DES ARYAS D^ASIE
qu'une Maya décevante. Qu'en résulte4-iI7 c'est que la force morale s'énerve et disparait. Kali-Yuga, le dernier des âges du monde, est arrivé ; qui renouvellera la face des choses? Sera-ce une spéculation niétaphysique fondée sur une nouvelle méthode? Sera-ce une réforme scientiflque prouvant à TÂsie que le monde n'est porté ni par un éléphant ni par une tortue? Ni Tune ni l'autre de ces révolutions n'amènera ce grand résultat. Ce ne sera pas non plus un christianisme purement historique. Non, cette résurrection de Tlnde doit avoir son principe dans la conscience morale, fortifiée de deux auxiliaires indispensables.
L'un doit être une science sérieuse de l'histoire naturelle, une direction qui règle et satisfasse à la fois cette soif de connaissances toujours vivace, toujours brûlante, chez l'Arya de l'Asie. L'autre, une guerre infatigable et loyale contre toute violence, contre tout despotisme, contre la tyrannie énervante, immorale du brahmanisme, enfin une révolution à la fois sociale et morale qui relève l'Indien comme citoyen et comme homme.
Gardons-nous cependant d'oublier les grands services' rendus à l'humanité par les Aryas de l'Asie orientale. Ce sont eux qui d'abord ont vu Dieu dans le monde, sous forme d'esprit conscient qui rayonne dans l'esprit de chaque homme et qui n'est pas seulement senti par la conscience, mais encore perçu par la raison autant que peut le faire une pensée finie. C'est ainsi qu'ils ont suppléé au carac- -lère par trop exclusif, par trop individuel de la religion juive, et rendu pos9ible l'avènement de Jésus et du vrai christianisme.
Puis, s'ils n'ont pas fondé la liberté civile, ils ont élevé le foyer domestique, fondement et condition indispensable de toute liberté sociale. Ils ont rendu possible par là le développement de la Grèce, de Rome et de la Germanie.