si cette désignation est une fois omise, l'oubli ne saurait être tiré à conséquence.

Le louber schriber figure de nouveau en 1455*) dans des circonstances analogues. Jamais il n'est chargé de pofter des lettres, de toucher de l'argent, de faire la conduite à des négociants ou à des voyageurs : ces commissions sont toujours réservées au lauber bott. Celui-ci de son côté n'émarge jamais, comme logeur, au chapitre des frais d'hôtellerie. La

1) On en jugera par les citations suivantes :

S p â, han ich louber geben als auch hans von Mnlburne die selbe zit (19 mai) mit 6 pferden zwo naht bi Ime gestalt bat, do er die busse (canon) brocht, und ein fuder wins mit Ime myme gn. herren fûrte.

2 j3 3 (f . han ich louber dem schriber und dem wurt zum Pâuge geben, als der selben kneht nun mit iren pferden off den obg. Sundag (21. Juli) zu nacht by Innen gestalt haut.

15 â, louber dem schriber, als der von Sternenfels mit 5 pferden ein naht by Ime stalte, off donrstag S. peters tag ad Yincula (1 août), als sie von Schowenburg herwider abe kumment.

3 p han ich louber dem schriber geben, als hans von Mnlburne mit 6 pferden zwo naht bi Ime stalte off donrstag s. Peterstag ad Vincula zu naht und fritag zu naht darnoch, als er myns h. von Oesterich btlsse hinoff fûren solte gen Offenburg.

3 p han ich louber dem schriber geben als hans von Mnlburne mit 6 wagen pferden zwo nacht by Ime stalte off santé SiKten tag und Montag darfûr (5 et 6 août) als er myme gn. h. wine dieselbe zyt hinabe fûrte.

9 â. louber dem schriber, als er 3 pfert off dieselbe montag (30 sept.) xunacht gehielte, worent des sternenfels, koment auch mit h. Martin von halmstat und sint ouch mit myme junchern dem (under) lantfaut geritten (contre des bourguignons qui avaient paru prè3 de Hosheim).

9 (f. louber dem schriber, als der sternenfels die obg. zit (2 oct.) ein nacht mit 3 pferden by Ime stalte.

3 p louber dem schriber als hans von Mnlburne mit 6 pferden zwo naht by Ime stalte off santé Symone und Judestag und Zinstag darnoch (28 et 29 oct.) als er 1 V2 fuder wins hinabe fûrte.

16 â, louber dem schriber als hennel Sternenfels mit 3 pferden Niclaus Euchenschriber und Ulrich vom hirshorn uff dieselbe zinstag (5 nov.) zu nacht by yme stalten.

s) 10 (f. lauber schriber zu stalmute, also des von Ropoltzstein wagen kneht ein mittag Imbs by ime staltent, die obgen. zit, als sie uss dem her komment. ^

distinction entre les deux Lauber qui s'imposait à priori, se trouve ainsi nettement accentuée dans les livres de comptes.

Ces rencontres ne fournissent pas à la biographie de Lauber beaucoup de données importantes; mais elles permettent néanmoins de se la représenter sous un jour nouveau. Au lieu d'une date vague et incertaine, nous en possédons maintenant quatre d'une incontestable exactitude. De plus notre calligraphe a trouvé dans le messager de la préfecture un protecteur, bien humble en apparence, bien placé en réalité, pour contribuer directement et indirectement au succès de son entreprise.

Plusieurs se sont demandé pourquoi Lauber a établi à Haguenau son atelier et son commerce de manuscrits, au lieu de s'installer dans un centre plus considérable, plus littéraire, plus favorable par conséquent à ses vues. Il est probable qu'il n'y eut là ni choix préconçu, ni préférence j^aisonnée. Lauber a débuté à Haguenau, parce que sa famille y était, il a débuté' modestement, seul et sans aide, sans même se donner exclusivement à la production des manuscrits. Plus tard, quand le succès vint couronner ses eliorts, il s'y voua tout entier, il chercha et rencontra des auxiliaires -de tout genre, scribes, peintres, relieurs. Mais tout cela pouvait se faire et se fit à Haguenau. Pourquoi se déplacer au risque de perdre la clientèle aristocratique qu'il avait ici?

