‹ Dieu dans la natureChapitre 159 sur 167 · LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ · texte numérisé non relu

LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ

forme nécessaire impliquée par le théisme rationnel. L'argument tiré de la théologie prouve un Dieu auteur universel des choses ; l'argument tiré de l'ontologie prouve un Dieu infini. Nous ne pouvons admettre l'un sans l'autre, queJles que soient les difficultés que nous ayons à concilier les conclusions qui en dérivent. Ces difficultés proviennent de la grandeur du sujet, et quoique nous ne puissions voir plus loin que notre vue ne porte, ce n'est pas une raison pour fermer les yeux sur ce qui est évident. En changeant le nîot de panthéisme en théisme nous avouons, avec un ministre anglican*, que le « théisme » est de toutes parts reconnu la théologie de la raison, raison qui peut être impuissante, mais qui en définitive est celle que nous possédons. Le théisme est la philosophie delà religion, de toutes les religions, et le but de la vérité. Il nous faut, ou cesser de penser, ou raisonner sur les grands problèmes de la création. Les individus peuvent s'arrêter au symbole ; les Églises et les sectes peuvent lutter et arrêter les consciences sur le chemin en faisant appel à l'Écriture, ou essayer de fixer des limites à la pensée religieuse, tandis que Dieu lui-même n'en a pas fixé. Mais la raison de l'homme, dans son inévitable développement et son amour divin de la liberté, brise toutes barrières et s'affranchit de toute entrave.

Si, au lieu de prendre pour sujet d'étude « Dieu

* Réf. JohnJIunt, An Essai on Panlheism, 186Ô.

dans la nature » nous avions choisi de présenta ici « Dieu selon les hommes, » il nous resterait maintenant à discuter Tidée- que les philosophes contemporains ont formulée sur l'Être suprême. Ce serait là, en vérité, un examen digne d'un profond intérêt. Mais les limites sans cesse grandissantes du plan de cet ouvrage nous ont contraint à restreindre nos discussions à son but principaL Notre devoir est donc d'ajouter simplement ici l'esquisse des figures auxquelles nos penseurs se sont arrêtés pour représenter la personnification divine.

L'opinion qui proclame ïidentité substantielle du monde et de Dieu, et qui de nos jours a repris une certaine faveur, n'est autre que le panthéisme absolu dans sa forme simple et intègre. Quels que soient les mots dont cette opinion revête ses assertions, elle ne saurait faire illusion à Tesprit judicieux. Si Dieu et le monde ne sont qu'un seul et même être, Dieu n'existe pas.

Une autre conception, édifiée sur la précédente, prise pour base, mais élevée à un éminent degré de subtilité et de finesse, c'est celle du « Dieu-idéal» celle qui déclare que substantiellement Dieu et le monde sont identiques, et que logiquement ils ne le sont pas. Dieu serait l'idée du monde, et le monde la réalité de Dieu. « Ce Dieu qu'un philosophe représente relégué sur le trône désert de son éternité silencieuse et vide, n'a d'autre réalité que l'idée, ni d'autre trône que l'esprit. » Dieu se sépare ici du monde par une opération de l'esprit humain. C'est un idéal créé par la logique. En pensant i

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