‹ Dietrich BuxtehudeChapitre 43 sur 70 · c. e< Violone · texte numérisé non relu

c. e< Violone

Après avoir développé le troisième motif (C), Buxtehude reprend, encore les paroles auxquelles il l'avait adapté, avec une autre musique. Il les joint à une progression ascendante où les trois voix forment des harmonies expressives, et, près de la fin, les interprète au moyen d'une charmante modulation, qu'il a l'élégance de ne pas alourdir.

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la-chri-mae, Et cla

te quserunt pi — ae

la-chry-mae

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Deux airs, pour le premier et pour le second soprano, suivent ce chœur. La mélodie est plus ferme que dans

L AMOUR DE JESUS

beaucoup de couplets de même destination : il y a quelque ardeur dans la vocalise qu'ont inspirée les mots quant felix, et une juste opiniâtreté dans la traduction, par des notes répétées, du reste de la proposition {quant felix cum tenuero). Dans le second air, le motif qui traduit quant felix s'applique, avec propriété, à me laetum (faciès).

On n'a plus la fin de la cantate1: peut-être se terminaitelle par une reprise du chœur.

La cantate Salve desiderium'1, composée pour deux soprani et basse, «avec trois instruments», comprend une Sinfoma, un trio vocal où, même dans les passages en imitations, c'est le canio primo qui a le rôle principal, trois airs, dont les deux premiers, tout semblables, sont chantés par les soprani, et le troisième par la basse, avec le même continuo dans la première mesure seulement, et un ensemble (3/i) où les voix et les instruments suivent, en accords précis, le même rythme.

Buxtehude a bien rencontré, pour les acclamations du soprano (premier trio),

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Sal-ve, Sal ve,

de - si - - de-ri-um

et pour la description du «grincement de dents ».

or - co stri

or - co stri

îÉiiiïife

dor, or

Basso : or - co stri

1 Le manuscrit a été mutilé.

2 Upsal, Tab. 82:42, fol. 1.

dor

den - ti - um

zÉtibtfcqÈSJ:

stri - - - dor

den - ti - um

ii=g^=I^^Esi

dor 1

den - ti - um

Dans les airs de soprano, la basse continue chemine, presque sans arrêt, en croches; elle est colorée, à deux reprises, de suites de demi-tons d'où l'harmonie prend de l'accent (mes. 7 et mes. 10, laV, sol, fa$).

C'est sans doute dans la cantate Salve Jesu, Patris gnate unice2, que l'amour de Jésus est exprimé avec le plus de véhémence, Le thème de la Sonata (deux violons et basse) 3,

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le chant du soprano,

Sal — — — — — — — — — ve

tout le duo (o vis amoris tui), qu'annonce ce prélude

! Sva bassa

' Voyez les ex. cités p. 298.

2 Upsal, Tab. 82: 35, fol. 21 b*.

:J Le premier violon va jusqu'au m/ aigu.

L AMOUR DE JÉSUS

traduisent, avec une énergie ou avec une hâte passionnées, le madrigal maniéré que le poète adresse au fiancé de sa «petite âme». De ce que l'enfant dans ses langes troués a souffert le froid, les chanteurs mettent de l'indignation à le plaindre;

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Sopr. 10 Curfas-ci-as te in vol-vis la -ce-ris, le

su - le

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Sopr. 20 Cur, cur al-ges, cur al - ges, cur al - ges, cur al-ges,

n'est-ce pas lui qui agite la foudre, et qui répand l'effroi par le tonnerre ? La musique interprète ces paroles avec force :