11 suffit d'un coup d'œil même superficiel sur les cata- Jogues de Lauber pour constater que, sans exclure les églises, les écoles et les savants, il travaillait de préférence pour les gens du monde. 11 fut sans aucun doute lancé dans cette voie par son séjour à la Burg, où il fut introduit par le louher bott où il eut longtemps sa demeure, peut-être plus -longtemps encore son cabinet et son magasin. *) Or la Burg était alors souvent visitée par les comtes palatins, grands amis de beaux manuscrits. Elle servait de résidence à lunterlandvogt, à d'autres seigneurs inféodés au château ou conseillers

1) Il ne l'habitait plaa en 1461 et 1455; sans cela il n'eût pas pu .mettre au service de la Landvogtei une écurie, surtout une écurie assez 4;rande pour loger neuf et même onze chevaux.

de la préfecture. Elle était fréquentée par toute la noblesse du pays et des provinces voisines, attirée de près ou de loin par ses plaisirs et ses affaires. Tous ces visiteurs entendaient parler de l'artiste qui multipliait à côté d'eux ses œuvrea calligraphiques. Par goût, par curiosité, pan pur passetemps, ils voyaient l'ouvrier et sa précieuse collection. Quelquesuns achetaient. Les souvenirs et les impressions qu'ils emportaient tous, défrayaient ensuite leurs conversations, étaient communiqués à leurs amis, répandaient de toutes parts la renommée du scribe haguenauien.

Cette propagande commencée dans la Burg de Haguenau, le lauber bott pouvait la continuer au dehors dans ses courses incessantes. Mis en contact, par ses fonctions, avec les patriciens des villes et la noblesse des châteaux '), forcé parfois de faire auprès d'eux des séjours prolongés, il pouvait apprendre où étaient les amateurs de livres enluminés^ capables de satisfaire ce goût dispendieux. 11 pouvait à l'occasion leur montrer quelque spécimen tentateur du savoir faire de son parent, recevoir leurs commandes, leur apporter les ouvrages demandés, etc.. Bref, il pouvait et devait être, pour le calligrapbe, un commis voyageur, un commissionnaire et un encaisseur, aussi dévoué que peu coûteux.

Mais le 2 février 1455 la Landvogtei de Haguenau subit une réforme qui devait réagir, sinon immédiatement, du moins avec le temps, sur la situation de Lauber* La résidence de rUnterlandvogt fut transférée à la Petite Pierre et son ménage d'ici se trouva supprimé. Dès lors, et pendant tout le reste du XV® siècle, la Burg ne le vit plus que par échappées; la ville elle-même fut désertée peu à peu par ses nobles visiteurs. Le commerce de Lauber s'en ressentit naturellement, et c'est sans doute sous l'empire de ces conditions nouvelles qu'il écrivit une lettre déjà publiée par Mone. ») En voici la partie essentielle.

En 1454 nous le voyons envoyé à. Heidelberg, GFermersheim, V^issembourg, Strasbourg, Schletstadt, Barr, Obemai, Ghâtenois, Saarbrnck, Saarunion, Benfeld^ Marmoutier, Saverne, Lutzelstein, Ortenberg, Hant- Eônigsburg, Hohenburg, Ingwiler, Bitsche, Bibeaupierre, etc..

