CHEZ LES ARY.VS DE L ASIE ORIEMALE AV. J. C
C'est cette série de dcveloppemenls que nous allons exjK)ser en nous appuyant sur des faits, sur des documents Irics avec le plus grand soin et jusquVt ce jour inconnus ou négligés. Après cette période qui remplit près de 2,500 ans, jZoroastre parut vers 3000* ; Bouddha, vers 541 avant Jésus-Christ), nous suivrons le développement de Tidcc de Dieu chez les Aryas, dans son passage d'Asie en Europe, symbolisé par le mythe antique de la sœur de Cadmus, et nous verrons les Ioniens de TAsie Mineure jeter les fondements de ridée hellénique de Dieu.
De la Grèce, nous passerons à Rome et au monde germanique, de façon à avoir parcouru dans son entier la période de mille ans qui sépare le chantre de V Iliade (9 siècles avant Je'* sus-Christ) du Jérémie romain, Tacite, Thistorien prophète de la chute de Taryanisme antique.
Des deux époques helléniques, nous pourrons appeler la première l'époque homérique ; car Homère et son épopée sont pour nous l'expression la plus élevée de la pensée grecque, que les siècles suivants ont développée. En effet , toute la période qui sépare Homère de Selon (vers 600) et que signalent Lycurguc et Tyriée, les jeux olympiques, et Tessor des villes de la Grèce vers la liberté, toute cette période, dis-je, relève dllomère; de même que tout le développement postérieur à Selon se rattache à Selon et à son œuvre.
Avant Homère, nous ne trouvons d'autre forme de la conscience de Dieu dans l'histoire que le sentiment et TactioD des masses. La fondation tout hellénique de la commune, de la ville libre, y tient lieu des grandes individualités qui manquent. L'établissement de ces villes sur les côtes de TAsie Mineure, et particulièrement sur celles d'ionie et sur les groupes d'iles voisines, dans la mer Égce, est le point cen«
* baie forl incertaine. [Sote de l't'difeur.)
irai et la base de toiile la civilisation grecque. Ces villes sont le berceau de rimmortelle épopée. Le poëme épique est, à n'en pas douter, Théritage et la grande manifestation de notre race, car ce genre de création se développe chez tous les peuples aryens sans impulsion extérieure, et ne se développe que chez les Âryas. Mais cette invention n'a pris corps et âme quen lonie; c'est là seulement qu'elle est devenue classique; c'est là qu'elle a paru la première sous cctle forme ionique. Les prétentions qu^on a élevées à une antiquité plus haute encore en faveur de l'épopée indienne s'évanouissent devant la critique et le progrès de la chronologie; il y a, entre les dates du Mahabharata, du Ramayana, et celles de l'épopée grecque, autant, de distance qu'entre la valeur poétique de ces deux sortes d'épopées. — Les villes libres des côtes d'Ionie et des îles avaient, dès l'origine, leur langue et leur religion ; et celle-ci, par sa forme et son essence, nous révèle immédiatement une idée des rapports de Dieu avec Thumanité, qui est digne d'attention et même d'admiration.
