‹ Dietrich BuxtehudeChapitre 50 sur 70 · JU · texte numérisé non relu

JU

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dialoguent avec elles (A B),

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DIETR1CH BUXTEHUDE

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ajoutent à l'harmonie qu'elles forment (C) et aux descriptions qu'elles offrent.

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L AMOUR DE JESUS

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pi - œ la - cry-mae, et cla - -

Cette longue pièce, où Buxtehude triomphe par sa fantaisie l, se termine par un alléluia fugué.

En ce groupe de cantates inspirées, les unes, plus tendres, par l'amour de Jésus, les autres, plus sévères et plus vigoureuses, par l'amour de Dieu, nous pouvons placer deux œuvres encore. Accompagnée par trois Stromenti, la can-

1 Les heureuses trouvailles sont nombreuses; voyez, par exemple, les harmonies liquides qui accompagnent nil canitur suavius (cf. In dulci jubilu, p. 253}, l'interlude après le verset Amor Jesu dulcissimus, les épisodes où la basse chante en solo, et les tirades à la tierce de l'alto et du ténor.

tate Nichts soll uns scheiden von der Liebe Gottes1 est chantée par le soprano, l'alto et le bassetto. Elle est d'une forme que nous avons bien souvent décrite : après l'introduction, et un chœur des trois voix, Buxtehude fait entendre un air de soprano, un air d'alto, et un air en trio. Après chaque air, on reprend le premier chœur et l'on ioue une ritournelle. Dans le premier chœur, le compositeur a bien soin de répéter plusieurs fois le mot nichts, et de séparer ces redites par des silences "2. 11 y a de fort belles lignes dans l'air, dont la musique est adaptée, tour à tour, à la voix du soprano et à la voix de l'alto.

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Violons

Les violons en prolongent la grâce par le reflet des derniers traits. Ils interviennent de même, du reste, dans le premier chœur; par là, cette phrase, qui nous rappelle, au début, la cantate Das neugeborne Kindelein 3, gagne encore en force obsédante.

niclits soll uns schei-den,

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nichts, nichts, nichts soll uns schei-den, von der

Lie - be Got - - tes

1 Lûbeck, A 3y3, fol. 406.

2 Tunder lui en donne l'exemple dans son Ein'1 feste Burg (éd. Seiffert).

3 Voyez plus haut, p. ibc,.

L AMOUR DE JÉSUS

Dans Der Herr ist mit mir l, le musicien a voulu montrer quelle force est dans l'âme qui s'est donnée à Dieu. Les violons annoncent, dans l'introduction, les motifs, de rythme décidé, que les quatre voix développeront dans une sorte de marche solennelle, aux pas bien réglés; semblable au cri d'un héraut, l'appel de l'alto précède l'acclamation unanime.

Violons

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Violone et conlinuo

Chœur. Der

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Der Herr

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Herr ist mit mir

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1 Upsal, Tab. 85 : 17.

2 Joh. Phil. Krieger traite des motifs de semblable structure dans son Laudate, pueri (Upsal, Tab. S3 : 17, fol. 3o b 6).

Trois fois, le cortège s'arrête, et le chœur dit, en un faux-bourdon puissant: «Que peuvent me faire les hommes?» Le texte de la seconde partie, plus vive {allegro, 3/4), évoque le secours prochain de Dieu, la joie des victoires futures ; le rêve glorieux s'épanouit, remplit toute l'âme, et l'illumine,

Violons

Ich vrill mei-ne Lust, mei-ne Lust

rJ,œur h h h h 1 k K , i>*

Ich will mei-ne Lust \ ____ 1^

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f« Violone avec la basse chantante

FïoJ. or. /e continuo Viol. av. la b. eh. (Viol).

et il semble que l'impatience de combattre agite cette phrase de la dernière ritournelle.

L AMOUR DE JÉSUS

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Sva bas s a

B. c. et Violone

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\Jalleluia final est édifié, comme les compositions que nous venons de citer (p. 369 et pp. suiv ), sur une basse obstinée, ample motif de carillon. Ce motif est accompagné de traits à la tierce, ou d'accords détachés, que font entendre les voix et les instruments (A); le violone mêle, à ces tons de cloches, le frémissement des notes répétées, et les oscillations des octaves; cette rumeur tintante et grondante a, pour contraste, ou pour complément, les vertigineuses fioritures des violons (B), auxquelles répond la basse du chœur, ■

chœur i J ^ ï J ut *h

rio/onc e< B. c.