S) Bad. Alterth. Verein I 256. EUe était jointe à un Psautier qui se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque de Strasbourg; mais elle en a été

» Gracieux et cher seigneur (gnediger lieber jungherr) Emmerich m'a failî lire m\ billet, que mon gracieux seigneur le^ dtwî' Robert a écrit lui-même pour sept livres, savoir .... Si vo-tts désirez le livre des trois Mages (der heiligen drige Kunige huch) peint, avec la vie d'Adam, envoyez un billet à Ëb^rlin et vouïs les aurez. De même, cher s^eigneur. si vous voulez te roi Artus et 1« noble Ywein {Kûnig Artiis und Ber Ybin). J'écris cet ouvrage e» ce moment. Je consens voiooliers à vous récrire gratuitement, si vous payez la peinture et la reliure, et si vous m'accordez une lettre de recommandation' pour le magistrat et le sénat, de manière que* je puisse user de votre protection, pour le ca» où une ptecô à nKfc convenance viendrait à vaquer. J'en serais éternellemeB't reconnaissant à Votre grâce. Ecrivez aussi à l'abbé de S. Wak purg; 9 a la glose de ce livre, bien jolie. *

L'a?cFl)beftticité de cette lettre ne saurait être l'objet d'aucufi! do-ute. Saffô être signée, elle est de la nvéme main qi^e la seconde partie du Psautier qui se termine par ces mots:

Hie ^at der tûtsche psalter eia ende

Dés trouent sich Mya Diébolt Loubera hend«.

De la même main est aussi une réclame placée à la fin du volume, qui ne peut avoir été écrite ou inspirée que par Lauber. U n'en est pas moins vrai qu'elle parait étrange au premier abord. Aucune infirmité n'oblige notre calligraphe à la retraite : il vient d'écrire le psautier, il écrit le roi Artus et Yv^in. Son commerce ne semble pas mal marcher : sans parler du psautier qui accompagne la lettre, il a vendu sept manuscrits au duc Kobert. Et cependant il désire obtenir de la ville de Haguenau quelque place à sa convenance, tl est ckir que sous son apparente prospérité se cachée sinon un danger imminent, tout au moins une menace sérieuse pour l'avenir.

La difficulté serait à moitié résolue, si la lettre était datée. Mais ce qtf'elîe ne (fonoe pas directèmeïit, eWe ^ern^t de

détachée par le fils* dé Moojid, q,iûr la ▼endit à; M. N«08i^^ P$fmaieitf fvssionnié de biob an^oStés hagaeiAiiieimei» : elle e«t aiûOar<fhai h noinre bâiifotàèqae mulîdpale.

ET LES CALLÏGRAPHES DE HAGCENAU. 1&

Ventrevoir, grâce aux noms propres qu'elle signale et qui ne ^ODt pas tous pour nous des inconnus.

L'horizon qu'ouvre devant nous le duc Robert est assez vaste. C'est évidemment Robert, duc de Bavière, de la maison palatine, qui occupa le siège épiscopal de Strasbourg de 14f40 à 1478. Mais cet horizon est singulièrement rétréci par le «om (y Emmerieh, Il ne peut convenir qu'à Emmerich Ritler, greffier de la préfecture de 1451 — 1460, greffier du tribunal <le Haguenau (gerichtschreiber) de H6I k 1471, receveur ou asinsmeister de la Landvogtei de 1471 à 1496. Quant k Eberlin, sans pouvoir l'affirmer avec la même assurance, nous croyons' le retrouver dans le Diebolt Eberlin ou Oberlin qui devint greffier syndic de la ville (stadtschriber) en 1480, et dans le Dibolt (nous ne connaissons que le prénom) qui remplace Emmerich au greffe de la justice. 11 esl probable qu'avant cette dernière date (1471), il travaillait k Ja chancellerie de la Burg» qui était alors comnve le vestibule de la geriehtschreiberei, et que c'est pour cette raison que Lauber l'indique comme intermédiaire naturel entre son correspondant et lui.

