L'UNITÉ DE PLAN
bien que Je cerveau soit Torgane de la volonté. Ajoutez enfin qu'il faudrait encore admettre que la matière osseuse eût d'abord été cartilagineuse, afin de se prêter aux élargissements successifs nécessités par le progrès du système nerveux, ce qui impliquerait une remarquable accommodation dans celte souplesse primitive de la matière osseuse, sans laquelle le développement du système nerveux eût été impossible. » — Les organes et les fonctions se sont parallèlement manifestés suivant le plan général. La causalité nous paraît si évidente que vraiment nos adversaires mériteraient que la nature les privât quelque temps de certains muscles (par exemple du sphincter I) et les forçât ainsi à avouer que les moindres organes ont un but à remplir.
Nous ne voulons pas reprendre dans ce chapitre la question primitive de Torigine de la vie à la surface du globe, ni de son entretien et de sa progression sous la puissance des lois providentielles. Nous avons examiné cette question sous tous ses aspects dans notre chapitre sur YOrigine des êtres^ et nous avons tiré la conclusion inattaquable que (v. p. 233) la vie terrestre est constituée par une force^ unique et centrale pour chacun des êtres, qui dispose la matière suivant un type dont l'individu doit être l'expression physique. Nt)us avons vu que la loi du progrès chez les êtres organisés, depuis la plante jusqu'à l'esprit humain, affirme l'intelligence divine et montre la présence continue de Dieu dans la nature, loin de tendre, au con-
446 LIVRE IV. — DESTlKATiON DES ÊTRES ET DES CHOSES.
traire^ à la négation de la puissance créatrice. Dans notre cas particulier (Plan de la nature — construction des êtres vivants), nous avons une affirmation plus directe encore de Faction intelligente dans Torganisation merveilleuse des corps animés, attendu que cette action intelligente est également nécessaire dans le cas où les espèces se seraient successivement transformées suivant rascension zoologique (hypothèse qui est loin d'être admise), et dans le cas où le premier couple de chaque espèce serait le produit d'une force particulière qu'il ne nous est pas donné d'apprécier. Nous ayons donc le droit de clore cette discussion de Tadaptation de chaque espèce à son genre de vie par la déclaration qu'eri supposant même une progression naturelle, instinctive, lente et insensible, une plasticité normale de l'organisme, une obéissance inconsciente de chaque espèce aux forces dominantes, l'hypothèse matérialiste ne gagne rien pour cela. Cette appropriation de la matière organisée aux causes extérieures démontrerait simplement une grande sagesse dans la passée et dans Taete du créateur.
Si, comme on le demandait plus hauf^ les êtres étaient de marbre ou de fer, certaines critiques pourraient sans doute être satisfaites. Mais qu'arriverait-il ? Tout changement de climat, de température, de milieu, de nourriture, d'altitude, serait un arrêt de mort pour ces espèces inflexibles. Le roseau plie, mais le chêne est déraciné par Taqui- Ion.