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et les dernières mesures sont d'une musique pleine où se prolonge encore des résonnances vacillantes.

Aux psaumes latins, ou fragments de psaumes latins, que nous avons déjà étudiés1, nous devons ajouter un Cantate Domino* et un In te, Domine, speravi*, composés, l'un et l'autre, pour deux soprani, basse, et orgue. Le premier verset du Cantate est traité par les trois voix, en style d'imitation, avec une continuité bien ordonnée, d'après ce thème :

« P. 84, p. 236 (ps. 34), p. 322, etc. * Upsal, Tab. 83 : 16.

3 Upsal, Tab. 83 : '.9.

PSAUMES

^bpgâg^iSiiÊasa

Can-ta-te do- mi-no, can-ta

Pour conclure, quand il a développé ce thème assez longuement, et qu'il en a, non sans à propos, tiré, par un jeu qui lui est habituel, un court divertissement rythmique,

Can - ta - te,

la basse a l'Sve inférieure

2i (1) "Vf,

can - ta -te, JE

can - ta - te

can-ta -le,

can-ta-te,

can-ta -

il choisit un second motif,

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LES sta^Ly *? l.

Can

(ticuni)

pour interpréter canticum novum, le prolonge par une vocalise qui est presque un trille ( F^R) chanté par les deux soprani, et joint à cette première pièce une cadence en ré majeur. Par cet artifice, qui rompt l'uniformité tonale, il prépare à l'air de basse, qui est, comme le premier ensemble, en sol majeur. Un air de soprano, en mi mineur, puis quelques mesures où les trois voix proclament, par des accords vigoureux et des motifs éclatants, les merveilles de Dieu {do majeur) précèdent l'air du second soprano, qui débute par la dominante de la mineur {sol\ à la basse), évolue vers mi mineur, et s'achève en sol. Un court Gloria patri, en trio, commence en mi mineur, et finit sur un accord de si, et le Sicut erat {allegro) est une petite fugue en sol, fort animée, avant laquelle les voix chantent une sorte de prélude. Par cette diversité dans la modulation, Buxtehude, avec trois voix seulement, entretient la vie dans

ce psaume où la distribution du texte par versets pourrait déjà être une cause de monotonie.

Dans In te, Domine, speravi, nous ne trouvons pas la même richesse: un seul verset du psaume nous est présenté. Tout d'abord, une basse obstinée, un motif formé de notes répétées, expriment bien la persistance de l'espoir en Dieu. Le compositeur traduit ainsi, avec fermeté, la devise de son roi, qu'il a lue si souvent, inscrite aux portes du château de Kronborg1. De cette affirmation, naît un motif résolu, que les trois voix développeront en manière de fugue2.

In te, Do -mi ne, spe-ra-vi é # é~v

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In te,

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In te, Do-mi-ne, spe-ra —

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Do - mi - ne, spe-ra

1 £m D/'ett mon espérance (1664), lit-on sur les murailles de la forteresse.

2 Comparez cette basse uniforme avec la basse de l'air de Gesti {Wamaranto, etc.) que Burney a citée, p. i53 du 40 vol. de son ouvrage A gênerai History of Music (1789).

PSAUMES 383

La tonalité de la mineur se maintient pendant les premières mesures de la seconde partie, non confundar; les trois voix y chantent simultanément, selon le même rythme, après que "le soprano a chanté seul, allusion fort claire à la signification des paroles. Cette seconde partie se développe avec une facilité un peu vulgaire, Buxtehude y joignant, à des vocalises banales, des progressions par quarte, qui en forment la charpente l.