Ce correspondant n'est point nommé. Mais si l'on tient compte des relatH)ns intimes qu'il doit avoir avec le doe Robert et la Landvogtei, du crédit don^t il doit jouir auprès du magistrat de Haguenau, on ne peut hésiter qu'entre deux hommes, le Landvogt ou son vQprésenïmiï Y Unterlandvogt

A l'époque que tes noms cités fisefi-t pour l'envoi de la lettre, vers 1470, la Landvogtei se trouvait entre les mâiftô <lo comte palatin, Frédéric le victorieux, qui la dirigea de 1449 k 1476. C'était un prince ami e^s lettres. Il prit sous sa protection spéciale l'enlumineur Gaspar Nadheimfer àet Heidelberg (1465), les imprimeurs Henri d'Eckstein (1466), Pierre Sdiôfer de Mayence (1474), etc. H achetait volontiers des livres, tant manuscrits qu'imprimés, en donBa beaucoup k te bibHothèque de Heidelberg, en laissa une grande coUeeiion k son fils naturel Louis de Bavière 0- E^'un autre eôtéf, sauf

>) Ces renseignements sont tirés des Copiai bûcher conservés aux archives de Carlsrahe XU. 93^ 265; XIII, 1^4; XIY S4>, 143. Nont ne oonaUiSBons ^n'en partie cet intéressant recueil.

quelques nuages qui survinrent en 1471, il étai! dans lesmeilleurs termes avec la ville de Haguenau. Il présente donc toutes les conditions que l'on doit chercher chez le destinataire de notre lettre.

Un seul point nous arrête : un certain ton de familiarité qui règne dans la missive, en particulier son début gnediger lieber jungherr. Si notre mémoire ne nous trompe pas, dans le style de la landvogtei, la qualification de jungherr n'est jamais employée pour le comte palatin lui-même; elle est au contraire toujours donnée à Tunterlandvogt.

Les sous-baillis de Frédéric ne sont pas nombreux, le rhingrave Jean de 1445 à 1457, Pierre de Talhôim de 1457 à 1458, Gôtz d'Altzheim de 1458 à 1463, de nouveau le rhingrave Jean après cette dernière date. Ce rhingrave auquel on songera ici de préférence n'habitait plus Haguenau depuis 1455, ce qui devait être du reste le cas du destinataire de la lettre; mais il y avait longtemps demeuré avant la réformede 1455 et y passait fréquemment. 11 avait donc eu le temps de nouer et de conserver avec Lauber et les chefs de la cité des relations qui autorisaient, et la démarche du premier, et sa confiance dans la recommandation sollicitée. Il était aussi parent du duc Robert, qui l'appelle consanguineum nostrum dans une charte que nous avons sous les yeux. *) Etait-il enmême temps bibliophile? Nous l'ignorons. Mais sauf ce détail sur lequel nous n'osons nous prononcer, il convient beaucoup mieux que le comte palatin lui-même comme correspondant de Lauber.

Lauber ne s'explique pas sur la place qu'il a ^n vue; il n'est même pas sûr qu'il fût bien fixé sur ce point. Lorsque nous vîmes Emmerich Ritter remplacé en 1471 au greffe du tribunal par un Diebolt, notre première pensée fut pour Lauber. 11 avait obtenu, nous disions-nous, la place qu'il convoitait : la recommandation avait porté ses fruits. Mais^ la réflexion ne tarda point à nous inspirer quelque hésitation. Un greffier de tribunal, à une époque surtout où les^

1) C'est la confirmation faite en 1469 da Salve que le wildgrawe Jean' avait fondé en 1468 dans la chapelle de la Burg.

juges n'étaient pas des magistrats de profession, était tenu à des connaissances juridiques, à une pratique judiciaire qui devaient manquer à notre calligraphe, qu'à son âge il était difficile d'acquérir. *) D'autre part ces fonctions absorbaient tous les loisirs d'un homme, et il nous répugne d'admettre que, sans y être absolument forcé, Lauber ait pu rompre avec des travaux artistiques qui avaient été jusqu'alors, non seulement son gagne pain, mais aussi le charme de sa vie. Sans aucun doute la rencontre du nom complet de ce greffier eût mieux valu que toutes ces réserves et ces hésitations. Mais en attendant que cette démonstration péremptoire mette fin à nos doutes, ceux-ci restent invincibles.

