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Gu-te Nacht, du Stolz und Pracht, dir sey gantz,
dus
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Las-ter Le-ben, gu-te Nacht, gu-te Naclit, gute Nacht
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Si calme que paraisse la suite des accords, dans la dernière strophe, ce rythme égal porte, cependant, d'âpres harmonies, que la régularité du mouvement rend déchirantes.
CHORALS
Violons
VVeicht, ilir Trau - er - - geis - - - ter .Chœur
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Philipp Spitta considère la cantate que Buxtehude a composée sur le cantique de Martin Schalling Herzlich lieb hab ich dich, o Herr l, comme une Choralcantate, dans la plus stricte acception du mot. Il faut relire la belle analyse qu'il en donne. Je ne tenterai point de redire, après lui, quelle poésie, quels accents de piété personnelle, et même quelle complaisance pour «tout le sensible» on découvre dans la première strophe : le soprano solo, fidèle à la mélodie2, y est environné d'une harmonie qui, tantôt se gonfle comme un flot, et tantôt «ressemble à un tissu de fils d'ar^ gent3». La seconde strophe est chantée par les cinq voix, d'abord par imitations, dans cet ordre, ténor, basse, alto, second soprano, premier soprano, et d'après cette formule:
-Mu-J
^ÉeÈÉSeSSSEÏEÈ^
Es ist ja Herr dein Ge - schenk, etc.
puis, le mouvement changé (3/.2), et les instruments associés avec les voix, le motet s'anime, et se condense; aux pai-
1 Lùbeck, A 3-3, fol. 29 £.
2 Buxtehude écrit cependant un expressif sol dièze au lieu du sol naturel, à la fin du premier vers.
3 Spitta, J. S. Bach, I p. 304.
sibles enchaînements des thèmes, succèdent les accords pleins. Le musicien ne se contente plus d'assiéger l'auditeur par des motifs qui surgissent de toutes parts : il frappe. Et l'harmonie compacte qu'il amasse heurte plus fortement l'esprit, quand l'attention est, en même temps, éveillée et dispersée. Ces grands accords la recueillent tout entière, et la soumettent : alors, les images régneront, et nulle comparaison ne restera vaine, soit que la constance et le poids des sonorités alliées gravent en l'âme chrétienne ces vers, In allem Krenz er halte mich, Auf dass ichs trag geduldigltch, soit que les deux soprani, à la tierce, publient déjà la paix qu'ils implorent (Trôst mir mein Seel in Todesnoth), et la communiquent aux autres voix, et à l'orchestre.
Du troisième verset, le compositeur a fait un merveilleux tableau. Après la prière du deuxième soprano et de l'alto,
Ach,
Herr, acli, Herr, lass dein lieb
En - - - - ce - -
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Violons (Tremulo)
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CHORALS
les battements de l'orchestre sont, vraiment, des battements d'ailes, après chaque souhait des chanteurs, les réponses des instruments en semblent l'écho mystique,
Orchestre
ir
.si
Cftœur : Den Leib in
Schlafkammer - lein
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Ten. gar
sanfit /»to
fiasse : gar santll
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et, dès que la basse a parlé du repos, les autres voix et les violons l'accompagnent d'un murmure où la douceur profonde et les renflements alternatifs d'un seul accord onduleux reproduisent la musique même de la mer calme, qui, sans relâche, nous berce.
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B. c. e< Violone
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Kulin
Cette description de la paix de l'âme élue s'achève par une ample cadence, que le chœur déploie quand il chante bis am jûngsten Tage, et que l'orchestre répète à l'octave supérieure. Dans le reste de la strophe, Buxtehude nous représente la résurrection : les motifs s'élèvent successivement et, quand les soprani annoncent la joie de ceux qui verront le fils de Dieu, on entend la soudaine fanfare des clarini. Enfin, les appels, Herr Jesu Christ, erhôre mich, partis de la basse, montent de voix en voix, et l'orchestre
CHORALS
les réunit, en une acclamation finale. Cette strophe est suivie d'un Amen {Allegro)1.
Le choral Nimm von uns, Herr1 , est divisé en deux parties, dont chacune comprend deux versets. Avant la première, les violons, les deux violette et la basse jouent une Sonata suppliante :
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tè=çM±
Violons
Violette
et-g.
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Fag. e« fi. c.
i Oliger Pauli (Holger Paulli) raconte dans sa Xoah's Taube que son père, le fameux médecin, avait, dans sa jeunesse, visité un marchand de Lûbeck à son lit de mort, et que l'agonisant avait appelé près de lui les «musiciens de la ville», afin d'éprouver si ce verset du ps. 3oe est juste : «Tu as changé ma plainte en un chant de réjouissance.» Il leur fit jouer le choral Her\\ich lieb hab ich dich, 0 Herr, tourna la tête vers le mur, et mourut doucement pendant qu'ils jouaient. E. E. Koch reproduit cette anecdote Gesch. des Kirchenlieds, II, 1847, p. 258), Simon Paulli avait pratiqué la médecine en i63i à Lûbeck; il devint plus tard professeur à Copenhague, où naquit son fils Holger.
» Upsal, Tab. 82:38.
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Dans le premier verset, l'orchestre mêle cette harmonie inquiète à la prière pathétique du chœur, où se fondent les prières individuelles des chanteurs;
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Nimin, etc.
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