Tous les versets du psaume n3 sont traités dans la Chiaccona Laudate, pueri, Dominum2, composée pour deux soprani, cinq violes de gambe et basse continue. L'idée d'écrire un psaume entier sur une basse obstinée avait déjà été réalisée par d'autres compositeurs. Ainsi, Antonio Rigatti nous a laissé un Beatns vir, pour deux soprani, basse, deux violons et continuo, composé sur une phrase de trois mesures (£) qu'il répète plus de cinquante fois3. Le thème de Buxtehude a huit mesures, et il est présenté douze fois. Comme il se prête à la modulation, il est facile d'éviter la monotonie, dans les variations que l'on y adapte. Le chant, d'ailleurs, garde, en ce travail de contrepoint, un caractère spontané. Que la contrainte du procédé n'ait pas encore appauvri la musique des premiers motifs, cela se conçoit, d'autant mieux que le compositeur a peut-être inventé d'abord la mélodie jointe aux premières paroles, et n'a formé le basso ostinato qu'en accompagnement à la figure déjà tracée librement.

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Lan- da - te, pu - e - ri, lau - - da - le pu - e - ri Do - mi-num, lau -

no-men Do -rai - ni

1 Voyez à la p. 29;. (note 2).

2 Upsal, Tab. 84; 38. Parties séparées, Vok. mus. 6: 17.

5 Bibl. nat. Vm '■ 1197 (partition manuscrite, tirée de la collection éd. par Ambr. Profe en 1646).

Mais la grâce de ces lignes souples se multipliera;

Quis si - eut Do- mi- nus De-us nos- ter qui in

1?- Quis si -eut Do - mi-nus

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- - us nos- ter

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bi - tat

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quand les arabesques feront défaut dans le chant, l'orchestre nous gagnera par des caprices de rythme et d'harmonie,

disputera plaisamment avec la voix,

PSAUMES

et nunc,

et nunc,

et nunc

et nunc,

fcf:

et sem - per

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sera tantôt solennel, tantôt frémissant, et toujours plein de vie.

On a conservé une série de psaumes, écrits pour des solistes, d'après le texte latin ou le texte allemand. Du psaume Dixit Domùms1, où deux violons, deux violes, le violone (ou l'épinette) et l'orgue accompagnent le soprano, les deux dernières parties ont été publiées par Eitner 2. La Sonata a cette vivacité et cette précision de rythme qui se remarquent si souvent chez Buxtehude.

la 2» fois, piano

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Sva bassa (la ze fois encore une octave plus bas). I

Dans les premiers versets, le chant a plus de volubilité que de signification ou de beauté. Par ce passage, on jugera de cette musique;

» Upsal, 5o :8; Berlin, ms. 2680 (f.). 2 Supplément déjà cité des Monatsheftc.

do-ini-iKi - re,

iio-nn - na-re,

do-mi - nare, do-mi-na-re, do-mi- na-re

t^tz a r — m — m~w w~w m* — •■ — • — » " •'

qu'elle soit énergique, ici, c'est avec raison ; mais cette vigueur est uniforme, et la mélodie ne cesse d'être aride que pour devenir vulgaire. Par la suite, Buxtehude est mieux inspiré,

Tu es sa-cer-dos in œ - ter-num lu es sa-cer-dns in œ - ter-num

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8va bassa 5 676

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PSAUMES

sa prédilection pour les sonneries de trompettes se manifeste à point, quand il les imite, dans l'accompagnement de ces mots, judicabit in nationibus, et la tumultueuse symphonie qui suit implebit ruinas est fort judicieusement placée. Je renvoie à la publication d'Eitner, pour la fin de ce psaume, où l'invention ne manque pas; mais il faut signaler que le thème du Gloria patri est modelé, à 6/s> sur le thème du premier verset, Dixit dominus (£). Le musicien satisfait ainsi, en quelque mesure, à son goût pour les compositions symétriques : en quoi il est habile, car, de reconnaître dans la péroraison quelques traits de l'exorde, l'auditeur en vient bientôt à croire que, dans l'œuvre tout entière, l'auteur a procédé avec esprit de suite, d'après un plan bien déterminé, et il s'imagine qu'il est d'intelligence avec lui.

Les quatre premiers versets, et le dernier verset du psaume 146 forment la cantate Lauda anima mea Dominum, écrite pour le soprano solo, deux violons, le violonc et l'orgue '. En chaque mesure de la Sonata, persiste le même rythme, et, comme certaines compositions italiennes de semblable destination, cette pièce est faite plutôt d'un enchaînement d'accords que du développement d'un motif mélodique. On y remarque d'ailleurs un effet de pédale supérieure qui est assez fréquent chez Buxtehude.

1 Lûbeck. A 3:3, fol. 79 bK

Sonata

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