Il y avait alors à Haguenau une quarantaine de commissions municipales entre lesquelles se partageait l'administration de la cité, de ses établissements et de ses intérêts communs. Chacune de ces commissions avait son secrétaire, au cas échéant son receveur-secrétaire, plus ou moins rétribué. Même les schôffenschreiber, les notaires de l'époque, se disputaient ces postes avec empressement. Trop nombreux — il y en avait souvent plus de huit qui instrumentaient à la fois — pour trouver dans la rédaction des contrats l'emploi de leur temps, et dans la rémunération y attachée des moyens suffisants de subsistance, ils étaient heureux d'obtenir ainsi, outre l'occasion de faire quelques actes, un traitement fixe qui les garantissait contre les aléas de leurs charges. C'est une place de ce genre que devait désirer notre calligraphe, déconcerté par la désertion continue de son ancienne clientèle, alarmé sans doute aussi par les progrès non moins continus de l'imprimerie naissante. Grâce au revenu qu'elle lui eût assuré, il pouvait, sans renoncer à s«s chers manuscrits, assister avec plus de calme et de sécurité au développement d'une concurrence dont son esprit pratique devait prévoir l'issue.

1) Dana le Noaveau Statutaire, parmi les conditions que l'on demande d'un candidat à ce poste, il doit ^auch sonsUn den gerichts geschaften und handïungen an andern orien mehr beigewohnt haben^ und deren zimblicJier tnassen geûbt und erfahren sein.^ Si l'ancien ne formulait pas les mêmes exigences — ce que nous ignorons — elles n'en étaient pas moins imposées par la force même des clioies.

La lettre de Lauber autorise en outre diverses inductions qui ne sont pas sans intérêt. Il offre d'écrire un manuscrit gratuitement, mais il demande à être remboursé de ce qu'il paiera pour les illustrations et la reliure. En d'autres termes, il donne son travail personnel, mais il ne pense pas être tenu à donner son argent, ce qui sera pour lui une occasion de dépenses, ce qui sera fait par d'autres.

Que Lauber n'ait pas relié lui-même ses livres, personne n'en sera surpris. On se demandera toutefois pour quel motif notre calligraphe, au lieu de réclamer un remboursement peu délicat en apparence, ne se contente pas de réunir par un brochage les cahiers de son manuscrit^ abandonnant au donataire le soin de le faire ensuite habiller à sa guise. Sa conduite nous apprend qu'en règle aucune de ses productions ne sortait de son atelier, sans être revêtu de ce qui devait être à la fois pour elle un ornement et une défense.

Plus inattendue et non moins importante est la déclaration de Lauber que l'illustration du manuscrit ne sera pas son œuvre. De là une conclusion, sinon rigoureuse, du moins très vraisemblable, qu'il n'était lui-même ni peintre, ni dessinateur. Cette conclusion parait du reste confirmée par l'étude même de ses ouvrages. Deux d'entre eux, reconnus comme écrits de sa main, devaient recevoir des illustrations. Or l'un d'eux, le Fleur et Blanchefleur de Berlin, ne nous présente que les places vides qui leur étaient destinées. Les dessins de l'autre, les Trois Mages de Londres, trahissent, au dire du D' Kautzsch, la manière de Hans Schilr ling, l'un des collaborateurs de notre atelier.

Même l'espèce de postscriptum qui termine la lettre a sa valeur. On y voit que Lauber connaissait les bibliothèques du voisinage, aussi bien que celles de Haguenau. Lorsqu'il convoitait quelque glose qui ne se trouvait point directement sous sa main, il faisait intervenir l'un ou l'autre de ses puissants Mécènes, le livre désiré secouait pour un moment les chaînes qui l'attachaient à la librairie conventuelle et venait enrichir le fonds de notre calligraphe.