qui ful-mi-na di - - ra vi - — bras

qui

cœ-li cul-mi na- terres

qui ful-mi - na di - - ra

SES

fra - go

~~~nJ1 Fuite.

bras, qui cœ-li cul-mi -na ter-res,

fra - go

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to - - ni - tru - uni, to - - ni - - tru - uni

L AMOUR DE JÉSUS

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La dernière partie de cette œuvre est un cantique où les deux soprani disent la suavité et la force de l'amour qui les entraîne vers Jésus. Les violons reprennent ces phrases tendres, auxquelles sont mêlées, comme dans toute cette cantate, des phrases ardentes.

quo fe-ror, quo tra-hor, quo fe - ror, quo tra - hor, quo ra-pi-or 2» sopr. ) ) )'i eli

Sva bassa

L'orchestre accompagne la reprise du passage en duo, d'accords répétés ( R""R R ), ajoutant un frémissement d'harmonie à ce chant troublé Tout à la fin (C adagio), les instruments soutiennent et font rayonner les dernières invocations.

Comme la cantate Salve desiderium, la cantate Fallax mundus ornai1 nous révèle une piété dont la ferveur va jusqu'à l'emportement. Il y a de la chromatique dès la sonate 2,

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8va bassa

1 »• Sr 5-

1 Upsal, Tab. 83 : 72 (soprano, 2 violons et basse .

2 Mes. 3. Cette formule se trouve fréquemment chez Buxtehude (cf. les ex. donnés plus haut).

L AMOUR DE JÉSUS

et, quand le soprano, après avoir décrit les ruses du monde, annonce la venue de Jésus, la musique prend vie.

Cor, ex-sur

vec tem sol-ve '

Sa bassa

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quid sit o-pus fac-to vol-ve, quid sit o-pusfac-to vol-ve in ad--

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veD - tum

Dans la strophe suivante, l'animation augmente, le rythme est inquiet, l'harmonie troublée.

Dum sera -ta- ris, dum scru-ta-ris in lu - - - cer-nis et ves-

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fa-jQ^4p

8va bassa

1 L'accord placé sur le second temps est, en réalité, un accord de septième diminuée.

ti - aras cum la

ter - nis, cor,

cor,

pec-

tis

ob - si - - tum

^E^^àà^^^

La reprise du premier couplet, dont la mélodie est unie à d'autres paroles, arrête l'élan de cette déclamation : ce mouvement ne se retrouvera plus. Mais, dans un épisode à 3/2, Buxtehude tentera de dépeindre, avec la même habileté qu'il avait tenté de toucher. Qu'il contemple en esprit les sources et les ruisseaux de la grâce, ou bien les joies angéliques, il nous communique ses visions par les images les plus charmantes.

bo-ne Je- su, fon

tes flu

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2e Violon

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L AMOUR DE JÉSUS

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Dans l'avant-dernière strophe de cette cantate, le chant rappelle un peu trop certains airs de mélodie facile que nous avons souvent rencontrés dans l'œuvre de Buxtehude, mais l'orchestre dissipe cette monotonie, et rachète cette vulgarité par des interludes animés. Quelques invocations ferventes (ÇJ adagio) précèdent la conclusion où un motif très simple1 est traité avec quelque animation par les instruments et par la voix 2.

Quelques cantates de texte allemand ont le même objet que les cantates latines que nous venons d'analyser. Dans Même Seele wiltu ruhnz, quatre strophes, à trois voix, nous apprennent que, hors l'amour de Jésus, rien ne donne le repos à l'âme. La première strophe et la dernière ont la même musique,

Mei-ne See-le wil-tu ruhn,

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Und dir ini-mer giit-lich thun, Wiinschest f — il é- é-z=z-0-r-é^ — J 0 — 0--A

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1 C'est une variation de l'hexachorde, que Buxtehude présente en montant et en descendant.

2 Le chant va jusqu'au la bémol aigu, comme dans la strophe précédente, d'ailleurs.

3 Upsal, 5i : 16 (parties séparées). Lûbeck, A 3y3, fol. b6b (tabl.).

L AiMOUR DE JÉSUS

du dir von Be-schwerden, und Be-gier-den frey zu werden,

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ES

(Veotons)

Liebe Jesum,

lie - be Jesum und sonst niclits

lie-lie Jesum, lie - be Je-sum und sonst niclits

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dont les motifs, clairs et tenaces, ressemblent à la parole d'un prédicateur qui dogmatise, comme les motifs de la cantate Ailes was ihr thut l.

Cette minutie d'articulation appauvrit la seconde et la troisième strophe, où, pour mieux servir le texte, la musique bégaie. Mais elle s'affranchit, dans Y Amen, de l'esclavage des syllabes, et se répand généreusement, par les méandres de deux thèmes continus et bien tracés, que l'orchestre dicte aux voix.

Allegro

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1 Voyez plus haut, p. 285.

A — — — — — — — — — — — — — men

Bien qu'il y ait, dans la succession des voix, des apparences de fugue, tout le mécanisme, ici, en est réduit à des réponses qui, quelquefois, se suivent de près; mais, pour Buxtehude, prolonger le jeu scolastique aurait eu certainement moins de charme que de faire dialoguer, par de vives ripostes, les violons et les chanteurs, et il lui suffit d'indiquer, au cours du dialogue, qu'il n'a pas, sans dessein, imité, à la fin du second motif, le commencement du premier.

C'est une ivresse fort sage que Buxtehude manifeste, dans la cantate Wie schmeckt es so lieblich und zvohl2, par ce motif

Wie bin icli so trun - ken, so trun - - (ken)

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