V. d. g. (loco
dont la conclusion est ralentie, et douce. L'orchestre répond au soprano, dans l'air qui suit, de sorte que le début de cet air est une sorte de dialogue, où domine ce motif:
t Voyez l'éd. Seiffert, p. 40, dern. mes.
* LQbeck, A 373, fol. 77a (part, en tablature).
Al - so liât Gott die VVelt se - lie-bet
Les modulations en mineur par lesquelles cette musique se développe, ne manquent pas d'une certaine tendresse d'harmonie,
nicht ver - - loh
^ËIÉIË^ÏÉS^
les dernières phrases, que les violons répéteront, annoncent la vie éternelle, par des motifs éclatants,
ElPs^f'
sondern das e-wi-ge Le ben ha-ben
et le chant se termine par une vocalise dont le dessin et la cadence ont plus de vigueur que de recherche.
rt=t=t;d=t=3
sondern das e-wi-ge, sondern das e-wi-ge Le — — — —
fe^-zEÉfet
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ben lia - ben
L' Alléluia final suit une reprise de la Sonata qui sert d'ouverture à la cantate; les violons y répètent, en imitations, le thème chanté par le soprano
CANTATES POUR LES FÊTES DE L'ANNÉE
Al -le - lu -ja •/. •/. •/.
Quelques strophes qui appartiennent à la liturgie latine forment une cantate pour la fête de la Trinité1. Trois violons, le basson et le continuo accompagnent les deux soprani, et le chant, aussi bien que l'orchestre, poursuivent de douces litanies, dont la mélodie balancée (6/4) n'accueille des tons vigoureux que pour proclamer, comme au son des trompettes, la gloire de Dieu2. Là, seulement, le musicien considère la majesté de la triple divinité, que les magistrats de Liibeck se chargeaient alors de rendre redoutable, dès cette vie, à qui l'outrageait3, et il a bien soin de marquer, par des accords distincts et impérieux,
Violons
Sr \~.
Nunc.
que, dès à présent, on est tenu de la glorifier.
U Amen est écrit sur une basse obtinée de quatre mesures, tantôt accompagnée d'alertes fioritures,
LjW x " £ h & I -Lb h J fr h I
A men,
1 Upsa!, Tab. 82 : 35, fol. 9 e3.
2 Deo patri sit gloria, ejusque soli filio (les soprani chantent à l'unisson ejusque soli).
3 En 1687, on décapita un compagnon forgeron qui avait discouru sur la Trinité dans les auberges (Hoffmann, Gesch. derfreien und Hansestadt Liibeck, 11, p. 109).
320 DIETR1CH BUXTEHUDE
tantôt traitée en style d'orgue (7e et 6e mesures avant la fin); tantôt réalisée par les chanteurs, tantôt par les violons, tantôt par les uns et les autres avec une inépuisable diversité.
Il semble que la cantate Befiehl dem Engel{ soit destinée à la fête de l'archange Michel, que tant de compositeurs ont célébrée par une représentation de la «bataille céleste»2. Le sujet que traite Buxtehude est bien différent: ce ne sont point les anges qui combattent, mais les anges qui protègent, que nous désigne le cantique dont il dispose ici les strophes, figuraliter. Partout, il s'ingénie à nous mettre en l'esprit l'image de ces messagers de Dieu; dès que, dans l'introduction, la basse a bien marqué les premières notes du choral3, les violons qui l'ont accompagnée avec quelque solennité, émettent des gammes ascendantes ;,
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et, pour conclure, ils entretiennent, au-dessus de l'orgue et du violone qui cheminent gravement, des tierces ondulantes;
Sva bassa 6 7 6 5 7 6 5
1 Upsal, 3o : 5 (parties séparées).
2 Cf. L. Meinecke, Michael Altenburg (Sammelbânde der J. M. G. V, p. 48), et M. Seiffert (Denkmâler deutsclicr Tonkunst, 1,6, p. VII). Zeutschner a aussi travaillé sur le même sujet.
3 Buxtehude procède ici comme dans AU solch deine Gùf.
4 La basse participe encore du thème du cantique.
CANTATES POUR LES FÊTES DE l' ANNÉE 321
on ne saurait mieux décrire la montée soudaine (A), puis le vol ralenti, et la vigilance opiniâtre (B). Dans ces mesures, où il semble dépeindre les oiseaux de mer qu'il a vus si souvent planer à l'avant des vaisseaux, comme pour les guider, Buxtehude interprète à merveille les passages de Y Exode, que le cantique évoque : « Et j'enverrai mon ange, qui te précède, et te garde, dans le chemin » (XXIII, 20; cf. XXXII, 34).
Il y a tout autant de poésie, et d'allusions symboliques dans le chœur,
Be - fiehl dem En - - gel, dass er komm, dass er komm, dass er komm
"ES
B. c: 6 4 jj 6 6 jf 6 $
ne serait-ce que par la répétition des mots, ou par le dialogue des voix avec les instruments; les violons ramènent de la dominante à la tonique, chaque fois que l'on a dit dass er komm ; quand les chanteurs s'obstinent à reprendre les mêmes accords et les mêmes paroles, ils répondent, et intelligiblement. Enfin, ils développent, quand le texte indique seulement. Le vocabulaire musical du XVIIe siècle est assez connu maintenant pour qu'il nous suffise de noter ce motif, que l'orchestre joue après Gib uns die lieben Wàchter zu, et après Dass voir fur m Satan haben Ruh' x.