Tout renseignement nous manque jusqu'ici sur la fin de

Lauber et de son activité bibliographique. Le D' Kautzsob^ revendique pour son atelier un manuscrit daté de 1467 (N®^2). Il avu utilisé dans la reliure d'un autre un parchemin du pays daté de 1468 (N** 23). C'est à cela que se bornent les indications qu'il a pu réunir sur ce point. Si, en dépit de nos scrupules, le Diebolt qui remplaça Emmerich Ritter au greffe du tribunal en 1471, n'était pas distinct de notre Diebolt Lauber, cette nomination serait, selon toute apparence, l'acte de décès de l'atelier haguenauien.

Les manuscrits.

Plus ingénieux que ses devanciers, Lauber ne s'est pas contenté de signer quelques-unes de ses productions, il les a souvent chargées de faire pour lui ce que nous appellerions des réclames, mais des réclames sincères et loyales, appuyées de pièces justificatives. Fendant que l'amateur parcourait un volume d'un œil curieux et satisfait, il l'entendait tout à coup lui dire d'une voix insidieuse : « tu m'as lu avec plaisir, tu as admiré mes dessins. Ces jouissances, tu peux les renouveler, si tu le désires, et aussi souvent que tu le voudras. Celui qui m'a lancé dans le monde, a publié beaucoup d'antres ouvrages aussi intéressants que moi, aussi bien illustrés que moi. Âdresse-toi à lui et tu seras servi à souhait. >

C'est ainsi que le Psautier de Strasbourg, auquel est empruntée la lettre citée plus haut, se termine par cette annonce: « Tout ce qu'on désire en fait de beaux livres, grands ou petits, religieux ou profanes, gentiment peinis, on les trouve tous chez Diebolt Louber écrivain à Haguenau. > ^) La même indication, conçue en termes presque identiques, se lit dans le Fleur et Blanchefleur de la bibliothèque de Berlin : « A'

1) « Was matériel! man gerne hat von htlbachea bûcherif, grosa oder ^ clein, gehtlkh oder weltlich, hûbsch gemolt, die fiodet man a]le bf Diebolt ' louber, schriber zu Hagenow. >

Haguenau, beaucoup de beaux livres religieux et profanes, jolimenf peints, chez diebolt louber écrivain, ainsi que de bons livres latins. ') » Ces derniers sont sans doute mentionnés à part, parce qu'ils n'étaient point, comme les autres, ornés de peintures.

Ces annonces se développent parfois pour devenir des catalogues d'une certaine étendue. « A Haguenau — dit le manuscrit n** 314 de la bibliothèque de Heidelberg — à Haguenau, chez Dypolt lauber écrivain, maître des enfants, se trouvent ces livres en allemand :

1 Item gesta Romanorum, peints.

2 Item Parcifnl, peint.

3 Item floyr und blanchefîur, peint.

4 Item Morolf, peint.

5 Item der Hertzog von ôsterrych.

6 Item Wilhelm von Orlyentz und die schon Amdy.

7 Item die syben meister, peint.

8 Item das bispyl buoch, appelé der welt lôff, peint.

9 Item die gulden bull,

10 Iterii der akermann und belyal, peint.

11 Item das guldin spil, und von aUen spilen, peint.

12 Item die 2 teil der heyligen leben.

13 Item der heiligen dryer kûng buoch, peint. 44 Item die 2i alien.

15 Item Tristram.

16 Item un beau livre appelé der graw rock und kii/nk Alexa/nder.

17 Item Troyen, peint.

18 Item sant Wilhelm en parchemin.

19 Item Wygoloys, peint.»)

1) Yon d. Hagen et Basching, liU, Grundrtss zur GeacMchte der deutschen Poésie^ p. 159^ Item zuo Hagenowe vil hûhscher bûcher geistlich oder weltlich hûhsch gemoH hy diebolt louber schriber und guote latinische bûchere.

s) Wilken, Geschichte der heideïb, BûcT^ersammîungen, 406, 407. Eirchhof, 1. c I. 8 et 4. Nous avons reproduit les titres en afiemand; ils sont &ciles à comprendre et il peut être utile de les connaître dans leur teneur originale.