Toute cette période homérique pourrait s'appeler aussi période anté-soloniennc, car Solon est le personnage qui donne un caractère historique à la conscience de Dieu. La vie publique, la science, l'art aryano-lielléniquc entrent dans cette voie nouvelle. Solon et son époque font revivre la poésie ionienne, cette gloire de l'âge précédent ^t les lyriques doriens et éoliens s'y associent bientôt. Les deux grands tragiques viennent fermer le chœur des représentants poétiques de la conscience de Dieu chez les Grecs. La philosophie et l'art apportent à leur tour leur tribut au progrès, avec Socrale et les philosophes de génie que sa doctrine inspire, avec Platon, Aristote, avec les œuvres de Phidias et de Praxitèle. Et ce dernier interprète de la pensée divine chez les Grecs, TArl, se tint debout encore durant des siècles, sur Tabime où s'était engloutie la liberté et qu'avaient
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VU se creuser Arislole et Démosthène son contemporain, cet abîme dans lequel ils étaient descendus sans espoir, mais non sans consolation et sans foi. Cependant Rome avait commencé à organiser le droit et raulorîté dans le monde occidental ; elle ne se perdit à son tour dans le césarisme que vers le commencement de notre ère, après avoir produit, pendant six siècles et demi, toute une série de personnalités émincntes, depuis Ser/ius Tullius jusqu'à Cicéron, Caton et César. C'est à peu près le môme nombre d'années qu'avait dure le développement hellénique, depuis Homère jusqu'à Démosthène et Aristote (900-521), mais le premier prophète de Rome ne s'éleva qu'un siècle après le renversement de la liberté. La philosopliic et la civilisation grecques survécurent de leur côté près de cinq cents ans à la chute de la patrie. Tel est, en effet, l'inlervalle qui s'étend entre Arislole et Diognète, le maîlre de Marc-Aurèlc en Occident, entre Arislole et Pantène,le précepteur de Clément d'Alexandrie, en Orient. La même époque, le milieu du second siècle de notre ère, vit également s'éteindre l'art hellénique, ce dernier organe de la pensée divine chez les Hellènes. Ainsi, douze siècles de développement se déroulent sous nos yeux ; Selon l'Athénien en constitue le centre. Toute cette vie de l'esprit, aussi bien dans la donnée primitive dllomère que dons la pensée attique, avait son fondement dans la conscience de Dieu, manifestée sous la forme de l'État : en d'autres termes, elle reposait sur la liberté et la loi dans la cité. Sans cette base politique, il n'y aurait eu ni Homère, ni Thaïes, ni Selon; sans elle, pas non plus de Scipion; point de Cicéron, de Caton, ni même de César, le destructeur de la loi et de la liberté; car le développement de la conscience de Dieu, dans l'histoire de Rome, suit la même marche que celui de la pensée grecque.
A prendre d'ensemble ces deux développements, on peut affirmer que, dans un certain ordre de manifestations, This-
6)1 CONSCIENCE DE UlEl'
toire ne saurait rien nous monlrer qui égale on grandeur et en beauté la conscience spirîtualisLe de Dieu qu'avait l'an ■ (iqnité. Nous voulons surtout parler de -celle conscience, telle qu'elle se manifeste dans la vie publique. U y règne la plus harmonieuse unité , et c'est la liberté qui la consliluc. Où trouver, ailleurs que cbez les Grecs et les Romains, une telle activité politique, un patriotisme aussi dévoué, joints il une culture inte'lecluelle aussi puissante? Où trouver ailleurs que chez eux un développement si régulier, si ])rofond, si durable, de l'art et de la poésie? Quand l'histoire, quand la philosophie ont-elles jamais retrouvé cette forme admirable ? De même que les Sémites KébreuK sont par excellence les prêtres du genre humain, de même les Arjas Grecs et îlomains en resteront éternellement les héros. Il en est de la vie intérieure dans l'antiquité comme de la vie publique. Elle est, elle aussi, bien plus profondément pénétrée que la nôtre du sentimenl de la divi- "''"■ "" "" refusera pas de le reconnaître, pour peu que l'on et de la littérature classiques de l'antiquité une :a directe, une intelligence sérieuse. Mais la son iniluonce féconde et impérissable, surpasse le beaucoup. Vers le commencement de notre ère, sur les ruines des républiques grecques, nous sommes les témoins des dernières convulsions de la vie helténique. Mais ce que l'on appelle généralement la civilisation grecque, et ce que nous devons appeler la conscience hcliénique du Dieu dans l'humanité, vivra trois siècles encore, jusqu'au jour où elle semblera se momifier dans le christianisme byianlin ; en réalité, elle ne fera qu'y rentrer à l'état de chrysalide pour renaîlre dans l'Europe germanolatine à l'aurore de la Renaissance, après les ténèbres de dix siècles de barbarie.
Le contraste qui rè}{ne entre les manifestations de la conscience de Dieu, dans l'aryanisme chrétien et l'antiquité