CONCLUSION
même volonté de se faire comprendre que lui1. On peut ajouter que, par goût pour les lettres, sans doute, il s'était appliqué à donner à sa musique l'ordre et la clarté qui paraissent dans les écrits des auteurs classiques: simplicité étudiée, qui nous rappelle cette «laborieuse facilité» dont Carissimi, dit-on, se faisait un mérite'2. Nous ne tenterons pas, ici, de chercher si les travaux des savants qui traitèrent de la musique, en Danemark et à Lûbeck, pendant sa vie, eurent beaucoup d'influence sur la formation de son esprit3; et nous laissons aux historiens de la ville de Lûbeck, le soin de nous apprendre comment il dut obéir aux conseils de certains de ses protecteurs, bourgeois de cette ville, qui avaient voyagé, et connaissaient l'art italien, riche, fort et limpide4. Les qualités de l'art de Buxtehude sont les mêmes,
1 II n'est pas inutile de rappeler que Krieger put recevoir, à Copenhague, les conseils de Fôrster. Aux ouvrages que j'ai cités déjà, au sujet de la musique danoise au XVIIe s., il faut joindre l'étude de M. Kurt Fischer sur Voigtlânder (Sammelb. der I. M. G., XII, p. 17), les notes de J. Boite sur J. V. Meder 'Sammelb. der I. M. G., I.) ; les articles de V. C. Ravn, en particulier son travail, intitulé Koncerter og musikalske Selskaber i aeldre Tid, et l'art. Skandinavïsche Musik dans l' Ergân^ungsband du Musikalischcs Conversations-Lexikon de Mendel, compl. par A. Reissmann, i883; quelques passages de la Relation en forme de journal... (1706) déjà mentionnée (voy. cette Relation, p. 142, p. i55, p. 352, p. 390); le manuscrit de Schacht signalé plus haut. J'ajoute que, en 1712, L. Holberg écrivit un discours De prœstanîia hodiemœ Musicœ (Alb. Thura, Idea historiœ litterarice Danorum, 1723, p. i83).
2 II faut avouer, et nous l'avons déjà remarqué, qu'il arrive à Buxtehude de dépasser la mesure et que, dans l'extrême simplicité, son style est parfois un peu vulgaire.
3 Je rappelle seulement les noms de Meursius, Meibomius, etc.. mais je dois citer D. G. Morhof, mort à Lûbeck en 1691, qui parle des effets de la musique et de ce qu'il y a de divin en elle (Polyhistor, T. I, L. 1. c. 12, g 14, p. 126 de l'éd. de 1728). Pour ses autres dissertations sur cet art, voyez le Lùb. Tonkùnstlerlexikon de Stiehl, p. i3; il faut signaler aussi Francisci, H. Grube, H. Mûller, J Polzius, A. Pfeiffer (voy. le même ouvr.). C'est sans doute à Lûbeck, où il fit ses études, que Jakob Wolf (1654— 1728), s'éprit de musique (voy. VAllg. deutsche Biogr., \ol. 43). A. H. Helbergerus, médecin à Lûbeck, était le fils d'un cantor, qui eut cette charge à Stade et à Buxtehude, puis devint pasteur (Moller, Cimbr. lit., II, p. 314).
* J'ai déjà cité Joach. von Dalen, Joli. Ritter, Winckler, etc. Un peintre flamand, qui avait été longtemps en Italie, séjourna à Lûbeck à la fin du 17» s. (voy. A. Jouvin, Voyage d'Angleterre, de Danemark et de Suéde, p. 55o). - Souvent, j'ai fait observer quelle était la prédilection de Buxtehude pour'les mélodies de tournure italienne, doublées à la tierce. Comparez un
nous l'avons vu; et le musicien nous a manifesté, de plus, la vivacité d'imagination propre aux gens du Nord, la patiente habileté et la profonde piété1 des Allemands2.
motif de la cantate Salve Jesu (cité au bas de la page 344.), ou certains passages de Nun freut euch, avec le motet à 2 voix Vox turturis de Melani (Bibl. du Conserv. 712).
1 Buxtehude a été loué par H. Elmenhorst [Dramatologia antiquo-hodierna, p. 100.
2 Dans cette étude, j'ai voulu surtout montrer l'auteur des œuvres inédites. Il reste beaucoup à trouver, et à dire, sur la vie de Buxtehude à Lûbeck, sur ses relations avec les musiciens de Hambourg et de l'Allemagne du nord (Fôrtsch, Conradi, Franck, Vinc. Lûbeck), enfin sur ses rapports avec Bachr sujet auquel je reviendrai, dans un travail sur la jeunesse de Bach. — J'adresse encore, avant de terminer cette étude, mes remerciements à tous ceux qui m'ont aidé à en réunir les matériaux, et que j'ai déjà nommés au cours de l'ouvrage. 11 m'aurait été impossible de l'entreprendre, sans la bienveillance des administrateurs de la bibliothèque de l'Université d'Upsal: MM. Bygdèn, Andersson, Hulth ont droit à toute ma reconnaissance; M. Ë. L. P. Meyer et M. Mitjana m'ont facilité les recherches, lors de mon séjour à Upsal, avec autant d'obligeance que de savoir; je rappelle enfin que je tiens de M. S. A. E. Hagen les documents d'après lesquels j'ai pu écrire le premier chapitre, et j'aioute que j'ai reçu ces renseignements, grâce aux bons offices de Mlle Saxild, et de M. A. Hvass, de Copenhague.
TABLE ALPHABETIQUE