‹ Dieu dans la natureChapitre 161 sur 167 · LE DIEU DES PHILOSOPHES CONTEMPORAINS · texte numérisé non relu

LE DIEU DES PHILOSOPHES CONTEMPORAINS

sère ; Dieu, c*est le mal. Tant que l'humanité s'incliftera devant un autel, l'humanité sera réprouvée... Dieu, retire- toi! Car dès aujourd'hui, guéri de ta crainte et devenu sage, je jure, la main étendue vers le ciel, que tu n'es que le bourreau de ma iTaison, le spectre de ma conscience* ! »

Cette colère n'a rien de scientifique, si ce n'est peut-être au point de vue médical et sous le rapport des soins que réclame Taliénation mentale. Nous espérons que les arguments de notre réfutation ont successivement fait justice de cette négation absolue de la pensée dans la nature.

A quoi se réduit au surplus la négation du matérialiste? En allant au fond des choses, on s'aperçoit que ces négations ne peuvent pas être aussi absolument négatives qu'on le prétend. On n'est pas insensé impunément, et il n'est pas aussi facile qu'il peut le paraître d'être foncièrement athée. Dans la majorité des cas, on transpose la question. Voilà tout. Au lieu de nommer Di^wla direction des it)rces qui régissentle monde, ceux qui s'imaginent être athées ne la nomment pas ; et au lieu d'attribuer à un être intelligent Tintelligence de ces forces , ils Tattribuent à la matière même. Ils dé» placent le problème, mais ne le résolvent pas ; car les faits sont là, irrévocables. Ils nient Dieu, mais ne peuvent pas nier la force. Seulement, au lieu de proclamer la souveraineté de cette force, ils la rendent esclave de l'inerte matière. Tout le nœud

< Proudhon, Système des contradictions économiques, ou Philo* 9ûphie de la misère,

do rénigme csl là. Ce nœud n'est pas plus dénoué par les malérîalistes que par les spiritualistes, attendu que Tobservation directe deToeil humain ne s étend pas jusque-là. La différence principale qui les sépare en ce point capital de la question, c'est que les premiers n'expliquent ni la création, ni le plan, ni la conservation de la nature, tandis que les seconds en donnent une explication plausible. Considérées comme deux hypothèses, ces deux doctrines contraires ne s'équivalent pas , et tout homme sincère penchera toujours vers celle qui admet un Créateur. Elle est non-seulement plus complète, mais encore plus franche. Toutes les propriétés instinctives ou intellectuelles dont nos adversaires sont forcés de douer la matière pour expliquer son action , sa tendance au progrès , sa méthode élective, depuis la formation des humbles espèces végétales jusqu'à celle d'une tête humaine, sont des attributs qu'ils retirent à l'Inconnu que nous appelons Dieu, pour en faire hommage à un autre inconnu qu'ils appellent matière. Mais en isolant du monde l'idée d'ordre, de vérité, de beauté, de perfection, d'harmonie corporelle et spirituelle, ils enlèvent au monde son âme et sa vie. Et nous ne nous rendons pas compte de l'avantage qu'il y a à substituer un cadavre à un être vivant. Leur univers ressemble à ces pendus sur lesquels nous fîmes dans le temps des expériences électriques. Ces morts ressuscitaient en apparence ; par l'application de l'électricité au système nerveux, on mettait en mouvement leur corps entier. Ils gesticu*

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