Les critiques iadiquées plus haut (p. 5) n'enlèvent rien à Tauthenticité du catalogue lui-même. Qu'il vienne directement de Lauber, ou qu'il ait été copié par un étranger sur un original perdu ou encore inconnu, peu importe. 11 restera toujours acquis, que les ouvrages énumérés dans cette liste faisaient partie, à un moment donné, de son assortiment.

Une série beaucoup plus riche encore nous est fournie par une Histoire des Trois Mages, vendue à Bruxelles en 1860 et acquise depuis par le British Muséum (N** 28752). La voici d'après un fac simile publié par Lempertz. »)

« De quelque genre que soient les livres que Ton désire avoir gentiment enluminés, grands ou petits, religieux ou profanes, on les trouve chez Louber écrivain à la Burg de Haguenau.

i. Le grand livre appelé lesta romanorum, qui parle de ce qui s'est passé à Kome, des villes que le Seigneur a parcourues, des Empereurs de Rome, des Papes, des merveilles qu'ils ont faites, de nombreuses lois établies par les Romains, le tout enrichi de figures.

2 vita cristy.

3 die XXIV alten, illustré.

4 ein gerymete Bibel.

5 der ritter her Wigoleis, peint.

6 Wolff Dietherich, peint.

7 das gantze passinal «le la vie des Saints, partie d'hiver 6t partie d'été, deux grands livres.

8 Bpisteln und Ewangilien pour tous les jours de l'année avec gloses, ainsi que pour les saints et les vierges.

9 Wilhelm von Orliens, peint.

10 her Ywon und her Gaw. . . (gav^ein, l'un des chefs de la table ronde) und Kunig Artus, peint.

11 der heiligen drie Kûnige huocK peint.

12 Pardfal^ peint.

13 Sûben meister buocher, peint.

14 Bellial, peint.

Bilderhefte zur Geach, des Bûcherhandeh. Col. 1862, tab. L

â2 DIEBOLT LAUBER

14 der witfaren Ritter.

16 die grosse Troye, peint.

17 der hertzoge von Oesterich, peint.

18 die hymmelstrasse, appelé der wdsche Gast

19 die zehen gehoty avec gloses.

20 von eime getruwen Ritter qui donna son propre cœur pour l'amour d'une belle dame.

21 Tsopus, peint.

22 de bons livres de médecine, d'un mérite éprouvé.

23 Frigedang,

24 Lucidarius.

25 JPfaffe Emyss et autres petits livres de prières.

26 der Rosenkrantz.

27 der Ritter under dent zuber,

28 des loszbûcher, peints.

29 der Selen trost

30 von dem Ritter sant AUexius.

31 Sant Anszhelms frow.

32 der kikiig von frankenrieh.

33 ein keiserlich Reht huoch.

34 Trisztram.

35 schochzabel, peint.

36 Von Santé Gregorius, le pécheur.

37 Moroiff, peint.

38 ein Salter, latin et allemand

39 et beaucoup d'autres livres.

Dans ce catalogue figurent tous les manuscrits vendus au duc Robert ^), ainsi que les autres qui sont nommés dans la même lettre. Mais six articles du relevé précédent (3, 8, 9, 11, 16 et 18) ne s'y retrouvent point Si Ton tient compte de ce fait, si l'on songe aux ou\Tages annoncés en bloc et en termes généraux,

22 de bons livres de médecine, d'un mérite éprouvé.

25 Emyss et autres petits livres de prières.

28 des livres de divination, et surtout le N^ .

39 beaucoup d'autres livres.

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